CHOIX DE PETITS TOURS DE TABLE OU TOURS DE SOCIÉTÉ
SECTION Ire.
Tour mathématique avec deux dés.
Prenez deux dés et jetez-les sur la table ; comptez les points qu'ont amenés ces deux dés. Prenez-en un des deux, n’importe lequel, regardez le point de dessous et ajoutez-le au premier nombre. Rejetez sur la table ce même dé que vous tenez. Voyez le point qu’il donne, et ajoutez encore ce nombre à celui que vous avez déjà.
Maintenant, si vous regardez les points que présentent ensemble les deux dés restés sur la table, et que vous ajoutiez mentalement 7 à ce nombre, cette addition vous donnera le nombre pareil à celui que vos trois petit# opérations vous avaient fourni.
Manière de faire le tour. — Après avoir montré aux personnes présentes comment il faut faire cette opération, une d’elles la fait secrètement, vous étant éloigné. Quand cette personne a fini et retenu le nombre que le hasard lui a fourni, vous revenez et vous jetez un coup-d’œil sur les deux dés, que l’on n'a pas pu déranger.
Vous voyez le nombre que les points vous présentent; vous y ajoutez 7 mentalement, et vous annoncez ce total comme étant celui que la personne a réuni par ses trois opérations.
Bien que ce nombre varie sans cesse, vous n’avez jamais que 7 a ajouter à celui que donnent les deux dés restés sur la table à la fin.
•PETITS TOURS DIVERS
Etant à table, escamoter un couteau ou tout autre objet en feignant de Vavaler.
Assis à table, vous étendez sur vos genoux une serviette ou un mouchoir de poche, faisant en sorte que personne ne remarque cette disposition.
Vous proposez le tour par un colloque dans lequel vous empruntez Je style des physiciens des rues, par exemple, dans ce goût, où le bon sens n’est pas le mérite dominant :
« J1 .n’y a pas que les autruches qui digèrent le der; je puis rue vanter de jouir de la môme faculté. Du reste, c’sft une chose toute simple pour certaine nature d’ estomacs. Quand je .suis en appétit, je , pourrais avaierlaboutique d’nn paréchal sans m’en sentir te moins du, monde incommodé.
» 11 y a beaucoup de personnes qui ne peuvent manger que par ta ,bouçbe, ,et je, crois même que c’est te, plus greud nombre; moi, j'ai cela de particulier, que je puis faire passer les aliments par toute autre vpie, et, . si je pe te fais -pus ordinairement^ c’e^ pour éviter te ridicule, parce que netui qui affecte de dédaigner les modes et de fronder, tes usages 4^- .j)lis, passe pour un original, et on se moque de lui. üu .reste, j’aime autant manger par la bouche, quoique ce soit bien (Vulgaire; mais je p'y trouve pi inconvénient, n» difficulté.
» Comme vous n'êtes pas obligé» de me croire sur, parole, je vois y.ous donner un pejit échantillon des facultés dont je viens de vous entretenir : les preuves sont tout, les propos ne sont rien. Voici un couteau (vous le tenez entièrement 4éRS lé5 deux mains fermées, les poings l’un sur l’autre) ; p,0,ur que ce couteau aille dans mon estomac» vouioz-vou* iqu’il me .passe par le nez, }es yeux, les oreilles, la bouche, le front?»
Vous levez les bras pour toucher avec les poings I podro :
pour l’amusement d’une société a table. 225
que vous nommez. Vous les rabaissez de suite sur le bord de la table; mais, toutes les fois que vous relevez les bras, il faut entr’ouvrir un peu le poignet de dessous, pour laisser apercevoir le couteau que vous avez dans les mains.
En prononçant cette dernière phrase : Où voulez-vous qu’il passe? vos mains étant sur le bord de la table, vous laissez couler le couteau sur vos genoux, sans faire le moindre mouvement des poignets.
L’endroit par où on veut qu’il passe étant indiqué, vous y portez les deux mains fermées, que vous ouvrez brusquement. Les spectateurs, qui croient toujours que vous teniez le couteau, sont frappés de cette disparition subite.
Cet escamotage étant terminé, vous dites : « Je crois qu’il s'est trompé de chemin, je ne le sens pas arrivé dans mon estomac. N’est-il pas allé, Monsieur, se promener dans votre poche? Non? Il est donc dans la mienne?
Pendant que vous faites semblant de chercher dans votre poche de la main droite, la main gauche s’empare du couteau, et vous terminez le tour, en disant : « Il n’est pas dans cette poche-ci, il est donc dans l’autre.» Vous feignez de l’en tirer, et vous le jetez sur la table.
Nota. — Ces mouvements des bras, que vous levez et que vous baissez en posant les poings sur la table, sont indispensables. Les spectateurs, voyant le bout du couteau dans vos maiDS chaque fois que vous levez les bras, sont tout-à-fait détournés des soupçons qu’ils pourraient concevoir, que vous le laissez tomber sur vos genoux.
SECTION III
Faire sortir une liqueur de la pointe d’un couteau.
Ce petit tour est de bien peu d’importance, cependant il cause de la surprise quand il est fait avec une certaine intel-
226 $?HTS fOÜRg DIVERS '
ligence. Mais la .principale -raison qui m'engage 4 le pbwer içi, c’est .que je le créés -très-peu connu.
Vous trempe? un morceau d’éponge dans une liqueur quelconque, vous le mettez secrètement derrière votre oreille, vous relevez vos manches, et vous montrez vos mains pour foire voir aux spectateurs que vous n'y avez rien de caché. Vpqs prenez un couteau de table, que vous faites visiter. L’ayant repris et le tenant à pleine main, pour avoir -occasion ^e^ous saisir de l’éponge sans qu'on s’en -aperçoise, vous-dites que, toutes les fois que vous faites ce tour, qui eet puisé fo magie npjre, vous avez une peur terrible -qu’il ne prenne fantaisie au diable de venir vous serrer la gorge on de vops emporter, et que, pour vous tranquilliser, -vous priez quelqu’un de^qnir vous .faire une croix sur le coude.
Les spectateurs qui, bien certainement, ne voudraient pas être privés de votre présence, vous rendent volontiers ce petit service. Lapersonne qui s’en cbaige s’étant approchée, vous pliez l'avant-bras sur le bras, que vous levez un .peu, et, eo présentant ainsi .votre coude, la main se trouve natareëeqaentfÇQntre votre .oreille, et très à portée pour prendre d’éponge.
La croix faite et l’éponge enlevée, vous déployez le bras, vous serrez un peu le poignet pour presser l’éponge contre le couteau. On voit aussi couler de la pointe de la lame la liqueur dont l’éponge était imprégnée.
•Vous reprenez le couteau de la main gauche pour le poser sur la table, et vous vous débarrassez de l’éponge le plus adroitement qu’il vous sera possible, comme, par exemple, en la mettant dans votre poche, sous prétexte de prendre votre mouchoir pour vous essayer .les mains, que vous auriez un peu mouillées dans l'opération.
POÜR l'aMCSïWESÏ jy»ONE SOCIÉTÉ A TABLE.
SECTION IV
Passe avec des grelots.
Vous passez à l'avance un grelot dans la manche du bràs gauche, et vous en posez deux sur la table. Vous en prenez un' des deux que vous escamotez, c'est-à-dire que vous retèuèz dans la main droite eti- feignant de le mettre dans' la main gauche ; vous laissez cette main gauche fermée, comaie si* vous: teniez le grelot; vous secbuez le bras en l’étendaht. hes spectateurs, qui entendent sonnerie grelot, s’imaginent que le son part de la main, et ne dôutent pas qu’il n'y soit effet tnement.
Vous prenez de la main droite l'autre grelot resté sur là table, vous étendez le bras, et, comme dans le tour de la pièce volante, vbus faites un mouvement du poignet, comme si von» lanciez dans- la main droite le grelot censé dans la main gauche.
On voit que ce petit tour tient à la prestidigitation; Pour le bien faire, il serait’ nécessaire de savoir un peu escamoter là museade dans le creux de la main, car le grelot s’esca4mote de même. Cependant, si vous n’aviez pas encore acquis cette adresse et que vous voulussiez fâirè ce tour, vous1 placeriez le grelot entre le pouce et l'index de la main droite, ehfaisant le geste de le mettre dans la main gauche.
SECTION v:
Bntou f*è»’ et- lier exactement un corps avec des cordes, qui tombent d’elles -mêmes comme par enchantement.
Demandez parmi les assistants une personne de bonne volonté. Quand elle se sera présentée, priez-Ia de se tenir de-
PETITS TOURS DIVERS
bout, et, avec sa permission, vous lui plantez tout doucement, un peu au-dessus du nombril, un couteau dont vous enfoncerez la lame à six ou sept centimètres de profondeur, pour que le couteau puisse se tenir dans une position horizontale. Cette disposition est de rigueur pour mener l’expérience à bonne tin.
Si, par insouciance ou par scrupule, personne ne voulait se prêter à cette intéressante formalité, alors, vous prendriez une canne ou un bâton de chaise, ce serait absolument la même chose, et peut-être plus commode.
Le couteau étant donc fixé dans le bâton de la même manière que vous l’auriez placé dans l’abdomen du personnage qui l'aurait bien voulu, vous prenez un cordon ou une jarretière, que vous tenez des deux mains. Vous posez le milieu du cordon au-dessus du couteau, et vous faites un tour autour du bâton, en ramenant les deux branches du cordon par-devant. Vous croisez ces deux branches au-dessus du couteau et vous les rabaissez pour les croiser, cette fois, audessous du couteau. Vous reportez encore les deux bouts par derrière, pour taire un deuxième tour. Les deux bouts étant ramenés par-devant, vous les tenez d'une main, et de l’autre main, vous retirez le couteau. Aussitôt le cordon se dégage et se sépare du bâton.
Cette petite expérience est étonnante, car le bâton a été réellement entouré plusieurs fois.
Mais il importe de prévenir que, toutes les fois que vous croisez le cordon, il faut toujours continuer de mettre en dessus la branche du cordon que vous avez commencé de mettre sur l’autre. Vous vous tromperiez seulement une fois, que le cordon ne se détacherait pas. Cette observation fait tout le secret du tour.
POUR l'aMUSEMENT* B’üSE' SOCIÉTÉ A TaBLE. 2Î9j
SECTION VI
L’écriture où tabac.
Je suppose que l’on ne sache pas encore feire prendre forcément la carte.
Vous aurez arrangé d’avance un jeu par dix-huitièmes. Vous faites prendre une carte, en faisant remarquer que vous laissez toute liberté de choisir celle qu’on voudra1. Vous coupez à l’endroit où la carte a été prise, et, eu jetant un coupd’œil sous le jeu, vous connaissez, par celle qui s’y trouve, la carte que l’on vient de prendre.
Vous allez chercher une feuille de papier blanc, qne vous avez préparée dans un endroit un peu écarté, et, avant que' d’apporter cette feuille, vous écrivez vite, avec un bout de suif propre et bien net, dont vous aurez eu soin de vous munir, le nom de la carte prise. Vous présentez à une personne cette feuille de papier, qui paraît d’un blanc intact. Vons priez cette personne d’écrire le nom de la carte que l’on vient de prendre. Elle vous répondra naturellement qu’elle ne le peut pas, u’ayant ni plume ni crayon ; alors vous dites : «‘Mais; Monsieur, on peut se passer de tout cela quand on peut disposer d’une prise de tabâc. » Vous en prenez une, que vous jetez sur le papier, et le nom de la carte paraît tout-à-coup en caractères trcs-visibles.
SECTION VII
Se rendre invisible à une nombreuse assemblée , en se 'présentant devant elle à visage découvert , sans être masgué d’aucun corps , et ayant un flambeau à la main.
U n’est pas nécessaire, pour se rendre invisible, d’avoir l’anneau de Gygcs, à l’aide duquel ce perfide favori enleva
Sorcellerie expliquée. 20
PETITS TOURS DIVERS
d’un seul coup, au pauvre roi Candaule, la vie, le trône et sa femme.
En vous proposant mon secret, ne pensez pas que je veuille vous parler du procédé qu’emploient certains débiteurs à l’égard de leurs créanciers; ce moyen est trop vulgaire et n’a rien d’étonnant. Voici celui que je donne:
Lorsque vous voudrez faire cette expérience devant une assemblée, faites retirer toutes les lumières qui seraient dans le salon où se trouve cette assemblée : il faut que l’obscurité soit complète.
Vous aurez un vase demi -sphérique, de n’importe quelle matière, pourvu qu’elle soit opaque.
Vous tiendrez ce demi-globe par sa base, et de façon à ce que le plan de son ouverture soit dans une position verticale.
Au bas de cette ouverture, un peu dans la concavité, fixez une lumière de chandelle ou de bougie. Entrez dans le salon, en tenant le vase contre vous.
Le corps de ce vase vous enveloppera d’une ombre qui vous rendra tout-à-fait invisible. Cette ombre parait d’autant plus noire, que la lumière vient frapper les yeux des spectateurs.
SECTION VIII
Merveilleuse apparition de trois stigmates dans
la main.
Il faut être circonspect sur la foi des annonces, en voici une preuve.
L’intitulé de cette section vous promet quelque chose de curieux, d’extraordinaire, et il n'est question que d’un tout petit tour que je ne mets ici qu’en raison du peu de personnes qui le savent, et de ce que, d’ailleurs, j’ai vu qu’il étonnait ceux devant qui on le faisait sans qu’ils pussent en deviner le moyeD.
pour l’amusement d’une société a table. 231
Sur une surface derrière laquelle on peut mettre la main, telle qu’une table, une cloison, une porte, etc., on fait tracer à la craie trois petites barres. On montre l’intérieur de la main, pour faire voir qu’il n’y a aucune marque. Les trois barres faites, je suppose sur une table, on place la main dessous, en recommandant de frapper sur ces trois petits traits, et, aussitôt, on démasque sa main, en faisant voir les trois barres qui y sont parfaitement imprimées.
Voici le mystère : avant de proposer le tour, on fait, avec de la craie, une marque bien appuyée sur chaque ongle des trois doigts du milieu, et, au moment où quelqu’un frappe sur les trois petites barres tracées sur la table, on ferme la main en serrant fortement, et on la rouvre en faisant couler les ongles contre la paume, mouvement qui imprime parfaitement les trois marques de craie dans la main, dont on ne voyait pas le manège, puisqu’elle était cachée par la table.
SECTION IX
Singulière manière de jouer aux dominos.
Rien de plus plaisant, pour les initiés, que de voir la surprise des témoins de cette manière de jouer, parce qu’on joue en posant le dos en dessus.
En effet, voir deux personnes jouer aux dominos, posant les points en-dessous, entendre dire : Je passe , ailes toujours, j'en ai, je bouche le jeu; et, la partie étant finie, voir qu’en retournant les points, ils se rapportent tous et coïncident parfaitement ensemble, cela a quelque chose d'étonnant et de mystérieux.
Si quelqu’un, parmi les spectateurs, soupçonne que les dominos sont marqués de façon à faire connaître les points qu’ils portent, on désabuse ces personnes en les priant de fournir elles-même le jeu, et en continuant de jouer avec ces nouveaux dominos. . .
r2 il .RET1TS TOURS DIVERS
Le RQoyen .de faire cette partie n'est certes pas ibien -sorcier. Les deux joueurs sont d’intelligence. Celui qui pose 4e premier avertit son partenaire du nombre de points que porte .pop doipino, en lui marchant sur le pied, sous la table,* autant de fois qu’il y a d’unités. Je suppose qu'il ait posé le douide-quatre, il;donne,ayec son pied quatre légers coups rapides ,SUr le pied de.soncompaguou; il observe un petit temps d’arrêt, et recommence à donner encore quatre .coups. L’autre est prévepu par cela que le domino, posé est le double-quatre : alors jl pose quatre. Si c'est, par exemple, le trois-quatre, il donne à son partenaire, à son tour, trois petits coups .avec le pied. L’autre joueur sait de suite qu’il a du trois 4 poser. On finit ainsi la,partie,en s’avertissant réciproquement, jpar le même moyen, des points que l’on vient de poser; ensuite on retourne les dominos sur .plage, pour faire voir qu’il n'y a point d’erreur.
Il est bien entendu qu’on prend, comme à l’ordinaire, ses sept dominos dans sa main.
SECTION X
Nouvelle manière de rnagnêtiser., qui réveille au Heu
Rendormir.
Adressez-vous à quelqu'une de oes femmes complaisantes qui. pourra vous procurer une de ces jolies créatures, à la .taille svelte, à l’œil fin, au pied mignon, plus délié cent fois que celui de la favorite en titre du maître absolu du Céleste- Empire, intéressante enfant du génie, à qui nous devons b forme élégante de nos vêtements, et que l'indocte vulgaire .Appelle prosaïquement une aiguille.
Lorsque vous serez en possession de ce joli :bÿou d’acier, passez-lui dans l’œil un de ces généreux conducteurs qui, gréce à la fillo de Minos, sauva la liberté et la vie à Tbésée dans le labyrinthe de Crète, et que je nommerai,-en faveur
TOUR L’AMUSEMENT D’üNE SOCIÉTÉ A TABLE. 233
de ceux qui ODt négligé l’étude de la mythologie, un long bout de fil; il doit être en soie noire, et, comme il faut qu'il soit double, vous joindrez les deux bouts ensemble.
Cette noble et importante opération terminée, choisissez un siège de prolétaire, car les sophas, les bergères, les fauteuils aristocratiques, etc. , ne conviennent pas à notre expérience; il faut une chaise de paille, et cette nécessité met les patriciens à l’abri de tout danger.
Au milieu de l’assiette de ce siège, au point où sc réunissent les quatre angies formés par la disposition de la paille, plantez votre aiguille par la tête et enfoncez-la jusqu’à ce que la pointe soit de niveau avec la surface dans laquelle vous l’enfoncez; quant au fil, vous le cachez entre deux torons de paille, et vous laissez pendre les bouts.
Si vous tirez ce fil, vous verrez l’aiguille s’élever bien verticalement avec dignité et majesté, sans s’incliner à droite ou à gauche comme un solliciteur. La force de ce mouvement est telle, que l’on peut percer une brochure ou une main de papier.
Supposez maintenant qu’une personne soit assise sur ce siège, et qu’ayant fait parvenir le fil entre vos doigts, vous le tiriez peu à peu, avec mesure et prudence, pour faire fonctionner le gentil instrument; il en résultera pour la personne assise, une sensation médiocrement agréable à cet endroit que nos lois civiles (ou sur la civilité) ne permettent pas de nommer, si ce n'est en parlant du fond d'un gobelet, de la profondeur d’une basse-fosse ou de la partie la plus délicate d’un artichaut.
On comprend bien que la personne ainsi affectée de cette impression inattendue se lève subitement, comme si elle venait de recevoir une commotion électrique, et si vous tirez vite le fil pour enlever l’aiguille, elle cherchera en vain la cause immédiate de cette impertinente familiarité.
Double embarras pour la déplorable victime de ce tour perfide ; car, si on lui demande raison d’un petit cri aigu
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.qu’elle n’apu retenir, un certain respect humain s’opposeà toute réponse explicite ; la langue s'embarrasse dans des monosyllables tels que : « Mais... diable.... c’est que...» Cependant, un geste significatif de la main, toujours immanquable en pareil cas, vient à . son recours, en donnant l'explication positive que la langue se refuse à donner.
, On peut faire cette plaisanterie peu chrétienne dans une assemblée de personnes réunies à table. En causant aven sas voisins de droite et de gauche, on amène la conversation à propos, pour leur dire que, par la seule volonté, comme dans le magnétisme, on peut électriser une personne qui «ejrait éloignée de soi. « Cela n'est pas possible, vous répopdra-t-on. — Faites-moi seuiementle plus léger signe, quand vous voudrez en voir l’effet. »
On ne manquera pas de vous prendre au mot ; alors, vous tirez furtivement le fil qui, du siège préparé, aboutit dans votre main en passant sous la table; et l’expérience a lieu an -grand étonnement de ceux que vous aviez mis dans la confidence.
Pour donner une haute idée de votre puissance -magique , il faut désigner la victime avec cette indifférence qui donner croire que vous prenez la première venue.
Mais n’oubliez pas qu’il faut que la prudence guide la main qui tient le fil.
Je laisse ces petites récréations de table, pour passer à. des leurs .plus intéressants.