ROBERT MACAIRE
!«■• mars 1889.
— Ah ! monsieur, si vous aviez vu Frédérick-Lemaître !...
Je n'ai pas vu Frédérick-Lemaître, etj'en suis bien aise; mais cela ne m'a pas empêché de m'amuser beaucoup, ce soir, au drame burlesque (sic) que nous a donné la Porte-Saint-Martin. Au fait, peut-être n'aimons-nous les drames que burlesques, comme les chauds-froids et la République conservatrice. Evidemment, si nous nous en rapportons aux gravures de Daumier publiées dans les Cent et un Robert Macaire, le héros de cette épopée, en dépit de ses haillons, de son pantalon de soldat et de son chapeau bossue, avait peut-être plus grand air que M. Léon Noël.
De son côté, le famélique Bertrand, cet être hâve, chétif, qui dînait si rarement, n'avait peut-être pas la mine réjouie et l'obésité triomphante de Dailly. Mais quelle gaieté large, exubérante, quelle amusante crainte des gendarmes, ce commencement de la sagesse. Quelle science pour faire les foulards, subtili-