OU TORS
Apprêt satin. . .
— velours. .
— grenadine •-^ moyen. .
1(30 LE MOULINAGE
Les apprêts, de quelque nature qu'ils soient, doivent tous posséder la même qualité : la régularité, c'est-à-dire que les soies doivent être également tordues sur toute leur longueur. Cette condition demande une attention soutenue de la part de Touvrier conduisant les tours. Dans un moulin, la vitesse des fuseaux, comme la rapidité d'envidage sur les guindres ou les bobines, doivent être constantes. Lorsque des fils cassent, on réunit les bouts séparés par un nœud et il faut éviter que, pendant cette opération, le fuseau ne tourne trop vite et ne fassse subir au fil, dont Tenvidage est suspendu pendant quelques instants, une torsion exagérée.
Les longueurs de fils à enrouler sur les guindres ou les cylindres sont fixées à un nombre déterminé de mètres et un compteur de tours permet de connaître à chaque instant la longueur envidée.
Pendant très longtemps la longueur des fils ouvrés a été fixée à quinze cents mètres. A ce point on arrêtait les guindres et Ton procédait au dècavage. Les flottes de soie dégagées du guindre étaient capièes, c'est-à-dire que les deux extrémités libres du fil enroulé étaient réunies par un nœud à un lien annulaire, en schappe ou en coton, appelé ca'piure. De la sorte, la flotte conservait sa forme et se trouvait prête pour les opérations du dévidage sans risquer de s*embrouiller. Les flottes, appelées diU^û éche veaux o\x centaines, étaient ensuite réunies pour former une masse ownii matteau.
Depuis quelques années ces pratiques ont été modifiées suivant le système d'un Américain, AL J. Grant. On prépare actuellement les soies ouvrées en grosses flottes, formées de fils, dont a longueur atteint de quinze à vingt mille mètres. Deux ou trois liens traversent les fils de distance en se croisant, les empêchent de se mêler, et conservent la forme de la flotte. Ge système rend la teinture plus difficile : les fils de soie plus serrés les uns contre les autres, moins divisés que dans les petites flottes, sont moins bien disposés pour l'ab-
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sorption des matières colorantes. Néanmoins, le dévidage des grosses flottes après teinture réalise do telles économies, au point de vue de la main-d'œuvre et du déchet sur celui des flottes de quinze cents mètres, que le système Grant tend de plus en plus à se généraliser.
En décrivant les difl*érentes opérations de moulinage nous avons indiqué très sommairement les défauts à éviter. Chacun d'eux, en eflet, se retrouve sur la soie ouvrée et donne des défauts dans les étoffes tissées avec ces fils défectueux.
En résumé, une soie hien moulinée doit être nette, exempte de boucles et de défauts; sa torsion doit être uniforme dans toutes ses parties.
Au point de vue de Torganisation du travail, le moulinage des soies grèges s'effectue dans des établissements spéciaux. Les tentatives qui ont été faites pour réunir dans les mêmes usines le dévidage des cocons et le moulinage de la grège ne semblent pas avoir donné encore des résultats définitifs. Dans la grande majorité des cas, la filature et le moulinage occupent des usines distinctes.
C'est, du reste, un point remarquable dans l'organisation du travail de la soie. Les différentes manipulations s'y trou vent spécialisées plus que dans toute autre industrie. Ici la magnanerie, puis la filature et, enfin, le moulinage. Cette division du travail donne à la préparation des fils de soie une physionomie particulière. Doit- on la considérer comme néc:ssaire ? N'est-il pas possible de concevoir la réunion de ces différentes manipulations sous une direction unique ?
Il est évident qu'en se basant sur l'organisation du travail des autres textiles, la réunion de la filature et du moulinage doit se réaliser et produire dans l'avenir des résultats avantageux, au point de vue de la bonne économie et de la régu larité du travail produit.
Aussi bien cette concentration de la main-d'œuvre sous une direction unique, nous la verrons se réaliser dans une industrie qui, elle aussi, produit les fils de soie en utilisant
les déchets. A en ju^^^er par ses rapides développements, son état actuel de perfection, ce groupenjent des efforts concourant au même but a donné à Findustrie de la schappe la plus heureuse impulsion. Tel qu'il est constitué aujourd'hui, le traitement des déchets de soie s*est approprié les méthodes de la grande industrie. Nous Tétudierons dans le chapitre suivant.