‹ La soie au point de vue scientifique et industrielChapitre 21 sur 151 · IV. LA CHRYSALIDE · texte numérisé non relu

IV. LA CHRYSALIDE

Au bout de trois ou quatre jours lever à soie, qui a trouvé sur la bruyère une place favorable à la confection de son cocon, a terminé son œuvre. A ce moment, en ouvrant le cocon, on trouve le ver presque immobile.

Les pulsations du vaisseau dorsal sont peu fréquentes, la peau est devenue d'un blanc laiteux, le corps s'est manifestement raccourci. Les jambes, l'éperon se flétrissent, tandis qu'au niveau du deuxième et du troisième anneau, des renflements s'accusent.

Trois jours après l'achèvement du cocon, Tanimal subit une mue, appelée métamorphose, à cause des changements extraordinaires qu'ont subi sa forme extérieure et ses organes : il devient chrysalide. A la vérité, la transformation s'est opérée peu à peu, elle a commencé aussitôt après l'achèvement du cocon, mais elle ne s'accuse qu'après la disparition de la cuticule qui enveloppait le ver. Au sortir de cette dépouille, la chrysalide se présente en une masse ovoïde allongée, dont tous les appendices sont collés au corps (fig. 17).

Sa consistance est nulle, sa couleur jaune clair, un liquide suintant mouille toute la surface du corps. Au bout de quel-

50 i;œuf, lk ver a soie et le cocon

quos heures, ce liquide se solidifie en un yernis brillant donnant à l'animal une couleur jaune doré ou brune; en même temps, le corps s'affermit et la chrysalide prend une forme précise qu'elle conservera quelques jours. La moitié antérieure du corps est immobilisée parla carapace; l'autre moitié, au contraire, composée d'anneaux, est mobile; les stigmates y subsistent toujours, sous forme de fentes linéaires. Des ailes recouvrent toute la partie centrale, correspondant aux -V, r>'^, et anneaux.

Malgré son apparence inerte, la chrysalide vit activement. Elle respire et périt rapidement par asphyxie. R.éaumur a constaté que les stigmates servent à la rentrée et à la sortie de Tair, mais que les stigmates antérieurs seuls fonctionnent cliez la chrysalide adulte.

FiG. 17. — Chrysalide du Bombyx du mûrier.

MM. Regnault et Reiset ont trouvé qu'un kilogramme de chry.<alides consommait, en une heure, 0°^242 d'oxygène, dont un peu plus de la moitié était transformé en acide carbonique. Elles exhalent aussi une quantité relativement con~ sidérable de vapeur d'eau. Les chrysalides sont fort sensibles à l'action d'une foule de gaz ou de vapeurs : le chlore, l'ammoniaque, l'acide sulfureux, l'acide sulfhydrique, pour ne citer que les plus actifs parmi ces agents, les font périr en peu de temps.

Les phénomènes respiratoires dont les chrysalides sont le siège expliquent, dans une certaine mesure, la perte de poids que subissent les vers après leur métamorphose.

Dandolo a constaté qu'un ver mûr prêt à filer, pesant 3-', 66, donne un cocon qui pèse, le huitième jour, 2-% 18. La chrysalide renfermée dans ce cocon atteignait le poids de 1^^'',84, soit en résumé:

Page 1