‹ La société russeChapitre 2 sur 50 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

De tous les livres qui ont été récemment publiés sur la BuBsie^* et il en a para un grand nombre — le plus intéressant an point de vue politique est certainement celui qui a été édité à Leipzig sous ce titrô : Aus der Petersburger Gesellschafl (La Société de Pétevsbourg).

Les études que ce livre renferme et dont la Nouvelle

Presse libre de Vienne a eu la primeur^ sont attribuées

par l'éditeur de Leipzig à un Busse. La valeur d'une

semblable -affirmation pourra paraître contestable en

présence d'un ouvrage qui est non-seulement écrit^ mais

pensé en allemand. Il Baut cependant considérer qu'il

ji'est pas rare d'entendre à Saint-Pétersbourg l'écIiOx

des bruits de Berlin et que peut-être aussi l'auteur ano*

nyme s*est cru tenu d'exagérer son goût pour l'Aile^

magne afin de mieux dissimuler sa nationalité.

Quand on a d'ailleurs pris son parti de ce parti pris

n INTRODUCTION.

de récrivaîn de dénigrer tout ce qni^ sar les bords de la Nëwa, n'a pas le dessin et la couleur germaniques, la lecture du livre sur la Société de Péter sbourg devient attrayante. L'obsiervatlon j est fine, Texpression juste et si la verve du pamphlétaire, évidenunent bien placé pour voir, n'était parfois trop friande de l'anecdote scandaleuse, le ton général de son pamphlet serait irréprochable.

Il y a telle page sur < l'habit bleu de l'officier de gendarmerie "p que ne renierait pas Herzen, et un chapitre sur la politique russe en Orient que le général Ignatieff signerait des deux mains, s'il obéissait à l'élan de^sa sincérité bien connue.

Mais lorsqu'on met le pied en Russie, il est de tradi* tion de parler tout d'abord du climat et j'obéis à la tradition.

41 Ces jours gris&tres du Nord, dit l'auteur de la Société de Péiersbourg^ ces jours auxquels on a reproo hé de peser sur le crftne comme un fardeau de plomb et de faire paraître le monde désagréable et informe, ne sont, dans aucune partie du monde civiHsé, aussi difficiles à supporter que dans la ville créée par Pîerre-le- G-rand au milieu des marais de l'embottohure de la Néwa. L'été y est court et brûlant, l'automne n'est qu'un hiver. Quant à l'hiver, s'il est beau, au dire déS gens du pays, il est accompagné d'un froid qui boule-

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