LA CHRYSALIDE
Coque. .
Chrysalide, Perte. .
Poids du ver,
L'influence de la température sur les chrysalides se manifeste par des phénomènes très curieux : des cocons récoltés le sixième jour laissent échapper les papillons au houtde dix ou quinze jours, s'ils sont soumis à une température de 30 à 35^ dans une atmosphère un peu humide. De 20 à 25^, le papillonnage n'a lieu qu'après vingt jours. 11 ne se produit qu'au printemps suivant si l'on conserve les cocons dans une cave à 10-12*^: à 2^, les chrysalides peuvent vivre un an. D'après M. Raulin, elles meurent si on les maintient penquatre mois à la température de 0°.
Le D'^ Golosantia montré qu'on pouvait porter les chrysalides à des températures très basses, sans les faire périr, mais à la condition de les y laisser peu de temps : c'est ainsi que des cocons de dix jours maintenus quarante-huit heures à — 10", puis réchauffés doucement à 20^ ont donné leurs papillons après vingt à vingt-cinq jours.
Ces phénomènes ont beaucoup d'analogie avec ceux que présentent des œufs de vers à soie. M. Raulin a étudié spécialement les vers de l'ailante (Bombyx Cynthia) dont les chrysalides passent l'hiver dans leurs cocons et papillonnent au printemps suivant : les faits découverts par M. Raulin, montrent que le sommeil et le réveil des chrysalides ressem blent beaucoup au sommeil et au réveil des œufs. A ce point de vue, il est permis de dire avec ce savant que « la chrysalide est au papillon ce que l'œuf est à la larve ».
On retrouve chez la chrysalide les maladies du ver.
La larve atteinte de la muscardine peu de temps avant la montée, donne une chysalide qui meurt muscardinée. Mie devient dure et se recouvre d'elflorescences blanchâtres : le cocon contient moins de soie que s'il était sain. Le poids de ia chrysalide muscardinée subit une diminution très considé-
52 L'Œl'F, LE VER A SOIE ET LE GOGOX
rablc. D'après Dandolo, mille quatre cents quarante-deux cococons niuscardinés pèsent 1 kilogramme, et renferment :358 grammes de soie , tandis que, pour former 1 kilogramme, il faut environ cinq cents cocons sains renfermant 154 grammes de soie. La muscardine contractée par le ver au moment de la montée, tuetoujours la chrysalide, et le papillonnage ne peut avoir lieu.
La pébrine, au contraire, ne tue pas les chrysalides : les papillons prennent naissance normalement, mais ils produisent des œufs infectés de corpuscules. Nous avons vu que ces œufs soumis à l'éclosion donnent des vers destinés presque sûrement à mourir pébrinés : M. Pasteur a trouvé une méthode qui permet de reconnaître et d'éliminer les papillons pébrinés. Elle sera décrite dans un chapitre suivant.
Les vers atteints de grasserie tissent parfois leur cocon et deviennent chrysalides, mais leur évolution ne va pas plus loin : leur corps se réduit en une bouillie noire qui tache les cocons. On les désigne sous le nom de gras fondus.
La flacherie peut s'étendre non seulement aux chrysalides, mais encore aux papillons; ces papillons donnent des graines : on a remarqué que les vers qui proviennent de leur éclosion sont débiles et prédisposés à contracter la flacherie. Il y a donc intérêt majeur à ne pas destiner à la reproduction les papillons atteints de flacherie; malheureusement on ne dispose pas de moyens sûrs pour les déterminer : parfois l'examen microscopique de la poche stomacale des chrysalides révèle l'existence des chapelets de grains, caractéris tiques de la flacherie : mais parfois ce caractère fait défaut. Il est vrai que, souvent, on est averti delà présence de la flacherie dans une chambrée, par la mort des vers avant la montée, par la présence de cocons fondus, par la mauvaise odeur des cocons dont les chrysalides subissent la fermentation putride.
La chrysalide, malade ou saine, qui peut efl'ectuer dans les conditions à pju près normales son développement, com -