CATHERINE, ROBERT
Catherine, à part. Où veut-il en venir?
ROBERT s'approche de la table, prend un verre et y r erse le poison. Allons , Catherine Patrick... voici un breuvage qui endort et donne lentement la mort... Nous dirons , quand tu l’auras bu , que la |icstn a signalé la dernière heure. . .
Catherine. Milord.. . je suis innocente.
ROBERT. Ta sentence est écrite.
CATHERINE. Milord... je sais que je lie puis plus appeler de nouveaux juges.
ROBERT. Et que dois-tu faire ?
Catherine. Mourir.
RonERT, desiynant le terre. Et je l’apporte uue mort calme et facile.
Catherine. Milord... je ue vous demande qu’uu jour...
Robert. C’est inqiossiblc...
Catherine. Je me jette à vos pieds.,. Ce jour seulement.
rorert. C’esl un piège , tu veux me chapper.
Catherine. Comment le pourrais-je, milord? je ne veux qu'uu jour, et ce breuvage c’est la souffrance instantanée.
ROBERT, la conduisant à la fenêtre. Il t’effraye... Mats ne vois-tu pas d’ici les sbires qui attendent mon ordre pour te traîner au supplice ?
Catherine , reculant arec horreur. Mon Dieu !.. . je sais que vous pouvez disposer de ma vie... mais j’en appelle à votre générosité.
Robert. Ma générosité.... Tu m’en as * déjà fait repentir... et d'ailleurs je ne pourrais te sauver... le conseil attend la preuve de ta mort. Choisis!... décide!... Comment veux-tu mourir?
Catherine. Milord... rien qu’une heure!
ROBERT. Allons , puisque tu le veux , d'autres se chargeront de la juste vengeance! Je vais crier d’ici que tu respires encore.
Catherine. Arrêtez, milord !
ROBERT. Bois donc !
Catherine, après un grand effort, prend le terre et le repote sur la table. Je ne le puis.
ROBERT. I.e ciel m’est témoin que j'ai fait de vains efforts. . . oue les sbires viennent donc t'arracher de ces fieux ; que la foule épouvantée t'accompagne ; que ton sang coule...
ta mort sera plus sûre et mon cœur plus à l'aise... Tu le veux?...
Il pousse la fenêtre.
CATHERINE, avec épouvante. Arrêtez!
Robert, furieux. Mo patience est à bout.
Catherine, reposant le verre après avoir bu. J'ai bu !
ROBERT referme la fenêtre. Ca-therine chancelante s’assied. Toute tentative de salut ne ferait que prolonger ta torture, car, tu le sais, cette maison est cernée. Et quand j’y enverrai les ensevelisseurs qui accompagnent les trépassés, le I fourreau sera sous cette fenêtre avec ses cordes et son épée. Le ciel a voulu, Catherine, que le châtiment du crime s'accomplit dans le silence, et tu auras la sépulture à côté de tes frères... Adieu!... Songe à ton âme !
Il sort.