‹ La soie au point de vue scientifique et industrielChapitre 51 sur 151 · LE MOU LIN AGE · texte numérisé non relu

LE MOU LIN AGE

former de la trame, on les double avant de les conduire au moulin. S'ils sont destines à la production de Torgansin, ils sont d'abord tordus au moulin, puis redoublés et tordus en sens inverse. Pour le poil, enfin, ils subissent seulement une torsion.

Les torsions sont données, nous l'avons vu, parle moulin rond ou par le moulin ovale.

Vie, 45. — Moulin rond, d'après Laboulaye, Dictionnùre des arts et manufactures.

A, arbre moteur vertical ; a&, charpente; oy, arbres moteurs secondaires; t, bobines.

Le moulin rond affecte la forme extérieure d'une grande cage cylindrique (fig. 45). Les fuseaux sont disposés cir culairement ^\xv plusieurs rangs ou étagés en hauteur. A l'étage le plus élevé, au-dessus de la première rangée des fuseaux, de petites bobines en bois, disposées sur des

LE xMOULIXAGE 157

baguettes, sont destinées à recevoir le fil des fuseaux. Sur ces bobines s'enroulent des fils recevant le premier tors au premier apprêt.

Les fuseaux inférieurs se dévident sur des asples servant au second apprêt et, par conséquent, à Torgansin.

Un arbre vertical, se mouvant au centre du moulin, communique son mouvement :

1^ Aux fuseaux placés verticalement, par Tintermédiaire d'une courroie qui enveloppe les renflements de tous les fuseaux ;

2^ Aux bobines et aux asples tournant sur des axes horizontaux, par des commandes directes.

On conçoit aisément qu'en combinant convenablement la vitesse des fuseaux et celle des bobines et des asples, on puisse obtenir une torsion déterminée.

Néanmoins ces tours ronds, volumineux et encombrants, ne constituent qu'un outil médiocre qu'on a comparé, à cause de la complexité inutile et de la grossièreté de leurs organes, à l'antique machine de Marly.

Le moulin ovale est moins encombrant que le moulin rond. L'inspection de la figure 46 permettra de comprendre son mode de fonctionnement. A la partie inférieure se trouvent une ou plusieurs rangées de fuseaux, placées verticalement, et tournant avec rapidité. La soie qu'ils débitent se déroule, se tord en même temps en proportion de leur vitesse, et s'enroule ensuite sur des guindres ou des cylindres placés horizontalement à la partie supérieure.

Pour le premier apprêt ou filage on emploie, ordinairement, le moulin à cylindre, appelé aussi moulin à roquette.

Dans les moulins modernes les faisceaux tournent à très grande vitesse (cinq à six mille tours par minute) et cette vitesse est maintenue constante. Le tors ou la quantité de tours d'apprêt donné à chaque mètre de fil est réglé par la rapidité de l'enroulage sur la roquette ou le cylindre.

Nous avons vu que les mouliniers produisaient, avec les

158 LK MOULINAGE

grèges, trois sortes principales de fils : le poil, la trame et Torgansin.

Chacune de ces espèces de fils comprend un grand nombre de variétés, suivant la matière employée et la torsion qu'elle subit.

FiG. 46.

Moulin ovale, d'après Laboulaye, Dictionnaire des avis et manufactures.

Le poil provient ordinairement de la torsion d'un seul fil de grège; la torsion imprimée est faible, elle fournit des fils qui servent de chaîne pour les étoffées légères, la rubanerie, la passementerie, la broderie.

La trame est obtenue parla juxtaposition et la torsion simultanées de deux ou plusieurs fils de soie grège n'ayant reçu aucun apprêt préalable ; on donne ordinairement à la trame une torsion de quatre-vingts à cent cinquante tours par mètre.

L'organsin destiné à servir de chaîne dans le tissage des étoffes nécessite des manipulations plus compliquées. La grège, après avoir été dévidée, purgée, subit une preraièr('

LE MOULINAGE

torsion, d'intensité variable, appelée filage. Elle est ensuite doublée; cette opération s'effectue sur les banques de doublage. Un certain nombre de fils provenant de roquets distincts sont assemblés entre eux et reçus sur une bobine unique.

L'opération du doublage comporte d'assez grandes difficultés: les fils doivent être également tendus, se trouver au même état d'humidité ; on doit veiller avec soin à la rupture d'un des fils. Cet accident produit, en effet, un dèfilè, défaut grave, compromettant la qualité du fil doublé. Un certain nombre d'appareils automatiques ont été imaginés pour empêcher les défilés de se produire. Ces instruments, appelés casse-fil, sont constitués par un barbin en verre muni d'un levier, dans lequel passe chaque fil avant d'être doublé. Si le fil casse, le levier s'abaisse et arrête automatiquement le roquet envideur.

L'opération du doublage n'est pas limitée à l'obtention des organsins ; parfois aussi elle s'effectue sur des fils de grège, non filagés préalablement et provenant directement des purgeoirs.

Après le doublage, les fils destinés à produire de l'organsin sont soumis à une nouvelle torsion, en sens inverse de celle du filage, à laquelle on réserve plus spécialement le nom de tors.

Les deux apprêts que subit l'organsin, le filage et le tors n'ont pas toujours le même rapport entre eux. Le filage et le retordage peuvent être égaux ou différents. Aussi connaît-on différentes ouvraisons d'organsins.

On distingue, entre un grand nombre, les apprêts suivants :

TOURS DE l^"" APPRÊT TOURS DE 2" APPRET

Page 1