LES JOCRISSES DE L'AMOUR
13 février 1889.
— Quand je sers un salon au public, nous disait un jour M. Bertrand, je sens immédiatement un froid dans la salle.
Et le fait est qu'habitués aux vastes mises en scène des grandes opérettes, nous sommes quelque temps à nous habituer à ces perspectives restreintes. Cependant, quand il s'agit d'un salon où il se passe des clioses aussi drôles que chez César Moulinier et Léontine Crochard, nous sommes bien vite déridés.
Intérieurs simples et bourgeois ; le luxe est remplacé par des traits d'esprit. Moulinier (Dupuis) a courageusement arboré les perruques frisées et les grands cols de Geoffroy. On ne peut toujours être Paris. Baron nous a montré un inénarrable Marocain, avec une veste de page vert pomme — un rêve. Les deux petites jyjiios Bouvenot ont été trouvées très gentilles, surtout dans le déshabillé du troisième acte et M""® Bouvenot (D. Grasset) nous a exhibé une robe à volants taillée dans un vieux rideau en cretonne qui est tout un poème. Les deux neveux, Théophile et Armand Goulu