HENRI III ET SA COUR
et Saint-Mégriii (Mounet-Sully). Toque empanachée, perles aux oreilles et pourpoint de satin, collier d'or, manteau de velours, à la main une haute canne, ces messieurs représentent les copurchics de l'époque. Le plus remarqué est Saint-Mégrin — non pas que son costume grenat à palmes vieil or soit le plus brillant, mais Mounet a coupé sa barbe ! Mounet a tondu ses cheveux ! ! C'est plus qu'une émeute, c'est une révolution.
Ses deux amis partis, Saint-Mégrin reste seul avec Ruggleri, et alors commencent les trucs : apparition de la duchesse de Guise (Brandès) dans un miroir ; apparition de la même duchesse étendue sur un canapé de velours, et enfin arrivée mécanique dudit canapé au miheu de la scène, portant Brandès toujours endormie. Puis disparition féerique (déjà !) de la même Brandès.
Si bien que Saint-Mégrin s'écrie ahuri : Oh ! ma tête, ma tête ! . . .
Pauvre Mounet ! il regrette ses cheveux ! . . .
Applaudissements à l'entrée du duc de Guise (Febvre), qui a reproduit magnifiquement les traits du Balafré. Sourcils froncés, barbe rousse, teint allumé, visage coupé par la fameuse balafre. Costume en velours noir avec d'immenses bottes en cuir fauve. Un beau type de reître. Il trouve sur le canapé le mouchoir de la duchesse. Le sablier marque mal l'heure, mais le mouchoir est bien marqué. Je prévois des choses très graves.
' Deuxième acte. — Au Louvre. — Hautes murailles dorées, ornées d'H et de salamandres. Lustres garnis de bougies roses. A gauche, un dais de velours bleu
bordé de fleurs de lis surmontant un trône avec II broché en or. Ravissant, le tableau présenté par les mignons jouant au bilboquet, faisant de l'escrime ou engageant une partie d'échecs. Dans le fond, aux portes, les gardes immobiles, avec le casque, la hallebarde et le justaucorps bleu à étoiles d'or. Quelques accords d'orgue et entrée du cortège royal : Henri III (Worms) tout en noir, avec le cordon bleu du Saint-Esprit, à la main un livre d'heures ; à la ceinture un chapelet. Figure livide, barbe rare, sourire inquiétant, lèvres minces, une merveilleuse physionomie de vicieux et de fourbe ; la reine Catherine ; la cape du premier acte est remplacée par une robe de satin noir avec appliques de fleurs de lis en velours (ils aiment le noir dans cette famille-là, sans doute parce que c'est une nuance très cojnme il faut) ; puis des gardes, des seigneurs et des masses de oetits pages dont le costume m'a paru peu réussi.
Présentation successive de Bussy (Baillet), bien îampé dans un costume de velours frappé, et du duc Je Guise, en lourde armure noir et or. — Un costume un peu chaud pour venir à la cour, comme le lui fait observer Henri III. La scène de provocation entre le duc et Saint-Mégrin produit un gros effet. Le duc se retire en de-Guisant sa fureur.
Pendant l'entr'acte, petit tour au foyer des artistes, irès animé et présentant, avec ses hautes murailles garnies de toiles historiques et ses personnages en costume, assis autour de la vaste cheminée, un coup d'œil des plus pittoresques. Beaucoup de jolies femmes : M"'"* Baretta, Marsy, Samary, Rachel Boyer, en tenue de ville, viennent féliciter leurs camarades empanachées.