LETTRE INÉDITE
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Monsieur,
*Pai lu votre lettre; elle m'a touché profondément sans mVtonner. Quelque chose, en effet, me disait qu^un jeune homme, enivré des chefs-d'œuvre où sont proclamées toutes les libertés de Vesprit humain, ne pouvait pas, de gaieté de cœur, s'attaquer, dans un auditoire officiel, en présence de tant de jeunesse
libérale, aux vaincus de la veille, aux exilés rappelés, aux exilés volontaires, à tous les écrivains si malheureux sous ces lois terribles. Non, monsieur! Et maintenant, je n'en saurais douter^ vous êtes un honnête et libre esprit. Pourtant, convene!(-en, la nécessité de votre discours a voulu que vous ne fissie:{ une exception dans vos colères que pour les critiques de V Université, de Î^Académie et du Sénat. Les autres sent restés sur le car-' reau.
Or, ces autres^ par la façon dont va le vw^de lettré, on lés peut attaquer impunément. Pen^ dant que le dernier huissier dm ministère, pour peu quHl ait I4
ckeâne au cow, se voit protégé far le communiqué, l'Avertissement, 1& suspension, Pamende, la prison, et enfin la suppression {hier encore le journal de ce rare 'et charmant esprit^ votre cama»
rade, M. Préiost-^ParadoV) , les déclassés, tels qUe nous, restent exposée à tous les essais de la jeunesse bien pensante^ et servent de tête de More aux premiers efforts de leur Muse à Vahri* Voilà mon thème f et si f avais voulu appuyer y f aurais cité cer»
tain morceau {de critique!) dans la Revue de l'Est du mois de janvier 1864, où la pauvre critique est déjà bien malmenée.
Je ne Vai pas fait pour ne point me servir d*une délation.
Tels que nous sommes, nous nous battons à armes courtoises.
Tant pis pour nous si Vennemi possède un canon rayé; nous n'avons qu*une épingle émoussée* <c Au fait , disait un certain Fannius, je ne sais que répondre au commandant de dix légions. »
Voule!{-vouSy pour finir ^ que je vous dise ici toute ma pensée?
n me semble que ma fâcherie était inutile. Après les sourires aimables que vous avaient accordés publiquement j en hochant la tête, ce grand latiniste, M. Achille Fould, et ce libéral obstiné, M, Drouyn-de-Lhuis^ j'aurais dû, monsieur, vous trouver asse^ puni,