‹ La sonate, étude de son évolution technique, historique et expressive en vue de l'interprétation et de l'auditionChapitre 13 sur 74 · I. Tlncoot dlndy, CMir* de eompositioUt I** llYre, p. i · texte numérisé non relu

I. Tlncoot dlndy, CMir* de eompositioUt I** llYre, p. i

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ralentit, ou encore l'interrompt ; au moyen des modifications agogiques le rythme traduit les impressions relatives de calme et d'agitation.

Les différences agogiques sont notées par le compositeur, soit par des valeurs de notes différentes, soit par des indications de mouvement. Ainsi un dessin musical noté :

alors que sa notation habituelle aura été :

est, dans ce nouvel état

plus agogique que dans son état habituel. Cela indique que le sentiment de l'auteur est plus agité que précédemment. De même, ce dessin ayant été noté :

é 1 :if \ re g

avec l'indication Adagio, et portant, sans changer de valeurs, Vindicdilioa Allegro, change de caractère. Du calme grave qu'il avait précédemment, il prend un caractère actij qu'il n'avait pas.

Si le compositeur avait usé des deux moyens à la fois : modification des signes graphiques et changement de mouvement, l'effet devrait être plus accusé :

A laglo

Allegro

Une impression d'hésitation dans le calme ou l'agitation aurait été obtenue si les moyens agogiques avaient été entremêlés : les valeurs brèves portant, par exemple, l'in-

l'interprétation

dication Adagio et les valeurs longues celles d'Allegro

Adagio Allegro

f~m rrnr^-|^=^^^4U-4^-tU-^5r:^=^

Dans ce cas, ie calme de V Adagio eût été moins calme et Y Allegro n'aurait fait que le rendre plus actij, sans l'agiter davantage.

Un point très important pour la compréhension auditive d'une œuvre, c'est, au moment des changements de mouvements qui peuvent survenir dans le courant du morceau, la compénétration des mouvements. Il faut que l'esprit de l'auditeur ne soit pas dérouté par l'arrivée du nouveau mouvement. C'est à l'interprète à saisir le lien qui unit ces fragments et les fait se pénétrer mutuellement. C'est donc un rapport, un rythme à établir entre ces divers éléments.

Le fait de la modification des angles rythmiques, si l'on peut ainsi s'exprimer, est aussi de la plus extrême importance. Si ces angles s'accusent, le rythme devient plus violent, plus impérieux :

RYTHME MABIToEu

devenant :

ou encore :

L/'U 'Lg

fTtrT

prend un caractère de plus en plus accusé, implératif.

Au contraire, si les angles rythmiques s'amollissent ou se régularisent, l'action se calme :

la cAractère s'adoucit.

Si le rythme se trouve entrecoupé par des silences, ce sont ceux-ci qui deviennent expressifs. Ils traduisent l'elTort que fait la musique pour se faire jour, ils montrent sa marcke embarrassée, pénible, hésitante ou épuisée.

Si le dessin musical est interrompu par le silence, au lieu de se terminer normalement, ce dessin prend un sens suspensif, un caractère d'impuissance ou d'éloignement :

Si le dessin, au contraire, se finit par lui-même en se dégradant pour aboutir au silence, il prend de plus en plus de calme, d'apaisement, et le silence est son repos définitif.

Sans qu'il soit nécessaire de multiplier davantage les exemples qui peuvent varier indéfiniment, on voit par ceci combien Tinterprète doit être familiarisé avec la notation habituelle de l'époque, de l'auteur et de la forme de la pièce qu'il doit exécuter. C'est en déterminant les modifications accidentelles apportées à cette notation habituelle qu'il percevra les particularités spécialisant le caractère de l'oeuvre et par là pourra connaître et transmettre les intentions expressives de l'auteur.

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