L. ViGNON, La Soie
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titrage, et pour les rapporter à des longueurs à peu près égales, on exprime le titre nouveau par une longueur de 500 mètres, de telle sorte que les bulletins de titrage portent les indications suivantes :
Ti're ordinaire sur 500 métres(eii grammes). Ancien titre sur 476 mètres (en deniers) ^.
Les procédés de titrage sont à peu près les mêmes pour la soie moulinée et pour la soie grège.
Mais il est nécessaire de faire subir aux soies grèges une préparation préliminaire ; on la soumet d'abord à un dévidage analogue à celui qui sera fait au n:ioulin. Cette opéralion fournit des renseignements sur la manière dont la soie se dévide ; elle est nécessitée, du reste, par le peu do ténacité delà soie grège qui ne permettrait pas de la dévider de suite sur la tavelle.
Qu'il s'agisse de soie grège ou de soie moulinée, la soie est placée sur un guindre, d'où elle s'enroule sur une tavelle mesurant exactement 1,25 de périmètre. Lorsque la tavelle munie d'un comptemr de tours a accompli 400 révolutions, elle s'arrête automatiquement ; on obtient ainsi une échevette de 500 mètres dont on détermine le poids ; après 20 essais semblables, les poids additionnés donnent le titre.
Ce poids, nous l'avons vu, est exprimé sur les bulletins en grammes et en deniers. Un calcul très simple permet de trouver l'un de ces titres si l'autre est déterminé. En eifet, un grain appelé denier dans Fancien système, équivaut à 53 milligrammes et correspond à une longueur de 400 aunes ou 470 mètres.
D'autre part, le titre nouveau usuel est le poids en grammes d'une longueur de 500 mètres ; appelons T ce titre et T' le titre ancien, on aura les relations :
i l denier usuel : 0=ï',003.
TITRAGK DES S0IK>
= TX 17,002
= Tx 0,0550
La détcrminalion du titre est complétée par un certain nombre d'épreuves ; s'il s'agit de soies grèges, l'essayeur indique le nombre de ruptures qu'ont subies les cinq flottes essayées, pendant un dévidage de deux heures. Admettant qu'une ouvrière peut réparer 80 ruptures en une heure, il conclut de ces déterminations, au nombre de flottes ou de tavelles qu'iine ouvrière peut conduire. Ce résultat flgure au bulletin de titrage, sous la rubrique 20,30... 100 tavelles.
Le coefficient maximum est 100 ; il n'est applicable qu'aux soies grèges de qualité exceptionnelle.
Pour la soie grège comme pour la soie moulinée, on détermine l'élasticité et la ténacité au moyen du scrimètre (fig. 48). Cet appareil se compose essentiellement d'une planchette verticale portant à sa partie supérieure un ressort dynamo métrique, muni d'une aiguille indicatrice se mouvant sur un cercle gradué. A 50 centimètres de l'extrémité du dynamomètre, sur la m^ême verticale, se trouve un curseur, mobile le long d'une échelle graduée ; à Tintérieur de la planchette, peut se mouvoir un contrepoids donnant le mouvement au curseur. Ce contrepoids dépend d'un levier se terminant à l'extérieur par une tige sur laquelle il suffit d'exercer une légère pression pour que le levier laisse échapper le con trepoids et le curseur ; celui-ci s'arrête instantanément, dès que la tige abandonnée à elle-même reprend sa position initiale.
Le fil de soie attaché au dynamomètre et au curseur est passé sur cette tige ; par le fait de la tension, le levier laisse échapper le contrepoids, le brin s'allonge jusqu'au moment où, la rupture se produisant, la machine s'arrête d'ellemême. Il suffit de lire l'indication du dynamomètre pour
208 ESSAI DES SOIfiS
connaître le poids qui a déterminé la rupture. Ce poids est pris pour Texpression de la ténacité.
En doublant le chenain parcouru par le curseur on a rallongement au mètre ou V élasticité.
FiG. ^8. — Sérimètre.
Les soies moulinées sont Tobjet d'épreuves particulières ayant pour but de déterminer leur torsion ou apprêt. Le compteur d'apprêts est l'appareil qui permet d'effectuer ces mesures (fig. 49). Cet appareil se compose de deux pinces
TITRAGE DES SOIES
(listantes Tune de Tautre de 50 centimètres ; Tune est fixe, l'autre se relie à un compteur de tours ; on détord le iil jusqu'à ce qu'une aiguille puisse le parcourir librement dans toute sa longueur ; en doublant le chiffre donné par le régulateur, on a le nombre de tours au mètre. S'il s'agit d'organsins, on détermine d'abord le tors, puis on brise un fil et on procède de la même manière, en ayant soin de retordre en sens inverse : on obtient le filage.
49. — Compteur d'apprêts, d'après Pariset, Monographie de Vindustrie de la soie {Bulletin des soies et des soieries).
Pour cette détermination, il est nécessaire de soumettre le fîl au décreusage ; sans cette opération, on ne séparerait pas d'une manière convenable les fils élémentaires.
En récapitulant toutes les opérations que comporte le titrage, nous voyons que la détermination du titre, de l'élasticité, de la ténacité, permet de caractériser avec une grande exactitude les propriétés mécaniques d'une soie, sa grosseur, sa bonne confection en filature et au moulinage.
A ce point de vue, d'énormes différences se révèlent entre les soies filées en Europe et les soies grèges, de provenance asiatique. C'est ainsi que la grège commerciale employée ordinairement a pour titre :
0g'',530-0gr^636 (en grammes pour 500 métrés). 9d,519-lld,423 (en grains appelés deniers pour 500 métrés).
Et l'on ne rencontre entre les vingt flottes essayées que des écarts de 2 à 3 deniers.
Les grèges qui proviennent des contrées centrales de la Chine, du Turkestan, de la Corée, provenant de filatures