‹ La société française pendant le consulat (volume 4)Chapitre 26 sur 119 · LE CHEVAL ET LE POURCEAU · texte numérisé non relu

LE CHEVAL ET LE POURCEAU

Que fais-tu donc dans ce bourbier, Où je te vois vautré sans cesse ?

Au pourceau disait le coursier.

— Ce que j'y fais? Parbleu, j'engraisse, Et tu ne ferais pas très mal, Poursuivait l'immonde animal.

D'en faire autant. Parfois la guerre Accrut le renom d'un héros, De qui l'embonpoint n'accroît guère.

Tu n'as que la peau sur les os.

— Cela se peut, mais de ma vie, Ton sort ne tentera mon cœur.

J'aime mieux maigrir dans l'honneur.

Que d'engraisser dans l'infamie ^

Sur Luco de Lancival, connu au temps du Consulat par quelques ouvrages de mérite, Arnault,en ^esSoiivenii's^ a laissé des notes intéressantes. Il le loue poète et prosateur, « peu élégant, dit-il, mais plein de franchise, » — euphémisme, sans doute, pour désigner les traits trop vifs, ou trop forts du style; et ensuite il démontre comment, en cet esprit lucide, avaient agi les influences des sociétés diverses auxquelles s'était mêlé le poète, tantôt

1. Ses Soutenir» contiennent do très 8Ug{;oslifs niôdaillons sur les hommes do celle époque. Voici ce qu'il disait de Champfort (t. I, p. 200) : ■Je trouvais en lui moins l'amour du peuple qu<» la haine de grands. Ceux-ci l'avaient pourtant recherché. Ils s'étaient longtemps amusés des sarcasmes qu'il leur prodiguait dans leurs salons et à leurs tables, où il jouait ua n'«le assez semblable à celui des anciens cyniques. Champfort avait ^aucou|> d'esprit, mais il faisait beaucoup d'esprit aussi. Il s'étudiait à donner à seii opinions la forme sentencieuse et laconique de l'aphorisme ou de l'apophtegme, et pourtant, il n'avait pas besoin de recourir h cet artifice pour briller. Personne plus que lui n'abondait en saillies. Ses traits iw phis heureux lui venaient, sans qu'il les cherch&t. On m'accuse d'avoir 'ait bien des méchancetés, lui disait, un jour, Ruihières, avec componc- *wn. et pourtant je n'en ai fait qu'une. — Quand Hnira-t-ello? repartit Chamforl. Caractérisant d'un trait l'esprit dédaigneux de Suord ; - Le goilt <*e cet homme est le dégoOl -, disait-il. •

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professeur, tantôt homme du monde, ou bien encore bon vivant. C'étaient trois hommes en lui dont le langage et les manières étaient souvent discordants avec son entourage, portant dans un monde rassis et réservé les façons débraillées du viveur; «amusement pour Tobservaleur », ajoute Arnault. Il était instruit, mais en littérature seulement, ne connaissant rien de la philosophie, et surtout rien des sciences; se contentant de bien écrire en latin, aussi bien qu'en français et tout confit en rhétorique. Sous le Directoire, il avait composé plusieurs tragédies, et, sous le Consulat, écritdes épîtres et des chansons où Ton trouvait «de la verve et de Tesprit». II s'attaqua, enlin, h Geoffroy, le critique, en un poème, Follictdiis^ — satire sentant le collège, dit Arnault, qui approuve cette façon de flageller le cuistre; — c'est son mot sur Geoffroy. Une tragédie, la Mort d'Hector^ composée et jouée après le Consulat, obtint les plus grands honneurs. Cette tragédie « où t Iliade ^Q^ reproduit entière », dit toujours son panégyriste, eût infailliblement ouvert à Luce Taccès de l'Institut, si la mort précipitée du triomphateur ne l'eût empêché de recueillir les fruits de son triomphe. Elle contribua, du moins, à accentuer le bien-être de l'auteur, pendant les derniers temps de son existence. Il mourut en 1810.

Baour-Lormian, un jeune poète, avait traduit en vers, sous le Directoire, la Jérusalem Délivrée du Tasse ; il avait écrit ensuite, pendant le Consulat, un poème sur le rétablissement du culte ; mais son nom restait dans l'ombre, lorsqu'enfin il versifia les poèmesd'Ossian, le barde écossais. Ce futtoutàcoup, pour lui, le commencement de la célébrité. Qu'étaitce qu'Ossian? Les journaux de l'époque soutinrent

à ce sujet, une longue discussion, et il demeura prouvé que ces poèmes du barde écossais étaient Tœuvre du D' Macpherson, qui avait recueilli, dans les montagnes de la Galédonie, ces légendes: histoires et chansons des héros antiques de ce pays. Ossian n'était qu'un personnage légendaire. Qu'importe! Ces chants portaient avec eux un caractère de mélancolie qui s'alliait à l'esprit nouveau du siècle. Et ceux qui avaient lu ces vers ne pouvaient en méconnaître la beauté, l'originalité, la sombre rêverie, et les accents d'un mystique amour. Toutes ces stances faisaient image dans l'esprit. On assistait, en pensée, aux hymnes chantés sur les monts escarpés de l'Kcosse, aux complaintes sur la mortdes guerriers; on voyait le pin solitaire; on entendait l'aboiement des dogues, le cri de l'aigle, le fracas des torrents. Seulement le ton de ces poèmes, toujours pareils, ne laissait en l'esprit que l'impression d'un mauvais rêve. On ne pouvait en prolonger la lecture. Ils troublaient, ils émouvaient comme une hallucination maladive, et, malgré tout, la vogue de l'ouvrage continua à grandir.

On distinguait également sous le Consulat un autre poète, Esménard, que l'Académie ne dédaigna point: provençal qui commença par être royaliste, et qui, venu à Paris, fut emprisonné au Temple, au coup d'tîitat de fructidor. Banni ensuite, il rentra en France, au 18 brumaire, réussit à se faire nommer chef du bureau des théâtres, au ministère de l'Intérieur, et collabora au Mercure à côté de La Harpe et de Fontanes. Il avait entrepris un poème sur /a Navigation^ et les fragments publiés dans le Mercure^ avant Tachèvement de l'ouvrage, avaient donné à son nom un peu de renommée.

Le poème entier ne parut chez les libraires qu'en

En ce poème, il se trouve d^heureux épisodes, et notamment ce passage, concernant les travaux des Hollandais pour se défendre contre les envahissements de la mer:

Mais avant que ce peuple, inconnu sur les eaux,

Du fond de ses marais fit sortir ses vaisseaux,

Et forrât d'admirer sa puissante industrie,

Il lui fallut aux Ilots disputer sa patrie ;

II fallut que le sol, créé par ses efforts,

Vît le courroux des mers se briser sur les bords.

Souvent, jusqu'au milieu de ses froids pâturages.

L'océan mutiné se creusait des rivages;

Le Batave enchaîna ce monstre menaçant.

Des arbustes, unis par un lien vivant,

Joignant, au fond des eaux, leurs flexibles racines.

Et le sable entassé qui s\Mève en collines.

Entre Tonde agitée et le sol affermi,

Ont fermé la Hollande à son fi(*r ennemi.

Des joncs entrelacés, défiant la tempête.

Repoussent Tocéan, qui mugit et s'arrête.

Le voyageur, frappé de ces hardis travaux,

Sur sa tête alarmée entend gronder les flots,

Tandis que, sous ses pieds, Tart trompant la nature.

Fait naître, autour de lui, les (leurs et la verdure.

Chénier n'aimait point Esménard. Il a fait de rhomme et du poète une critique amère. Esméaard n'est, à ses yeux, qu'un poète de soupers, un improvisateur qu'il faut prévenir quinze jours d'avance pour avoir ses couplets : écrivain si sévère pour lui-môme, ajoute son juge, qu'afin d'être plus pur, il ne risque jamais un trait d'esprit. Au total, u le Pindare des banquets » que l'on servait avec les glaces. Et, terminantsa diatribe, Chénier poursuit: « 11 faut bien en convenir, il n'a jusqu'à présent déployé tout son génie que dans le Chant du Coq^ jour-

Dal qu on lisait au coin de rues. Mais un seul chefd'œuvre assure à Piron Timmortalité. Ainsi soit-il pour notre Esménard. Le Chant du Coq, voilà sa MHromanie. »

Joseph Michaud était de Tâge de Bonaparte, né à Bourg en 1769. Sous le Consulat, on citait de lui, déjà, un poème sur la Déclaration des droits de V homme publié en 1792 ; un autre poème, en 1794, sur Ermenonville^ ou le tombeau de J-J. Rousseau, puis sur r Immortalité de l'àme^ duquel le Dictionnaire des Girouettes a extrait les vers suivants, alin de mettre en contradiction le royaliste :

Oui, si jamais des rois et de la tyrannie

Mon front rf^publicain subit le joug impie,

La tombe me rendra mes droits, ma liberté,

Et mon dernier asile est l'immortalité.

Oai, si le despotisme opprime encore les hommes,

Rappelle-moi, grand Dieu! de la terre où nous sommes.

Enfin, en 1803, un poème le rendit presque céh'^bre, le Printemps d'un proscrit, en quatre chants, écrit dans les montagnes du Jura où il se cachait pour échapper aux proscriptions de fructidor.

Il fut très lié, dit Sainte-Beuve, avec M"** de Krudener, dont il patronna le roman Valérie, en 1803, puis avec M"'' Cottin qui obtint de lui une introduction à son roman, Mathilde^ publié en 1805. Fut-il Fami ou Tamant de ces deux dames ? Qui le pourrait dire? Sainte-Beuve ne se prononce pas. Il affirme seulement qu'il fut aimé, et il ajoute : « M"* Cottin rappelait du petit nom de Ferdinand. Lui, il restait Hdèle à son nom de Joseph et se dérobait plus encore qu'il ne se livrait. M. Michaud

avec sa petite santé, sa longue taille fluette et sa complexion délicate, n*eut jamais la force d'être tout à fait jeune. »

Il faut citer encore Parseval-Grandmaison (1759- 1834), le poète des A^nours épiques^ lesquels ne sont autre chose, dit Chénier, « que Timitation de six épisodes, choisis dans les poètes qui ont illustré Tépopée ».

Pierre Laujon (1727-181 l),chansonnierdistingué, auteur dramatique fécond, futur académicien, connu depuis 1776 par ses chansons joyeuses : les A propos de société et les A propos de la folie ; par ses comédies, ses parodies, ses opéras, et un drame burlesque, Matroco (1778), en quatre actes et vers libres.

Demoustier (4760-1801), dont le genre et non le caractère pouvait se comparer à celui de Dorât. L'un était un poète mondain, aux goûts frivoles, étourdi et bruyant, que Tamourdes plaisirs avait jeté dans le tourbillon des fêles à la mode. L*autre au contraire, Demoustier, aimait Tétude et le repos du silence que lui commandait sa santé chancelante. On louait, sous le Consulat, ses Lettres à Emilie sur la mythologie, publiées en 1786 ; le Conciliateur, ou l'Homme aimable, comédie en cinq actes, en vers, publiée en 1794 ; dans la môme année, Alceste à la campagne, ou le Misanthrope corrigé, comédie de trois actes, en vers : à la même époque, l'Amour filial ou la Jambe de bois opéra comique d'un acte, en prose. Caractère aimable et doux, il avait conservé tous ses amis de

LES POÈTES d09

collège, Legouvé, Colin d'Harleville, Deshayes, chef de bureau à Tlntérieur. Legouvé, après lamort de son ami, lut au Lycée son éloge versifié. Mais les Débats (floréal an IX) ont pris à partie son talent. <» Demoustier, dit ce journal, n'était pas né poète. 11 faisait des vers à force de travail, d'esprit et de combinaison. Ses comédies, comme ses autres ouvrages, ne sont point dépourvues d'agrément. Elles offrent quelques tableaux gracieux, mais elles font plus d'honneur au caractère de l'auteur qu a son talent. Nulle verve, nulle énergie ; beaucoup d'élégance dans le style, peu ou point d'intérêt dans le drame. Le dialogue n'est pas môme exempt d'une certaine afféterie sentencieuse et de ce jargon quintessencié, dont Marivaux et Dorât ont donné le premier exemple. »

Il souffrait d'une affection de poitrine ; et il voulut mourir chez sa mère, à Villers-Cotterels.

Campenon (1772-1843), un créole de la Guadeloupe, envoyé de bonne heure à Paris, pour y achever ses études, se fit connaître, dès l'âge de quinze ans, par de petits vers faciles. Il loua, en vers, Paul et Virginie, ce qui lui attira la bienveillance de Bernardin de Saint-Pierre et rendit faciles ses relations avec Ducis, qu'il avait rencontré dans un salon mondain. On cite, de lui, la Maison des champs et deux ans après VEnfant prodigue. Sous la Terreur, il se réfugia en Suisse, et fit paraître, en vers, le récit de son voyage, sous ce itre : Voyage de Grenoble à Chainbéry (1795). A a mort de Ducis, il brigua le fauteuil académique le l'illustre tragique. 11 fut élu. Mais, en con-

currence avec Michaud, ils se lardèrent, Tiin et l'autre, d'une épigramme fort connue.

Au fauteuil de Ducis, on a porté Micbaud,

Ma foi, pour Vy placer, il faut un ami chaud.

— Au fauteuil de Ducis aspire Carnpenon.

A-t-il assez d'esprit, pour qu'on Ty campe y — Non.

Quelques autres poètes s'étaient fait connaître sous le Consulat. Et d'abord Carbon de Flins, des Oliviers (1757-1806), sur qui Lebrun-Pindare avait écrit :

Carbon de Flins des Oliviers A plus de noms que de lauriers.

et à qui Chateaubriand a consacré une page do ses mémoires. Le portrait qu'il en a laissé n'est point flatté, et Flins, sans doute, aurait préféré Toublî à cette renommée. « On ne peut voir quelqu'un de plus laid, dit-il ; court et bouffi, avec de gros yeux saillants, dos cheveux hérissés, dos dents sales, et malgré cola, l'air pas trop ignoble. » 11 ne se borne pas ù. ce portrait personnel et très imagé. Il nous le dépeint en son intérieur, dans un petit appartement de la rue Mazarine, près du domicile de la Harpe, qui habitait rue Guénégaud. Flins y était servi par deux Savoyards en livrée, laquelle, sous la plume de l'immortel René, se transforme on casaque^ ce qui met au point, à nos yeux, notre premier étonnement pour ce luxe de service. Flins était amoureux de la sœur du grand écrivain, alors inconnu. M*"" de Farcy; et sans doute, à cause de cet amour, Chateaubriand atténua ses premières moqueries, en ajoutant que le poète avait écrit plusieurs comédies en vers, et notamment le Réveil dEpimcnide^ joué en 1790 au Théâtre-Français,

avec une vogue considérable. Enfin, en vendémiaire anlXfle^ journaux annonçaient, de Flins, un poème en cinq chants : Agar et Ismaël.

Ensuite, le Journal des Débats de Tan XI citait, avec éloges, un recueil de poésies, publié sous le titre d'Afhénaïdej de François Dussault, dont il comparait le talent à celui de Parny. Poésies élégiaques, erotiques même, disait le journal, avec du « coloris sans enflure » et distinguées par une passion dominante, l'amour des champs. Le poète parlait, en effet, de l'incomparable beauté de la nature, avec Taccent d'un amant pour sa maîtresse.

Getait encore Chabanon, que les libraires venaient de rappeler au souvenir des lecteurs, par un volume de poésies posthumes. Poète médiocre, disaient /es Débats de Tan XI ; meilleur écrivain en prose, et peut-être meilleur musicien qu'écrivain; de goûts très modestes, de caractère timide, vivant jadis éloigné des intrigants littéraires et des intrigues mondaines.

Puis, de Guérie, poète p^racieux, que le même journal comparait aussi h do Parny et dont il blâmait, néanmoins, l'abus des rapprochements pour les mots bizarres.

Une femme s'était fait un nom parmi les poètes, M-^ Verdier (née à Montpellier, 1745-1813), devenue l'épouse d'un riche négociant d'Uzès, M. Allut. Quérard, dans sa France littéraire, vante d'elle le petit poème sur la Fontaine de Vaucluse, pièce très connue, ajoute-t-il, que La Harpe plaçait au nombre des beaux morceaux de la poésie française. 11 avait sur cette dame fait ce vers :

Verdier dans Fidylle a vaincu Deshoulières!

Elle avait composé les Géorgiques languedociennes, poème en quatre chants, obtenu ^ois couronnes, aux Jeux floraux, et M"" Dufresnoy, sa contemporaine, disait d'elle : « Nous sommes une foule de musettes; Verdier seule est une muse. »

Au début du Consulat, le duc de Nivernais (1716-1796), ancien ministre de Louis XVI et poète académicien, était mort depuis quatre ans. Mais on parlait de lui encore. Le Mercure attribuait a ses poésies de la grâce et de la facilité. Grand seigneur, fort aimable, il recevait, en sa luxueuse habitation de Saint-Ouen, un grand nombre de philosophes et d'hommes de lettres. « Petit et fort maigre », dit M"'' Vigée-Lebrun, mais toujours plein de vivacité et de sémillante désinvolture, malgré son grand âge. Le Mercure de Tan IX publiait une pièce charmante du vieil académicien, sous le titre de Portrait.

D'aimer jamais si je fais la folie, Et que je sois le maître de mon choix. Connais, amour, celle qui, sous les lois, Pourra fixer le destin de ma vie.

Je la voudrais moins belle que gentille; Trop de fadeurs suit de près la beauté ; Simples attraits peignent la volupté ; Joli minois du feu d'amour pétille.

Je la voudrais moins coquette que tendre, Sans être Agnès, ayant peu de désirs ; Sans les chercher, se livrant aux plaisirs, Les augmentant, en voulant s'en défendre.

Je la voudrais sans goût pour la parure. Sans négliger le soin de ses appas ; Quelque peu d'art qui ne s'aperçoit pas, Ajoute encore au prix de la nature.

Je la voudrais, n'ayant pas d autre envie, D'autre bonheur que celui de m'aimer.

Si cet objet, amour, peut se trouver.

De te servir, je ferai la folie !

Millevoye (1782-1817), quoique bien jeune, commençait à être connu sous le Consulat. Il avait dépassé sa vingtième ajinée, à peine, en 1802, et déjà, on citait de lui son poème sur Charlemagne et des élégies fort attendrissantes, imprégnées d*une douce mélancolie. Dans les écoles, la supériorité de son intelligence s'était affirmée aux concours ; et à rinstitut, ses poésies avaient été couronnées cinq fois. II mourut à trente-quatre ans, n'ayant pas donné sa mesure. Arnault parle de lui en termes émus. « Pouvait-il prendre un vol plus haut? ditil. II y songeait, et au moment de sa mort il avait ébauché quelques scènes de tragédies. »

Et parmi les poètes que Chénier n'a pas jugés indignes d'une mention, il faudrait citer de Boisjolin, connu par sa traduction de la Forêt de Windsor de Pope; Cas tel, par son poème les Plantes; Daru, par sa traduction élégante des œuvres d'Horace ; M"' Dufresnoy, par un recueil de poésies, offrant de nombreuses preuves de talent; Victorin Fabre, jeune poète de qui Chénier disait que « l'imagination était rapide et les idées émises avec éclat » ; de Frcnilly, distingué par sesépîtres bien tournées, et enfin, M"*" Constance Pipelet, devenue princesse de Salm. Son épitre aux femmes, bien connue, en ce tomps-là, était une réponse à Ecouchard-Lebrun, qui voulait leur interdire la littérature et la poésie ^

{. Le PublieUle de prairial an X contenait ceci :

• On a imprimé dans un journal une jolie chanson sur la Fièvre par M** Constance Pipelet. Elle en a rappelé une autre fort spirituelle, faite longtemps auparavant sur le même sujet, par Despreaux, non par Boileau- Despréaux, ni parSiinon-Despréaux. mais bien par Jean-Baptiste-Etienne

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