LES SOIES ARTIFICIELLES
cicle nitrique étendu à la température de 25 à 35". Par ce traitement, d'après M. de Gliardonnet, une partie de l'acide nitrique combiné à la cellulose est éliminée, la matière prend une consistance gélatineuse, et devient apte à absorber les matières colorantes et les sels. « Les dissolvants du coUodion n*ont plus d'action, les fils ont perdu leurs propriétés explosives, on peut les rendre moins combustibles peut-être que le chanvre ou le coton en leur faisant absorber au sortir du bain nitrique du phosphate d'ammoniaque. »
D'après Fauteur, la ténacité et Télasticité de la soie artificielle, un peu inférieures à celle de la soie naturelle pour une même section, s'en rapprocheraient beaucoup. Le brillant du nouveau textile surpasserait celui des soies de cocon. La soie artificielle se comporterait dans les bains de teinture à peu près comme les soies naturelles, à la condition de ne pas trop chaufter.
La découverte de M. de Ghardonnet est trop récente encore pour être l'objet d'un jugement définitif. L'expérience seule permettra de dire si le nouveau textile, qui n'est pas de la soie, mais un succédané de la soie, est appelé à prendre une certaine place dans la fabrication des tissus. Il semble a j)riori que la combustibilité de la soie artificielle doive en faire restreindre l'emploi. Néanmoins, cet inconvénient peut subir, par des perfectionnements successifs, de larges atténuations.
En tout état de cause, la découverte de M. de Ghardonnet n'en est pas moins remarquable. La possibilité de filer pratiquement des matières liquides est aujourd'hui démontrée.