LA REVOLUTION LT L INTERNATIONAL] LE
\u cours de ce travail nous développerons les di P}
vers arguments que nous avons CNONCES, Mais, pour
ne pas nous laisser détourner de notre plan, nous devons en revenir à notre étude sur la Révolution et ici se dresse la grande objection des partisans de l'autorité — socialistes ou bourgeois ce serait, pour une société non centralisée, ne disposant pas d'ar mées permanentes, n'ayant pas à sa tête, des hommes providentiels chargés de penser et d'agir pour le commun des mortels, l'impossibilité de se maintenir au milieu des nationalités environnantes qui seraient restées sous Ja domination capitaliste, Et les théoriciens bourgeois en concluent qu'il faut continuer à se Jaisser exploiter, en attendant que les capitalistes veuillent bien être un peu moins gourmands. Les socialistes nous engagent à nous débarrasser de nos Mmaitresactuels, pour leur remettre le pouvoir, se chargéant, eux, à leurs risques ct périls, de nous fabriquer
un bonheur, au plus juste prix, qui sera respecte par nos voisins grincheux!
Si la révolution se localisait dans une seule nation, il n'y a aucun doute à avoir, les ploutocraties environnantes ne tarderaient pas à lui faire la guerre, peut-être méme, sans accomplir la formalité de la lui déclarer au préalable, comme cela se fait actuellement entre ennemis de bon ton, où les adversaires sont d'autant plus courtois, qu'ils se contentent de faire battre les autres, per lant qu'eux se font des politesses, et, entre temps se vendent mutuellement les cagins mas qu ‘ils font fabriquer par ceux qu'ils enverront plus turd en éprouver les eflets.
La évolution de 89, qui était l'émancipation économique d'une classe, est là pour nous prouver que la noblesse, lé clergé et la royauté qui régnaient sur le reste de l'Europe se sentirent solidaires de Ja nob'esse, du clergé et de la royauté françaises, on sait quelle coalition formidable elles RER contre la jeune République naiss ante, et que ce ne fut pas leur faute si cette dernière ne fut pas ctouflée avant d'avoir ve
La ploutocratie qui est tout ‘autant rapace, sinon plus, avec beaucoup d'autres qualités en moins, ne ferait pas moins si elle se sentait menacée. Nul doute que les boürgeoisies environnantes ne voudraient pas laisser s établir à côté d'elles; un foyer d'idées nouvelles fui pourraient infecter leurs esclaves. Nous savons de quoi lès bourgeois sont capables quand leurs intérèts matériels som menacés, Un rideau de flammes et de mitraille ne tarderait pas à se dérouler autour de la nation assez malavisée pour ne plus
vouloir engraisser aucun exploiteur.
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Mais la Révolution de 89 nous montre aussi de quôT ést capable un peuple qui défend ce qu'il croit être sa liberté, Les hommes qui se battent pour une idée sont invincibles lorsqrte-n'ont à lutter que contre des automates, et la conviction de défendre son fo\cr, son indépendance vaut bien des bataillons.
Les partisans de l'autorité nous répliqueront que la République de 80 était une nation fortement centri lisée, qu'elle sut défendre son unité, même contre les ennemis intérieurs, et que c'est pour pouvoir se défendre, comme elle, contre les entreprises extérieures et intérieures, qu'ils réclament une Organisation semblable,
Pour que l'argument des autoritaires füt vrai, il faudrait bien étudier Ja Philosophie de l'histoire de cette époque et se rendre cOMpte si ceux qui se montent à nous, sous les traits des pins farouches partisans de l'autorité centrale, ne subirent pas, plus d'une fois, à leur insu, la Pression de la foule anonyme ? Si ce n: futpas à Partir du moment où l'initiative in. dividuelle fut complètement étouflée, la foule réduite à l'impuissance que date la décadence de la Révolution pour se terminer par'sa chute sous le talon d'un soudard :
Mais cela importe peu à notre argumentation Quelle que fut l'énergie de ceux qui avaient la direc. tion des affaires, leur science aurait-clle” été encore cent fois plus grande, elles auraient pesé de peu, S'ils n'avaient été secondés par l'énergie de ceux qui restérent anonymes, qui surent les forcer, plus d'une fois, à prendre les mesures nécessaires au salut de tous et surent aussi les exécuter de leur propre initiative sans attendre l'assentiment des chefs.
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