‹ La soirée parisienneChapitre 57 sur 128 · LES POMMES DU VOISIN · texte numérisé non relu

LES POMMES DU VOISIN

a hérité du rôle de Paola. Elle porte bien le travesti, parle espagnol comme si elle avait dîné à Madrid, et fume sans pâlir de gros cigares qu'elle allume avec des allumettes frottées préalablement sur sa manche. A Séville, c'est le dernier cri. Mais pourquoi des cheveux si longs? Il n'y a plus que le maréchal Canrobert qui arbore une chevelure semblable, et encore c'est parce qu'elle appartient à l'histoire. N'oublions pas non plus la gentille Nancy Bertin, tout à fait exquise, sous le madras rouge de la servante Colinette.

Le troisième acte, sur les toits, a produit son effet de fou rire. Cette poursuite inénarrable, avec dégringolade sur les gouttières, bris de clôture, lutte avec marmitons, chute dans la rue et l'apparition finale du gendarme, glissant avec ses bottes et se prenant les pieds dans son sabre, est certainement un des spectacles les plus amusants qu'il soit possible de voir. A la rigueur, cela pourrait très bien se passer de paroles. Mais le rire est irrésistible. J'en pleure encore.

Aussi c'est avec des yeux mouillés de larmes que j'ai vu le dernier acte avec cet aubergiste étonnant qui veut à tout prix caser son morceau de veau. Et le veau cuisait toujours!... et La Rosine chantait d'une voix lugubre : gai! gai ! toujours gai! et l'accumulation des crimes allait en crescendo. Tout cela était bien drôle.

...Pourvu toutefois que nous ne venions pas à apprendre demain que la pièce est tirée d'une chronique de M. Raymond Deslandes!

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