‹ La sonate, étude de son évolution technique, historique et expressive en vue de l'interprétation et de l'auditionChapitre 3 sur 74 · ORIGINES DE LA SONATE · texte numérisé non relu

ORIGINES DE LA SONATE

Chanson, Madrigal, Suite, Sonate pré~beethovk\ienne.

C'est dans la Chanson populaire médiévale, ainsi que dans sa presque inséparable compagne : la Danse, qu'il faut aller chercher l'origine de toute musique symphonique.

A la primitive Chanson monodique succédèrent, plus tard, au XY* siècle, les véritables Chansons polyphoniques, comme à la monodie grégorienne succéda la polyphonie pale^trinienne.

La Chanson polyphonique procédait soit par couplets, soit en présentant une forme composée d'un refrain intercalé entre chaque couplet, comme dans la chanson monodique primitive.

A l'époque où fleurit le plus abondamment le Motet \ la musique profane revêt une forme assez imprécise désignée sous le nom de Madrigal.

Comme dans le Motet, chacune des voix du Madrigal concourt, pour sa part, à l'exécution.

Vers la fin du xvj« siècle, parmi les voix appara,i88ent les instruments accompagnants, servant d'abord à doubler les parties vocales. Plus tard, au fur et à mesure de l'usage plus répandu du Solo, ces instruments, au lieu d'exécuter les parties mélodiques vocales en les doublant, ou même en se substituant aux voix manquantes, se confinent dans la réalisation de la basse continue en accompagnant les voix.

Cependant, du fait de l'exécution des Madrigaux accompagnés (où le chanteur n'arrivait devant l'auditoire qu'au moment de commencer son solo, s'en retournant ensuite dans la coulisse), les instruments seuls (employés pendant le chant comme accompagnateurs), prirent l'habitude de faire entendre la Ritournelle qui, depuis, alterna avec l'Air, dans la plupart des compositions vocales.

Cette ritournelle ne tarda pas à devenir une sorte de

1. Nous ne définirons point ici les formes dont nous parlons incidemment, et qui ne touchent que tout à fait extérieurement à celle de la Sonate. L'étude du Motet et du Madrigal est faite par V. d'indy dans son Court de eompoiition mutieale, tome I.

Page 1