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II. — Action sur la prostate

La sonde à demeure, permettant l'évacuation régulière ou continue de la vessie, s'oppose pour le mieux à la congestion de l'organe et plus particulièrement de son basfond. Cette influence sédative a une répercussion immédiate sur l'état de la prostate. On connaît en effet ces augmentations de volume plus ou moins grand de la glande sous l'influence de la moindre congestion, de la moindre rétention vésicale. Il n'est pas rare par conséquent de con-

staler les bons effets du cathétérisme régulier, et mieux

ne

encore de la sonde à demeure sur la diminution de volume de la prostate (1). Les observations en sont assez fréquentes, si je m'en rapporte à ce que J'ai pu constater pendant le temps que j'ai passé à la clinique de Necker. Je n’en citerai que les cas suivants qui me semblent assez probants pour ne pas nécessiter l'apport d’un plus grand nombre d'observations qui ne serviraient qu'à augmenter inutilement le volume de ce travail.

Observation I

Le nommé B..., Gilbert, âgé de 69 ans, concierge, est entré au n° 28 de la salle Velpeau, le 18 décembre 1896.

Antécédents personnels. — Jamais de blennorragie.

1890. — Depuis 1890, les mictions sont fréquentes, toutes les 2 heures le jour, 2 fois la nuit ; douloureuses surtout à la fin.

Urines claires.

Février 1896. — Le malade fait une rétention complète à la suite d’une marche et de fatigues.

Il est facilement sondé par un médecin avec une sonde molle (urines claires), et depuis cette époque il se sonde lui-même le matin et la nuit. Le jour il urine seul.

Jamais d'hématurie.

Pas de douleurs de reins.

Mars.— TI] vient consulter dans le service de M. le Prof. Guyon, salle de la Terrasse.

Examen. — Urètre, boule n° 20.

Vessie, 400 grammes de résidu.

Prostate volumineuse.

(x) O. Pasreau. Diminution de volume de la prostate par l’emploi de la sonde à demeure ou du cathétérisme régulier. Annales gén.-urin., 1897,

pes

Trailement. — Évacuation et lavages au nitrate d'argent à 1/1000. Le malade ne vient que 3 ou 4 fois à la Terrasse, il se sonde lui-même. #

Les urines sont troubles et épaisses.

12 décembre. — Le malade ne peut passer sa sonde. Il reste en rétention complète.

16. — Un médecin tente en vain le cathétérisme. Le malade va à l'hôpital Beaujon. A la suite de tentatives infructueuses de cathétérisme, on lui ponctionne la vessie par l'hypogastre.

Depuis, le malade urine seul. Les mictions sont tres douloureuses et très fréquentes (tous les 1/4 d'heure).

18. — Il entre à la salle Velpeau. On lui passe une sonde béquille sur mandrin.

19. — M. le Prof. Guyon met une sonde à demeure. Après avoir agrandi le méat, qui laissait passer difficilement une boule 19. La portion membraneuse est facilement franchie. Il existe une saillie sur la paroi inférieure de l’urètre au niveau de la prostate. La traversée prostatique est longue.

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