‹ La société provençale à la fin du Moyen Age d'après des documents inéditsChapitre 37 sur 65 · ET RÉFORMES QC*IL PROVOQUA · texte numérisé non relu

ET RÉFORMES QC*IL PROVOQUA

portent pas de vastes domaines, ce sera la moyenne propriété qui se créera peu à peu, par un travail continu d'agglomérations parcellaires. Pendant le moyen âge, elle n'avait guère existé qu'àTétat d'embryon. Des dernières années du xv" siècle, date vraiment sa naissance ; et, pendant que des familles de bourgeoisie, ou appartenant à une noblesse rurale éminemment travailleuse, lui prêteront une consistance de jour en jour croissante, d'autre part, la petite propriété, loin de disparaître, se consolidera chez les paysans. Ceux-ci s'évertueront à pratiquer pour leur compte ce dont faisait honneur à ses devanciers un noble campagnard du dernier siècle, dans un Livre de raison où il racontait à ses enfants comment s'étaient formés et agrandis ses domaines : Notre petit bien s'est accru peu à peu par le bon ménage de nos auteurs^. Des ténements plus réguliers succéderont, parmi eux, à l'état parcellaire incohérent où beaucoup trop de leurs anciens, les laboureurs du moyen âge, avaient fini par trouver la ruine de leurs familles; et des métairies, des bastides édifiées au centre de vrais petits domaines, peupleront des campagnes dont la guerre et l'absence de sécurité avaient fait des déserts pendant des siècles.

Dans ses études sur la vieille France ruVale, M. G. d'Avenel nous dépeint, survenant dès les débuts du xvi* siècle, un nouveau prétendant à la possession du sol. « C'est le bourgeois, dit-il, qui n'est ni d'épée, ni de robe sainte, ni de charrue. Grâce à la paix, il sort de ses murailles, de son

* Livre de raison de Pierre-César de Cadenet de Charleval, commencé en 1728.

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