‹ La société future (volume 2)Chapitre 50 sur 57 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

S'il est une doctrine qui ait eu le don de soulever les fureurs et les calomnies de tous les partis de Ja politique, c'est bien da doctrine anarchiste. Effrayés des progrès que faisait dans l'esprit des exploités, l'idée d'indépendance sous sa nouvelle formule, tous ceux qui vivent d'exploitation exploitation industriclle, capitaliste, politique, morale et imellectuelle

s'unirent fraternellement dans une commune défense pour tomber sur ces nouveaux venus qui osaient venir les troubler dans leur quiciude, en émettant des thçories « subversives de tout ve que l'on était convenu de respecter ! »

Les théories anarchistes comportaient le droit primordial qu'a tout individu, äe se révohter contre ce qui l'écrase, mais les bourgeois n'attendirent pas les Premiers coups : le bagne et la prison fonûirent sur les propagandistes de l'idée philosophique. Le maximum de la lof était assuré à tous ceux qui défilaient devant un tribunal, pour avoir osé exprimer que tout

n était pas pour le mieux dans la meilleure des républiques bourgeoises et qu'il fallait travailler à une transformatiow-seermte .

La force appelle la force, ia terreur engendre la erreur, Sachant que l'on paie autant pour un écrit, une parole que pour un acte de révolte effective, certains anarchistes, plus impatients que d'autres, refusérent de discuter plus longtemps et voulurent rendre coup pour coup; des lois exceptionnelles de répression furent votées, les gouvernants espérent avoir ainsi tué l'idée anarchiste; les événements nous diront un jour ce qu'il faut en penser.

Mais, avant d'oser faire des lois si rétrogrades, ne pouvant réfuter des théories que, pour Ja plupart. leur faiblesse intellectuelle les empêche de comprendre ; sentant que si les idées nouvelles prenaient pied, c'en était fait de l'exploitation et de leurs privilèges: menacés au ventre, ne voyant aucune chance pour leur Parasitisme de se perpétuer dans le nouvel ordre de choses, les bourgeois, pour combattre la pensée philosophique, en sus de la prison, eurent recours à leur arme favorite : la calomnie.

« Les anarchistes », s'écrièrent-ils, sur tous lestons, — suivis dans cette campagne par les autoritaires de tous poils qui prétendent travailler à une réforme so-

ciale, — « les anarchistes !

ne sont pas un parti. {ls n'ont pas d'idées sur l’organisation sociale future, ils n'ont que des appétits! » les socialistes autoritaires ajoutèrent, « ce sont des mouchards! » — et tous : « ils voudraient nous ramener au régne de Ja force et de la brute! »

Et les injures. les calomnies. les dispensant d'argu-

ments, ils firent dans les journaux un tel renom d'in-

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sanité et de Violence irraisonnée aux anarchistes que tous les imbéciles, dont la conviction ne se fait que d'après la lecture de leur journal. acceptérent comme vérités ce fatras de mensonges et ne virent dans les anarchistes, qu'une bande de forcenés qui nesavaient pas ce qu'ils voulaient.

Nous n'avons pas à juger ceux qui agirent et dont plusieurs payèrent de leur vie et de leur liberté, leur erreur s'ils se trompèrent. — Ils sont à saluer profondément, ceux qui sacritient leur vie à leur façon de concevoir les choses. — Mais nous devons avouer que certains actes maladroits, certaines violences hors propos, contribucrent à ancrer cette opinion, Mais la cräncrie, le désintéressement de ceux qui furent pris dans la lutte et dont plusieurs sont morts au bagne et

“à l’échafaud, forcèrent ceux qui pensent àsétudier des idées capables d'engendrer des dévouements semblables, pendant que les satisfaits de l'ordre actuel les couvraient d'ordure,

Pour ces ventrus, tout anarchiste n'est qu'un être haineux, envieux, voulant bien vivre et ne pas travailler. Est-ce bien à ces repus, de venir nous parler d'appétits et de convoitise: Eux qui se sont gardé toutes les jouissances de la vie: eux que la satiété a dégoütés de toutes les jouissances naturelles qu'ilsn'en ont plus en effet, aucun appétit...

Saouls et blasés, ils en sont réduits à chercher des jouissances dans des passions anormales, dans des raffinements contre nature. Pauvres gens!

Les anarchistes se sont répandus en écrits, en paroles pour expliquer leur idéal, et les pourquoi ce cet idéal. Nous espérons, parce volume, avoir apporté

notre petite pierre à l'éditice de Ja pensée future, qu'importe, les bourgeoisn'en continueront pas moins de clamer que nous n'avons aucun idéal.

Pour eux, hommes d'appétits et de convoitises, ces anarchistes qui sacrifient leur existence et leur liberté à la conquête d'une organisation sociale qui donnera libre jeu à l'évolution de tous! Hommes d'appétits quand, avec l'absence de préjugés qüi les caractérise, ils pourraient faire une trouce et se tailler une large place dans les institutions de Ja société actuel!e ouverte à toutes les ambitions, à tous les appétits, à toutes les monstruosités dérivant d'une éducation faussée et corrompus, pourvu que celui qui veut arriver ferme les yeux sur ceux qu'il renverse sur sa route, se bouche les oreilles pour ne pas entendre les cris d'agonie de ceux qu'il foule aux pieds dans la course folle qui l'emporte à la curée.

Homimnes d'appétits et de convoitises, ces anarchistes que nous avons vus détiler dans tous les procés, sous lesquels on a cru étouffer le paru, qui, bcurgeois en rupture declasse avaient sacrifié une position faite — qui, travailleurs après une Journée de labeur et de fatigue, prenaient sur leur temps de repos pour aller annoncer à leurs frères de misère, cet avenir meilleur qu'ils entrevoyaient dans leurs rêves, à travers leurs conceptions; s'en allaient dévoiler aux travailleurs leurs véritables ennemis, en leur faisant comprendre Îles véritables causes de leur misère. Hommes d'appétits, tous, quand il leur aurait suffi, pour la plupart, d'accepter la socitté telle qu'elle est, ét un peu de souplesse d'échine pour entrer dans les rangs de nos exploiteurs actuc}s.

Enfin, hommes d'appétits et de convoitises, tous

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