‹ La soirée parisienneChapitre 4 sur 128 · HENRI III ET SA COUR G · texte numérisé non relu

HENRI III ET SA COUR G

Discussion intéressante pour savoir si l'on doit prononcer Vu dans duc de Guise. On dit aiguiser, mais on dit Guy de Maupassant. On interroge Cadet; « Moi je prononce à ma guise. » C'est une solution.

Troisième acte. — A Vhôtel de Guise. — Décor sans importance, mais qui nous montre trois femmes agréables à des âges différents. D'abord, M""® de Cossé (Céline Montaland), costume jaune, toque en velours grenat, — un peu une reine de féerie. Opetite Céline du Gymnase, vous rappelez-vous ces vers :

Ne forcez pas votre talent

Peut être un précepte excellent,

Mais — n'en déplaise à La Fontaine —

A m'aimcr rien qu'une semaine,

Je voudrais forcer Montaland.

Ensuite, la duchesse de Guise (Brandès). Un véritable éblouissement : une Brandès blonde — oui, monsieur — pour la première fois; dans les cheveux, un Saint-Esprit en diamants avec rangée de perles. Au cou, un triple rang de perles. Robe de soie blanche décolletée en carré, avec haute collerette brodée d'or et corsage constellé de rubis entourés de perles. Longues manches doublées de vieux rose et crevés fermés par de gros rubis. Et dire que le duc ose meurtrir le bras d'une aussi charmante personne. J'ai vu de près la meurtrissure du bras. C'était horril)le : il y avait du bleu, du noir, du sang cxtravasé... C'est l'œuvre d'un pastelliste qui exposera le bras de M^'° Brandès au prochain Salon. Il arrivera à la force du poignet. Situation poignante : exactement la même que celle de Barbe- Dlcue et de Boulotte.

J'ai gardé pour la bonne b JUche le page Arthur (M''" Bertiny). Oh! l'adorable page, avec son costume bleu paon, qui se plie aux moindres remous des hanches onduleuses, les jambes finement arquées et flores ; un VTai corps de femme et des mines d'enfant.

A la fm du deuxième acte, Brandcs est rappelée deux fois.

Quatrième acte. — Même décor qu'au second acte, môme cour, mêmes mignons, même Catherine en noir. C'est une Blanche vouée au noir, mais elle en vaut bien deux. Nouvelle apparition du duc de Guise, manteau de drap blanc et costume noir, avec un petit chapeau dont j'ai noté la forme pour les bains de mer. Henri III donne son bracelet à Saint -Méi^rin. Je savais bien que le Valois payerait (oh !). Les spectateurs essuient leur lorgnette. Le joli petit page vient apporter à Saint-Mégrin la clef de la chambre de la duchesse. Bien grosse, la clef; bien extasiés, les spectateurs; bien content, Saint-Mégrin. Avant do partir, il embrasse le petit page. Tous les bonheurs, quoi !

Cinquième acte. — L'oratoire de la duchesse. Veilleuse brûlant devant la madone. Vaste fenêtre vitrée à deux battants. La duchesse, toute seule, prie. Elle a toujours sa môme tenue, puisque le duc l'a enfermée, et cependant..., ce n'est pas la même robe. Comme dans cet acte-là elle doit être traînée à terre, l'administration prévoyante a fait exécuter une seconde robe semblable, mais en simple mérinos. C'est ainsi qu'on fait les bonnes maisons.

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