‹ La soeur du muletier drame en cinq actes dont un prologueChapitre 39 sur 64 · CATHERINE, HENRIETTE, BETTY · texte numérisé non relu

CATHERINE, HENRIETTE, BETTY

Au loyer du rideau, Henriette, très-élégamment habillée, achève sa toilette, aidée de Betty .Catherine assise achève de faire une couronne de fleurs.

Henriette, d Betty, (.'est bien, Betty...

betty. Ce n’est pas fini Henriette. Tu es longue.

betty. Un peu de patience et j'aurai noué le dernier ruban.

Henriette. El-ce fait ?. . .

betty. C’est fait

Henriette. Maintenant, mes bijoux?

BETTY, prenant un collier. Je vais donc enfin vous voir parée de ce collier.

Henriette, le regardant. Ilest bien beau, n’esl-cc pas?

BETTY. Je n’ai jamais va son pareil.

Henriette. C’est vrai., dépèche-toi...

Betty lui met le cellier et va prendre tes bracelets.

BETTY. Bt puis ces beaux bracelets.

Henriette, d Catherine , tandis que Betty lui met ses bracelets. Eh bien ! bonne sœur. . . vous ne travaillez plus.

CATHERINE , qui l'a contemplée tout le temps. Je vous regardais... mon enfant !

mais je n'ai plus qu’une fleur à lier. {Elle lie la fleur.) El la couroune sera faite.

HENRIETTE. Kl quand la couronne sera mise sur ma tête, ma toilette sera achevée.

CATHERINE. Venez donc, j’ai fini...

HENRIETTE, s'agenouillant devant elle. Un pou de cfité. . . Vous savez, bonne sœur. ( A Catherine qui la regarde ) Eh bien !...

CATHERINE , avec amour. Qu'elle est belle!...

Elle lui met la couronne sur la tête.

Henriette, te levant, et arrangeant les plis de ta robe. Maintenant,., je suis prête; me trouvez-vous bien comme cela?

Catherine. Oui, je vous trouve très-bien.

HENRIETTE, d Bel ly . Et toi, lielt;?

RETTY. Moi... je passerais la journée entière à vous admirer.

Henriette. Ah I jedoisélre belle au moins de mut le bonheur que je ressens; aussi, vous le voyez, j'ai choisi ma plus belle parure.

J'ai voulu mettre des bracelets, des colliers et des fleurs... Avant ma maladie, je vivais heureuse, mais sans sentir la beauté de tout ce qui existe; maintenant j'ainte le jour qui éclaire, les fleurs qui parfument, l’or qui brille. Et quand ce matin, comme d'habitude, au départ de mou protecteur, j’ai vu se lever le soleil sur la ville endormie... j’ai pleuré d’extase, car pour la première fois j’admirais toute la grandeur de Dieu dans la beauté de la nature.

retty, à Henriette. Mademoiselle a-l-e.Ue encore besoin de mes services ?

Henriette. Non, Betty... lu peux te retirer... seulement ce soir ma sœur doit me

LA SOEUR Dl

quitter; jusque-lit, tu le vois, je ne serai pas seule.

RETTY. A ce soir, mademoiselle.

HENRIETTE. A ce soir, Betty.

Beily sort.

CATHERINE, avec inquiétude. Votre protccteur, mon enfant, doit donc bientôt revenir?

Henriette. Plus aujourd'hui . .

Catherine, rassurée. Et pour qui donc cette parure ?

Henriette. Pour lui... pour Charles... Et je pourrai le recevoir sans arrière-pensée... car mon protecteur m’a dit... jugez de mon bonheur, Je crains, bonne sœur, qu'un chagrin imprévu ne survienne, car il me semble que toutes les joies du monde m'appartiennent aujourd'hui.

CATHERINE. Et que vous a-t-il dit ?

Henriette. C'est juste, j’oubliais... Ilin’a dit que Charles et moi serions mariés un jour.

Catherine. Et Charles est digne de votre amour?

HENRIETTE. Charles est le plus noble et le plus généreui des hommes. Je puis faire son éloge avec assurance , je ne suis pas seule & l'admirer; mou protecteur m'a promis que dans deux mois. . . serez-vous encore à Edimbourg dans deux mois?

Catherine. Non... mon enfant... non...

je n’y serai plus quand vous vous marierez.

Henriette. Peut-être, vous disiez hier que vous n'v reviendriez jamais , et vous y êtes aujourd'hui.

Catherine. Oui, je u'ai pu résister au bonheur d’y revenir pour un jour. Et quand je (lassais dans la rue, quand vous êtes accourue m'ouvrir votre porte et vous jeter dans mes bras, j’ai bien remercié l’ange qui m’avait conseillée... Mais ce soir il m'ordonnera de partir... Et l’on ne vous a jamais rien raconté de votre mère?

HENRIETTE. Rien. J’ai vainement questionné... il me semble que je suis venue au inonde dans cette belle et vaste maison que j'habite à Edimbourg, et je n’yaivuque uion protecteur généreux , mais discret . sévère, et une vieille et digue femme qui a pris soin de ma jeuuesse, et que la peste a fait mourir, t'attends maintenant que mon protecteur me donne uue nom elle campagne... Diles-moi , bonne sieur, si vous vouliez ?. . .

Catherine. Quoi, mon enfant?

Henriette. Remplacer auprès de moi celle qui m’a servi de mère...

Catherine, apres une hésitation. Je ne le puis, mon enfanu Et dites-mol.. mais je suis bien indiscrète.

Henriette. Parlez.

Catherine. Votre bienfaiteur ue vous a jamais dit la cause du ni; stère dout il s’entoure?.. 4

Henriette. Quand je l'ai questionné il m'a toujours répondu : De tout cela, Henriette, je ptiis seulement, vous révéler qu'il y a bien des aimées , j’ai promis à votre [lerê que je vous secourrais, et que jevottsaimeraiscomme si vous étiez ma propre fille.

CATHERINE. Je vois qu’il a bien ienu sa promesse.

Henriette. Aussi je l’aime comme s'il était mon père. (On frappe d la porte an fond.) On frappe... c'est Charles... (Elle court ouvrir. Reculant.) Ce n’est pas lui

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