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CHAPITRE TITI

ROLE DE LA SONDE A DEMEURE COMME AUXILIAIRE DES OPÉRATIONS URÉTRO-VÉSICALES

Urétrotomie interne.

S'il est une intervention au cours de laquelle l'utilité de la sonde à demeure est incontestable, c’est bien sans contredit l'urétrotomie interne. Sa mise en place est même tellement indispensable, qu’on pourrait la considérer comme faisant partie de l'opération dont elle n’est en quelque sorte que le dernier temps.

L'urétrotome est introduit sur une bougie conductrice préalablement introduite dans la vessie. Il est nécessaire, afin d'éviter toute espèce de difficultés, d'introduire aussi la sonde sur ce même conducteur qui assure la bonne voie et la fait suivre sans efforts. L'emploi d’une sonde ordinaire est évidemment inférieure en pareil cas; on ne saurait le conseiller et 1l doit rester une manœuvre d'exception. On doit donner la préférence à la sonde à bout coupé. Que la section des brides se fasse ou non sur la paroi supérieure de l’urètre, il existe toujours en cas de rétrécissement une disposition spéciale sur laquelle 1l est bon d'insister.

En amont du rélrécissement sectionné, il existe un

cul-de-sac formé par les brides scléreuses et les parois urétrales. C’est un véritable réservoir qui retient l’urine qui s'écoule entre la sonde et le canal, et il y a À toujours stagnation d’un liquide plus ou moins infecté. Si l’on tient compte des propriétés absorbantes que possède le canal malade, on comprend le danger d'infection qui existe de par cet état de choses. Il faut donc ou bien l'éviter ou savoir y remédier. M. le Prof. Guyon a nettement établi que l'urine peut impunément passer sur une plaie urétrale, mais 1l a démontré aussi que son séjour prolongé, sa pénétration dans les tissus est le point ‘de départ de phénomènes infectieux.

Par conséquent, si après l’urétrotomie interne, la sonde est suffisamment grosse pour obstruer complètement l'anneau scléreux, elle favorise la stagnation de l’urine en arrière du rétrécissement, sa pénétration dans la plaie et partant l'infection. Ceci étant, à quelle sonde doit-on s’arrêter? À celle qui, étant assez grosse pour drainer convenablement n’est pas cependant assez volumineuse pour appuyer sur les parois du rétrécissement: on maintient ainsi au pourtour de la sonde un espace perméable suf- fisant pour assurer l'écoulement de l’urine. La sonde fait fonction de drain vésical sans provoquer l'absorption par l'urètre d’une partie de l'urine infectée.

Mais ce n’est pas tout, la sonde à demeure a d’autres actions bienfaisantes, actions qui assurent pour une grande part les bons résultats de l’urétrotomie interne. Sa présence dans l’urètre après les opérations étend les parois du canal. Les bords de la section ne peuvent grâce à cette

tension revenir au contact ét se réunir immédiatement,

50e Les plaies se cicatrisent séparément et on évite ainsi la formation de cicatrices défectueuses faites en mauvaise position. :

Il a été dit précédemment (page 42) quel est le rôle de la sonde à demeure sur les brides scléreuses. Leur ramollissement sous son influence est ici d'un grand intérêt. Si l’urétrotomie, en effet, a permis d'entrer d'emblée dans la vessie une sonde capable d'assurer son évacuation, il est nécessaire de conserver au canal un calibre suflisant pour remplir seul le même but, et on n'arrive à ce résultat que par la dilatation consécutive. Il: est donc bon après l’urétrotomie interne de passer dans l’urètre des instruments dilatateurs, et cela sous peine de perdre au bout de très peu de temps le bénéfice de l'intervention. La présence de la sonde à demeure par cette action dynamique, que j'ai signalée dans un chapitre précédent, assure au canal un état de souplesse suffisant pour permettre la dilatation ultérieure, dilatation qui rend à l'urètre ses fonctions normales. |

Faut-il laisser la sonde à demeure longtemps après l'urétrotomie interne? En général un séjour de 48 heures est suffisant. On a soin, bien entendu, de faire au malade des lavages antiseptiques vésicaux dont la fréquence varie avec l’état d'infection antérieur. Mais il est un signe qui mieux que tout autre indique d’une façon absolue le moment du retrait de la sonde. Ce signe c’est la température. S1 après l'ablation de la sonde le thermomètre ne monte pas, si la courbe thermométrique se maintient aux environs de la normale le drainage a été suffisant; si, au contraire,

il ya une ascension thermométrique, il faut sans retard

L'9ÿ = replacer la sonde et ne penser à l'enlever que lorsqu'une période de 3 ou 4 jours d’apyrexie complète aura été constatée.

Observation XX VII

Le nommé B..., Jacques, âgé de 21 ans, cuisinier, est entré dans le service de M. le Prof. Guyon le 2 décembre 1899, salle Velpeau, n° 32.

Antécédents personnels. — Blennorragie il y a 6 ans ayant duré 5 mois environ.

Le malade entre à l'hôpital pour de la difficulté qu'il éprouve à uriner depuis 7 ou 8 mois; le jet est faible parfois en vrille,

l'urine tombe goutte à goutte à la fin de la miction.

Les miclions sont devenues

plus fréquentes.

Pas d'hématuries.

Il y a 3 ou 4 mois cependant, les urines étaient légere-

ment sanglantes, troubles, et

avaient une mauvaise odeur.

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