‹ La société future (volume 2)Chapitre 49 sur 57 · PR ES · texte numérisé non relu

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pour embrasser toutes les connaissances humaines, Quelle que soit l'estime que nous profes: ions pour les savants, nous somme forces de reconnaitre que les plus grande iniquitc: sociales les laissent, pour la plupart, indifférents, quand, pour mériter Îes faveurs des maitres, ils ne se servent pas de leurs connaissances, pour essayer «d en justifier les turpitudes.

Il suftit, également, de suivre Jeurs discussions, pour comprendre que nombre d'entre eux, qui se sont adonnés à telle ou telle étude, telle ou telle branche du savoir humain, ne tardent pas à s'en faire un « dada » qu'ils enfourchent à tous propos et hors propos, en font le moteur de toutc# choses, ne voyant dans les autres sciences que deÿ accessoires à leur étude spéciale, sinon inutiles, tqut au moin de fort peu dmportance.

Non. non, la science est une belle chose, mais à condition qu'elle se renfermera dans son role : constater les phénoménes qui s'accomplissent, en étudier les etfets, en rechercher les causes, en formuler les données, mais que chacun reste libre de s'en assimiler les découvertes, selon ses aptitudes et son degré

de développement.

D'ailleurs, ne serait-il pas présomptueux de vour loir tout régir « sciemtitiquement », alors que tant de points d interrogation se dressent devant Île savant avide de connaître : N'est-ce pas, précisément, parcé que l'on a toujours voulu réglementer cette issOciaion des intérêts faisant agir les individus, que l'on est arrivé à produire ce monstre informe qui s a ppelle la sOCIC d'aujourd'hui

Certains — nous l'avons vu ont voulu prétendre

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que, plus l'honme se dés cloppait. plus Ja science s'élargissait, plus l'individu perdait de son autonomie. L'emploi des machines et forces motrices mises à sa disposition par la science le poussant à l'association, lui enléwerait ainsi, d'après ces « savants , graduellement de son autonomie en: ubordonnant son action pers nnelle à celle de | outillage ct de scs COASSOCIÉS, On a affirmé que, pour trouver une société où règne l'autonomie complète de l'individu, il faut remonter aux sources de l'humanité, où bien aller chez les races actuelles les plus inféricures, En sorte que l'on serait en droit de conclure que la société idéale de ces assoiflés d'autoritarisme. serait une so. icté où l'individu n'aurait plus la liberté d'aller pisser sans çn demander l'autorisation !

Plus Ja science se dés eloppe, plus elle ajoute à l'autonomie de l'individu, Si, dans Ja société actuclle, chaque découverte cientifique Jette, en effet, les travailleurs sous la de pendance du capitaliste, c'est que les institutions actuelles font tourner les efforts de ous au pro'it de quelques-uns seulement. Mais, dans une SOCICIC basée sur la justice et l'égalité, les découvertes nouvelles ne pourront qu'ajouter à l'autonomie de l'individu.

I faut vraiment être ax euglé par la monomanie de l'autorité pour oser prétendre que l'on doit remonter à l'origine des sociétés où bien aller chez les races inférieures ! Pour y retrouver l'autonomie. Est-ce que l'homme était autonome alors que, nu et sans défense, d'ayant encore qu'une intelligence rudimentaire, il était livré à tous les hasards de la vie, forcé de Jutter

1. Intérieure en dewrc de développement, mais non en puis fance virtuclle,

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x ” ” t H groupes devient de plus en plus nuisible.

de l'humanité, la fédération

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des groupes 1S0! ut la soctalisau : faite pat l'intermédiaire d'un utorité extérieure, H cette solidarisation se ta Hourd'hui., spontanément 5 sans port utteinte à l'autoromie des £ upes, etc est [8 precise ment l \ la vapeur et aux progres de la 4 | j

LA SOCIÉTÉ FUTURI 380 mécanique, qui ont établi des rapports suivis et fréquents entre ceux qui n'apprirent à se connaître qu'en tombant sous la férule du même maitre L'indé.

pendance des individus et des groupes s'en trouvera

t-elle amoindrie 2 Nous né le pensons pas non plus,

puisque la vapeur, l'électricité et la mécanique, en mettant au service de l'homme des forces considéra

bles qui permettent de vain re la distance et le temps, font venues augmenter cette indépendan Ce en réduisant la somme de temps nécessaire à la lutte pour l'existence lutte contre la nature, ne confondons Pas — Qt permettre ainsi aux individus de dépenser h plus grande partie de leur temps en un travail ré créatif au sein d'une sociétc basée sur la solidarité

la liberté

[al Oui, nous le reconnaissons cet le pProclamons : les découvertes « ientifiques” de l'homme le conduisent de plus en plus vers l'association des ctlorts et la soli-

darisation des imérêts, C'est Pourquoi nous voulons à destruction de Ja société actuelle, basée sur leur Magonisme. Mais de là à conclure à la nécessité d'un Wuvoir, il y a loin. Où donc les autoritaires ont-ils dis qu'il puisse jamais Y avoir solidarité d'intérêts entre celui qui commande et celui qui obéit

Les progrès lentement a Complis par l'humanité ne #nt-ils pas dus, Justement, à cet esprit d'insubordiwtion et d'indiscipline qui a poussé l'homme à s'affanchir des obstacles qui nuisaient à son développement, à cet esprit sublime de révolte qui l'entrainait ilutter contre la tradition et le quiétisme, à fouiller

dns les recoins les Plus obscurs de la science pour

iracher ses secrets à 1: nature et apprendre à triomher d'elle >

En effet, qui peut prévoir le degré de développement où nous serions arrivés si l'humanité avait pu évoluer librement; qui ne sait, aujourd’hui, que beaucoup de découvertes dont s'enorgueillit le x1x° siècle, avaient été faites ou pressenties jadis, mais que les savants avaient dû tenir secrètes, OÙ EN abandonner la recherche afin de ne pas être brülés comme sorciers.

Si le cerveau humain n'a pas été broyé dans ce double étau : l'autorité temporelle et l'autorité spirituelle; si le progrès à pu Se faire malgré cette compression, SOUS laquelle l'humanité gémit depuis que l'homme est un être pensant, c'est que l'esprit d'insubordination était plus fort que la compression.

Les autoritaires disent qu'ils ne veulent un pouvoir que pour guider agite évolution des idées et des hommes. Mais ne voient-ils donc pas que vouloir contraîndre tous les hommes à subir le même mode d'évolution — ce qui arriverait inévitablement si uné autorité quelconque Se chargeait de la guider, — € serait cristalliser la civilisation dans l'état où elle est aujourd'hui. Où en serions-nous actuellement si, parmi les êtres inconscients des premiers âges de la vie, il s'était trouvé des esprits « scientifiques assez puissants pour diriger l'évolution des êtres dans le sens des connaissances qu'ils possédaient à ‘cette époque :

Nous avons vu qu'il ne fallait pas en conclure qué notre idéal, ànous, soit ce que les partisans de Darwin en sociologie, ont appelé la « lutte pour l'existence. » La destruction des espèces plus faibles par les espèces plus fortes a pu être une des formes de l'évolution dans le passé, mais aujourd'hui que l'homme ést un

être conscient, aujourd'hui que nous commençons à entrevoir et à comprendre les lois qui régissent l'humanité, nous pensons que l'évolution doit revêtir une forme diflérente.

Nous l'avons dis cette forme est la solidarisation des intérêts et des eflorts individuels pour arriver à un meilleur avenir. Mais nous sommes convaincus aussi que cette solidarisation de but et d'etlorts ne peut naître que de la libre autonomie des individus qui, libres de se rechercher entre eux et d'unir leurs efforts dans le sens qui répondra le mieux à leurs aptitudes et à leurs aspirations, n'auront plus besoin de peser sur personne, puisque personne ne viendra peser sur eux, L'homme est assez développé aujourd’hui pour reconnaitre, par l'expérience, le bon ou le mauvais côté d'une action; il ressort que, dans une société sans pouvoir, les groupes ou Îles individus qui se seront fourvoyés dans une mauvaise voie, voyant à côté d'eux des groupes mieux organisés, sauront abandonner la mauvaise voie pour se rallier à la manière de faire qui leur paraîtra la meilleure.

Le développement progressif de l'humanité étant débarrassé des obstacles qui l'ont entraMé jusqu'à ce jour, l'évolution des idées et des individus ne nous présenterait plus qu'une lutte pacifique, où chacun rivaliserait de zèle afin de produire mieux que les autres, et nous conduirait ainsi au but final : le bonheur de l'individu au milieu du bien-être général.

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