SCÈNE VII
JACQUES, ROBERT, PATRIflK.
Robert , entrant par la jogcAf. Jvusemble !
PATRICK- Qui vient?,,.
Jacques. f,e duc ... Approche?, milord; vous M’êtes pas de trop jej ; car Patrick nous apporte la preuve de l'innocence de sa sœur.
bobert. I,a preuve!.., Jît laquelle?
PATRICK- VOUS al|e? le savoir. Tu le souviens de J!»fre dernière entrevue. Henry?
MAGASIN THÉÂTRAL
JACQUES. Oui...
Patrick. Eh bien, uno heure après, comme je rentrais dans ta demeure, j'entendis des cris dans le sentier ; je courus et je vis que l'on y tuait un homme... Je volai à son secours; un second assassin survint.. Armé de ma hache, je le mis bientôt hors de combat. . . Je fis entrer dans ta maison le pauvre tondeur de laine, que je ne savais pas être le roi, et qui expira aussitôt dans mes bras.
Jacques, à Robert. Vous entendez , duc Robert. . .
rorert. Oui, sire.
PATRICK. Furieux, je me disposais à poursuivre son assassin, lorsque par la fenêtre on me jeta une lettre {la prenant dam ta ceinture) que j’ai précieusement conservée toujours... Tiens, Henry, lis, et tu verras que l’assassin s'y accuse.
rorert, à part. I.a lettre de Dickson.
JACQUES, aprèt l'avoir lu. Le» infàtnes!...
Mais, en effet, ils s’accusent eux-mêmes...
Voyez donc, duc Robert.
rorert, parcourant la lettre. Et le roi mourant... ne vous a |>as nommé...
Patrick. Son assassin... Hélas! non... il n’a pas même pu me nommer son fils T noRERT, d part. Je suis sauvé !
JACQUES. Et cette lettre prouve au moins que Catherine n’a pas été parricide.
RORERT, glorieux. Oui, sire... et c'est là le plus pressé. . . I.'assassin, nous le découvrirons, et j’espère avoir trouv é la trace.
PATRICK. De celui qui m’a volé mon fils...
rorert. Peut-être... je ne puis rien affirmer...
Jacques. Et qui soupçonnez- vous?
rorert. Sire, en fouillant dans mes souvenirs, je me rappelle que le comte de Douglas, celui qui vient de mourir , était, il y a vingt ans, l'ennemi juré de votre père, car il avait de folles prétentions au trône...
JACQUES. Le comte de Douglas. . . en effet. . . mais , mort hier , il n’aurait pu ordonner l'arrestation de Patrick.
RORERT. Et ses complices...
Jacques. C’est vrai... mais avez-vous bien réfléchi, duc Robert...
rorert. Ce matin , Dickson a vit trois hommes masqués entrer dans son château...
PATRICK. Trois hommes masqués... et le comte est mort , lui qui peut-être avait le secret de mon enfant... Oh! n'importe...
mort ou vivant je saurai, moi, s'il était l’assassin... je porte toujours l'habit des ensevelisseurs, et je connais le château des comtes Douglas.
JACQUES. Que veux tu faire?
Patrick. Ne publiez aucun de vos soupçons... et avant une heure, je vous dirai.
moi, si le comte a tué le roi Jacques, et s'il m’a volé mon enfant, je vous le jure. . .
11 sort précipitamment par le fond.
JACQUES. Il se hâte, au palais du comte Douglas.
rorert, à part. Que peut il espérer?
HENRIETTE, entrant par la droite avec Catherine. Voici le roi, ma mère...
Jacques, let apercevant. Henriette...
Catherine...
CATHERINE, regardant autour d'elle. Et mon frère!... dont Charles nous a annoncé?
la délivrance...
JACQUES. Il vient de nous quitter pour éclaircir des soupçons qui peut-être vont le conduire à la découverte de son fils.
Henriette. Et si scs ennemis le poursuivent encore?
Jacques. Le ciel, mon enfant, doit guider celui qui vient de me donner une preuve écrite de l’innocence de ta mère.
Catherine, l'ne preuve écrite...
JACQUES, lui donnant la lettre... Tenez lisez... [A Robert, pendant i/u’ellet lisent.) Et cette lettre me permettra de publier dans mon royaume une vérité dont ma conviction seule n'aurait pu le convaincre.
CATHERINE, après avoir lu. Et l’on m’accusait de faire tuer le roi Jacques, tandis que me séparant de ma fille au berceau, je me dévouais pour la gloire de mon époux et le salut de son père...
Henriette, Pauvre mère. . .
JACQUES. Pauvre victime, tu vas recevoir enfin les bénédictions que l’on doit aux martyrs.