SAINT RAMBERT , THÉRÈSE
Thérèse paraît. Elle est couverte d'un simple vêtement blanc ; ses bras et ses pieds sont nus. On voit à la fenêtre l'extrémité d'une échelle, celle qu'Edmond a placée à la scène III, et qui a servi à Thérèse pour monter. Elle dort; elle est somnambule, et s'avance lentement au miheu du théâtre. Saint-Rambert, stupéfait, ne peut en croire ses yeux. L'orchestre rappelle les différens airs de danse de la scène VI. Thérèse croit encore jouer au Colin-Maillard. Elle craint d'être prise ....
Elle évite celui qui la poursuit Elle s'enfuit et
se serre auprès de Saint-Rambert, que, dans son rêve, elle prend pour Edmond , et à qui elle donne sa main à baiser.
Saint-Rambert, ravi,.,., enchanté,.... n'est plus maître de lui-même. Il va à la croisée, en
ferme les verroux. Dans ce moment Gerlrude entr'onvre !a porte du cabinet. Elle aperçoit le gesle de Saint ilambert. Elle aperçoit également une fer -me en blauc qu'elle ne peut distinguer encore. Elle fait un geste d'indignation , et rentre vivement dans le cabinet. Scùnt-Rambert s approche de Thérèse. Dans ce moment celle-ci se croit au lendemam, au temple , à l'hisîant de son maria e. Llle croit que le pasteur lui demande si elle aime Edmond. Elle montre son anneau, porte la main sur son rœur, jure à la face du ciel d'aimer toujours son époux, et de lui être toujours fidèle. « Dieu , s'écrie Saint - Rambert ! qu'allais-je faire? Quel crmie j'allais commettre! Respectons tant de candeur, tant d'innocence. Moi qt i ai été si bicM accueilli par ces bons vilb.-
geoi.-.; moi; leur seigneur C'est ainsi que je
signalerais mon arrivée? Non, il faut n'écouter que l'honneur, et pour cela, le plus prudent est de partir. » Il va ouviir la fenêtre du fond.
Un clair de lune superbe « Je puis arriver
à pied au château lestement et gaîment. On va
vite quand la conscience est lég<''re. » Pendant ce temps, Thérèse, q i >'est levée du fauteuil ,
s'approche du canapé s'y asseoit , pose sa tète
sur son bras et repose L'orchestre joue l'air :
Doutiez d Tic^ mes chères amoiirs. Saint-Rambert qui ^st prêt à partir revient malgré lui.... s'arrête^
iS
la regarde encore; puis, il s'élance par la croisée et disparai r.
SCETiE IV.
Dans ce moment la porte à droite s'ouvre doucement. Le notaire, Elmond, plusieurs villageois, et la m re Michaud, entrent mystérieusement en tenant des bo'.quets. Ils s'approchent du canapé. Surprise générale indignation fureur d'Edmond.... A ces cris Thérèse s'est éveillée. Sa terreur , son étonnementd'un semblable réveil ; elle ne ^it où elie est, ni ce qui lui arrive.
La mère Michaud pousse un cri... saisit le schal qui est sur le fauteuil , en enveloppe Thérèse. Pendant ce temps Gettrude est sortie doucement du cabinet. Elle se mêle aux paysans, et son indignation surpasse encore là leur. Thérèse , accablée des railleries de Gertrude , des reproches de la mère Michaud, aperçoit Edmond, court à lui pour implorer son secours.... Il la re,jousse, ne veut rien entendre, déchire le contrat, et lui déclare que leur mariage est rompu ; qu'il ne l'aime plus; qu'il
la déteste et qu'il labandonne Tout le monde
sort en désordre; et Thérèse , à moitié mourante, est entraînée par la mère I^.Iichaud.
(Le théâtre rrprésnnle un des paysages les plus agréables du Languedoc ou de l;i Provence. Au fond du théûlro on aperçoit le moulin, dont le loil assez élevé est recouvert en tuiles ; une rivière fait tourner la roue du moulin , et après serpente au fond dans la prairie. A gauclie du théâtre un orcliesirr préparé pour des musiciens ; autour du llieâtre des guirlandes de (leurs, df'S cLiffres entrelacés. Tout €St disposé pour les noces d'Edmond el de Thérèse. )