CHAPITRE II
rSoMMAiRB. — I. Alexandre Berthier (1753-1815). — II. Duroc (1772-1813).— III. Kléber (1751-1800). — IV. Menou (1750-1810).— V. Marmont (1774-1852).— VI. Rapp(l772-1821);Savary (1774-1833).
— VII. Davout (1770-1823). — VIII. Junot (1771-1813). — IX. Lannes (1769-1809).— X. Jourdan (1762-1833). — XI. Kellermann (1735-1820) — XII. Bernadotte (1764-1844).— XIII. Murât. (1767- 1815). — XIV. Lefebvre (1755-1820). — XV. Pérignon (1754-1818).
— XVI. Serrurier (1742-1819).— XVII. Moncey (1754-1842). — XVIII. Masséna (1758-1817). — XIX. Augereau (1757-1816). — XX. Brune (1763-1815). — XXI. Bessières (1768-1813). — XXII. Gouvion Saint-Cyr (1764-1830). — XXIII. Mortier (1768-1835). — XXIV. Grouchy (1766-1847). — XXV. Mac-Donald (1765-1840).
— XXVI. Ney (1769-1815). - XXVII. Oudinot (1767-1847). - XXVIII. Soult (1769-1851). — XXIX. Suchet (1770-1826). — XXX. Victor, dit Perrin (1764-1841). — XXXI. Clarke (1765-1818)et quelques autres généraux.
Alexandre Berthier (1753-1815).
Parmi les généraux dont Bonaparte s'entoura, dès «qu'il eut le commandement suprême d'une armée, Alexandre Berthier obtint certainement le plus de faveurs.
Il avait déjà l'expérience de la guerre.
En Amérique, il avait combattu aux côtés de Ro- -chambeau; à son retour en France, il avait servi dans l'état-major de Luckner. En Vendée, il s'était brillamment comporté, notamment à Saumur, où il «eut trois chevaux tués sous lui.
A ses débuts avec Bonaparte, en 1796, comme chef d'état-major, il avait quarante-trois ans, né à Versailles en 1753. Son père avait été ingénieur hydrographe, et, de cette filiation, Berthier avait gardé une grande aptitude pour la lecture des cartes géographiques, talent fort apprécié de son nouveau chef/ Tout de suite, il se fit donc agréer du jeune général, auquel il se dévoua infatigablement, et il le suivit partout, sans repos, sans halte, même en Egypte, où il ne voulait point aller, se disant malade, afin de rester près de sa maîtresse ; mais, au dernier moment, se laissant pousser sur le navire en partance.
A cause de cette maîtresse, M" e Visconti, à laquelle il avait élevé un autel au fond de sa tente sur les sables d'Egypte, il obtint de revenir en France pour l'y rejoindre, et il se trouvait au débarquement à Fréjus. Ce grand amour, d'ailleurs, ne diminuait point son dévouement. Il seconda efficacement le jeune conspirateur au 18 brumaire, et, après le triomphe, consentit à toutes les missions dont voulut l'investir son maître : préparant le Piémont à être annexé à la République française ; de là, passant en Espagne, afin d'y semer les germes de division, qui seraient plus tard des motifs d'intervention de Bonaparte, dans les affaires de ce pays ; ensuite, acceptant la place de Garnot, au ministère de la guerre, lorsque l'ancien conventionnel eut cessé de plaire, ou plutôt eut inspiré des craintes à l'ambition toujours croissante du premier Consul. Berthier était prêt à toutes les métamorphoses. Il semblait n'avoir plus ni personnalité, ni volonté ; se contentant d'être un favori *, sachant se plier à toutes les besognes,