CHAPITRE XVIIl
ü?î MORT RECONNU. “ SHEBOTHA.
Gaspardo, sans répondre à' Ludvdg, avait ' escaladé le tronc entaillé qui s’appuyait contre l’échafaudage, et examiné de là le corps étendu sur la plate forme.
Je le vois, dit-il alors, mes pressentiments ne m’avaient pas trompé. Naraguana est mort.
Le voilà couché dans son vêlement de chef.
Oui, c'est bien le visage du vieux cacique.
Mort comme vivant, je le reconnaîtrais entre, mille.- » •
Gaspardo descendît et laissa à ses -compa-
iô-i AVENTUHEà DE TERKE ET DE MER.
gnons la faculté de s’assurer à leur tour de la funeste nouvelle. Chacun d’eux examina le ca-
davre qui, paré de riches étoffes, et recouvert du magnifique 'manteau de plumes d’un chef, était couché de son long sur la plate-forme inférieure. La lune qui commençait à descendre sur l’horizon, projetait sa .lumière brillante sur la face calme et reposée du mort.
Les deux jeunet gens le reconnurent immédiatement, chacun d’eux se découvrit et -salua respectueusement les restes vénérables
• du digne 'vieillard qui avait été l’ami fidèle
,de leur famille. Après quoi, le cœur oppressé, les yeux humides, ils redescendirent auprès de Gaspardo. - .
H n'était plus, celui de qui seul ils eussent pu attendre amitié, protection et justice!
«'Voilà qui nous explique tout, dit Gaspardo.. Naraguana est mort depuis quelque teoips, et le jeune loup est maintenant chef de
• xa tribu. Santùsima ! nous avons bien fait d’a-
. Voir agi prudempient; et . nous avons plus que
L\ S(t;LK PEUDUE.
jamais besoin de circonspection, car il n’y a plus de Naraguana pour nous défendre contre ces brigands. Pourtant je suis moi-même l’ami de quelques-uns d’entre eux. Tous les Indiens ne sont pas méchants. J’ai rendu service à un de leurs grands guerriers qui ne me refuserait pas un coup de main en cas de nécessité. Il avait une certaine autorité du temps de Naraguana et je pense qu’il l’aura con- • servée. Oui, muchachos, c’est peut-être une chance encore. J’ai lieu de croire que le fils du vieux cacique n’est pas tout-puissant ici.
Il ne s’était pas fait aimer comme son père.
On faisait, disait-on, de l’opposition à sa succession.
a Et d’ailleurs, fût-il chef suprême, il n’a pas un pouvoir absolu ; un cacique n’a pas le droit d’agir sans l’avis des anciens. C’est un magistrat élu et non un despote, nous sommes donc fondés à conserver encore quelque espoir. »
Après avoir exprimé cette série de conjectures , le gaucho resta pendant quelque
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temps silencieux et comme plongé dans ses réflexions.
« Malgré tout, reprit-il, il nous faut être attentifs et prudents. Ne précipitons rien. Il importe que nous connaissions bien notre terrain. Dans une heure la lune va disparaître derrière la pampa, et alors seulement il fera', assez sombre pour ce que j’ai l’intention de tenter. •
— Qu’allez-vous oser? Gaspardo, demandèrent ensemble les deux jeunes gens au gaucho. Vous nous recommandez la prudence, ne soyez pas vous-même téméraire. Ne vous exposez pas pour nous, à notre place; ditesnpus vos projets et servez-vous du moins de nous dans' une cause qui est la nôtre plus que la vôtre encore. '
— Soyez tranquilles, répondit Gaspardo. Je ne suis plus d’âge et je ne suis pas d’humeur à risquer, sans avoir bien pesé mes chances, ma vie au moment où je la feais nécessaire à tous les vôtres. Je veux seulement
pénétrer dans la ville, mais j’y veux pénétrer seul.
-T- Seul! s’écria Cypriano; vous vous exposeriefz seul et pour nousl et sans nousl Ce n’est pas ce que vous nous promettiez tout à l’heure, nous ne le souffrirons pas.
— ^ A coup sûr non, dit Ludwig à pon tour.
Si quelqu’un doit s’exposer ici, c’est moi d’abord et Cypriano ensuite.
* — Aucun de vous deux ne peut s’aventurer seul au milieu des Indiens, reprit Gaspardo, et à quoi servirait-il que vous vinssiez avec . moi? Ce serait pire qu’inutile, car ensemble nous triplerions nos chances d’être surpris.
Quant à moi, j’espère me glisser dans les toldos sans éveiller ^e défiance, et là apprendre quelque chose. Que les Indiens soient tous couchés ou non, je découvrirai, je pense, où est la nma, et ce sera déjà un pas de fait vers la délivrance. Pour le reste, ayons confiance en Dieu. »
Le raisonnement du gaucho était irréfu-.
26s AVENTURES DE TERRE ET OE MER. '
table. Il n’y, avait aucune objection k élever contre le plan qu’il avait adopté. Les deux jeunes gens durent se résigner; le sang-froid du gaucho leur était' connu et la confiance qu’il avait dans. le succès de son entreprise
passa dans leur âme. Ils ne doutaient pas que Francesca ne fût dans la ville des Tovas et il ne leur paraissait pas impossible qu’une fois renseignés sur sa retraite ils parvinssent à la délivrer à l’aide de quelque adroit stratagème.
Le cœur leur battait d’espérance, mais Ü leur fallut attendre, le coucher de la lune dont Cypriano, dans son impatience; ne cessait d’accuser la lenteur.
Tous les trois, couchés sur l’extrémité du plateau, ne perdaient pas des yeux le sentier qui descendait à la ville.
'■ Les lumières s’étaient éteintes, mais cela ne prouvait pas que les Indiens fussent endormis. Les feux n’ayaient été allumés que pour préparer le repas du soir, et, cet office
terminé; Us n’étaient plus nécessaires. Le climat du Chaco est assez chaud pour dispenser ses habitants d’entretenir des brasiers.
Les Indiens n’étaient donc pas couchés, comme en témoignait le bruit de leurs voix dont Gaspardo entendait de temps e& temps jes accents apportés vers eux par la brise.
Cependant cela ne l’aurait pas empêché d’exécuter son projet et d’essayer de pénétrer dans la ville des Tovas si la lune eût disparu tout à fait.
Il avait modifié son costume en le faisant . ressembler autant que possible à celui d’un Indien Tovas. Sa peau n’avait guère besoin d’être assombrie, car le gaucho était presque aussi bronzé qu’un indigène.
Enfin, la lune allait se perdre aux confins de la pampa. Déjà le gaucho se disposait à partir pour sa périlleuse expédition. 11 venait de donner ses derniers conseils de prudence et de silence à ses compagnons, quand tout à coup leur attention fut éveillée par un léger bruit
qui semblait se rapprocher d’eux. Ce bruit paraissait provenir des pas légèrs d’un être quelconque qui aurait remonté le sentier même, à l’entrée duquel ils s’étaient arrêtés pour se dire adieu.
Avaieqt-ils été épiés? un ennemi avait-il surpris le secret de leur arrivée ?
Gaspardo murmura un mot à l’oreille de ses compagnons, et tous trois, quittant leur place en rampant, allèrent se cacher au milieu des branches touffues et des nombreuses . racines aériennes d’un énorme figuier.
Ils ne restèrent pas longtemps dans le doute. Une forme humaine apparut à leurs yeux gravissant en silence l’escarpement. A sa taille, à sa draperie flottante on devinait une femme, à son costume bigarré on reconnaissait une Indienne.
Après avoir fait quelques pas sur le plateau, elle s’arrêta et regarda autour d’elle comme si elle eût cherché une personne qu’elle s’étonnait de ne pas voir déjà arrivée.
' Le figuier était à l’ouest et à moins de dix pas de distance de l’endroit où l’ombre s’était arrêtée. Lorsqu’elle se retourna, la lune donna en plein sur son visage, et ceux qui étaient cachés sous l’arbre purent apercevoir distinctement ses traits. Ils la reconnurent tous en même temps ; ils voyaient devant eux la jeune Indienne Nacéna 1 Que pouvait-elle venir faire à pareille heure en nn pareil endroit?
Après tout, c’est ce, qui importait peu. ,
La' première idée qui vint à l’esprit de Gas- ' pardo fut de s’approcher d’elle, de la bâillonner pour étouffer ses cris et, s’il était nécessaire, de la faire prisonnière. Son but, en agissant ainsi, eût été de s’en faire un otage. Il savait que Nacéna était la' fille d’un chef de grande autorité dans la tribu. Une fois en leur pouvoir,, ils seraient peut-être à même de l’échanger avec Francesca.
Quelques instants de réflexion firent comprendre à Gaspârdo que la chose était impra*ticable. Pour arriver à Nacéna, il fallait fran-
chir quelques pae à découvert. Elle ne pouvait manquer de les apercevoir ' avant qu’il pût lui mettre la main sur la boucke. Un cri, un . appel de la jeune Indienne eussent suffi, à dé> ■ noncer leur présence. , •
.Cependant le gaucho restait convaincu qu’il y avait un parti ^quelconque à tirer de cette rencontre avec Nacéna. Son arrivée à une telle place à une heure si ^ndue était une sorte d’avance de la destinée. Quel intérêt cette jeune fille pouvait>elle avoir à la perte dé Francesca? •
Ne serait-il pas possible de l’engager à les , aider pour rendre la liberté à celle qu’ils re- • cherchaient avec tant d’ardeur?
Le gaucho communiqua tout bas ses pensées à l’oreille de ses compagnons. Eux aussi
ils furent persuadés qu’on devait trouver Nacéna plutôt bienveillante qu’hostile. Tous les deux l’avaient connue ainsi que son père presque. familièrement. Elle était plusieurs fois vo* nue à Veitancia avec- le grand chef, et sou- ‘
'vent, dans les excursions avec Balbei^er, ils ( l’avaient rencontrée et associée à leurs jeux '
enfantins. ' '
Tandis qu’ils raisonnaient ainsi, abrités dans l’ombre épaisse du banyan de l’Amérique du Sud, là nouvelle venue ne pouvait Içs v(>ir^ non pliis que leurs chevaux qui n’étaient plus sous l’échafaudage; par un motif de prudence, ils avaient été conduits un peu plus loin et cachés au milieu d’un taillis.
Gaspardo et les deux jeunes gens délibéraient encore, lorsqu’un nouveau bruit pareil . à celui qiü les avait déjà surpris à l’arrivée de Nacéna parvint h leurs oreilles. C’était lé. .pas de quelqu’un qui gravissait le sentier de .la lùentàgne. La jeune fille l’entendit aussi, dar elle se tourna dans la directioiï d’où il se
produisait. . ' • ; ‘ ’
A l’expression de ses! traits ils purent reconnaître qu 41 n’y avait dans cet incident tien qui la surprît. *
La personne qui arrivait était à coup sûr
274 aventures de terre et de mer. , ,
attendue, par elle. Ce n’était pas. cependant un sentiment de joie qui se traduisait sur son vi-
sage à son approche, mais de crainte plutôt, . ^
mêlée d’impatience. -
. Les pas sé rapprochaient toujours , mais lentement et comme en se’ traînant,' Enfin, une seconde femme parut au-dessus du bord es*' carpé du plateau;
Sa contenance était bien propre en effet à inspirer l’effroi et même l’horreur. Ridée, courbée, ehenuej àffeçtant au milieu de 'ses contorsions un certain air solennel, cette créature était évidemment une de celles qui, élevées au rang- de sorcières par la superstitioù des Indiens, finissent par croire elles-mêmes / au pouvoir surnaturel qu’on leur attribue. On . trouve de' ces jeteuses de sort,, devineresses . et empoisonneuses, dans la plupart des tribus indigènes de l’.Amérique, et elles y sont l’objet d’une déférence qui toutefois n’a rien de sympathique.'
La jeune fille, en anercevant celle-ci, se hâta
d’aller à sa rencontre. Quand elle fut à portée de la main de la sorcière, elle tomba à genoux et resta dans cette posture de suppliante devant elle.
Le spectacle auquel assistaient Galspardô et ses amis cachés sous leur arbre était vraiment étrange. La lune qui se couchait ne jetait plus que des ombres incertaines et éclairait de profil seulement les échafaudages dont chacun prenait un aspect sinistre.
Au milieu de ces lugubres objets, cette jeune fille prosternée aux pieds de la hideuse sorcière semblait lui demander ou grâce de la vie, ou le pardon de quelque crime terrible.
Pendant deux ou trois minutes, Nacéna resta ainsi agenouillée, tandis' que la sorcière murmurait quelques paroles, étendait son bras vers les quatre points du ciel et lui passait ensuite ses doigts sur le visage comme pour la magnétiser. •
et Nacéna souffre d’un chagrin ! dit-elle enfin, en accentuant ses mots.
— Oui, murmura la jeune fille à voix ' basse.
— Un chagrin qu’elle veut cacher à tous', car autrement elle n’aurait pas demandé à Shebotha de venir la retrouver ici.
— Shebotha, la sorcière! cette infernale harpie, dit tout bas le gaucho. Quelque diablerie est en train de se machiner. Ne faisons pas de bruit, muchachos, nous allons apprendre de jolies choses. » ' -
Il n’avait pâs besoin de leur recommander le silence. Les jeunes gens contemplaient avec stupeur les gestes de la vieille Indienne et restaient aussi silencieux, aussi immobiles que les branches du banyân qui les cachait.
« C’est vrai, répondit Nacéna, j’ai besoin de l’aide de Shebotha; c’est vrai, je veux que cela soit ignoré de tous.
— Ha I ha ! fit la sorcière en découvrant sa naâchoire édentée. Les jeunes beautés Ont donc ■ besoin quelquefois des vieilles femmes. Il ne suffit donc pas d’être belle, et tu reconnais
qu’il est des puissances supérieures à la jeunesse.
— Je le reconnais, répondit Nacéna toujours prosternée.
-TT C’est bien, reprit la soi'cière, Shebotha n’ignore rien; elle sait ce que Nacéna attend d’elle. C’est un nouveau charme qui replace Aguara ■ en son pouvoir. L’ancien a perdu sa force, le jeune chef a quitté la tolderia de sa tribu pôur ramener la jeune Paraguayenne au visage pâle. Il veut faire cet affront aux filles des Tovas de
leur donner pour reine une étrangère et Nacéna ne veut pas subir cet affront. »
La jeune fille sembla hésiter avant de ré-
pondre.
« Si ce n’est que cela, continua la sorcière,
■ Shebotha peut faire ce que Nacéna désire. »
Nacéna resta encore silencieuse, elle s’était
' relevée et se tenait en face de la sorcière; * ♦
quoique évidemment effrayée de se sentir en
sa puissance, elle avait retrouvé toute sa ré-
solution.
Gaspardo et les jeunes gens pouvaient voir distinctement son visage et y lire toute l’agitation de son cœur. ^
« Marna Shebotha, dit-elle enfin, le charme que vous aviez donné à Nacéna pour Aguara n’a servi à rien, Nacéna maintenant n’a plus de confiance dans les charmes. C’est autre
chose, c’est un remède plus sûr qu’elle im-
plore de vous. »
Ces derniers mots étaient prononcés d’une voix sourde qui indiquait un violent combat intérieur.
« Pas de charme pour Aguara, vraiment!
reprit la sorcière, que veux-tu? Peut-être Nacéna désire-t-elle un breuvage pour adoucir le sommeil de ses nuits?
— Ce n’est pas de cela non plus qu’il s’agit, reprit la jeune Indienne. Dormir la nuit
pour souffrir le jour, à quoi bon? ■ i ' — Qui veux-tu donc endormir? dit lentement la sorcière, serait-ce Aguara?
-T- Ce n’èst pas Aguara. ■
— Qui donc? Serait-ce la jeune fille au pâle visage?
— C’est elle, répondit Nacéna.
— Elle a fait un long voyage, son corps et son âme sont brisés, reprit la sorcière.
C’est d’un long repos sans doute qu’elle a besoin. Pour combien de temps Nacéna voudraitelle la faire dormir? »
L’Indienne parut comprendre instinctivement la signification de la question qui lui était posée. En ce moment la violence de sa passion • l’emporta, ses yeux lancèrent des éclairs sous les pâles rayons de la lune.
« Pour toujours 1 répondit-elle.
— Le breuvage qui donne le long sommeil est difficile à préparer, répondit la 'sorcière. Il faudra à Shebotha bien des choses qui ne se trouvent que loin d’ici. Puis il y a danger à le fournir. Aguara a résolu de faire de la jeune fille au visage pâle notre reine. Il est maintenant chef de la tribu. Sa puissance est grande; sur un soupçon, il ferait mettre à
mort la pauvre vieille Shebotha. Cependant que donnerait Nacéna pour voir la Paraguayenne s’endormir paisiblement sans que plus jamais ses yeux se rouvrent au soleil du Cbaco ?
— Que (désire Sbebotba?
— Nacéna est la fille d’un grand chef, et elle est ricbe de ce que lui a laissé son père. Elle a des manias de plumes et des hamacas habilement tressés dans son toldo; elle possède des troupeaux qui paissent dans la pampa et des cbevaux qui hennissent dans la plaine. Elle a tous les biens qui peuvent rendre la vie heureuse; de plus, elle est jeune et belle, et Shebotha est pauvre et vieille. Mais Shebotha a dans sa main le pouvoir de rendre là joie à Nacéna. Que donnera donc Nacéna pour voir son désir satisfait?
— Tout, répliqua la jeune fille, tout ce que je possède. Et cependant, ajouta-t-elle avec désespoir, non. Marna Shebotha, il n’y a plus de bonheur pour Nacéna. Aguara ne tient plus à moi. Il est bien loin, bien loin, bien loin!
— Les charmes de Shebotha peuvent te donner la vengeance, et la vengeance est un bonheur.
— ,Oui, prononça la jeune fille avec une sombre violence, je veux me. venger et je me vengerai. Endoi's-la pour toujours, l’étrangère I et prends ce que tu voudras en récompense, tout ce quQ je possède, tout, même ma viel
— Shebotha ne faillira pas, dit la sorcière.
Ce qu’elle entreprend, elle l’achève. Nacéna promet de la récompenser, mais sa promesse doit être un serment. A genoux, ici, sous cëtte tombe. Les os de ton père ' sont déposés làhaut et son esprit te voit. Il te sourira, car il ^ , ne pardonnerait pas à Aguara l’injure qu’il fait aux filles des Tovas et à sa propre fille. Jure par ces restes que tu seras fidèle à tâ promesse 1 » ^
Nacéna obéit. L’ombre de l’échafaudage où reposait le chef mort couvrait son visage; cependant les spectateurs couchés sous l’arbre
JL
pouvaient distinguer ses traits. A voir la jeune fille dans l’attitude de la prière et la hideuse sorcière debout, les mains levées audessus de sa tète, on eût dit une- magicienne de la Thessaliefiictant ses volontés à, une malheureuse jeune fille livrée par le désespoir à cette criminelle influence*