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La somme des sentences

Il se rappelle sans doute que le destinataire de sa requête a sur la conscience quelques notices fort hostiles à l'authenticité de la Somme et un bon nombre de pages qui dénoncent Pierre Lombard comme plagiaire endurci. Est-ce du souvenir de la première ou de la seconde catégorie de ces méfaits que s'inspire sa démarche ? Je ne sais.

Quoiqu'il en soit, et sans vouloir examiner de plus près quels mérites cette présentation pouvait ajoutera l'œuvre, il a paru qu'il ne fallait pas se refuser à ce désir. La partie du travail qui regarde la paternité de la Somme ne peut que réjouir un adversaire impénitent de l'origine victorine.

Il y a longtemps, je le sais, que l'auteur s'occupe de la question, et c'est un des côtés attrayants de son livre que d'y pouvoir suivre pas à pas le mouvement de ses idées, jusqu'à l'éclosion de ses conclusions finales. L'étude de l'ouvrage de Mignon en 1895 lui avait déjà fait concevoir des doutes sur la date classique assignée à la composition de la Somme; ses soupçons avaient été mis en éveil par les pages consacrées à quelques chapitres du premier traité. Peu après, les travaux suscités par l'article du P. Portalié en 1899, l'avaient fait renoncer à la paternité victorine. Il avait examiné avec attention, sans en être ébranlé, les arguments apportés depuis cette date à l'appui de l'authenticité. Sa conviction avait été renforcée par les études que publiait

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