‹ La sonate, étude de son évolution technique, historique et expressive en vue de l'interprétation et de l'auditionChapitre 42 sur 74 · Assez vite, mai» avec sentiment et p,Tnrfi«sion · texte numérisé non relu

Assez vite, mai» avec sentiment et p,Tnrfi«sion

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Le Pont est formé par la cellule initiale, comme sera formé le pont du Rondo. Le second thème, pour rétablir l'équilibre avec le premier, est nécessairement très court. Le Dév. est un admirable modèle de l'emploi de l'élimination et des modifications àgogiques.

Le second mouvement de la Sonate : ISicht zu geschwind und sehr singbar vorzuiragen ^ est le dernier rondeau qu'offrent les Sonates de Beethoven. Il respire le calme bonheur conjugal que Beethoven ne connut jamais.

Quittons à présent les belles œuvres que nous venons de parcourir si hâtivement et pénétrons, avec une respectueuse émotion, dans le sanctuaire de la troisième manière du maître-, où nous allons trouver sept Sonates, admirables annonciatrices des splendeurs des derniers quatuors, de la Messe en ré, et de la Symphonie avec chœurs.

Troisième période (réjîexion).

Sonates op. i02 à îll inclus.

. i8£5, 2 Sonates pour violoncelle; ut, rè, op. 102.

1816, 1 Sonate pour piano; la — — — lOi.

1818, I — pour piano ; si!? — — — 106.

1820, I — pour piano; MI — — — 109.

i8ai, I — pour piano; LAt> — — — 110.

182a, I — pour piano ; ut — — — 111.

« Tout en s'appuyant sur les données de notre sphère v( d'impressions, dit de Lenz, Beethoven la dépasse et la con- « tinue au delà des limites qu'elle a pour nous. »

C'est maintenant que vont s'ouvrir les insondables* abîmes entrevus par le grand solitaire. Nous assistons à un renouvellement complet de sa pensée, aussi profond que la première métamorphose s.ubie vers la trente et unième année de sa vie.

1. Exécuter pas trop vile et très chanté. V. dans de Lenz, op. cit., p. a/Jâ, les observations relatives à la terminologie allemande employés dans cette Sonate. C'est dans la Sonate des Adieux que Beethoven a employé pour la première fois la langue allemande au lieu de la langue italienne pour les indications de mouvements. La manière dont elles sont rédigées indique nettement qu'il se préoccupait avant tout de l'expression, qui seule donne la vie à l'oeuvre.

« A quel événement attribuer ce changement soudain? En « vain tenterait-on de rattacher ce nouveau stvle à une cause a extérieure quelconque. La source de l'évolution qui nous « occupe ne doit être recherchée que dans l'âme du poète, « c'est de son cœur qu'elle jaillit pour aller abreuver d'ondes « vivifiantes tous les cœurs assoiffés d'idéal. Nous n'assistons « plus, comme dans la deuxième époque, à une extériorisa- (( tion de sentiments, mais, au contraire, au travail tout intéa rieur d'une pensée de génie sur elle-même, dans une âme u fermée aux bruits et aux agitations du dehors ^ »

Beethoven lui-même, dans sa correspondance et ses écrits, nous avertit de ce qu'il cherche. En 1824, il disait à StumpJEF: « Oui, qui veut loucher les cœurs devra chercher en haut « son inspiration. Sans quoi il n'y aura que des notes — un « corps sans âme — n'est-ce pas ? Et qu'est-ce qu'un « corps sans âme ? De la poussière, un peu de boue, n'est-ee « pas ? — L'esprit devra se dégager de la matière, où, pour « un temps, l'étincelle divine est prisonnière. Pareil au « sillon auquel le laboureur confie la précieuse semence, son « rôle sera de la faire germer, d'en obtenir des fruits abon- « dants, et, ainsi multiplié, l'esprit tendra à remonter vers la. « source d'où il découle. Car ce n'est qu'au prix d'un cons- « tant effort qu'il pourra employer les forces mises à sa « disposition, et que la créature rendra hommage au Créateur « et Conservateur de la Nature infinie. »

C'est de cet « effort constant », auquel Beethoven s'est astreint, que veut parler de Lenz quand il dit : « On n'arrive « à l'art que par des chemins barrés au vulgaire, par le « chemin de la prière, de la discrétion du cœur, par la « confiance en la sagesse éternelle et même en ce qui est « incompréhensible. Nous restons au pied de la montagne « inaccessible, et pourtant ce n'est qu'en haut qu'on apprend « à connaître les délices qu'il y a à respirer. »

« Il crée, dit V. d'Indy *, non plus en vue d'un éphémère « succès, comme dans sa jeunesse, pas davantage, pour « épancher au dehors ses impressions, ses sentiments, se»

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