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LE PECHEUR DE PERLES 1G

2° tableau. — La clairire. — Armée de bossus et de boiteux commandés par Apollon (Gobin), dont la vue seule suffit pour mettre la salle en joie. Il y a surtout une certaine bosse qu'il se fait dans le dos, à volonté, en soufflant dans un tuyau... C'est irrésistible. En effet, tous ces gaillards-là sont de beaux gars, mais se métamorphosent ainsi pour ne pas mortifier le pauvre Riquet à la Houppe (Huguet), hideux, grêlé, avec des jambes cagneuses, trois cheveux laissés sur le front, comme le chancelier de ier. Il aime la princesse Bécassine, qui le trouve trop laid... et pourtant il chante si bien. Espérons que ça s'arrangera. Là-dessus les arbres se mettent à marcher, et il y a une déclaration désopilante entre Gobin et Leriche.

— Tiens ! Vous n'êtes plus bossu 1 s'écria Leriche.

— Si. {Plus bas.) Je te dirai tout, répond Gobin.

Un peu léger, le mot, mais il faut bien rire. D'ailleurs une salle bonne enfant, qui s'esclaffe à chaque plaisanterie, si grosse qu'elle soit, ou à chaque nouvelle grimace.

3^ tableau. — Le Palais des Génies nous montre une demi-douzaine de fées lilas et mauves, et parmi elles la la gracieuse Ilbert, la reine des fées.

Deuxième acte. — Je suis obligé de me condenser; je ne vous signalerai donc que les deux grands clous. Les deux fontaines; l'une grossit les objets qu'on y plonge; l'autre les diminue. C'est ainsi que Gobin, en se lavant, ressort de l'eau deux mains énormes, et que la princesse Bécassine revient microscopique, ce qui donne aux auteurs l'occasion de nous montrer les Comédiens de la princesse. Devant une demi-dou-

zaine de gammes adorablement costumées a lieu la représentation. Il faut voir Gobin en Guignol, et Guy on en mère Trînquefort avec dialogue extravagant, coups de bâton et déhanchements automatiques si exacts des acteurs. J'en pleure encore.

Ceci ne suffisant pas à distraire la princesse, on la mène au Palais des Jeux. Là, un défilé qui fera courir tout Paris. Voici d'abord les Chinois à la robe chatoyante, puis les Polichinelles roses et verts, puis les cartes animées, rois, dames, valets et atouts : les cœurs et les carreaux rouge et or ; les piques et les trèfles noir et argent; puis les échecs, rouge et argent; les dominos, charmants avec leur loup de velours et leur mantille, en s'écartant, laissent apercevoir les numéros des dés, puis les bébés, une vingtaine de petits amours joufflus se tenant à la queue leu leu par le pan de chemise. Et tout cela se masse, s'agite, danse, se groupe dans des lueurs lilas d'apothéose. Deux cents personnes sur la scène. C'est superbe. Gros, gros succès!

Troisième acte. — Je vous signale seulement la Cheminée m,agique, truc à miroir très ingénieux, qui substitue à la petite princesse la vraie Bécassine. Tout s'arrange. Elle épousera Riquet redevenu jeune et beau, au milieu d'une joyeuse farandole de cuisiniers portant les plats destinés à ce repas de fiançailles.

Le prince et la princesse seront heureux, ils auront beaucoup d'enfants... et la pièce beaucoup de représentations.

Pendant les entr'actes, je ne m'ennuyais pas; je marchais une centaine de mètres sur le boulevard,

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