Lire daas W. de Lonz, op
«uvre.
li. V. à'ïuiy, •p. cit., p. 7t.
cit., p. ai/i, ce qui se rapporte à celte
Dans la troisième de ce faisceau de Sonates, il faut retenir surtout le « gai Rondeau à cinq refrains où nous pouvons. « lire, semble-t-il, l'expression bien vivante de la bonne . « humeur d'un Beethoven errant sur les collines des environs M de Vienne^ ».
De la même année 1802 datent les deux premières de» Sonates, op. 31 ^. Dans la première, celle en sol, de joyeux paysans s'ébattent en un gaillard Rondeau ; la seconde, en ré, est un douloureux combat intérieur du même ordre que l'op. 27 n° 2.
Dans le premier morceau, inquiet et douloureux, une interrogation persistante est énoncée par le Largo initial. Elle revient au début du Dév. ainsi qu'à celui de la Réexp. où elle donne lieu à des « amplifications d'ordre presque dramatique ».
Dans le courant du morceau se déploie l'antagonisme constant entre deux principes, l'un rude et impérieux, l'autre douloureusement suppliant.
L'Adagio est dans la forme Sonate sans développement.
Il faut remarquer la progression expressive des parties qui s'adjoignent au thème, peu à peu :
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j. V. d'Indy, Cours de composition, t. II, p. 36o.
a. De Lenz {op. cit., p. 317) dit fort spirituellement : « Beethoven mil trois chiffres d'œuvres à neaf Sonates (op. 2, 10, 31) ; on s'arrangerait aujourd'hui à en mettre neuf à trois, aujourd'hui que la valse, le galop, la romance Bans paroles, la pensée fugitive et le reste sont dûment incorporés ou non incorporés aux archives des éditeurs unis de l'unie Allemagne. Nous avons lu cet intitulé : Pensée romantique pour piano, œuvre i". Commettez votre pensée romantique si cela vous fait plaisir, à v»us «t aux autres, mais de grâce ne parlez pas d'oeuvre ; craignez davantage l'application de « chacun selon ses œuvres ».
L'Allégretto final en forme Sonate reste un sombre tourbillon où la seconde idée s'obstine à répéter son dessin fiévreux.
Avant la troisième Sonate qui porte le numéro d'œuvre 3t, a été écrite la Sonate pour violon, op. Ul (i8o3), dite Sonate à Kreutzer, à cause de sa dédicace et quoique ce violoniste ne l'ait pas jouée une seule fois en public, la jugeant de « peu d'effet ».
Elle est maintenant choisie de préférence à de meilleures œuvres de Beethoven parce que les violonistes la savent au contraire de « beaucoup d'effet », surtout en la seconde variation de son thème, où ils se maintiennent sur les notes hautes de leur instrument à la façon des éqiiiiibristes sur une corde tendue, ce qui soulève souvent les « ah ! ah ! « satisfaits et prolongés de quelque dame pâmée devant cet exploit.
Passons.
La Sonate op. 31 n° 3, pour piano, qui date de i8o3-i8o3, ne nous arrêtera pas, bien qu'elle soit intéressante ^
De i8o3 à i8o4 fat écrite la Sonate pour piano, op. 57'. De Lenz dit plaisamment (mais sa verve porte juste encore de nos jours I) : « C'est là une éruption volcanique qui ouvre « la terre, qui éclipse le jour en emplissant l'air de ses pro- « jectiles. C'est de plus un honnête casse-doigts, et à ce titre « la Sonate ne déplaît pas aux plus osés écuyers du piano (( moderne. Pour ces messieurs, la Sonate en Ja mineur est « tout Beethoven, comme la Sonate pathétique est tout Bee- « thoven pour les pensionnats et institutions'analogues. Ne u faut-il pas énormément remuer les doigts, voire même le « corps, pour étrangler le monstre? Dès lors la Sonate devient « possible et le pianisle-vQltigeur y élit volontiers domicile. « Celte Sonate est son a jeu de paume ».
I. Lire dans de l.enz, op. cit., ce qui se rapporte à celte Sonate, p. aaô. a. l,e surnom par lequel cette soaatc est connus : .ippassionata, est le fait de l'éditeur Cranz et non un titre donné par Beethoven.
LA SONATE DE BËET-IIOX^M
Il5
Il est bien regrettable que cette Sonate soit si souvent et si totalement défigurée par l'incompréhension des exécutants. Les uns, voyant en elle un exemplaire de musique classique, en concluent qu'elle doit être dépourvue (ïfe vie et d'émotion, l'enserrent sous de tyranniques bandelettes et font d'elle un moderne succédané des antiques momies. Les autres s'autorisent du qualificatif d'appassionata (donné par un éditeur en quête d'un titre à succès), pour réduire cette œuvre, noble et grave autant qu'ardente, à un pitoyable déballage du plus exacerbé rubato légué par la déclamatoire improvisation romantique. Qui se douterait, sous ces masques contradictoires et également faux, de la profonde beauté de cette œuvre? Elle marque, en composition, l'avènement d'une forme nouvelle, cadre digne des idées puissantes que la musique y exprime. Nous ne pouvons qu'en donner, sèchement, un bref aperçu.
Cette sonate contient deux cellules génératrices de toute l'œuvre, l'une rythmique (X), l'autre expressive (Y) :
La cellule (X) donne naissance, niclodiquement, à la première idée, et rythmiquement, à la première phrase de la seconde idée du premier morceau :
) rylhoie de X
Cette même cellule se retpouve harn^oniqtiement dans le premier thème du Finale :
tal
La cellule (ï) expressive apparaît d'abord à l'état ornemen-
Il/»
puis elle se réduit à un rylhrne bref :
Elle engendre tout le Pont, sous forme d'une plainte angoissée :
et presque tout le développement de la pièce initiale de la Sonate est basé sur elle.
Le thème de VAndantc en est une nouvelle floraison :
i — yj
Enfîn le second élément du thème du Finale en est une déformation enfiévrée :
tandis qu'un thème assez court, apparaissant, au milieu du Dév., en provient encore :
Nous ne pouvons donner ici d'autre analyse, car elle nous entraînerait à trop de détails. « Lutte douloureuse, caime « réflexion, victorieux enthousiasme : telles sont les caracté- « ristiques des trois parties de l'œuvre, inabordable pour <( tout interprète qui ne sait jouer du pianA qu'avec ses doigts « et ne cherche pas se^ sonorités au plus profond de son « cœur*. »
En i8o4 apparut la Sonaie op. 53'. Elle est en deux mouvements :
i" Allegro con brio dans lequel il faut signaler la double exposition du premier thème, sous une disposition rythmique et une orientation tonale différentes, ainsi que le fait nouveau de la seconde idée ne s'exposant dans le ton principal ni dans l'exposition, ni dans la réexposition, mais seulement après le développement terminal.
2° Introduzione, Adagio molto et Rondo. Allegretto-moderato.
L'Introduction, à la sous-dominante, s'enchaîne, par la Dominante, au Rondeau en ut.
La simple mélodie du rejrain de cehii-ci fut l'objet de six essais différents delà part de Beethoven. On ne saurait trop dire aux interprètes qu'il est musicalement constitué ainsi :
X^T^^miz:^
:^ ' période Cfn.rBlrice
que, par conséquent, le do grave de la main gauche fait partie du chant. C'est cette cellule qui fait tous les frais du second couplet, qui se développe sur elle-même à la basse tandis que la main droite tisse un fond délicat par ses arpèges qui doivent rester légers, souples et effacés. C'est malheureusement tout le contraire qui a lieu dans l'inlei prétalion courante. De plus il est indispensable de se souvenir que ce paisible
I. Nous ne «atirioiis trop recommander aux interprètes IV'tuilo alloiitivc de l'unalysc de celte c«u^re dans le second livre du Cours de com[iusilion de d'indy, p. 3'i7, dont cctie citation est extraite.
I. Appsloe en Allemagne WaiUtein-Sonale, à cause de sa dédicace, et l'Auritic en France, i-aiis qu'on puis>e savoir jiourqiioi.
Il6 LA. SONATE
Rondeau est un Allerireltû modej'cUo et non point un Presto fuocoso comme il arrive trop souvent
Le thème du refrain se trouve modifié dans sa quatrième expos Uion. Le quatrième couplet développe encore le rythme de la cellule, puis une augmentation de la période génératrice sur une pédale de dominante soutenue par un trille continu (ce qui est une écriture pianistique à laquelle Beethoven aura souvent recours à partir de ce moment). Le cinquième refrain est fragmentaire et conclusif.
Rien à dire sur la Sonate, op. 5//, pour piano (i8o5), ni de la Sonate pour violoncelle, en la, op. 69 (1808). Une Sonatine pour piano, op. 79, allègre et populaire, date de la même année. La Sonate pour piano, op. 78 (1809), semble une esquisse inachevée. Mais de cette même année 1809 date une très belle Sonate pour piano, Vop. 81, intitulée par Beethoven : les Adieux, l'Absence, le Revoir, dédiée à l'archiduc Rodolphe, son élève et ami.
Cette Sonate, aussi remarquable par sa beauté expressive que par l'unilé thématique de sa construction, est bâtie à peu près exclusivement sur deux cellules qui sont contenues àânsV introduction :
Adar)io Le- be- vfchl '
I c.-llulc V I
La première cellule (X) a été citée comme exemple de cellule harmonique, dans la partie technique de ce chapitre.
I. W. de Lenz, op. cit., p. 200, dit à propos de ce Rondo : « Ce serait, « il est vrai, un étrange aérolithe à lancer à la tête du public des con- « certs, absorbé par le spectacle des doigts <; à courre » du sleeple-chase « du piano moderne. Ne veut-on pas aujourd'hui être étonné dans un <( Concert ? C'est un joli service que les artistes se sont rendu que d'a- « voir habitué le public à être étonné. Est-il dans la nature de la musi- « que d'étonner? Oh prendrez-vous les étonnements muxicauxl Dans la « composition, votre programme, c'est l'infini, le tour de passe-passe est. (( condamné à être le même. » W. de Lenz constaterait, de nos jours, que les pianistes envoient couragement cet « aérolithe » à la tète du public des concerts ; seulement, pour satisfaire au besoin d'étonnemcnt, ils l'ont transformé en une piste sur laquelle se dispute le prix d'une course de vitesse I
Elle engendre la seconde idée du mouvement initial et lexpressif développement terminal de ce même morceau. La cellule rythmique (Y) donne naissance au premier thème, lequel est issu également de la cellule mélodique (X) :
i cfiiuic V 1 1 ^ 1 1 v
Le rythme de la cellule Y se retrouve dans VAndante :
I cellul* Y ]
Le thème du finale lui-même n'est qu'une nîodification de ce rythme
et 11 est une émanation harmonique de X
X hui'tnoiiiqueintal j
qui semble, dans sa joie, faire danser le thème de l'Adieu qui fut cause de ce bonheur du "Retour.
Les trois mmceaux de cette œuvre sont écrits dans la forme Sonate. L'Andante ne comporte pas de développement.
De iSî^date une autre Sonate dédiée à l'archiduc Rodol-
Il8 LK SONATE
phe, celle pour violon, op. 96. Nous voulons laisser ici la parole à d'Indy qui sut si bien la caractériser : « Dès le pre- « mier mouvement, on se sent caressé par une molle brise et « si, par deux fois, des troupes passent dans le lointain, on « oublie rapidement l'appareil de guerre devant la douceur « du paysage évoquée »
C'est la seconde idée qui, avec son rythme martial, trouble un instant la fraîcheur du morceau :
j^j^rf it£f
De la troisième phrase de celte seconde idée, d'Indy fait remarquer le « charmant dessin » :
et ajoute : u II est bien rare que les virtuoses interprètent u cette phrase de façon à en dégager l'expression rêveuse que « l'auteur a voulu lui donner^. »
Le morceau termine par un dév. ter m. d'une exquise poésie.
« L'Adagio, de forme Lied, est un pur chef-d'œuvre de « pénétrante mélodie, rêverie qui pourrait faire pendant à « celle (( au bord du ruisseau ». Il ne s'achève pas; une fête « paysanne servant de Scherzo vient tout à coup troubler la « rêverie. Et rien de plus curieux que ce Scherzo. Pour la « première fois, peut-être, Beethoven y devient descriptif. « Etendu dans une prairie, peut-être juché sur un arbre, le « poète note d'abord une danse campagnarde aux rythmes « heurtés, presque barbares, c'est le Scherzo ; puis, voici que, <( de l'autre côté, lui parviennent, comme apportés et rem- « portés par des coups de vent, les échos d'une danse cita- « dine : valse noble, aurait dit Schumann, qui disparaît
i. V. d'Indy, Deethoven, p. 76.
î. V. d'Indy, Cours de composUittn, t. II, p. 370.
IIQ
« bientôt pour faire place, en bon Irio classique, au Scherzo (( redivivus ^ »
« Le finale, en forme de Thème varié, sur une chanson « populaire connue :
Ts- la- Ju- li,
« participe également de ces impressions campagnardes, « mais non triviales*. »
La « seconde manière » de Beethoven s'achève, au point de vue des Sonates, par Yop. 90, pour piano, en deux morceaux Elle date de i8i4, elle est dédiée au comte Moritz von Lichnowsky ^.
Le premier mouvement : Mit Lehhafligkeit und durchaas mit Empfindung und Ausdruck*, contient un premier thème en trois éléments (ce qui est rare chez Beethoven), présentant un antagonisme expressif par leur caractère tour à tour masculin et féminin, et qui est dû à l'intention poétique, (tête et cœur) :
cellule
Th. A'
Tb. A"
Rythmique, masculin
dolec
Mélodique, féminin
Th A«
Harmonique, concluaaV