‹ La somnambule, comédie-vaudeville en deux actesChapitre 22 sur 23 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

CECILE , GUSTAVE , sortant de V appartement à gauche.

GUSTAVE

C'est elle. {Cécile le salue froidement.} Ah! quelle différence ! mais non , c'est un secret que j'ai surpris et qui ne m'appartient pas. {Haut.) Hier, Madame , je croyais avoir Phonneur d'assister. . . mais des événemens inattendus.

CÉCILE

Vous serait-il arrivé quelque chose?. . Quel changement dans vos traits.

Non , non , je vous remercie. . . Ce n'est rien , j'ai peu dormi.

CÉCILE , à part.

Et moi.

GUSTAVE

En vain je voulais vous éloigner, vous bannir de ma pensée. . Partout je vous retrouvais. . partout vous étiez avec moi . . cette nuit même.

CÉCILE , troublée.

Cette nuit!

Air : II reviendra ( de Romagnesi. )

GUSTAVE

J'ai cru vous voir.... oui, c'était elle À qui je devais être uni :

Au bal j'étais placé près d'elle.

CÉCILE , cherchant à rappeler ses idées. Mon rêve commençait ainsi.

GUSTAVE

Ce que j'éprouvais , je l'ignore ;

Pourtant , je croi , Que, malgré moi, j'aimais encore.

Cécile , à part.

C'est comme moi.

GUSTAVE

Il semblait que vous m'aviez pardonné ; car vous saviez la vérité. . . Vous saviez que jamais mademoiselle de Fierville. . .

CÉCILE

Comme dans mon rêve !

GUSTAVE

Et que c'est vous, Cécile; vous seule que j'ai toujours aimée ( presque hors de lui) , et que j'aime encore.

CÉCILE

Comme dans mon rêve ! ( Tendrement) Gustave !. .

GUSTAVE

Adieu , adieu ; je sens après un tel aveu , que je dois vous fuir pour jamais ; mais je conserverai toujours votre image et cet anneau que vous m'avez rendu . .

CÉCILE , cherchant à son doigt.

Que voulez-vous dire ?

GUSTAVE

Ah ! ne cherchez point à savoir comment il est revenu entre mes mains ; vous ne pouviez plus le garder 7 . . et moi il ne me quittera de la vie !

AlR : Dormez donc , mes chères amours.

Pour jamais , il me faut vous fuir !

CÉCICE.

Dieux ! qu'entends-je ! et quel souvenir !

GUSTAVE

En silence , il faut vous chérir.

CÉCILE

À ma mémoire fidèle ,

Quels instans cette voix rappelé !

GUSTAVE

Adieu donc, adieu pour toujours !

Adieu donc , mes seules amours !

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