‹ La société française pendant le consulat (volume 5)Chapitre 38 sur 46 · Voici quelques autres de ses maximes · texte numérisé non relu

Voici quelques autres de ses maximes

^rl^'liomme d'esprit qui ne sait pas manger à table est un pauvre homme.

zz. L'homme qui sait apprécier un bon serviteur est toujours bien servi, le bonheur réside chez lui.

li avait étudié la cuisine des anciens dans les ouNTages des auteurs romains, et il affirmait que la cuisine, faite pour LucuUus, Pompée ou César, avait été la plus indigeste qui se pût concevoir. En 1815, il publia le Pâtissier pittoresque, plus tard, /e Maître d'hôtrl français, en deux volumes ; en dernier lieu, en 18:23, le Pâtissier royal parisien. Il mourut en 1826, regrettant de ne point laisser une grande fortune à sa fille.

Cette renaissance de la cuisine, cette multiplication des bons cuisiniers, qui de vingt, au moment de la Révolution, disent les J/e/HoZ/rs, étaient arrivés jusqu'à cent en quelques années, provenaient du grand nombre des gourmands, dans la société de cette époque. Et pourquoi plus de gourmands qu'autrefois? C'est que la fortune, soudainement acquise par des gens de peu d'éducation, avait développé leurs passions sensuelles. Ceux qui, dans leur jeunesse, s'étaient nourris chichement, désirèrent à leur table des mets exquis, dès qu'ils purent les payer. « Gros mangeurs d'abord, dont le cœur n'était plus qu'un gésier », dit Grimod de la Reynière, on distingua bientôt, parmi eux, les beaux mangeurs, ceux qui savaient choisir entre les mets, ceux qui pouvaient donner la raison de leur préférence, analyser la jouissance de leur palais et mesurer leur plaisir à la jmissance de leur estomac. Et lorsque les cuisiniers trouvèrent an amphitryon entouré de con-

rz Le cuisinier est gastronome par goût et par état.

'=. Le cuisinier qui ne sait pas faire son menu m; peut acquérir de renommée.

=: Le mauvais serviteur est celui qui n"a pas la conviction de ses devoirs ; il est d'ordinaire paresseux et menteur.

l-;t, enfin, celui-ci où perce l'orgrueil de sa i)r(>fession :

=; Dans les maisons modernes, point de considération. Cuisinier, ofllcier, valet de chambre, jockeys, tous dinent ii la même table.

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vives capables de discerner une cuisine savante dune cuisine vulgaire, la science culinaire fit de rapides progrès. Les cuisiniers, rivalisant entre eux, se surpassèrent. Le nom des plus habiles devint célèbre, et, dans les hôtels des gens riches, la cuisine étant honorée, la gastronomie se trouva fondée. La passion de la bonne chère remplaça dès lors les traditions de l'ancien régime. Jadis la conversation tenait lieu de tous les agréments de la vie. C'était un badinage charmant, un essaim de mots piquants envolés d'un cercle de beaux esjirits, qui fréquentaient les philosophes et sortaient de la ruelle des jolies marquises. C'était une frivolité souvent caustique et pardonnable sous la grâce que l'on y mettait. Les nouveaux riches n'y pouvaient prétendre, ne connaissant que les gaudrioles de régiment ou des farces d'aigrefins ; ils mirent à la mode la passion de la table, qui se trouvait à leur portée. Les plus intelligents la raffinèrent et lui donnèrent un relief qui l'illustra. Us recherchèrent le meilleur cuisinier, ils se firent honneur de sa science. Ce fut à qui recevrait le mieux ses amis. On vantait le plat nouveau dégusté la veille dans telle salle à manger. La mangerie devint la grande affaire de l'époque, et comme elle ne se pouvait terminer que par des chansons, on chanta la gourmandise, on lui dressa des autels.

Berchoux, un jeune rinieur, écrivit, en 1800, son poème sur la Gastronomie ; Grimod de la Reynière, trois ans après, publia VAlmanach (Ips gourma?ids ; et, en secret, dans les loisirs que lui laissaient ses audiences au tribunal de cassation, Brillât-Savarin composa la Physiologie du goiU. Le poème de Berchoux, en quatre chants, eut trois éditions en un

temps fort court ; V Almanacli des gounnands devint le code des beaux mangeurs. L'ouvrage de Hrillat- Savarin n'était point achevé. Mais ce qu'il a écrit s'appuie sur des observations faites à cette époque ; ses Méditations reflètent les mœurs de la société qui, dans tous les rangs, était atteinte de gourmandise. Rien qu'à la manière dont il s'exprime, on discerne la préoccupation exclusive du monde au milieu duquel il vivait. Son témoignage est irrécusable.

Il fallait quil fût irrésistible, cet entraînement vers Ja bonne chère, pour que lui, grave magistrat, versé dans la controverse des lois, il passcU le meilleur de son temps, ses loisirs, à l'étude du goût et des aliments qui flattent notre palais. Il s'excuse, à vrai dire, sur Montesquieu, le philosophe, qui fut l'auteur du Temple de Gnide\ sur Montucla,le mathématicien, qui mit au jour une géographie gourmande. Qu'importe! Il est infesté lui-même des vices de son temps. Il aime manger et il mange beaucoup, et toutes les anecdotes qu'il rapporte ne sont que des traits de gros mangeurs. Il ne manque jamais, au surplus, quand il parle d'un aliment, d'indiquer la meilleure manière d'en user ; et lorsqu'il analyse les jouissances de la table, il affirme qu'elles sont les plus grandes que l'on puisse éprouver, et les meilleures. Ce devait être, autour de lui, une maxime admise ^

1. Brillât-Savarin, dit un do ses })i<)prai>lics, nVtait pas pastrononif dans l'acception iine et délicate. Il ne; tenait pas do table. Il était peu connu, hors de lintiTieur du présidenl di- la Cour de cassation et de M"" Hécaniier, sa parente. La jmblication de son livre seule le fit mieux apprécier, car sa conversation était courte, indilTérente, monotone. C'était un homme de grande taille, lourd, vulgaire, avec un costume presque arriéré. Je vois toujours le col de chemi.se élevé qui lui encadrait le cou, ses larges pantalons (lotlant sur .ses souliers; sa figure pleine et peu expressive ne révélait rien non plus du piquant si explicite de ses Mcitilnlionx. Je le vois, :issis au milieu d'un groupe de cinq à six personnes, dans la librairie île .M"" Goulet, — ancienne galerie de bois, écoulant plutôt i|ue prenant part à

Et il l'exalte, il le glorifie, le goût, parce que le plaisir, dont il nous comble, se renouvelle à chaque instant et parce qu'il s'exerce sans fatigue. Il est si 2)énétré de respect pour ce sens, qu'il incline à le placer au-dessus des autres. Les gourmands, il les chérit, il les dépeint avec humour. Jusqu'à la femme gourmande qu'il a observée de près, et qu'il a étudiée longuement. Il lui trouve mille qualités agréables, qu'il refuse à celle qui ne l'est pas.

« Elle a, dit-il, les yeux brillants, la peau fraîche, et se conserve longtemps jeune et sans rides. Elle est sociable enfin et bonne épouse.

« Rien n'estplus agréable à voir, ajoute-t-il, qu'une jolie gourmande sous les armes. Sa serviette est avantageusement mise : une de ses mains est posée sur la table ; l'autre voiture à sa bouche de petits morceaux, élégamment coupés, ou l'aile de perdrix qu'il faut mordre. Ses yeux sont brillants, ses lèvres vernissées, sa conversation agréable, tous ses mouvements gracieux ; elle ne manque pas de ce grain de coquetterie que les femmes mettent à tout. »

Le gourmand, il l'estime également plus qu'un autre convive, car il accepte, dit-il, tout ce qu'on lui offre, mange lentement et savoure, avec réflexion ce qu'il introduit dans sa bouche. Il le voit avec un visage rond, un petit front, un nez court, des lèvres cliarnnes et un menton arrondi ; ce qui est son portrait. Il s'est pris pour modèle. Quant à Ihomme qui n'est pas gourmand, il en fait l'antithèse du premier ; tout en lui est allongé : le visage, le nez, les yeux ; il manque d'embonpoint et, pour le caractériser d'un

quelque conversation animée comme ses récits en donnent l'idée. Il disait que son ventre était son formidable ennemi, mais qu'enfin il avait su le fixer aw majestueux. Anthelme Brillat-Savarin était né en 1755, à Bellcy. Il mourut à Paris en 1826, des suites d'une congestion pulmonaire survenue le 18 janvier.

LA GASTR0N0MI1£ 'iOJ

mot railleur, il écrit : « Ce sont eux (les non gourmands) qui ont inventé les pantalons '. »

Il prétend aussi qu'il est des eens gourmands par état : les financiers, les médecins, les gens de lettres, les dévots. Les raisons qu'il donne ne sont pas toutes concluantes.

« Ainsi, dit-il, les financiers sont gourmands parce qu'ils sont riches et peuvent se procurer la meilleure cuisine ; et la preuve, c'est que, dans tous les ouvrages sur l'art culinaire, il n'est pas une recette (jui ne porte la qualification « à la financière '. » Les médecins, parce qu'ils sont bien accueillis dans les familles de leurs malades ; on les « eiubecque » comme des pigeons, ils se laissent faire et, en six mois, l'habitude est prise, ils sont gourmands sans retour, past rédemption. Les hommes de lettres

1. Là-dessus, une anecdote do Brillat-Savarin sur le duc Decrès, ((ui fut longtemps le ministre de la marine de Bonaparte. « On sait, dit-il, *iu"il était gros, court, brun, crépu et carré ; qu'il avait le \isage au moins rond, le menton relevé, les lèvres épaisses et la bouche d'un géant. Aussi, je le proclamai, sur-le-champ, amateur prédestiné de la bonne chère et des belles femmes : remarque physiognomonique, je la coulais, bien doucement, et bien bas, dans l'oreille d'une dame fort jolie, et que je croyais discrète. Hélas! je me trompais ; elle était fille d'Eve, et mon secret l'eut étouffée, .\ussi, dans la même soirée, l'Excellence fut instruite de l'induction scientifique, que j'avais tirée de l'ensemble de ses traits. C'est ce que j'appris, le lendemain, par une lettre, fort aimable, que m'écrivit le duc, et par laquelle il se défendait, avec modestie, de posséder les deux qualités, d'ailleurs fort estimables, que j'avais découvertes en lui. Je ne me tins pas pour battu. Je répondis que la nature ne fait rien en vain : qu'elle l'avait évidemment formé, pour de certaines missions ; que s'il ne les remplissait pas, il contrariait son vœu ; qu'au reste, je n'avais aucun droit à dépareilles confidences, etc., etc.. Sa correspondance en resta là. .Mais, peu de temps après, tout Paris fut instruit par la voixdes journaux, de la méni'jrable batailU-, qui eut lieu, entre le ministre et son cuisinier, bataille qui fut longue, disputée, et où l'Excellence n'eut pas toujours le dessus. Or, si après une pareille aventure, le cuisinier ne fut pas renvoyé, (et il ne le fut pas) je puis, je crois, en tirer la conséquence, que le duc était absolument dominé par les talents de cet artiste, et qu'il désespérait d'en trouver un autre, qui sût flatter aussi agréablement son goùl, sans ([uoi, il n'aurait jamais pu surmonter la réi)Ugnance, foute naturelle, qu il devait éprouver, à être servi par un i>réposé, aussi belliqueux. »

2. Et l'on sait que ce n'est pas le roi, ajoute Brillat-Savarin, mais les fermiers généraux qui mangeaient autrefois le premier plat de petits pois, qui se payait toujours 800 francs.

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coiiiiue les médecins. Ces Messieurs arrivent toujours tard ; on ne les accueille que mieux, parce qu'on les a désirés ; on les affriande, pour qu'ils reviennent ; on les régale, pour qu'ils étincellent, et comme ils trouvent cela fort naturel, ils s'y accoutument, deviennent, sont et demeurent gourmands. Les dévots, comme les entendait Molière, se laissent aller à la gourmandise, avec d'autant plus de facilité que se rctrancliant les plaisirs du monde, le bal, les spectacles, le jeu, « la gourmandise se présente et se glisse en eux, écrit-il, avec une face tout à fait tliéoiogique. » D'ailleurs, ajoute-t-il, dune manière periide, les clioses se sont toujours passées ainsi. « Les meilleures liqueurs en France se faisaient à la Côte, chez les Visitandhws ; celles de Niort ont inventé les confitures d'angélique ; on vante les pains de fleur d'orange des sœurs de Château-Thierry ; et les ilrsulines de Belley avaient, pour les noix confites, une recette qui en i'aisait un trésor d'amour et de friandise ». Puis l'exclamation du gourmand : « il est à craindre iiélas ! qu'elle ne soit perdue ! »

Brillât-Savarin se révèle surtout, en ses aphorismes, par les vingt maximes dont il a fait précéder son ouvrage et qu'il donne avec emphase; la plupart, pourtant, de simphïs « lapalissades ». Ainsi la première : « L'univers n'est rien que par la vie, et tout ce qui vit se nourrit. » D'autres sont très contestables, comme la quatrième : « Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es. » Il y a plus d'exactitude en celle-ci : « Ceux qui s'indigèrent et qui s'enivrent ne savent ni boire ni manger. » Elle se comprend de soi. Mais n'est-il pas étrange de lire, sous la plume d'un magistrat, que « la découverte d'un mets nouveau fait plus pour le bonheur du genre

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humain, que la découverte d'une étoile ? » Le bonheur d'un égoïste, d'un gourmand, c'est possible, puisqu'il rapporte tout à son ventre, mais celui du genre humain !.... Quelque autre maxime affecte un tour original, sans valoir plus que les précédentes ; « Un dessert sans fromage est une belle à qui il manque un œil. » On cherche en vain le rapport qu'il peut y avoir entre l'œil de la belle et le fromage au dessert. Le fromage absent, le dessert s'offre borgne, incomplet, sinon pour tout le monde, au moins pour lui. Il devrait expliquer que le fromage, dans le dessert, joue le rôle de l'œil dans le visage d'une jolie fille, car l'analogie n'est point évidente, 11 aimait le fromage, c'est entendu; et pour le faire savoir, il a été ravi d'insérer sa pensée dans cette maxime, aussi saugrenue que capricieuse. Ces vingt maximes sont moins précises et moins généreuses que celles de Carême, et cependant il les considère, dans son orgueil, « comme la base éternelle de la science ». Il Técrit.

La lecture du poème de Berclioux '■ sur la Gastronomie, est fort divertissante. Au premier chant, il expose l'histoire de la cuisine des anciens ; le deuxième chant présente le tableau du premier service d'un dîner ; le troisième chant, du deuxième

1. .losepli BiTchoux naquit, en 1763, à Saint-Sympliorien, près tle Lyon. Il mourut en 1839. Afin d'échapper aux suspicions de la Terreur, il senga- {fca et fit trois campagnes. Il revint ensuite, en son pays, où il s "abandonna lout entier à ses inclinations pour la poésie. Lorsque son poème sur la Gastronomie fut achevé, en 1800, il vint à Paris, i)our le faire imprimer, et dans une seule année il eut trois éditions. Vers la fin de sa vie, avec Alissan de Chazet, Rougemont, Gentil, Désaugiers, il était devenu rédacteur du leuilletoa de la Quotidienne. Il avait été joli homme, quoique de petite taille. Ses traits étaient gracieux. Il a décrit son sujet, comme poète, non comme gourmand. Sa conversation était souvent brisée par jiaresse d'esprit, mais elle devenait vive et mordante, en face d'un pédant, ou d'un babillard. Comme Grimod, et Colnet; il est mort ultra-catholique et antirévolutionnaire.

service; le quatrième, du dessert. Comme tous ceux qui se sont occupes de gastronomie, Berchoux recommande ù l'ampliitryon de ne pas choisir inconsidérément son cuisinier. Il le veut, — ainsi le demandait Carême, , — l'ami de son maître, son égal et non son valet.

Faites cas de celui qui, lier de son talent, S'estime votre égal, et, d'un air important, Auprès de son fourneau, que la ilamme illumine, Donne avec dij^nité des lois dans sa cuisine.

Puis la description de l'oflicc, à l'heure du repas, où

Des marmitons craintifs, haletant de chaleur, S'embarrassent l'un l'autre, et suffisent, à peine, Aux soins multipliés que le service entraîne.

A la deuxième édition du poème, Berchoux ajouta la description du tourne-broche.

Je vois, près du foyer, la prison rembrunie D'un utile instrument, né de l'horlogerie ; Des rouages nombreux, d'ingénieux ressorts Murmurent sourdement de pénibles accords.

Sur un axe allongé, le poulet, le canard,

Tournent, emmaillotés d'un vêtement de lard ;

Ils semblent s'animer et respirer encore :

Et, cherchant et fuyant le feu, qui le colore,

Le gibier embroché grille et fume pour vous.

Au bruit d'un doux concert, dont Orphée est jaloux.

Parmi les convives, s'il tolère le parasite spirituel, qui apporte au repas le charme de sa conversation, il proscrit les valétudinaires :

Le bien de leur santé les occupe sans cesse !

Et ce moi, toujours ce moi souffrant, ne réjouit point l'assistance.

Puis, un conseil, en terminant ce deuxième chant : n'acceptez jamais, wi d'uier, sans façon. Le motif ?

Un diner, sans façon, est une perfidie.

Au quatrième chant, sur le dessert, Berchoux enfle le ton de ses vers.

Le dessert est servi I quel brillant étalage !

On a senti, de loin, cet énorme fromage,

Qui doit tout son mérite, aux outrages du temps.

Au secours du dessert appelez tous les arts, Surtout celui qui brille, au quartier des Lombards. Là, vous pouvez trouver, au gré de vos caprices, Des sucres arrangés en galants édifices : Des châteaux de bonbons, des palais de biscuits. Le Louvre, Bagatelle, et V^ersailles confits ; Les amours de Sapho, d'Abélard, de Tibulle, Les noces de Gamache et les travaux d'Hercule, Et mille objets divers que savent imiter D'habiles confiseurs, que je pourrais citer.

Berchoux va même jusqu'à conseiller livresse. Comment ? oui, certes :

Cette froide raison dont vous êtes si vains Qu'a-t-elle fait encore, pour changer vos destins ?

Ehl Messieurs, perdez-la, vous perdez peu de chose!

Et il termine par ce trait piquant : je sais vous deviner, dit-il à. ses lecteurs :

•27i LA SOCIÉTÉ FRANÇAISE PENDANT LE CONSULAT

Un poème jamais ne valut un dîner < !

Agréable poème, disent les contemporains, qui le comparent au Vert-Vert de Gresset et au Lutrin do Boileau. Trois éditions, en une année, vinrent con-

1. Qu(>lqups-unes des noies, jointes au j)oème, d'aliord celle tirée de Montajo-ne, au sujet du cuisinier, ne doivent pas être négligées. « J'ai vu, dit Montaigne, parmi nous, un de ces artistes, qui avait servi le cardinal CaralTa. Il nie fit un discours de cette science de gueule, avec une gravité et une contenance magistrales, comme s'il eut parlé de quelque grand point de théologie. Il me déciiill'ra les différences d'appétit, celui qu'on a à jeun, et celui qu'on a après le second et tiers service ; .les moyens, tantôt de lui plaire, tantôt de l'éveiller et piquer ; la police des sauces, premièrement et en général, et puis particularisant, la quantité des ingrédients et leurs effets : les différences de salade selon leur saison ; celle qui doit être réc haulïée, celle qui veut être servie froide, la l'açonde les orner et endjellir, pour les rendre plaisantes à la vue. Après cela, il entra en matière, sur l'ordre du service, plein de belles et importantes considérations ; et tout cela, enflé de riches et magnifiques paroles, et de celles-là mêmes, qu'on emploie à traiter du gouvernement d'un empire. Il m'est souvenir de mon homme. »

:z: Au chant II, se trouve ce vers qui s'applique au.\ hôtes de l'ampliilryon :

Faites preuve d'usage et de délicatesse I

Là-dessus, Berchoux transcrit cette anecdote, empruntée à Delille. « M. Delille, en avril 1780, étant à dîner, chez Marmontel, son confrère, raconta ce qu'on va lire, au sujet des usages, qui s'observaient, à table, dans la bonne compagnie. On parlait de la multitude des petites choses, qu'un lionnéte homme est obligé- de savoir, i)our ne pas courir le risque d'y être bafoué. " l'>lles sont innombrables, dit M. Delille, et ce qu'il y a de fâcheux, c'est <iue tout l'esprit du monde ne suffirait pas pour faire deviner CCS importantes vétilles. Dernièrement, ajoula-t-il, l'abbé Cosson, professeur de belles-lettres au collège Mazai-in, me parla d'un diner où il s'était trouvé, quelques jours auparavant, avec des gens de la cour, des cordons bleus, des maréchaux de France, chez l'abbé de Radonvillers,à Versailles. Je parie, lui dis-je, que vous y avez fait cent incongruités. — Comment donc, reprit, vivement, l'abbé Cosson, fort inquiet '? Il me semble que j'ai fait la même chose que tout le monde. — Quelle présomption ! Je gage, que vous n'avez rien fait, comme personne. Mais voyons ! Je me bornerai au diner. Et d'abord, que fites-vous de votre serviette, en vous mettant à table ? — De nia serviette je fis, comme tout le monde ; je la déployai, je l'élendis sur moi, et l'attachai, par un coin, à ma boutonnière. — Eh bien ! mon cher, vous êtes le seul, qui ayez fait cela. On n'étale point sa serviette, on la laisse sur ses genoux. Et comment fites-vous, pour manger votre soupe ? — Comme tout le monde, je pense. Je pris ma cuillère d'une main, et ma fourchette de l'autre.— Votre fourchette! Bon Dieu ! Personne ne prend de fourchette, pour manger .sa soupe. Mais, poursuivons, après votre .soupe, que mangeâtes-vous ? — Un œuf frais ! — Et que fites-vous de la coquille ? — Comme tout le monde, je la laissai au laquais, qui me servait. — Sans la casser? — Sans la casser. — Eh bien ! mon cher, on ne mange jamais un œuf, sans briser !a coquille. Et après votre œuf ? — Je demandai du bouilli. — Du

tiriiier ce jugement. Il est douteux, qu'à notre époque, il obtint pareil succès. Berchoux, au surplus, s'était déjà fait connaître par la satire dont le premier vers est passé en proverbe :

Qui me délivrera des Grecs et des Romains ?

A peine fus-je né, qu'un maudit rudiment Poursuivit mon eniance, avec acharnement. La langue das Césars faisait tout mon supplice ; Hélas 1 je préférais celle de ma nourrice ; Et je me vis fessé, pendant six ans et plus Grâce à Cicéron, et Tite et Cornélius, Tous Romains, enterrés depuis maintes années.

Quelques années plus tard, en 1810, Colnet, un autre rinieur, — je nose dire un poète, — publia l'Art de dîner, en ville, satire dirigée contre les parasites, qu'il voyait surtout parmi les hommes de lettres ; et l'on y trouve des vers comme ceux-ci :

Auteur jamais n'est mort pour avoir trop diné.

bouilli ! Personne ne se sert de CiHte expression. On demande du Ixruf, et point de bouilli. Et après cet aliment? — Je priai labbé de Radonviilers de menvoyer d'une très belle volaille. — .Malheureux '. de la volaille '. on demande du poulet, du chapon, de la poularde ; on ne parle de volaille, qu'à la basse-cour. Mais vous ne dites rien de la manière de demander à boire.— J'ai, comme tout le monde, demandé du Champagne, du Bordeaux, aux personnes qui en avaient devant elles. — Sachez donc qu'on demande du vin de Champag-ne, du vin de Bordeau.\. Mais, dites-moi quelque chose de la manière, dont vous mangeâtes votre pain. — Certainement, à la manière de tout le monde. Je le coupai proprement, avec mon couteau, — Eh : on rompt son pain ; on ne le coupe pas. .Avançons ! le café, comment le prîtes- vous ? — Eh '. pour le coup, conmie tout le monde. Il était brûlant, je le versai par petites parties, de ma tasse, dans ma soucoupe. - Eh bien '■ vous fites, comme ne lit sûrement personne. Tout le monde boit son café, dans sa tasse, et jamais dans sa soucoupe. Vous voyez donc, mon cher Cosson, que vous n'avez pas dit un mot, pas fait un mouvement, qui ne fût contre l'usage. L'abbé Cosson était confondu, continua l'abbé Delille. Pendant six semaines, il s'informa, à toutes les personnes qu'il rencontra, de quelques-uns des usages, sur lesquels je lavais criti- <iué. »

276 LA socii':té trançaise pendant le consulat Ou bien, afin de marquer leur platitude :

Tel doute à reutremets, qui croit tout au dessert.

Et encore :

Flatter est le seul art d'aller dîner en ville ;

Et pour de bons dîners, vendant leur Apollon Ils dénigraient les rois, mais ils flattaient Beaujon.

Plus loin :

Mangeait comme un glouton et pensait sobrement.

Et tant que Floridor conservera sa table, Il verra qu'il lui reste un ami véritable i.

\j AlmanacJi de Griniod de la Reynière primait d'ailleurs l'intérêt de tous les livres sur la gourmandise. En cette œuvre de petit format, Grimod s'occupe des aliments les plus rares comme des plus vulgaires, de l'époque oîi il faut les manger, de la manière de les accommoder. Il ne craint pas d'affirmer « qu'un estomac à toute épreuve est le premier principe du bonheur ». On sait alors ce qu'on va lire et il serait difficile de refuser son attention à l'auteur, lorsqu'il énunièrc les ressources alimentaires de chaque mois, ce qu'il appelle le« calendrier nutritif». On peut ne pas être un mangeur de viande; mais il dépeint avec un si bel enthousiasme l'aloyau choisi

1. Colnel de Ravel naquit à Mondrepiiis en Picardie, en ITiiS. Il niourul, ;> Bullcville (Pkris) dans la retraile.en 1832. Il abandonna, au début de sa vie, la carrière militaire, pour prendre le petit callet, ce qui lui fit donner le titre d'abbé, comme à Delille. S m poème, VArl de. diner en ihUc. est suivi d'un appi'.ndicc; c. )nteiiant le nom de tous les auteurs morts de faim. Il avait été marcband de vieux livres dans une espèce de cave, en face du pont Royal, puis au coin de la rue des Petits-Augustins.

LA GASTHONOMIE -JT?

au dépe(;age des bœufs du Cotentiii et de l'Auvergne, le bouilli préparé avec la pointe de la culotte, « dans tout son luxe, avec des morceaux de choux carrément coupés, cuits dans une braise savante », et les veaux arrivés de Pontoise « qui furent nourris avec de la crème et des biscuits », et le mouton des Ardennes, de Cabourg, de Pré-Salé et d'Arles, quil convainc son lecteur que l'absorption de cette nourriture est une jouissance supérieure. S'il parle du gibier et de la bartavelle, il annonce tout de suite, pour qu'elle soit prisée du gourmand, « qu'elle est à la perdrix ce que les cardinaux sont aux évoques ». Aux légumes, il insiste sur l'épinard et il écrit que si l'épinard « vaut peu par lui-même, c'est une cire vierge susceptible de recevoir toutes les impressions; qu'entre les mains d'un homme habile il peut acquérir une grande valeur. » «Tel platd'épinard,ajoute-til, a fait à lui seul la réputation d'un cuisinier. » Pour les œufs, il prétend qu'à l'époque où il écrivait, en 1803, on connaissait 543 manières difïérentes de les accommoder et celles que les savants imaginaient chaque jour. Partout oii se cuisinaient d'excellents mets, il s'y arrête ; il en dénombre les jouissances.

En mars et en décembre, il indique les restaurants où l'on mange les meilleures matelotes : k la Râpée et au Gros-Caillou.

« Une matelote delà Râpée, dit VAlmanach, est ce qu'on peut manger déplus appétissant, et il n'est rien de meilleur en fait de poissons d'eau douce. Le cuisinier le plus habile, le plus profond dans son art, le mieux et le plus abondamment fourni de toutes les provisions de luxe, inliéreiites à une cuisine somptueuse, n'atteindra jamais à l'excellence de ces sortes de matelotes et, malgré tout son savoir, il

pâlit devant la Râpée.... Cependant, ajoute-t-il, la confection d'une matelote n'est pas plus un secret à la Râpée qu'ailleurs, et les maisons de M. Guichard ou de M"'° veuve Renat opèrent devant tout Icmoiide. Là, comme au centre de Paris, une matelote se compose d'un barbillon, d'une carpe, d'une anguille et de buit ou dix écrevisses entières, sans être blancbies, et dont on n'ôte que les pattes. Là, comme ailleurs, on coupe ces poissons tout vivants, par tronçons, on y ajoute de petits oignons blancs, blanchis et cuits à moitié et des champignons en dés ; là, comme chez vous, on fait un petit roux avec de la farine et du beurre mêlés de bon bouillon (avec cette différence que ce beurre est certainement moins frais); on y met le poisson avec un bouquet garni, vin rouge, sel, poivre et les autres ingrédients prescrits ; enfin, on fait cuire le tout à très grand feu, et on ajoute, en servant, des croûtes frites. »

C'est Grimod qui nous apprend ensuite, dans son Almanach, que les tomates, sous le Consulat, n'étaient point encore un aliment vulgaire à Paris, qu'elles y avaient été vendues jadis par unités, ou par douzaines, et seulement après l'invasion des gens du Midi, à la Révolution ; qu'à la halle, au commencement du siècle, on n'envoyait à peine plusieurs paniers. Au total, Grimod est un gourmîind qui avoue son péché, et, aux approches des grandes fêtes gastronomiques de l'année, que ses pareils célébraient, il rapporte sans vergogne que pour mieux jouir de leur gourmandise ils se soumettaient tous à l'émé tique et aux clystères, afin de « récurer leur estomac et lui faire prendre de nouvelles forces ». Puis il raconte que les cuisiniers, de leur côté, « récurent leurs chaudrons, grattent leurs marmites, ratissent leurs broches, éclaircissent leurs erils et font étamer leurs

casseroles ; et comme à la veille des jours solennels on pare à qui mieux mieux les autels, le jour qui précède la Saint-Martin on balaye les fourneaux, on ramone les cheminées et la cuisine prend l'aspect d'un boudoir. »

Ses pri/2cipes gourmands ne ressemblent donc point à ceux de Carême, ni à ceux de Brillât-Savarin. 11 n'affecte, lui, aucune science philosophique, mais simplement la science de bien manger. Écoutons-le. « 11 faut manger sa soupe bouillante et prendre son café brûlant. — Le plus grand outrage qu'on puisse faire à un gourmand, c'est de l'interrompre dans l'exercice de ses mâchoires. Il est donc de la dernière inconvenance de rendre visite à des gens qui mangent. — Le morceau le plus délicat d'une poularde rôtie, c'est l'aile; le meilleur d'une volaille bouillie, c'est la cuisse, surtout si cette cuisse est blanche, grasse et charnue. Depuis quelques années, les dames s'attacl>ent aux croupions et, si ce sont des perdrix, à l'estomac. — La queue d'un lapin ou d'un lièvre est le morceau de distinction du poil ; ensuite le râble, puis les cuisses qu'on ne sert jamais. — Toutes les cérémonies lorsqu'on est à table vont toujours au détriment du dîner. Le grand point, c'est de manger chaud, puis proprement et beaucoup. — Un repas de foncés amateurs ne doit pas excéder dix couverts. — Quelques personnes redoutent, à table, une salière renversée et le nombre treize. Ce nombre n'est à craindre qu'autant qu'il n'y aurait à manger que pour douze; quant à la salière, l'essentiel est qu'elle ne verse point dans un bon plat '.

1. Les journaux littéraires mêmes s'occupaient de cuisine, et Grimod, en son A/manac/i, rapporte un passaarc.lirédii C<-H.«icuri/r.if»i.Wi"7ii<*. t. IV, p. lS;i.

(iriiiiod a])i);ii't('n;iil à l'une des grandes familles de liiiaiiciers de l\iris. Son père, nn fermier génér;il, était mort d'indigestion, et son fils, lorsqu'on parlait de gourmandise, ne manquait point de rap- ])eler cette mort caractéristique. Né en 1758, il était donc sous le Consulat dans la force de l'âge et se pouvait considéi'er comme l'un des i-ois de la gastronomie, parmi les beaux mangeurs de l'époque. Il possédait une santé solide, ce qui lui avait fait écrire « ([u'un bon estomac était le suppO)t du ])onheur »•

C'est 11' iiarallrle i-lalili, par un iiouniiand, cnlriî les feiniiios et la bonne chère.

" Posons l(>s ]iriricipcs. Vousconvicndi'c/., d'abord, Messieurs, que les plaisirs, que procure la lionne chère, sont ceux qu'on connaît le plus tôt, qu'on <|uitle ie plus lard, et qvie l'on peut goûter le, plus souvent. Or, pourrezvous en dire autant des autrc's'^... est-il une femme, tant joli»' que vous la supposiez, fùt-clle une demoiselle Weimer, ou ime dame Récaniier, <jui puisse valoir ces admirables perdrix de ("aliors, du Languedoc et des Céveiincs, dont le l'unu't divin vaut mieux que tous les parfums de l'Arabie? La metlrez-vous, en parallèle, avec ces pâtés de foies d'oie, ou de canard, auxrpiels les villes de Strasbourg-, de Toulouse et d'.Vucli, doivent la meilleure partie de leur céléljrilé? Qu'est-elle, auprès de ces langues fourrées de Troyes, de ces mortadelles de Lyon, de ce fromage d'Italie, de Paris, et de ces saucissons d'Arles ou de Bologne, qui ont acquis tant de gloire, à la personne des cochons ?Pouve7.-vous mettre un joli petit minois, bien farde, bien grimacier, à côté de ces admirables moutons des Vosges, ou des .\rdennes, qui fondent sous la dent, deviennent un nianger délectable'? Qui osera la conqiarer à ces indicibles veaux de rivière, de Pontoise, ou do Rouen, dont la blancheur et la tendreté feraient rougir les Grâces mêmes? Quel est le gourmand, assez dépravé, pour jiréférer une beauté maigre et chétive à ces énormes et succulents aloyaux de la Limagne,ou du Cotentin, qui inondent celui qui les dépèce, et font tomber en pâmoison ceux qui les mangent? Rôtis incomparables ; C'est, dans vos vastes flancs, source de tous les [irincijies vitaux et des vraies sensations, que le gourmand va jiniser son existence, le musicien son talent et le poète, son génie créateur! Quel rapjiorl j)ouvez-vous établir, entre cette (igure piquante, mais chiffonnée, et ces iKiuhirdes de Bresse, ces chajions de la Flèche et du Mans, ces coqs \ iiTges du pays de Caen, dont la finesse, la beauté, la succulence et l'embonpoint, exaltent tous les sens à la fois, et délectent merveilleusement les hfiuf)i)es nerveuses et sensitivi^s de tout palais délicat? Kt dans mes arguiMciiis, remarquez. Messieurs, que je ne comprends pas même les pâtés de mauviettes de Pithivicrs, ceux de canards d'Amiens, ceux de guignards de e.hartres, les rouges-gorges de Metz, les grives d'Alençon, les langues fumées de Constantinople, le bœuf à l'écarlate et fumé de Hambourg, le '■abillîu-d d Ostendc, les huitres de Marennes, de Dieppe, de Cancale et 'ri-;iretat ; que je ne parle point du beurre de Bretagne, d'Isigny et de la Prevalaye, ni de la délicieuse crème de Soltcvillc; cjuc je ne cite point les

Elégant, desprit alerte et caustique, soutenu par un grand bon sens, il occupait dans le monde une place enviée, et aux repas de cérémonie l'amphitryon se considérait très honoré de la présence à sa table de ce convive de choix. En sa jeunesse, un accident terrible l'avait privé de ses deux mains et il n'en avait gardé que les débris qui, rajustés avec art, simulaient à ses moignons le rudiment de deux pattes d'oie.

Ainsi que tous les jeunes gens de la tin du xvnr siècle, il avait fait le pèlerinage de Ferney pour présenter ses hommages à Voltaire, qui l'avait aimablement accueilli ; il aimait à le rappeler. Qu'importe ! Il ne s'était point laissé prendre aux doctrines alors dominantes de la philosophie, car il abhorrait la Révolution ; de même tous les gour-

noix confites et la g-elée de pommes de Rouen, les pruneaux de Tours, les poires de Rousselet et tapées, le pain d'épice et les nonnettes de Reims, les mirabelles de Metz, les groseilles de Bar, le cotignac d'Orléans, l'épinevinette de Dijon, les raisins de Roquevaire et de Corinthe, les figues fines d'Olioules, les prunes tapées de Brignoles, les raisins muscats de Pézenas, les prunes de roi et la Ueur d'orange pralinée d'Agen, les dragées et les pastilles à la rose et à la vanille de Montpellier, les pâtes d'abricots de Clermont, les confitures sèches de Beaucaire et de Béziers.... que je ne vous cite pas même, renonçant aux forces, qu'ils pourraient me fournir dans cette discussion, l'anisette de Bordeaux, l'cau-de-vic d'Andoye et de Dantzick, l'eau de noyau de Phaisbourg, l'huile d'anis et le Kirchwaser de Verdun, la crème de moka de Montpellier, l'eau de colladon de Genève, l'huile de rose de Cette, l'huile de jasmin de Marseille (la meilleure de toutes les liqueurs indigènes) ; le ratafia de cerises de Grenoble, l'eau de la Cote Saint-André, enfin le baume humain, la crème de menthe et les autres liqueurs de Martinique. Sachez-moi donc gré. Messieurs, de mon silence, et voyez si vous pouvez établir quelque comparaison, entre ces conieslibles et ces boissons délectables, et les caprices d'une femme, ses humeurs, ses bouderies, et osons trancher le mot, même ses faveurs. Figurez-vous les mets que j'ai énoncés d'abord, préparés par des cuisiniers de la nouvelle France, torréfiés par des rôtisseurs de Valognes, enfin dépecés par des somnuliers d'.VIlemagne, et puis soutenez encore votre opinion... Résumons-nous donc, et convenez que les jouissances, que procure la bonne chère ii un riche gourmet, doivent être mises au premier rang ; que bien autrcm.iit prolongées que celles quongoùte dans l'infraction du sixième commandement de Dieu, elles n'amènent ni langueurs, ni dégoûts, ni craintes, ni remords ; que la source s'en renouvelle sans cesse, sans jamais s épuiser; que loin d'énerver le tempérament et d alfaiblir le cerveau, elles deviennent l'heureux principe dune santé ferme, d'idées brillantes et de vigoureuses sensations. .

iiiands, se préoccupant bien davantage de ce qui flattait leur sensualité que des maximes de l'égalité. Jus- ({u'à la lin de sa vie il plaça son bonheur dans une table agréable, somptueuse, délicate. Il y avait alors dans la société de bonne compagnie des hommes qui professaient, comme lui, le culte de la gourmandise; et lorsque, la vieillesse arrivant, il se retira dans un de ses châteaux, à Longpont, il n'oubliait pas, à chacune des visites de son médecin, de s'enquérir de leur santé et de leur manière de vivre.

Resté célibataire, il était soigné par ses domestiques comme un enfant, quoiqu'il ne leur ménageât aucune algarade. Il ne cessait de les accabler de reproches et de gronderies ; il gémissait, il se plaignait, il se désolait. En son extrême vieillesse il disait à chaque instant qu'il voulait mourir, et à l'heure de ses repas, il prétendait n'avoir besoin de rien, ])uisque ses dernières heures étaient sonnées. Mais son humeur morose se dissipait tout à coup, lorsqu'il avait pris à son premier déjeuner son potage aux fécules. Sa gaieté renaissait, suivie bientôt de son humeur atrabilaire ; il tempêtait, il criait encore contre ses valets; puis, la digestion commençant, on rétendait sur une chaise-longue où il s'endormait.

Si le médecin entre, ses yeux se rouvrent, et la vie pétille en son visage.

— Gomment va M. de Gussy? dit-il au docteur. — M. de Gussy, on le sait, était un gourmand distingué. — Vivra-t-il encore longtemps? On dit qu'il a eu une terrible maladie. On ne l'a pas mis à la diète, sans doute. Vous ne l'auriez point souffert, car il faut au moins manger pour vivre, n'est-ce pas ?

Et il continue ses interrogations, toujours sur le mtjme objet...

— Les pluies ont été abondantes ; il y aura beau-

coup (le clianipigiioris dans nos bois, à l'automne. Quel dommage, cher docteur, que je ne puisse pas vous suivre dans vos promenades à Sainte-Geneviève! Je n'ai plus la force de marcher... Comme vos ceps seront beaux ! Quel doux parfum ! Vous reviendrez, n'est-ce pas? Vous nous en ferez manger. Vous présiderez à leur préparation.

Enfin il est dix heures ; on le couche et il rêve à ce qu'il mangera le lendemain '.

Une estamj)e de la Bibliothèque Nationale montre son visage, en son âge mûr, d'une physionomie étincelante de malice et de gaieté. Sa bouche, un peu grande, est fermée de deux lèvres minces, non des lèvres de gros mangeur, des lèvres de gourmet qui se plaît aux mets délicats, aux vins généreux. Le nez est large aux narines, très effilé dans le haut, entre deux yeux qui, tout petits, sont pleins de vivacité et d'énergie. Il présente l'image d'un philosophe, plutc)t que d'un bon vivant, une sorte d'Erasme qui médite et qui a trouvé une solution à ses doutes. Grimod mourut en 1838, à l'ùge de quatre-vingts ans.

Le marquis de Gussy, dont parlait souvent Grimod de la Reyuière, était son contemporain, et pendant le Consulat il se fit connaître entre tous ceux qui recherchaient la bonne cuisine. Sa réputation de

1. Lady Morgan : Tome II de son voyage en France, écrit: " Madame do la Reynièie, mère de M. Grimod, au temps où elle vivait, occupait une aile de l'Iiôlul de son fils. Elle est de haute noblesse, et son défunt mari d'extraction roturière. Un des amusements de son lils était d'inviter, le même jour, les illustres parents de sa noble mère et la parentébourgeoise de son père. 11 les présentait les uns aux autres, en disant : M. le duc, voici notre cousin, le boulanger ; voici notre oncle, le bouclier- U aimait aussi à réunir à la même table des ennemis déclarés: Talnia, avec son sévère critique, Geoffroy; Mlle .Mars, avec sa rivale, Mlle Levert. Il donna une fois sa voiture en louage. uni(|uemnnl l'^nr \e\.r son p. re ipii lui refusait de l'argent. »

:284 LA sociÉTi': française pendant le consulat

gourmand commença dès cette époque, mais s'accrut sous l'Empire, étant devenu l'un des principaux dignitaires de la cour de Napoléon. L'empereur l'avait remarqué dans le monde, comme un causeur intéressant, dont les récits étaient toujours agrémentés d'anecdotes curieuses sur les grands seigneurs et les grandes dames de la cour de Louis XVI. Il avait la parole facile, chaude, engageante ; il était aimable, bienveillant, de bonne humeur. Enfin toute sa personne portait l'empreinte de riiomine bien élevé, de l'aristocrate, en même temps que de l'officier, quoiqu'il fût de petite taille, avec le dos rond. Sa physionomie retenait le regard i)ar un vaste front couronnant un visage où les signes de la sensualité ne faisaient point défaut, tels qu'un menton jjroéminent, des lèvres épaisses sur une bouche large. Cependant il maintenait son grand air de distinction sous ces dehors un peu bas.

Sa science gastronomique s'affirmait alors si péremptoirement, qu'il était consulté par les marchands de comestibles et que le cuisinier présidant à ses offices ne le voulut jamais quitter, malgré des offres brillantes, disant que, chaque jour et à chaque heure, il se perfectionnait au service du marquis. Les grandes maisons de l'Europe s'adressaient à lui pour avoir un cuisinier. Sa recommandation devenait une prime d'engagement. On suivait ses préceptes concernant une bonne table ; il en avait indiqué les conditions: toujours beaucoup de lumière, une température d'au moins 13 degrés en hiver; jîoint de glaces autour de lui, contrairement à l'avis de Brillât-Savarin. Le marquis de Cussy disait:

« Il n'y a qu'à jeun que l'on puisse se placer devant un miroir. »

La chute de lEmpire ne lui laissa plus qu'une

médiocre aisance, eu lui enlevant les appointements de ses hautes fonctions. Mais il savait si bien ordonner rintérieur de sa maison, qu'il vésut, néanmoins, avec la plus parfaite dignité et que sa table fut toujours très désirée. Jamais plus de sept ou huit convives, de ceux qui sympathisaient, non seulement avec lui, mais entre eux, en morale et en pensée, afin que leur esprit se trouvât réchauffé de propos réconfortants dans leur homogénéité. Sa supériorité se décelait dans sa manière de commander et préparer un repas.

Donnez des ordres précis et détaillés, disait-il. Ne laissez qu'exécuter ! Adoptez, dans le service, le genre de l'Empire, qui était mâle et élégant. Pas trop de raffiuement, ni trop d'élégance. Dites-vous bien : je ne veux pas table de roi, qui est souvent une mauvaise table, mais table de S/p^aciisaifi, de Corinthien. Pour cela, il faut un bon potage ', quelques mets simples et savants, des viandes apprêtées par un travail délicat. Les meilleures viandes sont celles qui sont le moins viandes, comme les poissons exquis sont ceux qui sont les moius pois-

1. Quoique le marquis de Cussy passât pour ne point préconiser les I)otages, il avait cepi?ndant donné la recette d'une soupe à l'oignon que l'on appelait alors la soupe à la Cussy. " Vous choisisse/., avait-il dit. une vingtaine de petits oignons, vous les épluchez, vous les coupez par tranches et vous les mettez dans une casserole avec un morceau de beurre frais et un peu de sucre. Vous les tournez jusqu'à ce qu'ils soient d'une belle couleur d'or, puis vous les mouillez avec du bouillon et vous ajoutez la quantité de pain nécessaire. Au moment de servir votre potage, vous l'arrosez de deux petits verres de vieille eau-de-vie de Cognac. Pour faire pénitence, dans le Carême, M. de Cussy préparait lui-même cette soupe romantique et il en mangeait une belle assiettée. Si quelques amis v.-naient le surprendre, il tenait en réserve, dans son garde-manger, une «pieiie de saum un et une botte d'asperges... Il faisait, d'ailleurs, peu de cas du p itige, lorsqud savait qu'un dîner fm devait le suivre. Un de ses aphorismes était .La toupe etl Ul préface du diiier. Un bon ouvrage n'en a p.ix In-soin. Il ne croyait pas à la médecine, dit un de ses biographes, et la médecine a mis un an a détruire .sa forte constitution. Le jour de sa moil, apiés une maladie de si.x mois, il a facilement digéré un perdreau rouge entier.

sons. La gastronomie, c'est l'art aux mille ressources.

Dans VAi't iste de 1837, se trouve le récit d'un souper, oflert à Rouen par Jay, au marquis de Gussy. Les détails de cet opulent repas méritent d'être rapportés. Jay honora le célèbre gourmet.

« Une tournée de vin de Constance, écrit ce journal, fut le premier coup, mais un coup de prince. ]\L de Cussy donna la préférence à quelques cuillerées de vermouth de Hongrie. Alors arrivèrent deux beaux relevés très chauds; l'un, composé de hure d'esturgeon, mouillé de Champagne : l'autre, d'une Une poularde aux truffes. Ces deux plats, posés sur des boules où l'eau bouillait encore, furent coupés, partagés, avec une dextérité infinie ; ce fut la mise en train du souper. On servit quelques premiers verres de romané-conti. L'ordinaire était du Château-Laffitte, première qualité. Un convive, un jeune magistrat, demanda du madère sec qu'il connaissait. Ce madère avait fait deux fois le voyage aux Grandes-Indes. Les entrées parurent ; c'était le souper, le corps d'armée. On en sert quatre : une croustade de grives au gratin, des cailles aux laitues, garnies d'une macédoine, une béchamel vol-au-vent, et un sauté de perdreaux rouges aux truffes. Aux deux extrémités de tout cela, en manière d'accessoires, se trouvaient des effilés de pommes de terre trempés dans un beurre brûlant et mêlés à des trufïes découpées. Ce premier service de vingt, ou vingt-cinq minutes, fut arrosé de quelques courtes et fines libations, exécutées avec une lenteur délicieuse. Elles furent approfondies avec charme. Le madère se mêla, de nouveau, au mouvement des verres. Jay nous offrit du tokai. — Au second ser-

vice, les esprits se sentirent plus fermes, plus lucides. Nous vîmes passer le chapon au cresson et le coq de bruyère g-arni de gelinottes. On avait placé, au milieu de la table, un magnifique Ijuissou d'écrevisses de Seine. Puis vinrent, dans un croisement convenable mais actif de douces rasades, les chouxfleurs au parmesan, les artichauts à la lyonnaise, quelques futilités succulentes, un chateaubriand, les gaufres à la parisienne. Ce second service fut terminé par de petites caisses de soufflé, ce classique, qui a tenu bon, comme Racine. Je crois avoir vu voltiger, comme extra, entre les deux services, de petites caisses de fondus, mais je n'ai plus vu le reste dans la distraction générale. Le dessert fut court et de bon goût. Le sillery vint le présider, et vous savez cpie ce nom rappelle un homme aimable, un seigneur d'autrefois, qui, assis sur les bancs de la Convention, réclama intrépidement le duc d'Orléans, comme son ami, au moment où le décret de mort l'arrachait à l'Assemblée. Toutefois le vieux madère ne perdit que la présidence nominale, car les plus nerveux ne le quittèrent pas. Je ne note pas tout ce qui nous fut offert : le vin de pêches de Strasbourg, le vin de Syracuse, le lunel, le vin paille, sollicitèrent inutilement le goût, ou le courage des convives l'excepterai le syracuse d'excellente espèce, débris de la cave du maréchal Beurnonville, du Chypre de la commanderie, dont quelques gouttes, bues dans ces verres légers, dits pokn'cs d'oignon, remplirent la bouche d'arômes onctueux, qui allaient droit au cerveau, pour l'éclairer d'une plus ferme lumière, d'une seconde ou d'une troisième vue... * llouen avait, alors, son restaurant célèbre, le Cafc de France, dont le directeur, Mériotte, n'était point un inconnu pour les gourmands ; comme le Havre

28S LA SOCIKTl'^ FRANÇAISE PENDANT LE CONSULAT

lîossédait le restaurant de M"" Laiter, aussi renommé que les meilleures maisons de Paris. Les hommes (l'un goût fin, d'une science parfaite dans la manière de bien vivre, y venaient souvent procéder à l'un de ces repas exquis, comme celui de Jay, oiTert au marquis de Cussy. Laiter, Mériotte et Carême se connaissaient et tous les trois se targuaient de leur science culinaire.

Je dois insister sur Talleyrand. Tout le monde sait qu'à cette époque sa table, dirigée par Boucher, était fort recherchée. Sous les hautes lampes de carcel qui répandaient sur le linge, éblouissant de blancheur, leur lumière adoucie par les globes d'opale, il y recevait souvent ses amis intimes : Lavaupalière, d'Estchepare, le marquis de Lima, ambassadeur de Portugal; Adrien de Montmorency- Laval, de la Renardière, portant toujours la coiffure poudrée du temps de Louis XV, et dont la politesse aimable semblait alors une excentricité, au milieu de la société un peu brutale, un peu grossière du Consulat. Il admettait également à ses petits repas et Font mes, et d'Alberg, et Mole, et Joubert et Desreuaudes, son ancien vicaire général, esprit solide autant que disert ; et d'IIauterivc, l'un des directeurs de son -^ ministère, et Montrond, esprit élégant, un des survivants comme de la Bénardière de l'ancienne société polie de la monarchie ; enfin, quelquefois, le chevalier de Langeac, que l'ûge éloignait des grandes soirées mondaines.

Chaque jour, il discutait son menu avec son chef de cuisine, et le dîner se trouvait ainsi composé ; doux potages, deux relevés, dont un de poisson, quatre entrées, deux rôtis, quatre entremets et le dessert. Talleyrand mangeait avec appétit, ne pre-

LA GASTnONOMfE '2H^

nuit le matin que quelqu-^s tasses de camomille avant son travail. Il lui fallait du potage, du poisson, une entrée de boucherie, géuéralemout de la noix de veau, ou des côtelettes de mouton braisées, du rôti de poulet et, en légumes, des épinards ou des cardons ; enfin, pour entremets sucré, des pommes ou des poires gratinées, rarement un dessert. Il ne buvait que d'excellent vin de bordeaux trompé d'eau, un peu de xérès et, au dessert, un petit verre de vieux malaga. Le café était servi au salon, malgré les recommandations des gourmets, opposés à cette habitude, qui le plus souvent force à boire le café point assez brillant. Au salon, le maître d'iiôtel présentait au ministre une tasse et du sucre cassé dans une coupe, et la tasse pleine de morceaux de sucre, on lui versait le café, qu'il absorbait doucement, pendant qu'il répondait aux questions de ses amis '.

Ceux qui marquèrent à cette époque de grande mangerie ne doivent point être oubliés, mais ils se confondent dans la foule des gourmands ; tels, Gambacérèset son familier, le marquis d'Aigrefeuille, qui désirait fonder uneAcadéfuip dp la g ucuIp et demeurait tout efiaré, lorsqu'à sa table un mets lui était servi manqué. Il croisait alors sur son abdomen ses petites mains grassouillettes et paraissait éperdu. De même, le marquis de Cobentzel, ambassadeur do Prusse à Paris, et Gamerati, convive d'une corpulence énorme, dont la goinfrerie effrayait les plus grands mangeurs ; et Gastaldi, lo célèbre médecin

l.Brillat-Savaiin a iiuIiqiiL- la inanièred.- faire le café hla Duliellay:« Vt-rspz, dit-il, de l'eau bouillante sur le café, mis dans un vase de i...rcelaine, ou d'argent, i)ercé de très petits trous; on prend celte première décoction; on la chauire jusqu'à l'ébullition : on la repasse de nouveau, et on a un café aussi clair et aussi bon que possible. ■

des tristes maladies de Bicetre ; et Paer, le musicien, et le tiiiancier Hoope, qui pratiquait fidèlement cette maxime : « Jouir, c'est vivre. » Lorsqu'ils étaient à table, ces dillefctauti de la gourmandise, ils mettaient en pratique le dicton d'un procureur d'abbaye de moines : // y a trop de vin dans ce monde, pour dire la messe ; il n'y en a pas assez pour faire tourner le moulin; dotic il faut le hoire\

Aux dîners on observait une coutume née dans la ville de Bordeaux et que l'on appelait le coup du milieu, une sorte d'entr'acte qui permettait aux convives de reprendre de l'appétit et de commencer pour ainsi dire un deuxième repas. Entre le rôti et les entremets, les portes de la salle à manger étaient ouvertes aux deux battants, et l'on voyait s'avancer une jeune servante, toujours d'une beauté agréable, portant sur un plateau des petits verres et un flacon de cristal contenant du rhum de la Jamaïque. Elle faisait le tour delà table et servait aux convives un de ces petits verres qu'elle avait empli de liqueur. L'effet était magique, disent les narrateurs de cette excellente coutume, et chacun reprenait, avec plus d'entrain, sa participation à la fin du dîner.

Il y eut ensuite, par imitation, le coup d'avant et le coup d'après le potage : un verre de bon vin pur

1. Les Classiques de la table ont écrit : «Un IjondiiuT (loil durer deux ou trois heures. — Cliarg'er la table est une faute gra\e. — Il ne faut pas plus (le six plats élolîés et bien travaillés. — Se servir toujours de vaiss(dle brûlante, i^our les convives, la loi du nombre, dit le marquis de Cussy, est d'être plus que es Grâces, et autant i(ue les Muses. — Un homme qui .sait vivre, mange et boit peu à sa table. L(; dessert sage s'enlermi; dans le vieux fromage, les confitures et les vins secs vieux et chauds, comme le xérès. Le dessert. proprement dit est italien, et l'on entend par ce mot la réunion et la disposition, agréable aux yc^ux, d(^s gâteaux, des fruits, des confitures. Carèmî dit que le dessert a été p'îrfectionné, pour retenir les jeunes filles, les jeunes femmes et les enfants à table, dans les entretiens de la famille. Qu'il soit simple et considéré, comme un troisième ou (juatrième service. »

et si bienfaisant pour restoinac que les bonnes gens disaient : Le coup claprh est un écu enlevé de la poche du médecin.

Ainsi on trouvait, parmi ces fervents delà bonne chère, les trois catégories de mangeurs : le goulu, le gourmand, le gourmet.

Le goulu était celui qui consommait les aliments quels qu'ils fussent, ne laissant passer aucun plat sans y prélever sa part, mangeant toujours, et tant que son estomac pouvait supporter la nourriture *. Il n'était satisfait et ne s'arrêtait que dans l'impossibilité d'avaler davantage.

Le gourmand choisissait ; il donnait la préférence aux mets que son goût appréciait et il en mangeait en abondance, parlant peu, tout occupé de ses aliments, voulant qu'à table sa plus grande jouissance fût de manger.

Le gourmet, au contraire, ne s'attachait qu'aux mets les plus délicats, ne mangeant, d'ailleurs, qu'à petites bouchées, comme il ne buvait qu'à petites gorgées, cassant le boire, suivant le mot usité, plus occupé de la conversation ambiante, et de complaire aux jolies femmes qui ravoisinaient,qu'à s'appesan-

1. A propos de la gloutonnerie, Brillat-Savarin écrit : « Les troupes d'invasion en 1815, les alliés, buvaient avec une avidité égale à leur appétit et demandaient toujours les vins les plus chers, espérant y trouver des jouissances inouïes qu'ils étaient tout étonnés ensuite de ne pas y trouver. Les observateurs superliciels ne savaient que penser de cette mangeric sans lin et sans terme. Mais les vrais Français riaient, et se frottaient les mains, en disant : « Les voilà sous le charme ; ils nous auront rendu ce soir jilus « d'écus que le trésor public ne leur en a comptés ce matin. -Cette époque lut favorable à tous ceu.v qui fournissaient aux jouissances du goût. Véry acheva sa fortune, Achard commença la sienne, Beauvilliers en fit mie troisième, etM°" Sullot, dont le magasin, au Palais-Royal n'avai l pas deux toises carrées, vendait par jour jusqu'à 12.000 petits pâtés. >• Puis, en nulr : " Lorsque l'armée d'invasion passa en Champagne, elle prit liOO.OOO bouteilles de vin dans les caves de M. Moët, d'Epernay, renommé pour la beauté de ses caves. Il s'est consolé de celte perte énorme, quand il a vu que les pillards en avaient gardé le goi'it, et qu<î les C)mmand<;s qu'il reçoit du Nord ont plus que doublé.

tir sur les morceaux déposés en son assiette. Il narrait avec esprit ; il trouvait le mot pour rire ; il excitait autour de lui la bonne humeur des convives, et si la conversation devenait générale, intéressante, hilarante, on ne doutait pas que la première étincelle ne fût partie de la place du gourmet.

(tétaient eux, les gourmets de ce temps-là, que l'on entendait déplorer la disparition des soupers, peu à peu supprimés des habitudes de la bonne compagnie et remplacés par le dîner. Le dîner ne se prenait plus, comme le souper, à l'heure où les afiaires sont terminées. Il avait lieu ou trop tard ou trop tôt. Trop tard, — à 5 heures ou 6 heures, — pour retrouver son appétit au moment où autrefois on commençait le souper, à 10 heures ; trop tôt dans les maisons qui avaient maintenu les vieilles habitudes, à 2 heures, parce que ce moment troublait la journée des hommes attachés à la politique ou aux a flaires.

Ceux d'entre eux, qui ne pensaient qu'à bien vivre, préconisaient le séjour de Paris en été.

« Il n'est point de ville, disait le docteur (iastaldi, le beau mangeur, où l'on peut se nourrir plus agréablement qu'à Paris, l'été. Dans les restaurants, les clients clairsemés ne retiennent plus toute l'attention des garçons de service. On les a plus à soi> et, dans le silence des salons, on peut garder toute liberté de savourer ce que l'on mange. »

Et il indiquait les règles du dîner d'été. D'abord le contraste dans chaque menu, ahn de passer alternativement d'un mets chaud à un mets froid, (^omme potage, la julienne, dont le bouillon serait produit par la décoction de la chair de la poule, ou de l'agneau, et dans lequel on aurait jeté de bons légumes, issus des pluies chaudes. Ensuite quelques

légers hors-dœuvre, des petits gAtennx de pâtisserie, avec beurre et olives. Au rôti, le perdreau, ou le coq vierge.

Ce dernier manger n'est pas assez connu, ajoutaitil ; il est plein de vigueur et de mystère. Si l'on savait combien l'analyse le fait craindre et aimer, on serait tenté d'en manger plus souvent.

Brillât-Savarin l'appréciait et l'appelait un mets chaud, recommandant l'espèce du pays de Caux. Il voulait qu'on enveloppât ses flancs de bandes de lard et que ses sucs en reçussent ainsi une modification essentielle. La Guipière et Carême conseillaient de les disposer sur la broche, de telle façon que la cuisson opérât vivement cette fusion.

Sur ses menus d'été, le docteur inscrivait également les cailles, les éperlans, enfin tous les légumes frais. Temps propice à la gourmandise ! Dîner seul, en été, dans un des grands restaurants de Paris était, pour le gourmand, le plaisir le plus envié.

C'était encore le gourmet, mais le gourmet lyonnais, que l'on retrouvait, dans la société du cardinal Fesch, archevêque de Lyon. L'Eminence n'avait pu oublier les grives et les merles de son île de Corse, où ces jolis oiseaux se nourrissent de graines de myrte et de genièvre ; et durant tout l'hiver ils ornaient la table épiscopale, procurant aux convives les plus délicieuses jouissances. Les invités du prélat attendaient, non sans impatience, que l'horloge du palais sonnât les six coups du dîner, ahn de goûter, sous la présidence du noble archevêque, au plat excellent, qui leur était servi. Chacune de ces petites bêtes, — grives ou merles, — portait sur le dos un petit bouquet de sauge

2'.>t LA SOCIKTlî FRANÇAISE PENDANT LE CONSULAT

frite, imitant, en quelque sorte, disent les mémoires du temps, la queue dont elles étaient parées, quand elles chantaient sur l'ormeau, ou sur l'aubépine. Audessous, étaient disposées des rôties, arrosées d'huile fine, laissant au palais une douce amertume dont se réchautlait restoinac. C'était un mets, qu'aucune autre table ne pouvait offrir.

Également un iiourmet, le fantastique Hoffmann, qui célébrait, sur un rythme poétique, le punch, presque toujours servi, à la fin d'un repas de cérémonie. « La préparation de cette liqueur, dit-il, me cause une béatitude extrême. Quand la flamme bleue monte, en pétillant, je crois voir de légères salamandres s'abattre, en sifflant, sur une coupe et venir combattre les esprits de la terre, que renferme le sucre. Ceux-ci soutiennent bravement la lutte. Ils fondraient leurs ennemis, de leurs petits jets de llamme jaune, qui traversent, en scintillant, la vapeur bleuâtre ; mais la puissance de leurs adversaires l'emporte ; ils tombent et se décomposent, en gémissant. D'autres vapeurs tournent dans la fumée, en décrivant des cercles couleur d'opale ; ce sont les esprits aquatiques, qui se dégagent et se perdent dans les airs, tandis que les salamandres, consumées par leur propre feu, s'épuisent et s'éteignent lentement ; elles expirent, à leur tour, et des esprits nouveau-nés s'élèvent hardiment de ces décombres. Si donc, il était vrai, qu'on puisse arroser le terrain de Timagination, (ce que je crois fermement, puisque boire accélère, non seulement les idées, mais leur donne une certaine fraîcheur, qui allège le travail de la fécondation), je conseillerais que l'on versât du vin de France ou du Rhin, pour écrire la musique sacrée ; pour un opéra, le meilleur vin de Bourgogne ; du vin de Champagne, pour une

pièce comique ; mais, pour une création terrible et tendre, comme Don Juan., je proposerais un verre de cette liqueur magique où se combattent les gnomes et les salamandres. » [Hoffmann : Fantaisies à la manière de Callot).

Berchoux chantait les haricots, et toujours en gourmet :

J'aime mieux un tendre gigot, Qui, sans pompe et sans étalage, Se montre avec un entourage De laitue ou de haricot.

Gigot, recevez mon hommage !

Souvent, j'ai dédaigné, pour vous, Chez la baronne ou la marquise, La poularde la plus exquise.

Et même la perdrix aux choux.

La preuve, disait-on alors, que les haricots sont presque une friandise, c'est que le marquis de Cussy abandonne les blancs des bartavelles, les filets de sole, assaisonnés de truffes, aussitôt que paraissent les haricots de Soissons.

Delille, pour mettre en valeur les qualités précieuses du café, écrivait, après avoir perdu la vue:

Viens donc, divin nectar, viens donc, inspire-moi. Je ne veux qu'un désert, mon Antigone et toi ! A peine j'ai senti ta vapeur odorante.

Soudain, de son climat la chaleur pénétrante Réveille tous mes sens : sans trouble, sans cahots. Mes pensers plus nombreux accourent à grands flots. Mon idée était triste, aride, dépouillée ;

Elle ril, elle sort richement habillée ; Kt je crois du génie éprouvant le réveil Boire, dans chaque goutte, un rayon de soleil.

Les diners se trouvant reculés jusqu'à six heures du soir la coutunie s'établit de faire deux déjeuners, le second se prenant à la fourchette, vers les onze heures. Il y eut, aussitôt, dans les castels des environs de Paris beaucoup de ces repas qu'accompagnaient les distractions élégantes et champêtres durant la belle saison. Lady ]\Iorgan parle de l'un de ces déjeuners où elle fut invitée par la comtesse d'Ilaussonville, en son château de Plaisance. Le lieu du rendez-vous était fixé à l'hôtel seigneurial, à Paris, où les convives arrivèrent en cabriolets, en chaises, en berlines. Ils partirent de compagnie, et, après le repas, les invités se répandirent dans les allées des jardins, garnies d'arbustes en fleurs. Lady Morgan raconte ce qu'elle vit à Plaisance, où la maîtresse de céans rappela les souvenirs historiques de ce beau lieu : le petit fief défi moineaux^ qu'Agnès Sorel avait elle-même ainsi nommé, d'après la colonie d'oiseaux qui s'y étaient installés.

C'était là, peut-être, dans les mêmes allées où nous nous promenions, ajoute-t-elle, que le vaillant (leorges de la Trémouille et le brave Dunois avaient fait la cour, en francs chevaliers, à la gentille Agnès; qu'Alain Chartier avait chanté ses louanges et que le malheureux Jacques Coeur avait reçu son testament, quand elle lui dicta ses dernières volontés, relativement à son lie de Beauté, qu'elle aimait tant.

Et ce qui l'étonnait, la grande dame anglaise, c'était la célérité avec laquelle se faisait le service des tables françaises.

La disposition des lieux, dit-elle, dans les rési-

dences champêtres, force les invités à traverser la salle à manger, pour arriver jusqu'au salon où l'on est reçu. La salle à manger est vide à ce momentlà, et, lorsqu'on revient peu de temps après, lavaisselle et les cristaux sont en place, le couvert est prêt pour le repas, alors que cette besogne prend des heures entières dans une maison anglaise et occupe tant de monde.

Le bas peuple, aussi, était gourmand, plutôt goulu et goinfre, que gourmand. C'était, pour lui, que des professionnels, connaissant la cuisine sommaire, avaient ouvert des guinguettes aux barrières de la grande ville. On appelait guinguette la maison du marchand de vin où l'on pouvait manger, aussi bien que boire ; et les dimanches et les jours de fête, elle se remplissait de « joyeux drilles », accompagnés de leurs amies, qui y venaient prendre leurs ébats. A la chaussée du Maine, on trouvait celle dont l'enseigne était célèbre, sous le nom de Moulin Jo7iséniste. Mais, il n'y entrait là que ceux dont la poche était garnie; ceux qui pouvaient dépenser à un repas, au moins trois francs, somme un peu élevée pour louvrier, au temps du Consulat. Aux guinguettes de la Gaieté, se réunissaient les soldats, casernes à l'Ecole militaire ; les ouvriers habitant la rue de Grenelle, les filles et les femmes qu'y attiraient le bruit des rires et les danses, au son du flageolet et du violon. Aux Batignolles, la meilleure guinguette était celle du père La Tuile, dont la cuisine possédait une renommée aussi étendue que celle du remarquable Dénoger. X la barrière des Martyrs, existait toujours celle de la Belle en cuisses: ; mais la belle avait disparu et l'enseigne était maintenue. A la barrière Rochechouart, elles

pullulaient et débordaient jusqu'à Clignancourt, les iiuin guettes. Aucune célébrité ne les signalait, pas plus qu'cà la barrière Poissonnière, à la Chapelle et à la Villette. Près de ces barrières s'était installée la mère Badisf qui avait fait creuser, dans son jardin, une large et très longue fosse, où, devant une rangée de vingt tonneaux, montés les uns sur les autres, elle se livrait à la distribution du vin, en des brocs, que les buveurs lui apportaient euxmêmes, toujours pressés de retourner à leur ripaille. Cette femme avait été jolie autrefois, et elle avait conservé des traces de cette beauté. En son Age mûr, sous le Consulat, elle possédait encore une force vigoureuse, et, le verre en main, on savait qu'elle pouvait tenir tête à quatre gendarmes.

A Belleville s'élevait la fameuse Courtille où les salles spacieuses de la guinguette de l'important Dénoyer s'emplissaient, en hiver, de nombreuses familles de bourgeois, et les jardins, en été, de tous les danseurs de ce quartier. Là, régnait un brouhaha perpétuel d'appels joyeux, de rires et d'exclamations, de ces reparties, souvent spirituelles, qui jaillissent du cerveau de l'ouvrier, mis en gaieté par le bruit et le mouvement. C'était, les beaux dimanches, un spectacle intéressant, une vision inoubliable, que cette agitation de peuple, mis en joie par l'attrait du plaisir, par le coudoiement de la foule, par les saillies de passants et des promeneurs. On y rencontrait le bourgeois, l'employé, l'ouvrier et des militaires, et des hommes décorés, des filles joyeuses, riant aux éclats, pour une apostrophe taquine; et cette foule montait, descendait, levant haut les yeux ciierchant, d'un regard avide, l'enseigne attirante de la maison où se débitait le vin, à dix, à douze,

à quinze sols, la bouteille, quand elle était coiffée d'un cachet rouge.

Dans les grandes guinguettes de ce temps-là, étaient étalés, aux heures des repas, sur les comptoirs, les énormes plats de viande de boucherie, disparaissant à mesure qu'on les y plaçait. Des cuisiniers, des femmes de service s'activaient autour des fourneaux, autour des broches où, devant un feu ardent, tournaient les dindons, les oies, les longes de veau, les gigots de mouton. Les consommateurs, à chaque instant, appelaient pour être servis ; et à ces appels multipliés, les serveurs, ne perdant point leur sérieux, circulaient entre les tables, prenaient les ordres et parvenaient, à la fin, à contenter tous ces mangeurs pressés, qui ne voulaient point attendre. Les plus renommées de ces guinguettes offraient, en dehors de ces grosses pièces de résistance, des entrées de foies de veau, des pigeons aux petits pois, des ragoûts de mouton aux pommes de terre, et de la salade nageant dans un vinaigre très coloré, humecté d'huile, qui avait plutôt l'odeur de colza que de l'olive. Mais, les dimanches, ceux qui festinaient étaient toujours contents, et à la qualité, ils préféraient la quantité.

Au surplus, les femmes qui accompagnaient ces turbulents convives, n'avaient pas mangé à leur faim, durant la semaine, et leur appétit était si vorace, qu'elles trouvaient toujours la chère excellente. Et c'était le vin, le bon vin rouge de France, qui arrosait tous ces festins.

État des artistes, connus sous le Consulat, hormis ceux déjà mentionnés.

(Extrait du Dictionnaire des Artistes de Gabet).

Alavoine, architecte, né à Paris, en 1778, Il a élevé le monument de Louis XIV, sur la place des Victoires, à Paris.

Allais, graveur, né à Paris, en 1762. Ses principaux travaux sont renfermés dans le grand ouvrage sur l'Egypte.

Ansl\ux, peintre d'histoire et de portraits, né à Liège, en ] 764. Il a fait le portrait en pied du maréchal Kellermann, celui du général Kléber, et en ISOi, celui de M"« Mézeray, du Théâtre-Français,

Albrv, peintre en miniature, né à Paris, en 1770. Il a exposé, sans interruption, depuis 1801, des miniatures et des dessins, placés dans des galeries particulières.

Augustin, Jean-Baptiste-Jacques, peintre de portraits en miniature, à l'huile et sur émail. Né à Saint-Dié (Vosges), en 1759. N'a pas eu de maitre. Il a fait le portrait de M. Lallemand. statuaire, en 1801 ; de Chaudet, statuaire, en 1804; de Denon, sur émail; du musicien, Frédéric Duvernois; sous l'Empire, ceux de la famille impériale.

Auzou (M™*), élève de Regnault. Figura à toutes les expositions, depuis 1793, jusqu'à 18'20.

Avril, J.-J., né à Paris, en 1744; graveur d'histoire et de batailles. Son œuvre se compose de plus de quatre cents planches.

Avril, J.-J., son fils, né en 1807 ; f;rava la signature du (Concordai.

Babonat, Antoine, graveur et sculpteur, en cire, en ivoire, en pierres et en métal. On vit ses ouvrages aux expositions de ]801, de 1802, de 1804, et aux suivantes.

Baolek-d'Albk, né en 1761, à Saint-Pol (Pas-de-Calais), général de brigade, directeur du dépôt de la guerre, et adjoint au cabinet topographique de Bonaparte. En 1800, exposa la Bataille de Lodi, et le Passage du Pô.

Baltz, J. -Georges, peintre de paysages, de portraits, en miniature, et sur porcelaine. Naquit à Strasbourg, en

Baruii-r-Waluonne, Jacques-Luc, né à Nîmes, en 176'.), élève de David ; peintre d'histoire et de portraits. Il fit, sous l'Empire, les portraits des maréchaux Moncey, duduc de Uaguse, et celui du général Moreau.

Bakkabaud, né à Aubusson (Creuse); peintre d'histoire naturelle. Exposa en 1800, 1801, 1802, 1804, plusieurs cadres d'oiseaux, d'insectes, serpents et quadrupèdes, peints sur vélin. Beaucoup figurent dans le grand ouvrage d'Egypte.

Bauuiguk, peintre paysagiste, né à Marseille. Exposa, en 1801, une vue prise dans le royaume de Naples; en 1802, une Vue du lac Acjiiano, près de Naples.

Baidhy de Balzac (M"^'^ Thérèse), peintre d'histoire naturelle, née à Paris, en 1774, élève de Pecquinot, sculpteur, et de Van Spandonck. Fut maîtresse de dessin de genre, dans les maisons d'Écouen et de Saint-Denis.

Bay (J.-B. -Joseph de), statuaire, né à Malines, en 1779. De 1800 à 1816, exécuta dix statues, placées sur les façades de la Bourse de la ville de Nantes.

Beauvallet, sculpteur, statuaire, mort en 1816, élève de i^ajou. Exécuta, en 1793, le buste de Marat,pour la Convention; celui de Ghfdier, pour la Commune de Paris; celui de Guillaume Tell, pour les Jacobins.

Belle, Augustin-Louis, né à Paris, en 1757, peintre d'histoire ; exposa, en 1801, un /îomam se battant à coups de pierres.

Bknoist (M'"°), née Delaville-Leroux, peintre d'histoire, connue sous le nom d'' Emilie, par les lettres sur la mytholog'ie que lui adressa Demoustier. Ses ouvrages sont, en grande partie, des portraits. En 1802, exposa plusieurs portraits, et notamment, une jeune fille portant des pots.

Berjon, Antoine, peintre de Heurs et de miniatures. Exposa, en 1806, un vase d'albâtre, rempli de fleurs.

Berny-d'Ouvillk, peintre de portraits, en miniature ; figura aux expositions de 1802 et 1806.

Berrueu, sculpteur, professeur à l'ancienne Académie de peinture et de sculpture ; auteur d'une statue de d'Aguesseau,etde plusieurs statues pour le théâtre de Bordeaux.

Berthault, Louis, architecte; s'appliqua à la composition des jardins de la Malmaison et de Compiègne.

Berthélemv, Jean-Simon, né à Laon, en 1743; peintre d'histoire; obtint le grand prix de peinture; auteur du Siège de Calais, gravé par Anselin.

Berthon, peintre d'histoire, né à Tours, en 1777; fut élève de David.

Bertin, Jean- Victor, peintre de paysages, né à Paris, en 1775, élève de Valenciennes. Ses tableaux se trouvent dans les principales galeries publiques et particulières. On a de lui, en 1798, Aristide recevant les dépu talions de la Grèce; une Fête à Flore ; un Site des Alpes, en 1801.

Bidault, Joseph-Xavier, peintre de paysages; figura aux expositions depuis 1803.

BiENAiMÉ, architecte, né à Amieas, 1765 ; auteur de la reconstruction du théâtre Favard.

Blanchard, graveur en taille douce, né en 1766.

BoGUET, peintre de paysages, exposa, en 1800, une Vue prise du lac de Nénii, près de Rome.

BoicuoT, Jean, sculpteur, né à Chalon-sur-Saône, en 173S, mort en 181 i. Auteur de la statue d'Hercule, assis, qui décorait le portique du Panthéon; d'un groupe de Saint-Michel, de la statue deSaint-Roch ; et de bas-reliefs, à Parc de triomphe du Carrousel.

BoiLLr, Louis-Lèopold, peintre de genre et de portraits; né en 1761, à la Bassée(Nord); n'eut pas de maître. Exposa,

en 1800, un Inlérienr (i atelier de peinture ; et, en 1801, le Portrait de Boieldieu.

lîoisFREMONT (Charlcs de), ancien page de Louis XVI ; émigré en Amérique ; apprit la peinture tout seul. Exposa la Mort d\[hel, en 1803. C'est à lui que sont dus les procédés, au moyen desquels on est parvenu à rétablir les peintures du château de V^ersailles, qui étaient dans un état de dégradation extrême.

RoissiEn, André-Claude, peintre d'histoire, né à Nantes, en 1760.

BoNNE.MAiso.N, peintre de portraits et lithographe ; figura aux expositions de 1800 et de 1806,

BogcET, Simon-Louis, sculpteur, exposa, en 1800 : Un gladiateur ; en 1804, le Sommeil de VInnocence, et un groupe en plâtre, les Frauder de l'Amour.

BoyiET, Pierre-Jean, peintre de paysages, élève de Lcprince. Exposa, en 1800, des Femmes se disposant à entrer dans l'eau ; en 1801, deux vues de la Franche- Comté ; en 1804, deux vues des environs d'Avignon

Bordes, Joseph, né à Toulon, en 1773; élève d'Isabey. Lithograpliia les portraits de Greuze et de Talma.

BoL'ciiET, Louis-André-Gabriel, peintre d'histoire, élève de David, pensionnaire de l'école des Beaux-Arts, à Rome. Exposa en 1800, un Spartiate donnant des armes à son fils; en 1804, un Soldat romain blessé. Obtint le grand prix de peinture, en 1 797.

Bouillon, Pierre, élève de Monsiau, peintre d'histoire. Exposa, en 11*01, Jésus-Christ ressuscitant le fils de ta veuve de Naïm.

BoLLiER (M"8), peintre d'histoire et de portraits. Exposa, en 1802, Ilerminie écrivant le nom de Tancrède sur récorce des arhres.

BoNNiEU, Michel-IIenri, né à Marseille, en 1740; mourut en 1814. Exposa successivement, aux salons, la Naissance de Henri IV ; le Retour de la halaille d''Ivry ; le Supplice d'une Vestale; le Déluge; V Amour conduisant la Folie. Il fut, pendant vingt ans, professeur de dessin à l'école des ponts et chaussées.

Bourdon, Pierre-Michel, né à Paris, ea 1778 ; élève de Regnault. Exposa, en 1806, Héloïse et Ahélard au Parade t.

Bourgeois, Florent, né à Guiscard (Oise), en 1767. Elève de David ; peintre de paysages. Ses tableaux se trouvent presque tous, en Allemagne et en Russie. On lui doit les deux premiers panoramas, qui ont été vus à Paris. Ses lithographies forment une collection de quatrevingts vues de France.

Bouvet, Claude, sculpteur, né à Paris, en 1755; élève de Boizot. Exposa, en 1800,1e Général Bonaparte conduisant un char; en bas-relief, la Victoire couronne Bonaparte.

Le Breton, né à Bonchamp, près Laval (Mayenne), en 1761. Elève de Vincent et de David, Fut professeur de dessin et de perspective, à l'institution des sourdsmuets.

Bridan, Charles, né à Ruvière, en Bourgogne, en 1730; mort en 1805. En 1753, obtint le grand grix de sculpture. Auteur de deux groupes, placés dans la cathédrale de Chartres, le Martyre de Saint-Barthélémy et V Assomption . En 177"2, entra à l'Académie,

Bridan, Pierre, fils du précédent ; obtint en 1789, le deuxième prix, et en 1791, le premier prix de sculpture. Auteur de l'Immortalité, placée en 1800, aux Invalides.

Brocas, Charles, peintre d'histoire et de portraits, né à Toulouse en 1774, élève de Regnault. Exposa, en 1802, Ulysse et Ajax venant fléchir la colère d'Achille ; en 1804, Enée emportant son père Anchise et la Mort de Phocion.

Brossard de BEAULiEu(M"e), née à La Rochelle, en 1760, élève de Greuze. Dirigea les premiers pas de Charles Dupaty, le statuaire.

Brun, Nicolas-Antoine, peintre de genre et de portraits, né à Beauvais (Oise). Exposa, en 1800, le Portrait d'un jeune homme tenant une lettre.

BuGNET, Henri, né à Fresne (Seine-et-Marne), en 1761, Fut élève de David.

Callamard, sculpteur, mourut en 1821; obtint le pre-

mier "raiid prix eu 1797. Auteur de la statue de r Innocence réchauffant le serpent.

Cai-let. Antoine, peintre d'histoire, né en 1741. Exposa, en ISOO, \a France sduree, tableau allégorique du 10 Brumaire, an VIII ; en 1801, Marengn ; en 1804, V Entrée du Premier Consul, à Lyon.

Gai'ET (M"*^). peintre de portraits en miniature, et au pastel. On a d'elle, le Portrait de M"*^ Mars, et celui de Houdon.

Casïellan, Antoniu. peintre de paysajjes, né à Montpellier en 1772. Exposa, en 1800, une Vue d'Athènes, et de ses principaux monuments.

Gazin, Jean, peintre de paysages. Exposa, en 1800, une Vue d'une partie de l'éf/lise des Bernardins, de Paris.

Châtaignier, Alexis, graveur et dessinateur, né à Nantes, en 1772.

VvE Ghaudet, quantité de petits tableaux, touchant les enfants et les jeunes filles principalement.

Chauvin, peintre de paysages, élève de Valenciennes.

Exposa, en 1801, des Berçj ers effrayés à la vue d'un serpent

qu''un chien découvre ; en 1802, les Cascades de Tivoli.

GicÉRi, Pierre, peintre décorateur, né à Saint-Gloud,

en 1782.

Clavareau, Nicolas, architecte, né à Paris, en 1757. On lui doit la façade de l'ancien Hôtel-Dieu de Paris, et l'école de clinique, de la rue des Saints-Pères.

Clérisseau, architecte et peintre (1721-1820), auteur des Antiquités de France.

Clocher, Pierre, architecte, né à Bordeaux, en 1774 ; élève de David. Obtint deux prix; un, en 1801 ; un autre en 180.) au concours ouvert, pour la distribution du terrain du château Trompette, à Bordeaux.

Cochet, Claude, architecte et dessinateur ; né à Lyon, en 1761; obtint, en l'an VIII, un prix pour une esquisse de colonnes départementales et colonnes nationales. En 1801), fut chargé de transformer la vieille église des Jésuites, à Lyon, en une salle de séances, pour l'assemblée des Etats cisalpins.

Coui'iN DE L.v GoL'FRiE, peintre d'histoire, aé à Sèvres, ea 1773.

Crépin, peintre de marines, élève de Regnuult et de IIubert-RoberL. Figura à toutes les expositions, depuis 1798. Exposa, en 1800, un tableau représentant la corvette la Bayonnaise, prenant, à l'abordage, la frégate anglaise l Einhuscade.

Grucy, Mathurin, né à Nantes, en 1750. Architecte, construisit le grand théâtre de Nantes, en 1786,

Dabos, Laurent, peintre d'histoire, né à Toulouse, en 1762. Auteur du tableau représentant Louis XVI, écrivant son testament, fait au Temple, pendant sa captivité; et Louis XVII d'après nature. En 1800, exposa V Infortune, une Marchande de poissons; en 1802, la Promenade interrompue ; en 1804, la Crainte de la saignée.

Damesme, Louis, architecte, né à Magny, en 1757; a bâti le théâtre de la Société olympique de Paris, rue Chantereine ; ouvrage dont l'empereur Alexandre demanda les plans à l'auteur, en lui envoyant une marque de sa munificence.

Danlolx, Pierre, né à Pans, en 1745. Auteur du portrait de Jacques Delille, et du Supplice d'une Vestale, exposé en 1802.

Dardel, Robert, sculpteur, né à Paris, en 1749. Obtint, en 1802, un prix d'encouragement, à l'exposition des projets d'un monument pour la paix d'Amiens.

Daudet, Robert, né à Lyon, en 1737 ; mort en 1824; à laissé une œuvre de quatre-vingt-deux planches gravées,

David, François, graveur, élève de Lebas ; a publié un grand nombre de figures, en forme de livres, et les antiquités d'IIerculanum, en dou/e volumes, de 1780 à 1803.

Davin (M""»), peintre en miniature; fit, en 1801, le portrait de Suvée, directeur de l'école des Beaux-Arts, à Rome, et un grand nombre de portraits.

Debrot, François, architecte, né à Paris, en 1777 ; élève de Percier et de Fontaine.

Delaplace, Jacques, né à Vernon (Eure), en 1767 ; peintre de portraits en miniature ; fit celui de M"- Che-

:U>S LA SOClÉTl': FRANÇAISE PENDANT LE CONSULAT

vin-iiv danseuse de TOpéra, dans le rôle de Psyché ; celui de M"® Chameroy, gravé par Noël Lemire ; puis une aquarelle représentant Fanchon, la vielleuse «gravée par Scheuker.

DixESCLUZE, Ftieniie, peintre d'histoire, élève de David ; fit, en 1808, la Mort d'Astijanax.

Dklki'ini:, Pierre, architecte, né à Paris, en 1756 ; fds, petit-fils, arriùre-petit-iils d'architectes. Auteur des hôtels bâtis dans la rue de Rivoli, et de la restauration de l'église Saint-Roch.

Di-SEiNE, sculpteur, né à Paris, en 1750. Fit. en 1800, le buste, en marbre, de Wenckelmann ; ensuite Brutus, lléloïse et Abélard, pour le musée des monuments français. En I80i, le cardinal de Belloy ; puis Sicard, instituteur des sourds-muets; en 1806, le buste de Pie VII, et celui de Clément de Ris, le sénateur. Avait obtenu le grand prix de sculpture en 1780. l^^lait le statuaire du prince de Condé.

Desfossez (vicomte), ancien capitaine de cavalerie, puis peintre en miniature. Né dans l'Oise, en 1764. Pendant la captivité de la duchesse d'Angoulême, au Temple, l'ut chargj par elle de faire le portrait de Louis XVI, de la reine, du dauphin, qui furent placés dans une boîte à triple fond.

Desnoyers, Jean, peintre d'histoire, de paysages et de portraits, né à Versailles, en 1776. Auteur de tableaux déposés dans les églises de Bretagne et de Vendée.

Desnovers, Pierre, graveur en médailles, élève de Giraud, statuaire.

Desnoyeus, Auguste, graveur, né à Paris, en 1779 ; élève de Lethière. On connaît, de lui, L'Espérance soutient l'homme jusqu'au tombeau ; Je/fer.son, président des Etats-Unis, exposé en 1801 ; Dédale et Icare, en 1802.

Désohia, élève de Restout, peintre d'histoire. Auteur des Adieux de Coriolan à sa famille.

Desprez, Louis, peintre et architecte, né à Lyon, en 1740 ; passa en Suède une grande partie de sa vie.

Devosgë, peintre d'histoire, fondateur de l'école de

APPENDICE AL" LIVRE PREMIER '.iO\i

peinture de Dijon, né à Gray en 1732 ; auteur d'un grand nombre de tableaux, et enfin, en 1804, du tableau représentant /)/(?» reprochant h Adam et à Ère leur clésohéissance et les chassant du Paradis.

Devolge, peintre d'hi.stoire, né à Paris, en 1770 ; élève de Regnault, de David et de Deniarne ; séjourna plusieurs années en Russie, où il composa plusieurs tableaux d'histoire, acquis par le prince Nariskine.

DoaoTTE, architecte, né à Paris, en 1757 ; auteur du château d'Aligre, près Paris.

Drolling, Martin, né à Oberbergheini (Haut Rhin), en 1752 ; peintre de genre, élève d'un peintre très obscur, de Schelestadt ; genre d'intérieur. On a de lui, en 1799, Maison à vendre; en 1800, Musicien ambulant, puis une Jeune femme faisant sécher des plantes; en 1802, Dieu vous assiste ; en 1804, VEcouteuse aux portes.

Droz, graveur de médailles, né à Chaux-de-Fonds, en 1746 ; lut directeur de la Monnaie, jusqu'en 1814

Ducis, Louis, peintre d'histoire, né à Paris, en 1773 ; auteur, en 1804, d'un Tableau de famille; de Héro et de Léandre, d'Orphée et Eurydice, acquis par le prince de Mecklembourg.

Ducq, peintre d'histoire et de portraits ; élève de Suvée ; exposa, en 1801 et 1802, des tableaux de famille et des portraits.

DuFOURNY, Léon, architecte, né en 1760. Séjourna quinze ans, en Italie et en Sicile ; et pendant ce séjour composa la collection, en petit, des monuments célèbres, destinés à l'enseignement de l'architecture ; collection achetée par le gouvernement.

DtMAHEST, graveur de médailles, né en 1750. Auteur de la médaille, représentant J.-J. Rousseau, qui obtint le prix du concours ; composa ensuite deux médailles de Poussin et du conservatoire de musique, d'après un modèle de Lemot ; puis une médaille, en commémoration de la paix d'Amiens. Avait entrepris la collection des médailles représentant les grands hommes de France. Furent seules achevées, celles de Rousseau et de \'oltaire.

Dl'mont, François, peintre en miniature et à l'huile ; né à Lunéville en 1751 ; fit, en 1800,1a miniature de Duvivier, graveur ; en 1801, celle de Daru ; en 1804, une Ilébé ; en 1806, Bonaparte.

DiMONT, le jeune, frère du précédent ; en 1806, Une petite fille jouant avec une chatte.

DuMONT, Jacques, statuaire, né à Paris en 1761 ; élève de Pajou, fut pensionnaire à l'académie de Rome. Composa un buste en marbre du g^énéral Marceau, pour la salle des Maréchaux aux Tuileries ; obtint, en 1788, le premier grand prix de sculpture. Exposa, en 1801, la statue de la Liberté ; puis des camées représentant Bonaparte, Périclès, Aspasie; puis Julie, fille d'Auguste.

DuNouv, peintre de paysages, né à Paris, en 1757 ; exposa, en 1800, plusieurs études d'après nature, prises à Hyères ; en 1801, les Bestes de la campagne de Cicéron, près Ylsola di sora ; en 1804, une Vue du parc et du château de Saint-Cloud .

DuQUEYLAR, Paul, peintre d'histoire et de paysages ; né à Digne, en 1771. On a, de lui, en 1800, Ossian chantant l'hymen funèbre d'une jeune fille; en 1802, Danaé, exposée sur les flots avec son fils ; en 1804, à Rome, un Bélisaire , un Minos jugeant les ombres. Kotzebue a fait la description de ces deux tableaux, dans ses « Souvenirs d'Italie ».

DuRiiT, sculpteur. On a de lui, en 1800, la Figure du Temps assis, tenant un bouclier sur lequel se trouvait une allégorie ; ensuite une Tête de vieillard, des trophées d'armes, des esquisses.

DuvAL, Eustache, peintre de genre et de paysages ; à partir de 1800, exposa des paysages et des animaux ; ensuite quelques portraits.

Epinat, Fleury, peintre de paysages, élève de David, qu'il accompagna à son second voyage à Rome; séjourna quinze ans en Italie.

Espi-RciEux, né à Marseille ; exposa, en 1802, une statue de la Paix, haute de 2 mètres ; fit ensuite le buste, grandeur nature, de Bedoulé, statuaire.

APPENDICE AU LIVRE PREMIER 3ll

Fabre, François, peintre d'histoire, né à Montpellier, en 1766, élève de David ; obtint, en 1787, le grand prix de peinture ; resta en Italie jusqu'en 18:26.

Flelry, Claude, peintre d'histoire et de portraits Exposa, en 1800, V Enlèvement d'Hélène^ du temple de Diane ; en 1802, wnAn^our traçant un serment de fidélité sur le sahle ; un Enfant jouant avec un chien ; en 180i, Thésée allant combattre le Minotaure.

FoRBiN, Louis (comte de), élève de Boissieu et de David , né en 1779, à La Roque (Bouches-du-Rhône). Sa carrière d'artiste, commencée très jeune, se continua sous les drapeaux. Devint par la suite, directeur général des Musées.

FoucHER, peintre de marines, né à Paris en 1761.

FoucoL', sculpteur. On a, de lui, en 1801, une Statue de Pierre Puget; un buste, en marbre, du général Dampierre, pour la galerie des Consuls ; en 1804, une statue plâtre d'Eustache Lesueur.

Gabriel, Georges, né à Paris, en 1775, élève de Regnault ; auteur de nombreux dessins, pour le grand ouvrage de l'institut d'Egypte.

Galle, André, graveur de médailles, né à Saint-Etienne, en 1763. Auteur d'un grand nombre de médailles destinées à perpétuer le souvenir de grands événements.

Garnerev, peintre de genre et de portraits; né à Paris en 1755. Exposa ses tableaux, à partir de 1800; ils étaient peints dans le genre llamand.

Garmer, peintre de genre et de portraits ; né à Paris en 1759. On a de lui, Diogène demandant Vaumône à uae statue: ensuite, en 1800, la Eamille de Priam; la Chanté romaine, en 1801 ; un Jeune enfant présentant des grains à des oiseaux, en 1802 ; des Xymphes qui se reposent, en

Gattealx, graveur de médailles, né à Paris en 1751. Auteur de nombreuses médailles de grands hommes, 3/aurepas, à' Alembert,Lalande, Haydn, les Trois consuls. Il eut un fils, sculpteur, et comin^ lui aussi, graveur de médailles.

;iI*J lASUCuVnÔ I ItANCMSE PENDANT T.E CONSULAT

('i \i cm', îiri'hik'clo, né à Choisv-Io-lîoi, en iTliO.

(Iviir m: Saint-Gi hmain. pcinlrc. lu- à Piiris, en 175i. Aiicifii ju'iihidiiiiaiiH' du loi de rold^iie. On a de lui un ^ranil uoinbi'c do paysages d'Aiivei'i^ne.

lÎAi TTi-.iidT, Claudf, ]>einlre d'hisloire et de iiortrails. (In a de lui, eu ISOO, J^yrume el Thishê ; en 1801, plufiouls porlraits ; ou ISO'J, \\i\ laMeau iuspiro d'Alala, de C.liùteuuhrinml.

(iiMi.i.dN, J.-l^, jXMulre el dossiualeur de marines. On a, de lui, i-u IMIO, une vue du Chûleuu de S;itnl-Ange, iiii miimcnl aii les Français rucciipaienl ; eu 1801, une l'ut' de Xaj)les.

(îiiti:i.iN, peiiilrc de IVesques, né à Aix en ll'M. S'était ii\o en Italie ; rovinl à Paris, eu 1771 ; peij^nit les IVes- (|uos de l'oeole do médecine ; et à l'école militaire, au l'iDnliiu des deux j)avillons méridionaux, la Figure du dieu Mars, el du (iviii'e des seieuces uiilil;ii rcs, avec leurs allrihuls.

( iiii Miinrr, i^raveur ou laillo douce, né à Neulehâtel, on I7l)i.

( "lUiAiiiiiN (comte do), peintre d'histoire et de paysaj^cs, no à Paris eu 1707.

(jni)i.AiN, dessinateur d'architecture pittoresque, né à Paris, eu 177'.). Auteur d'une grande partie des dessins pour les voyaj^es pittoresques de la France ; trois cent .soixante vues, ;.,^ravées par Schrœder.

(Imkuk, architecte, né à Breteuil (Oise), en 1781.

(itiiiriRov Adrien, né à Paris, en 1777, graveur eu taille douce.

(iois, ]-'tienne, sculpteur, statuaire, né à Paris, en 1731 : obtint, en 175'.), le grand prix de sculpture; en 1770, entra à l'yVcadéniie ; en 1801, exposa la statue marbre du chancelier de Vl/ôpi'ial, pour le palais des Tuileries.

<^iois. lùlmé, (ils du précédent, né à Paris, en 1765. Obtint le grand prix de sculpture. Exposa le groupe des y'ro/.v //(, races, ( n 1800; en 1801, le buste en marljre de (iiislare-Ad(dj)he, pour la galerie des Consuls; en 1802, un(.- Jeanne d'Arc^ en bronze pour la grande place d'Or-

léans ; en 1804, le Général Desnix, pour le palais du Sénat. Aux salons de 1800 et de 1802, réunit le maximum des récompenses.

Goulet, Nicolas, architecte, né à Paris en 17i5; auteur d'un grand nombre d'hôtels et de maisons particulières.

Grandin, Jacques, peintre d'histoire. Exposa, en 1802, un tableau représentant des bergers, qui se disputent le prix de chant, et qui ont pris, pour juge, une jeune fille.

GuKRiN Jean, peintre en miniature; composa de nombreux portraits.

GuicuARD, sculpteur, exposa, en 1802, plusieurs bustes, d'après nature.

GuiLLEMARD, Sophic, uéc à Paris, en 1780. On a d'elle, en 1801, un tableau de famille et des portraits; en 1803, un représentant yl/<:'j7)f*a(/e et Glycérion; en \804:,Zalucca, femme de Putiphar, venant en secret^ visiter Joseph dans sa prison.

GuiLLON, statuaire, sans maître, né à Paris, en 1764.

Hennequin', peintre d'histoire, né à Lyon, en 1763, élève de David ; remporta le premier prix de peinture ; subit la persécution des révolutions. On a, de lui, Oresie poursuivi par les Furies.

Hersent, Louis, élève de Regnault ; né à Paris en 1777, exposa en 1804, un Achille livrant Briséis aux hérauts d'Agamemnon ; en 1806, Atala s' empoisonnant dans tes bras de Chactas.

Heurtier, architecte, né à Paris, en 1739; obtint le grand prix en 1764. Auteur du théâtre Favart.

Hue, peintre de paysages et de marines; produisit, en 1800, une Vue de la ville et du port de Granville assiégé par les ^'endéens ; en 1801, Des femmes gui se baignent; en 1802, un paysage avec figures et animaux ; en 1804, une Vue de la campagne de la Grèce.

HuET, Nicolas, né à Paris, en 1770; peintre d'histoire naturelle.

HuRTAUT, architecte, né à Huningue, en 1765; auteur de la reconstruction de la galerie de Diane, au palais de Fontainebleau.

3 1 i LA SOCIÉTÉ FnANÇAISE PENDANT LE CONSULAT

Ingol'f, né à Paris, en 17i7 ; élève de Flipart, graveur.

Jaquotot (M'^'^), née à Paris, en 1778, peintre sur porcelaine; auteur de dessins pour la manufacture de Sèvres ; d'un service de dessert, donné à l'empereur Alexandre, par Napoléon, après Tilsitl.

JoussELiN, Michel, né à Versailles, en 1758; peintre de paysages.

Labauve, architecte, né à Paris, en 1777. Remporta, en 1802, le prix départemental. Son projet d'arc de triomphe, exposé en 1803, remporta le prix au concours ouvert, pour célébrer la paix d'Amiens.

Laffitte, peintre d'histoire et de portraits ; ancien pensionnaire de l'école de Rome, élève de Regnault.

Lafond, Charles, peintre d'histoire et de portraits, né à Paris, en 1774 ; élève de Regnault. On a, de lui, en 1800, le Supplice de Sexlus Lncinius; en 1801, plusieurs portraits ; en 1802, la Mort d'Annibal.

Lafontaine, peintre d'architecture ; auteur du premier panorama de Paris.

Laneumlle, peintre de portraits à l'huile. Exposa, en 1801 et 1804, les portraits de La Bussière, de Chaptal, de Fontaine.

Lange, statuaire, né à Toulouse. Produisit, en 1801, un buste de Golbert, pour la galerie des Consuls.

Laurent, peintre d'histoire, né à Epinal. Exposa^ en 1800, plusieurs portraits ; en 1804, un Amour endormi au fond d'une coupe de cristal.

Le Barbier, aîné, peintre d'histoire. Exposa, en 1801, le Premier homme et la première femme ; puis, Hélène et J'Aris.

Topino-Lebrun, qui fut condamné à mort, pour sa participation à un complot, contre Bonaparte ; né à Marseille, On a de lui, la Mort de Caius Gracchus, achetée par le gouvernement et envoyée au musée de Marseille.

Lebrun, Louis, polytechnicien, architecte.

Le Carpentier, Benjamin, paysagiste ; figura aux expositions de 1800, 1801, 1802.

Lecomte, Félix, sculpteur, né à Paris, en 1737 ; élève de Falconet ; obtint le grand prix, en 1764.

Ledoux, Claude, architecte, né à Dormans (Marne), en 1736. Obtint le grand prix ; auteur d'un grand nombre de châteaux et de pavillons, aux barrières de Paris.

Ledru, Hilaire, peintre de genre et de portraits, né à Opi dans le Pas-de-Calais, en 1774. N'eut pas de maître. Legrand, architecte, né à Paris, en 1743 ; auteur de l'ancienne salle du théâtre Feydeau ; de la halle au blé ; de la halle au drap ; de l'hôtel Marbeuf ; de la restauration de la fontaine des Innocents.

Leguay, peintre à la manufacture de porcelaines de Sèvres, né à Sèvres, en 1762. Les dessins de Boucher et de Van Loo lui servirent de modèles ; fit, en 1796, le portrait du prince de Condé. Après la Révolution, dirigea la manufacture de porcelaines de Dihl, et y créa un nouveau système de couleurs. Eut de grands succès dans la peinture sur verre, que, depuis longtemps, on regardait comme perdue.

Baron Lejeune, ancien aide de camp du général Berthier, né à Strasbourg, en 1775 ; élève de Valenciennes.

Antoine Sauvage, dit Lemire, né à Lunéville, en 1773 ; peintre d'histoire, élève de Regnault,

Lenoir, Nicolas, architecte, né à Paris, en 1726 ; élève de Blondel. Obtint le grand prix, en 1761 ; fit construire le théâtre de la Porte Saint-Martin, où se tint provisoirement l'Opéra. Il fut terminé en cinquante-six jours ; puis, le théâtre de la Cité en 1790, qui devint le Prado.

Leroy, Jean, architecte, né à Paris, en 1768, fils du célèbre horloger ; séjourna, en Grèce, durant plusieurs années. Il publia les ruines des plus beaux monuments de la Grèce ; il mourut en 1803.

Lesueur, Jacques, statuaire, né à Paris, en 1759, membre de rinstitut en 1800 ; avait remporté le grand prix en 1780. Auteur du bas-relief, pour le tombeau de M"" Joly du Théâtre-Français.

Letiiière, Guillaume-Guillon, né à la Guadeloupe, en 1760 ; peintre d'histoire ; en 1780, remporta le grand prix

de peinture ; élève de Doyen. On a de lui, en ISOl, Junius Brufus fuisaut exécuter ses fils ; devint, en 1811, directeur de l'Académie de P'rance, à Rome.

I.ORTA, sculpteur, élève de Bridan. On eut, de lui, eu 1800, ua Hercule au repos, tenant clans la main les pommes conquises au jardin des Ifespérides ; un buste en plâtre d'IJelrétius ; un buste de Caton, en marbre, pour la g-alerie des Consuls.

Malbeste, graveur, né à Paris, en 1763 ; grava Isahey et Ih'mhrandt.

Mali.et, peintre d'histoire et de genre, né en 1759, à Grasse (^'ar) ; produisit, en 1800, un Antiquaire.

Mandar, architecte, né en Seine-et-Oise, en 1757 ; élève de Fleuret, professeur de fortifications à l'ancienne école militaire ; bâtit vingt maisons, dans la rue qui porte son nom; auteur des fortifications de l'île d'Aix et de Boulogne.

Mauin, statuaire, né à Paris, en 1749, obtint le premier grand prix de sculpture, en l'an X ; auteur du tombeau de M™® de Beauniont, à Rome, que fit élever Chateaubriand.

Marlet, peintre d'histoire et de genre, né à Autun, en 1771, élève de Regnault. En 1804, produisit V Enlèvement de Briséis.

Masqlei.mr, graveur, né à Cisoing (Nord), en 1741, élève de Lebas. Reproduisit en 1800, la Bataille de Millésimo, celle de Mondovi, et V Entrée des Erançais dans Milan, d'après Vernet.

Masquelier, dit le jeune, graveur, parent du précédent, né à Lille en 1760.

Massaru, Jean, graveur, né à Belesme, dans le Perche, en 1740 ; eut un fils, graveur également. Reproduisit, d'après Chaudet, le tableau représentant Joas sautée du Massacre, par Josabeth ; d'après Gérard. Amurat ordonnant à urt esclave de lui apporter la tête de Bajazet ; d'après Landon, le Pardon ; puis en 1802, les Cinq saints, d'après Raphaël.

M.\s^<iN, l'Vançois, statuaire, né en Normandie, en 1745,

APPENDICE AU LIVRE PREMIER 3l7

élève de Coustou ; auteur des bustes de Caffarelli du Falgaet de Kléher, pour la galerie des Consuls.

Ménageot, né à Londres de parents français, en 17 il ; élève de Vien ; eut, en 1766, le grand prix de peinture, Auteur du tableau représentant VEtiide qui arrête le Temps, souvent reproduit par la gravure ; devint directeur de l'Académie de Rome, en 1787.

Ménager, architecte, né à Paris, en 1783. Obtint le grand prix en 1800. Le projet d'école des Beaux- Arts, sur lequel le prix lui fut décerné a été reproduit par la gravure. On lui doit l'éi^ection du piédestal de la statue de Louis XIII et des quatre fontaines de la place Royale.

Menjaud, Alexis, obtint en 1802, le grand prix de peinture. On a de lui, Crisias, roi de Sanios, en prison, avec ses enfants, sont dans l'attente de la mort.

Meynier, Charles, né à Paris, en 1768; élève de Vincent. Produisit, en 1800, la. Muse Polymnie et la muse Erato ' ensuite les Adieux de Télémaque à Eucharis.

MiLLiN, paysagiste, né à Paris, en 1761 ; élève de Hue et de Valenciennes. On a, de lui, en 1801, les Grottes de Gèdres, et une Vue des Cascades de V Adour, à Tramessaignes, près Bagnères.

MoisY, graveur d'architecture, né à Paris, en 1763.

MoNGEz (M™3), née à Paris, en 1776 ; élève de David. Composa en 1802, li^iMort d'Astyanax; en 180i, Alexandre pleurant la mort de la femme de Darius.

MoNJix, peintre de genre et de paysages, né à Paris. Produisit en 1800, une Marche d'artillerie traversant un gué; en 1801, un sujet tiré de Robinson Crusoë; en 1802, le Duel.

MoxsiAU, peintre d'histoire. Composa, en 1800, Adonis partant pour la chasse ; en 1802, Molière lisant le Tartufe chez Ninon de Lenclos ; en. 180 i, la Mort de Ruphaël.

De Moxtabeut, né à Troyes, en 1773 ; élève de David, peintre d histoire et de portraits. Composa, en 1802, un tableau représentant Jupiter ; en 180i, Stratonice et Antiochus .

MoREAu, Louis, dit l'aîné, fort connu par ses peintures

318 l.A SOCIÉTÉ FRANÇAISE PENDANT LE CONSULAT

à la gouache. On a de lui, en 1801, un paysage; en 1804, une vue prise dans le parc de Saint-Cloud.

MoREi., graveur, reproduisit en 1800, le Bélisaire de David ; en 1804, le Concert, d'après le Dominiquin.

MoRTELKQiE, peintre, invcutcur d'u n procédé pour peindre sur la lave d'Auvergne.

MoucHET, né à Gray (Haute-Saône), élève de Greuze.En 1776, remporta le grand prix de peinture.

NAiGEON,Jean, né à Beau ne (Gôte-d'Or) en 1759. Exposa, en 1801, plusieurs portraits.

NiQUET, aîné, graveur. Composa, en 1804, plusieurs gravures, qui firent partie, jadis, de la galerie du musée Napoléon.

Noël, peintre de marines, élève de Vernet. Exposa en 1800, plusieurs marines ; en 1801, l'esquisse du combat de lu Bayonnaise, corvette française, contre V Embuscade, frégate anglaise.

NoKMA^'», Charles, architecte, dessinateur et graveur, né à Goyencourt, dans la Somme, en 1764. Exposa, en 1800, le modèle d'une colonne départementale, projetée pour Melun.

NoRRY, Charles, architecte, né à Bercy, en 1746. Fut attaché à la commission de l'expédition d'Egypte.

Odevaère, né à Bruges, en 1778 ; vint à Paris, sous les auspices de son compatriote, le peintre Suvée ; fut élève de David, et, en 1804, obtint le grand prix de peinture.

Parant, peintre d'histoire, de genre et de portraits, né à Mer, dans l'Indre. Exposa, de 1800 à 1827, un grand nombre de portraits et de sujets, peints sur pierre, imitant la sardoine, l'agathe, la cornaline, le jaspe vert. En 1802, V Knlèvemenl de Proserpine par Pluton.

Patte, Pierre, né à Paris, en 1723 ; architecte, attaché au duc des Deux-Ponls. Lo plus important de ses travaux à Paris fut l'hôtel de Charost.

Pan de Saint-Martin, peintre de paysages. Composa en 1800, une vue prise dans le parc de Saint-Cloud.

Pelliek, peintre d'histoire et de portraits. On a de lui,

en 1800, le Portrait d^un enfant ; en 1804, Calypso rece. vaut dans son île Télémaque et Mentor.

Penchaud, ^lichel, né à Poitiers, en 1775, ai'chitecte, élève dePercier.

Péron, né à Pai'is, en 1776, élève de David. On a de lui, en 1802, un Effet de lune ; Berger pleurant sur la tombe de son ami.

Perpin, peintre d'histoire, né à Paris, en 1754 ; élève de Doyen. Composa en 1801, un tableau représentant Phaon, transformé en jeune homme par Vénus ; ensuite Socrate surprenant Alcihiade, dans les bras de la Volupté / en 1802, Cyrus condamné à périr par ordre d'Astyages, troisième roi des Mèdes ; en 1804, V Assomption de la Vierge.

Petit-Radel, architecte, né à Paris, en 1740. Composa, en 1800, la Vue intérieure d'un temple égyptien, ei la Vue d'une galerie précédant une naumachie.

Petitot, statuaire, né à Langres, On a, de lai, en 1800, Un tombeau en marbre sur lequel une mère pleure son fils ; en 1801, un Buste d'Eugène de Beauharnais, pour la galerie des Consuls ; en 1802, la Concorde, qui obtint un prix d'encouragement.

Peyron, peintre d'histoire, né à Aix, en 1744, élève de Lagrenée ; obtint le grand prix en 1773. Composa, en

1800, la Séduction (dessin) ; en 1801, Paul-Emile, vainqueur de Persée.

Pevtavin, aîné, de Chambéry, élève de David. Produisit, en 1800, une Phryné, accusée d'un crime capital ; en

1801, le Supplice d'une Vestale ; en 1802, les Sept Athéniennes livrées au Minofaare.

Phelu'P£aux, graveur au pointillé, né à Bordeaux, en 1767 ; auteur des planches gravées, faisant partie des ouvrages de MM. Redouté, Dulîard, Jeaumeet Saint-Hilaire.

Philippine, né à Sèvres, en 1771 ; peintre de Heurs à la manufacture de Sèvres, de fruits et de coquillages.

PoYET, Bernard, architecte, né à Dijon, en 1742. II sut transporter et ajuster, au milieu des marchés des Innocents, la fontaine de Jean Goujon, qui a changé son nom

contre celui de la place qu'elle occupe. C'est à lui qu'on doit la démolition de toutes les maisons, construites sur les ponts.

Prévost, Pierre, peintre de panoramas et de paysages ; né à Montigny, (Eure-et-Loir), en 1766 ; figura aux expositions depuis 1800. C'est lui qui introduisit, en France, le genre de peinture des panoramas.

Redouté, Pierre-Joseph, peintre de Heurs, né à Saint- Hubert, en 1759. Composa, en 1804, un tableau de fleurs à l'aquarelle, pour l'impératrice Joséphine. On évalue à six mille le nombre des vélins qu'il a peints, pour le muséum d'histoire naturelle.

Kknari), architecte, né à Paris, en 1744; obtint le grand prix, en 1773. Il fut l'auteur du plafond à jour, pour le salon d'exposition au Louvre et de la restauration du château de Valençay.

lÎENou, Antonin, né à Paris, en 1731. En 1760, partit pour la Pologne, où il passa plusieurs années. Il peignit le plafond de la galerie d'Apollon ; celui de l'hôtel des Monnaies ; celui du théâtre Favard.

RiBAULT, graveur, né à Paris, en 1767. On a, de lui, en 1806, le portrait de Bernardin de Saint-Pierre.

RiCAuo, Fleury, peintre d'intérieur, né à Lyon; fut élève de David. En 1801, composa une Sainte Blandine.

RiESENî-R, peintre de portraits, élève de David. De 1801 a 1807, composa une quantité de portraits, parmi lesquels Eugène de Beauharnais et le Général Ordener.

RoGuiER, sculpteur, né à Besançon, en 1758, fut élève de Boizot ; puis attaché à la manufacture de Sèvres, pour la confection des modèles de figures et de groupes. RoiiAULT DE Fleuky, architecte, né à Paris, en 1777. SwEEuAcn (dit Fontaine), peintre de bataille et de genre. Composa, en 1800, un Quartier de vivandiers sur les derrières d'un camp ; en \^(ii,V Attaque d'un bois retranché, et une chasse; en 1802, la Bataille de Marenc/o, la Bataille de Zurich, et VEscfuisse de la bataille du Mont- J'hahor.

r.vRuiEu, fils et petit-fils de graveur, peintre d'histoire.

né à Paris, en 1765. Auteur d'un grand nombre de tableaux, la plupart commandés ou acquis par le gouvernement, et qui ont trouvé place dans les galeries du Luxembourg, de Versailles, de Saint-Gloud, de Fontainebleau, de Gompiègne ; dans les musées de Rouen, de Besançon; dans jes cathédrales de Rouen, Nîmes et Lons-le-Saulnier.

Thévenin, peintre d'histoire; composa, en 1800, Isl Prise de Gaëte par le général Rey ; en 1804, le Général Duchesne marchant sur un corps d^ Autrichiens.

Thibaut, architecte, né en 1757, à Montérender (Haute- Marne) ; eut le grand prix d'architecture, et devint l'architecle des palais de Neuilly, de la Malmaison, de l'Elysée ; puis architecte du roi de Hollande, Louis Bonaparte.

Thierry, architecte, né à Paris, en 1750. Outre les plans quil présenta, à différents concours d'architecture, et ceux qui lui furent demandés par le gouvernement, et qui ont été exposés, tel que celui qui fixait l'emploi du terrain compris entre la rue Saint-llonoré et les Tuileries, terrain occupé alors par des couvents, il exposa, en 1806, un projet d'embellissement de Paris, du côté de l'est.

Vafflard, peintre d'histoire, né à Paris, en 1777; élève de Regnault, Exposa, en 1800, Artémise et Mirza; en 1802, la Mort de Jocaste; en 180i, la Mort d'Œdipe, Yung et sa fille.

De Varenne, né à Paris, en 1763 ; peintre de paysage, élève de Joseph Vernet. Composa V Incendie de Moscou, qui fut acheté par le czar Alexandre ; V Entrée de l'empereur Alexandre à Varsovie, acheté par le gouvernement polonais.

Vauthier, peintre d'histoire, né à Paris, en 1774, élève de Regnault ; obtint le grand prix, en 1801.

Vauzelle, né à Angerville (S3ine-et-0ise ), en 1776 ; élève de Hubert-Robert ; exposa, en 1802, une Vue du château de Guillon, en Normandie.

Verly, François, né à Lille, en 1760, architecte, obtint le deuxième grand prix, en 17St. Pendant le Consulat et

l'Empire, fut chargé des travaux de la ville d'Anvers; des manufactures d'Amsterdam et de Bruxelles. Il bâtit le Palais de justice de cette dernière ville ; la cathédrale d'Arras; la belle serre du prince d'Orange et plusieurs maisons de campagne.

VÉRON,dit Bellecourt,né à Paris, en 1 778; peintre d'histoire.

ViGNON (Barthélémy), architecte, né à Lyon, en 1762. Parmi un grand nombre de projets, composés par cet artiste, et qui ont été gravés, citons celui des tribunaux de paix, qui lui valut un prix, en 1793, et un autre prix, en 1800, après l'exécution modèle de ce projet; celui d'un monument, à la mémoire des soldats morts pour la patrie, et celui d'une colonne, élevée à la gloire de nos armées, projets qui remportèrent, en 1800, les deux prix, proposés par le gouvernement ; celui d'un monument à Mars, pacifère, en mémoire de nos triomphes, lequel obtint un prix, en J 801 ; celui d'un monument au général Désaix, mis au concours ; le plan d'une boucherie publique, présenté en 1802, au ministre de l'intérieur, imprimé depuis dans le muséum de London; enfin, un projet d'hôpital pour les aliénés, gravé dans les Mémoires du docteur Tenon. Vignon a dirigé, de concert avec M. Thibaut, les constructions intérieures du palais de l'Elysée, et du château de Neuilly, pour M""' Murât, reine de Naples ; il a composé encore, en société avec le même, les projets d'embellissement pour le château et le parc de la Malmaison. C'est, d'après ces projets, qu'ont été bâties la bergerie et la jurande serre chaude. M. Vignon a exécuté aussi, pour Louis Bonaparte, alors roi de Hollande, la décoration intérieure de son palais à Paris, et celle du château et du parc de Saint-Leu.

ViLLERs, Maximilien, architecte, élève de Percier, né à Saint-Martin-du-Parc (Eure); obtint, en 1794, le deuxième prix de 6000 francs, au concours national, pour un temple dédié à la Liberté. On lui doit la restauration et la composition des jardins du château de Mont-Huclé,près Longj umeau, où est mort le général Dessoles, qui en était

devenu propriétaire; la restauration et la composition des jardins du château de Boudeville, près Dourdan ; le plan et la composition d'un parc, au château de Bruyères-le- Châtel, qu'il a restauré en partie; les jardins et embellissements du château de ^'illeneuve, pour la duchesse d'Angoulême.

Vincent, architecte et compositeur de jardins, né à Paris, en 1776 ; inspecteur des bâtiments de l'Elysée- Bourbon, de la Malmaison et des bâtiments de la Couronne, à Compiègne.

Wailly (Léon de), peintre d'histoire naturelle et de portraits.

WiLLE, graveur en taille douce ; né à Kœnigsberg, en 1717. Mort à Paris en 1807.

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