LE CERCLE PIGALLE
correctionnelle. Monsieur Carnot s'est nommé avocat général, pour avoir au moins un magistrat pas soupçonné. Devant lui défilent des demoiselles de mai]^asin, demandant à s'asseoir.
— C'est cela, dit le président ; dans la journée vous serez assises et, le soir, vous serez levées.
Saluons au passage l'apparition de la belle Boris, en billet de cinq cents francs. Sapristi, les jolies jambes ! Et toute la troupe se rend à la Banque de France sur l'air du Père la Victoire.
Enfin, le quatrième acte représente une scène dramatique à l'Elysée. Il y a là une parodie de He^iri III dont je ris encore. Sarcey étouffe. La salle se tord. Bref, immense succès. Mon Dieu ! que c'est donc commode pour les auteurs d'une revue de pouvoir tout dire, tout oser... et comme c'est amusant pour nous î
J'avais été également invité au cercle des Mathurins, un autre petit cercle d'amateurs qui se fonde dans le même but que le cercle Pigalle, 40, rue des Mathurins. Pour cause d'ubiquité insuffisante, je ne suis arrivé que pour la Lettre de cachet, un charmant opéra-comique inédit de M. Maurice Bouchard et Jules Oudot, musique de Gaston Lemaire. J'ai encore pu applaudir M"° Theven dans le rôle d'Horace, et j'ai trouvé qu'elle avait du cachet même avant la lettre.
Enfin, l'on m'annonce qu'il y a une troisième revue : V Année Joyeuse^ donnée au Continental par les anciens élèves de l'Ecole centrale. . . Si j 'y allais ?. . . Non ! Modérons-nous ! Ce doit être très mauvais de s'amuser autant que cela dans la même soirée.