‹ La société française pendant le consulat (volume 4)Chapitre 27 sur 119 · IV · texte numérisé non relu

IV

De»pr^aux, joyeux et aimable chansonnier, connu par mille couplets charmants qu'il n'a volés à personne, mais qu'on lui a souvent volés. La voici :

Fièvre d'amour trouble mes sens, Lorsque je pense à ma Sylvie ; Alors, dans tout mon corps, je sens Accroître le feu de la vie.

Si mes yeux rencontrent ses yeux, L'ardeur augmente, je soupire ; Et quand j'ai l'espoir d'être heureux, Ma ticvre devient un délire!

Sans fièvre, il n'est point de héros ; Sans Oèvre il n'est point de génies ; Combien nous lui devons de maux, De cheTs-d'œuvre, de folies ?

Le joueur, bravant les hasards, L'ambitieux, sans retenue, Les Alexandre, ies Césars, Ont, tous, la fièvre continue.

Mille auteurs, dont je tais le nom, N'ont jamais que la fièvre lenle; Corneille, Voltaire, Newton, Avaient toujours la fièvre ardente.

La fièvre et transport au cerveau Brillaient Milton à chaque ligne:

J40U8 voyons, en lisant Boileau, Qu'il avait la fièvre maligne.

Nos rimeurs à beaux sientiments N'ont que des fièvres éphémères!

Et les auteurs de nos romans.

Des fièvres extraordinaires.

S'il faut que le sort, quelques jours.

Par la fièvre, au lit, roe retienne, Ah ! que ce soit, dieu des amours.

Ta fièvre double quotidienne.

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