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SES RELATIONS AVEC LES AUTRES SCIENCES

du milieu correspondant. Les perturbations extérieures qui troubleraient Texistence individuelle de l'homme ne sauraient manquer d'altérer aussi son existence sociale; et réciproquement, celle-ci ne pourrait être gravement troublée par des modifications du milieu qui ne dérangeraient aucunement la première. Je puis donc me dispenser de reproduire les différentes conditions inorganiques delà vie sociale. En renvoyant, à cet égard, aux indications qui ont été données en biologie, je dois seulement signaler Tintluence sociologique de ces diverses conditions extérieures comme étant encore plus prononcée que leur influence biologique. Cette intensité n'est qu'une suite de la prépondérance croissante d'un tel ordre de conditions, à mesure que l'organisme se complique davantage, ou qu'on y considère des phénomènes plus élevés. C'est ce qui a lieu dans l'étude des phénomènes sociaux, où l'on envisage l'organisme le plus compliqué. Un tel organisme est en outre regardé comme inséparable d'une durée en quelque sorte indéfinie, de manière à rendre sensibles des modifications que la brièveté de la vie individuelle ne permettrait pas de manifester.

Les conditions astronomiques éprouvent surtout cet accroissement d'influence, quand on passe du cas individuel au cas social. Il est évident, par exemple, que les dimensions de notre planète ont plus d'importance en sociologie qu'en biologie, puisqu'elles assignent d'insurmontables limites à l'extension de la population. Si l'on examine le degré d'obliquité de l'écliptique, la stabilité des pôles, et surtout la faible excentricité de l'orbite, on sentira que, si cet ensemble de données était notablemment troublé, sans cependant l'être . assez pour que l'existence individuelle en fût compromise, la vie sociale serait profondément altérée. La conception scientifique du développement social, envisagé dans l'ensemble de sa durée, était impossible avant la démonstration de la stabilité de notre constitution astronomique. De même, à l'égard des conditions physiques et chimiques, l'écorce du globe ne comporte plus que des variations tellement limitées, et surtout tellement graduelles, qu'elles ne sauraient gravement influer sur le cours de l'évolution sociale.

Il convient de préciser davantage la notion de l'influence sociale des conditions inorganiques, en remarquant qu'elles

peuvent modifier non pas les lois du développement, mais seulement la vitesse des diverses phases. En effet, il a été démontré que les différentes causes perturbatrices ne peuvent agir que sur cette vitesse. Les êtres vivants ne sont pas indéfiniment modifiables sous Tempire des circonstances extérieures ; ces modifications ne peuvent jamais affecter que le degré des phénomènes, sans changer leur nature : quand les influences perturbatrices excèdent ces limites, l'organisme est détruit. Or ce principe de biologie doit être d'autant plus appréciable qu'il s'agit d'un organisme plus complexe, bien que l'être devienne alors plus modifiable. Il faut par conséquent rétendre à létude du développement social. La marche de ce développement doit être envisagée comme tenant à l'essence du phénomène, et par suite comme identique dans toutes les hypothèses possibles sur le milieu correspondant. Du reste, cette disposition intellectuelle n'est que la suite et le complément de l'esprit de la philosophie positive. Nous avons reconnu dans toute la hiérarchie scientifique que, si les phénomènes plus spéciaux s'accomplissent sous la prépondérance des plus généraux, cette subordination peut altérer non pas leurs lois, mais l'étendue et la durée de leurs manifestations.

Pour compléter l'aperçu de la relation qui existe entre la sociologie et la philosophie inorganique, je dois signaler l'action de l'homme sur le monde extérieur, action sans laquelle l'évolution n'eût pas été possible, étant arrêtée par des obstacles matériels. En un mot, la progression politique, morale ou intellectuelle de l'humanité est inséparable de sa progression matérielle. Or l'action de l'homme sur la nature dépend de sa connaissance des lois des phénomènes inorganiques. La physique et surtout la chimie constituent la base du pouvoir humain. L'astronomie n'y peut concourir qu'en permettant une indispensable prévoyance, au lieu d'une modification du milieu ambiant. C'est une nouvelle occasion de constater l'impossibilité de l'étude du développement social sans la combinaison de la sociologie avec l'ensemble des doctrines de la philosophie inor.Q;anique.

Dans tout ce qui précède je me suis abstenu, pour simpfifier mon appréciation, de considérer le point de vue de la méthode. Il serait superflu de démontrer quil f'aul logiquement se préparer aux études sociales par la connaissance

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