SCÈNE II
VÉNARD
Je n'en porle pas sur moi... ordinairement.
COQUELICOT
Non : mais nous sommes ici dans un restaurant, et rien ne t'empêche de les prélever sur ton repas de noce... Tu ne peux pas refuser cela à un parent qui s’est démis pour toi de son etablissement de la Rose jaune !..
VÉNABD.
Démis... démis... s’il ne vous survient pas d’enfants !.. auquel cas, je suis forcé de reconnaître à voire rejeton trente bons mille francs!
COQUELICOT
Tu peux compter sur ma délicatesse...
VÉNABD, à part.
Pardi !.. si ça ne dépendait que de lui !
COQUELICOT
Allons! je vais truffer mes poches... et en avant pour la rue Sainte-Apolline!
VÉNARD
Vous y avez un appartement?..
COQUELICOT
N’en dis rien à ma femme... un pied-à-terre au sixième étage. . Quand ta lune de miel sera sur son déclin, je te ferai souper avec madame Alphonse...
VÉNARD
Madame Alphonse!., elle porte votre nom !..
COQUELICOT
Mon petit nom!.. C’est pour le décorum ! Elle me croit célibataire... et se berce d’un prochain hyménée.
VÉNARD
Mais c’est affreux !.. vous êtes la honte de la fleurislerie !..
Il est exact que, si tu avais le malheur de m’imiter, je t’appellerais canaille !
VÉNARD
Un homme marié!., mais enfin, pendant que vous cultivez vos fleurs naturelles, si voire épouse allait... si quelque godelureau...
COQUELICOT
Enfant!., je suis sans peur... sinon sans reproche : je laisse ici deux yeux ouverts sur la conduite d’Aménaïde.
VÉNARD, curieusement.
Ah! les yeux de qui?
COQUELICOT, le regardant.
Iles yeux qui ne le regardent pas!.. (a part.) Ce sont les siens! La crainte de me voir un héritier m’en fait un Argus aux cent
yeux, (vénard regarde curieusement rers le salon de gauche.— -A part.)
An reste, il est facile d'abréger mon absence... (Retardant la pendule.) Vlan !.. un coup de pouce à la pendule... un coup de pied au buffet... et vivent les amours ! (il sui t à gauche.)