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L'ETUDIANT PAUVRE

18 janvier.

U Étudiant pauvre a déjà été représenté des centaines de fois à Bruxelles et à Vienne, M'^® la princesse de Saxe-Cobourg, veuve du prince Léopold, s'intéressait d'une manière toute particulière à l'œuvre du compositeur Millœcker, et c'est certainement grâce à sa haute influence que les airs de cet opéracomique sont devenus populaires bien avant l'adaptation française de MM. Milher et Numès.

Ils vont bien, MM. Milher et Numès. Du caféconcert, ils ont monté à Cluny. De Cluny les voilà aux Menus-Plaisirs.

On me dit qu'ils nourrissent le fol espoir d'arriver au Théâtre-Lyrique national du Château-d'Eau. Quo non ascendam ! C'était la devise de Fouquet, de M. Eiffel et de Delphine Delizy.

Au premier acte, nous nous trouvons dans un préau à mur élevé qui représente une prison pour dettes polonaise, un petit Clichy qui serait très loin de Levallois. Agréable prison, d'ailleurs, et où des femmes

en schapska et en spencer peuvent visiter les prisonniers, et où le service est fait par une petite bonne, Alexandrine (Biard), fort accorte. On se ferait incarcérer par plaisir. Entrée de Simon (Gellio) et de son ami Janiki (Marcelin). En qualité d'étudiants pauvres, ils ont des vestes brunes à quarante-neuf francs, des brandebourgs défraîchis et des toques fourrées en simple lapin de Pologne... qu'il ne faut pas confondre avec le chat de Russie. Ils sont fourrés au bloc pour avoir crié : « Vive Stanislas ! » Mais, d'après le plan machiavélique du gouverneur Puffendorf (Bartel), ils sont immédiatement remis en liberté. Au passage, nous adressons un sourire gracieux au jeune Ernest (^iie Valette), tout à fait exquise dans son travesti d'officier.

Changement à vue. Nous sommes en pleine kermesse polonaise, tréteaux d'hercules, boutiques, baraques de lutteurs. C'est étonnant comme une kermesse polonaise ressemble à une fête foraine à Montmartre. L'illusion est d'autant plus vraisemblable que voici le vieux Bogumil (Germain) qui s'efforce de faire signer une pétition pour l'abolition de la kermesse. C'est sa femme Eva qui récolte les signatures, et elle en récolte plus que son mari. Mais vite en voiture, place à la noblesse pannée ! Voilà la comtesse Palmatica (Durocher, la créatrice du rôle à Bruxelles) avec ses deux filles, Martha (Freder) et Laura (Lardinois). M'^e Freder a un nez que sa mère a fait trop petit, sans doute pour le faire mieux. Quant à M"e Lardinois, elle est délicieuse sous la toque blanche d'astrakan à aigrette, avec sa taille ronde moulée dans la veste blanche, la jupe courte et les petites bottes. La voilà bien, la noblesse polo-

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