‹ La Sonde Vésicale À DemeureChapitre 50 sur 56 · LA · texte numérisé non relu

LA

chirurgien le temps suffisant au broiement du calcul.

- Cette docilité de la vessie permet en outre d'éviter plus

sûrement Îles traumatismes opératoires et partant Îles causes d'infection ultérieure.

L'évacuation une fois faite faut-1l laisser la sonde à demeure ? Oui évidemment, et il y a à cela plusieurs raisons.

Après l'opération il est nécessaire de maintenir au repos la vessie qui malgré tout est plus facilement excitable.

Il faut d'autre part faire des lavages antiseptiques, et la sonde à demeure permet de les faire sans introduire à nouveau dans le réservoir urinaire un nouvelinstrument,

qui augmenterait les chances d'infection. Elle permet

aussi aux graviers, qui sont restés dans la vessie de

s'échapper spontanément. C'est quelquefois une cause d'’obstruction ou tout au moins de diminution du calibre de la sonde. Il est done nécessaire de surveiller avec soin le bon fonctionnement du drain urétro-vésical. Et c’est

la courbe thermométrique qui dira si tout est bien. :

-HbIO

D'ailleurs si l'infection existe, le drain urétro-vésical la combat ici de la même façon que dans les autres maladies de l'appareil urinaire.

Faut-il laisser longtemps la sonde à demeure après la lithotritie ? Si tout est normal, c’est-à-dire s'il n'y a plus de douleurs, si l’état général est bon, et si la température ne s’est pas élevée, un séjour de 48 heures est ordinairement suffisant. Mais 1l ne faut pas oublier qu'ici encore il existe un signe absolu de l’ablation de la sonde : la température. Lorsque après avoir enlevé la sonde il ÿ à une ascension même légère de la température, on doit sans retard la replacer. Et encore devra-t-on compter sur un plus long temps de séjour pour avoir une chute définitive. J'ai dit, en effet, dans un chapitre précédent que l’ablation prématurée de la sonde à demeure nécessite un séjour plus prolongé de la sonde placée ultérieurement, et que la courbe thermométrique descend d’une façon beaucoup plus lente. Il n'y aura done jamais nécessité pressante de l'enlever le plus tôt possible puisque cela peut prolonger les suites de l’intervention et qu'il n’y a, au contraire, que tout bénéfice à retirer d’un séjour un peu plus long.

Observation XXXVI

Le nommé L..., Louis, âgé de 51 ans, est entré dans le service de M. le Prof. Guyon le 17 octobre 1899, salle Velpeau, T° 2/1.

Aucun antécédent héréditaire. Blennorragie à 20 ans. Broncho-pneumonie à 40 ans. Il y a 7 ou 8 ans, le malade a eu de

violentes douleurs à l'hypogastre, qui se dissipèrent après un

bain. Le malade consulta et prit des pilules de benzoate de lithium. Depuis 3 ou 4 ans, les douleurs augmentèrent progressivement d'intensité, surtout à la fin des mictions. Celles-ci étaient fréquentes, toutes les deux heures. Le malade ne s’est Jamais levé la nuit. Hématurie termimale, unique, il y a six mois, pendant une seule,miction, Depuis un an, le malade ne pouvait plus sup-

porter la voiture, La marche même était très pénible. Urines troubles

depuis quelques jours.

17 octobre. — T. 37°,8.

18 octobre. — M..le Prof.

Guyon pratique l'exploration mé-

tallique avec le n° 4. On sent un

calcul urique, dont le contact est

. 17 118 119 (20121129 senti sur une longueur de 3 cen- "FT ocroeneia À |

timètres. On le sent dès que l’explorateur pénètre dans la vessie. On fait prendre au malade 30 centigrammes de quinine pour combattre la fièvre. T. 38,4.

19 octobre. — La température est normale. La lithotritie est décidée pour demain.

20 oclobre. — Urines légèrement hématuriques.

Examen des urines. — Sucre, néant.

M. le Prof. Guyon fait la lithotritie. Le calcul n’a pas plus de 3 centimètres ou 3 centimètres 1/2. Jl est assez facile à broyer. L'aspiration se fait sans incident et à l'introduction du lithotriteur à mors plats, on ne constate plus trace de calcul. Le soir, température normale, 37°,2. On laisse la sonde à demeure pendant 2 Jours.

22 octobre. — On retire la sonde à demeure. La {empérature reste normale.

26 octobre. — Le malade sort. Urines claires,

ner

Observation XXXVII

Le nommé A..., Jean, âgé de 65 ans, entre dans le service de M. le Prof. Guyon le 13 juillet 1897, salle Velpeau, n° 10.

N'a jamais rien eu du côté des voies urinaires jusqu'en 1894.

A cette époque, douleurs à la verge et au périnée, exagérées par la marche et la fatigue. Douleur de la miction, pas de fréquence. Plusieurs hématuries à cette époque, à la suite d'une fatigue ou d'une marche un peu prolongée. Hématuries-disparaissant par le repos.

Depuis un an, les symptômes sont plus accusés. Les douleurs

sont très vives et loca-

| dr ô | | 4 lisées au niveau du gland.

} pes ; 39° Ces douleurs surviennent a L L ILE pendantetaprès une proana . menade en voiture ou un 38° LR | Re à | voyage en chemin de fer.

S ss? £ BE D Hématuries totales ele d Î LT | après la moindre marche in ou la plus petite fatigue.

1e ste [: | LI Urines troubles et char- 36° 1 I au JL A Es pares 291241 25126 | 97] 28] 29/30/3114 12[3]24]5 secs de GAME JUILLJET |18a7. AOÛT

Dans ces derniers temps, brusque interruption du jet d'urine pendant la miction debout.

Urètre libre. Spasme. Vessie 250 grammes. Prostate un peu grosse.

L'exploration métallique permet de constater la présence d’un calcul urique.

24 juillet. — Lithotrie par M. Albarran. Sonde à demeure pendant 48 heures. Ablation de la sonde qui est suivie d'une élévation brusque de la température, 39°,4.

On remet la sonde.

28 juillet. — La température est relombée à 35°6. 6 août. — Le malade sort guéri.

Observation XXX VIII

Le nommé D... Édouard, âgé de 51 ans, entre dans le service de M. le Prof. Guyon le 7 octobre 1895.

Blennorragie il y a 25 ans, dure 5 mois, pas de goutte militaire. Il y a 2 ans 1/2, le malade a constaté l'existence de dépôts calcaires dans ses urines. Il a ensuite rendu plusieurs calculs de la grosseur d'une lentille. Depuis 2 mois environ, le malade se plaint de douleurs dans les reins, survenant après la fatigue et

- disparaissant par le repos.

Le malade à remarqué que les secousses brusques, les voyages en voiture, lui occasionnent des

envies fréquentes d’uriner, avec

douleur hypogastrique, très vive,

irradiée dans la verge.

A la suite d'une longue course

en voiture, le malade a eu une hématurie totale. Le malade a eu

plusieurs fois des calculs engagés

dans l'urètre.

D'après le malade, le mouve-

ment et le repos ont une influence très nette sur la douleur, absolument nulle sur la fréquence.

- Les urines sont claires, l’état général excellent.

Examen. — Urètre. Rétrécissement large.

Prostate moyenne. Vessie tolérante. À l'explorateur métallique et même à l'explorateur à boule, on sent l'existence de plusieurs

calculs.

9 octobre. — Lithrotitie. Sonde à demeure.

1, octobre. — On enlève la sonde à demeure, le soir T. 38°,°

rh) OS

13 octobre. — La température est montée à 38°8 la veille. On remet Ja sonde à demeure qui reste jusqu'au 19 octobre. Les urines ne sont plus sanglantes, elles sont devenues beaucoup plus claires.

20 octobre. = Le malade sort.

Observation XXXIX

Le nommé H.., Etienne, âgé de 6r ans, journalier, est entré dans le service de M. le Prof. Guyon le 29 juin 1895.

N'a jamais eu de blennorragie.

Depuis 5 ans le malade a des mictions fréquentes, 30 fois par

jour, 4 à ro fois la nuit. Parfois arrêt brusque du jet d'urine.

39° À | IE | HT RIT [TT 389 S & © || } 370 [le | 1 + [ IT TE El |

Ts|z/eloholulheltshalasilarlaslao co silos 25/8125 189$ ass l L

Douleur initiale irradiée au périnée. Le malade a eu plusieurs hématuries totales, qui survenaient après un voyage en voiture.

Urines claires. Canal normal, un peu de spasme.

Résidu 200 grammes. Prostate moyenne.

Exploration: on sent un calcul placé à droite dans le bas-

fond.

Ce calcul est gros et arrive près du col.

AE

7. juillet 1895. — M. Albarran fait la lithotritie. On met la sonde à demeure. T. s. 37°.

8, 9, 10. — Température normale. On enlève la sonde à demeure.

La température vespérale — 37°,4.

12. — La température qui, la veille au soir 11 juillet avait, atteint 38°, s'élève à 39°.

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