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Le malade a toujours sa sonde

On supprime les lavages.

16. — Les urines présentent toujours une fétidité spéciale. Elles sont plus claires.

Le malade vide complètement sa vessie.

Il quitte le service.

L'urine septique étant continuellement transportée

RARE nr au dehors ne pourra pas produire les phénomènes infectieux qui sont dus à sa stagnation dans une vessie malade. Cette action mécanique évidente est une indication de l'emploi de la sonde à demeure pour prévenir l'infection. On peut en effet constater que sa présence chez les malades infectés fait assez rapidement tomber la fièvre et disparaitre les phénomènes généraux. Il y a corrélation entre la mise en place de la sonde et la chute de la température. Les observations précédentes (p. 71 et suiv.) sont très nettes sur ce sujet. Mais s’il est utile de connaître cette action sur la température, il est plus nécessaire encore de savoir, au point de vue pratique, comment on doit employer la sonde. Et à ce propos, il est deux questions de clinique pure auxquelles il faut répondre :

Quand doit-on mettre la sonde à demeure?

Quand doit-on la retirer?

1° Quand doit-on mettre la sonde à demeure ?

IL faut mettre la sonde à demeure toutes les fois que par des cathétérismes fréquents et par des lavages antiseptiques répélés on n'arrive pas à faire disparaître les accidents généraux de l'infection.

S'il y a infection de la vessie et des reins, la sonde fait assez rapidement disparaître tous ces phénomènes: les reins diminuent de volume (voir page 69).

2° Quand faut-il retirer la sonde?

L'étude des courbes de températures que J'ai données précédemment fait voir que dans quelques cas l'ablation de la sonde a donné lieu à une ascension nouvelle de la température. Cette ascension est normale si on la retire

prématurément. La condition nécessaire de son ablation

bare

c'est la cessation absolue de loule élévation thermique. La défervescence est réelle, si pendant un temps plus ou moins long, variable suivant le mode de chute de la température, le thermomètre ne s’est pas élevé au-dessus de 37°.

Dans un travail publié en 1895 en collaboration avec le D'Michon (1), M. le Prof. Guyon avait indiqué, comme moment de l’ablation de la sonde, celui où la température arrive à 37°. Il avait alors établi une statistique où l’on

trouve les résultats suivants. L'apyrexie a été obtenue.

ES TOUR MENT Le. Nr MTEO OS 00,0: p. 100:

Dans les premières 24 heures. — DR D er Dans les’ 48 heures... :. 6 — 18,1 — Dans les 4 jours. 5 — Dans les 5 jours. DE 3 — Dans les 6 jours. 3 — 9 —

Mais l'enlèvement de la sonde fait aussi rapidement n'assure pas complètement contre le retour des accidents fébriles. M. Guyon a insisté à nouveau sur ces faits, et, dans un travail publié cette année même (2) il a tenu compte de la chute de la température constatée pendant plusieurs jours, pendant lesquels elle a oscillé autour de 37°. Cette nouvelle statistique aboutit aux résultats suivants.

Sur 42 cas d'infection urinaire chez les prostatiques

on trouve que la chute thermométrique a été complète,

(1) Guxon et Micnon. Annales des maladies des organes génitourinaires, 1895.

(2) Guxox. La sonde à demeure dans le traitement de l'infection urinaire,

des hémorragies prostatiques et urétrales. Presse méd., mai 1900, p. 221.

go

Le 2° jour dans 3/4 pour 100.

Le {° jour dans 24,4 pour 100.

Le 5° jour dans 19,6 pour 100.

Chez 2 malades gravement atteints, on a dû laisser le drain urétro-vésical pendant 7 jours chez l’un et chez l'autre pendant 9 jours.

Cette nouvelle statistique montre d'ailleurs que dans le traitement de l'infection urinaire par la sonde à demeure chez les prostatiques la mortalité n'atteint que 20 pour 100, tandis qu'elle est de 36,2 pour 100 dans l’incision sus-pubienne de la vessie.

La température descend à la normale suivant plusieurs modes différents qu'il est intéressant de connaître. Quelquefois la chute est brusque et le thermomètre se maintient aux environs de 37°: d’autres fois, la descente se fait par oscillations qui du jour au lendemain peuvent reproduire les degrés de la veille: dans certains cas enfin, la chute est très régulièrement descendante, et on arrive à l’apyrexie au bout d'un nombre de jours variable, mais qui n'est jamais grand. Même lorsque la défervescence a lieu très rapidement, elle se fait toujours par oscillations qui deviennent de plus en plus petites. M. le Prof. Guyon a bien montré tous ces faits dans une récente leçon, et la statistique précédente fait voir la rapidité avec laquelle on arrive presque toujours à la disparition des ascensions thermométriques. La marche des autres symptômes de l'infection est en général parallèle à celle de la température etil est bien entendu qu'on doit en tenir compte quand il est question de cesser le traitement.

On peut dire que la durée du maintien de la sonde à

= Ji demeure varie de moins d’une semaine à 15 jours, rarement davantage.

J'ai insisté précédemment sur le soin minutieux avec lequel il faut surveillér le bon fonctionnement du drain urétro-vésical, et les courbes de température précédemment

“citées (pages 71, 72) montrent que son obstruction aussi bien que sa mise au point défectueuse, ou sa mauvaise adaptation au canal, ont pour effet de détruire l'évacuation complète de la vessie, de faire en un mot un mauvais drainage. Ces conditions ont un retentissement immédiat sur la température : Le thermomètre remonte ou bien se maintient à un degré trop élevé (voir page 84).

Toutes ces causes aboutissent, en somme, au même

faut: élévation thermique. Il faut ajouter encore la durée insuffisante du séjour de la sonde. S'il y a ablation prématurée, s'il y a eu drainage insuffisamment prolongé. la réaction thermométrique s'accuse encore par une ascension. Dans tous ces cas 1l faut agir sans retard, soit en débouchant la sonde, soit en la remplaçant, soit en prolongeant son séjour dans la vessie. Toutefois dans le cas particulier de l'enlèvement prématuré, la chute de la température, après la mise en place de la nouvelle sonde, ne sera plus aussi rapide et l’on sera obligé de prolonger davantage le drainage. :

En résumé, et c’est là une conclusion de la leçon de M. le Prof. Guyon, le drainage de la vessie par les voies naturelles lorsqu'il est bien établi et convenablement surveillé détermine la chute de la température. La défervescence est rapide ou prochaine, mais une fois établie elle doit rester complète. Le retard ou le retour de la tem-

ES pérature sont dus à un mauvais fonctionnement de la sonde ou à son retrait prématuré. Ces accidents prennent fin sous l'influence de son replacement, de son changement, de sa mise au point.

Les complications génitales qui sont si fréquentes chez les prostatiques infectés ne paraissent pas, dit M. le Prof. Guyon dans cette même leçon, être favorisées par la sonde à demeure, et si elles apparaissent elles ne peuvent en aucun cas devenir une indication pour la suppression de la sonde. Elles seront traitées comme il convient pour chacune d’elles. En tout cas, la présence du drain urétro-

vésical n’a jamais empêché leur guérison.

Fausses routes.

On sait combien il est facile chez les prostatiques, dont la traversée urétrale est très déformée, de faire des éraillures ou même des blessures au canal. Ces blessures deviennent une grosse difficulté du cathétérisme intermiltent, elles empêchent le malade de se sonder lui-même, elles empêchent même parfois le médecin de pratiquer le sondage, enfin elles sont une porte ouverte à l'infection. Malgré les difficultés du cathétérisme dans ces conditions, on peut arriver souvent à introduire dans la vessie-une sonde sur mandrin, en agissant bien entendu avec toutes les précautions désirables, et 1l est très rare qu'on soit obligé d'assurer l'évacuation par la voie sus-pubhenne. Si la manœuvre a réussi, il est bon de fixer à demeure la sonde que l’on à passée; si au contraire la ponction ca-

pillure a été nécessaire, la décongestion des organes qui

suit l'évacuation vésicale permettra d'introduire une sonde par les voies naturelles. Cette sonde pour les mêmes raisons doit également être fixée à demeure. L'indication en est encore plus nette que précédemment.

La sonde à demeure agit iei à la fois de manières diverses : elle met à l'abri de l'urine septique les plaies urétrales et pareonséquent prévient l'infection ; elle permet leur cicatrisation facile et rapide en mettant au repos les parois de l’urètre, enfin elle rétablit la perméabilité du canal ainsi qu'il a été dit page 65. En un mot, elle assure au malade la guérison rapide, et la facilité des sondages auxquels il peut être obligé d'avoir recours ultérieurement.

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