SCENE
SAINÏ-RAMBERT.
Il examine en souriant la chambre où il est et les meubles qui la décorent; il s'assied dans le fauteuil; puis il se lève et il pense à la soirée qu'il vient de passer.... aux charmes des jeunes fdles qu'il vient de voir : cette Ihérèse si naïve, cette Gertrude si prude et si piquante.
SCEr^^E II.
SAINT-RAMBEPtT, GERTRUDE, MARCELINE.
La servante devance sa maîtresse et porte un chandelier d'auberge qu'elle pose sur la table ; l'hôtesse entre avec deux beaux flambeaux de cuivre doré, et gronde Marceline d'avoir traité M. de Saint Rambcrt avec si peu d'égards; elle lui fait signe de remporter son chandelier et de se retirer. Marceline s'avance vers M. de Saint Rambert pour lui deraandH's'il n'a besoin de rien ; mais madame Gertrude , en la prenant par le bras, lui dit que c'est elle qui se chargera de servir ce monsieur. Marceline se retij^e en faisant des révérences et en souhaitant une bonne nuit à M. de Saint-Rambert. Celui-ci , étonné du changement qu'il remarque dans les manières de madame Gertrude, en profite pour lui faire sa déclaration. Gertrude, après l'avoir écouté les yeux baissés, feint de vouloir sortir. Saint-Rambert la retient ; elle se débat si vivement qu'il n'insiste plus. Gertrude, se voyant libre, se retire si lentement qu'il court de nouveau après elle, veut la retenir par son schal; elle échappe; le schal reste dans la main de Saint Rambert qui le jette sur le fauteuil. La scène s'anime , Saint-Rambert se met à ses
genoux ; Gertriule se trouble. Un léger bruit se fait entendre à la fenêtre. Gertrude effrayée s'enfuit dans le cabinet à droite , et Saint-Ilambert , contrarié de ce contretemps , s'approche avec colère d^ la fenêtre qui s'ouvre tout-à-coup.