‹ La sorcellerie ancienne et moderne expliquée, ou, Cours complet de prestidigitationChapitre 33 sur 64 · NUMÉRO CINQ · texte numérisé non relu

NUMÉRO CINQ

La boite à la carte et à l’oiseau.

Cette boite offre les mêmes avantages que la précédente, sous le rapport de la difficulté, pour les profanes, de connaître son mécanisme, de l'étendue de ses services et de son ingénieuse invention.

On peut la faire en fer-blanc ou eD bois, mais ce dernier est infiniment préférable. La forme de cette boîte tient beaucoup de celle du coffre ; voici ses dimensions ordinaires, mais on peut en faire de plus grandes!, surtout pour le théâtre.

De hauteur, en tout, y compris le couvercle, 11 centimètres; 12 de longueur et 8 de largeur.

A un peu plus du quart de la hauteur de la boite, pris dans son intérieur et à partir du fond, est placée une planchette très-mince, qui, étant appliquée contre la paroi intérieure de la boite, doit venir presqu'à fleur du bord de ladite boite. Si Ton couche cette planchette parallèlement au fond, sa surface doit remplir toute l'étendue de la boite, mais sans toucher aucune des parois ; elle forme ainsi un double fond.

Cette planchette est maintenue dans sa position, d’une part par un petit tourillon pla?cé sur son côté en bas, lequel entre dans un trou de même diamètre que le tourillon; ce trou est fait aussi sur le côté de la boite, en dedans; de l'autre côté, par une pointe en crochet qui communique à un ressort en spirale placé sur le côté de la boite. Ce ressort est enchâssé dans une entaille circulaire, faite à

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l’extérieur de la boite, si elle est en bois, et elle est naturellement cachée par le placage.

Si la boîte est en fer-blanc, comme ce fer-blanc est doublé partout, le ressort est placé entre les deux feuilles, qui, bien entendu, sont éloignées l’üne de l’autre environ de 1 centimètre, ce qui leur donne l’apparence d’une épaisseur de planchette.

Ce ressort est attaché au crochet de la tablette de manière à obliger celle-ci de se tenir plaquée centre le côté d#la boite ; mais elle fléchit facilement, en l’attirant avec le doigt parle haut. Elle se maintient dans une position horizontale, âu moyen d'une petite pointe qui ‘est mue par une tige placée dans une rainure faite à demi-bois, au milieu de la planche qui forme le devant de la boite. Cette petite pointe est rivée à la tige, près de l’extrémité. Le tout est caché par le placage, si la boite est en bois, et la tige entre les deux feuilles, si la boite est en fer-blanc.

Dans les bottes en bois, la tige est soutenue dans la rainure par une petite traverse qui passe par un trou fait dans oétte tige et qui n’en gêne pas le mouvement. Les deux extrémités de la traverse sont incrustées dans le bois. A peu de distance de l’extrémité supérieure de la tige, est attaché un bout de ressort de montre; ce ressort entre dans la rainure quand oii place la tige.

C'est au niveau de la planchette, quand elle est dans une position horizontale, qu’est placée la pointe qui la retient, laquelle, étant rivée dans la tige, passe au travers du bois au fhoyen d’un trou et retient la tablette.

t)ü comprend maintenant que cette pointe a la faculté de feutrer dans l’épaisseur du bois et d’en sortir, étant dirigéé pâr la tige, qui est souïüise elle-même au ressort qui y est fixé.

Lyétat permanent de la pointé est de rester saillante dans rffttèriéur de la boîte. Si l'on pousse sur le bois le haut de la tige, la pointe rentrera.

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Il reste à dire à présent que le bout supérieur de la tige est limé d'une façon qu’on appelle en bec de flûte.

Un bout de métal pareil à la tige, fixé au bord du couvercle, est de même taillé en bec de flûte, et do^, correspondre à la lige ; de sorte qu’en fermant la boite, ces deux extrémités, se rencontrant, font faire un mouvement à la tige, qui fait rentrer la pointe qui arrête le double fond, lequel se relève brusquement par l’action du ressort placé au côté de la boite. Ce double fond, se relevant, emporte avec lui la carte mise dessus, et la cache contre la paroi.

Le couvercle de cette botte s’ouvre à charnière.

Comme le double fond, étant relevé, laisse un enfoncement depuis lui jusqu'au fond de la botte, il faut le remplir en y collant une planchette de même épaisseur que le doublé fond. Il faut aussi faire quelques trous au fond de la boite, pour donner de l’air à l'oiseau, dans le cas où on en mettrait un.

Je me contenterai, pour le moment, de ces quelques de»* criptions de pièces dont on peut se servir pour les tours de salon. lien est d’autres que je décrirai au fûr et à mesure qu’fl en sera besoin pour les tours qu’H me reste à expliquer. Quant aux instruments qui ne sont propres qu’au théâtre, ce n’est pas encore ici le moment de m’en occuper.

Je ferai remarquer, qu’avec ce peu de pièces que je viens de décrire, on peut faire une quantité indéfinie de tours, et en composer soi-même selon son goût et son imagination : «n les varie en adjoignant diversement les pièces, et en s'eu servant conjointement, tantôt oelle-ci avec l’une, tantôt avec Pautre.

TOURS DE SAXON

SECTION XXII

Faire passer dans un vase vide un mouchoir mis dans une boite, et faire retourner dans la boite ce même mouchoir, le vase et la boîte étant éloignés l’un de l’autre, ou chacun dans les mains d’une personne.

On peut voir, par ce tour, combien il est facile d’en faire de très-surprenants avec des instruments mécanisés.

Prenez la boite aux bonbons n° 3, section XXL Donnezla à visiter, après en avoir ôté le tiroir, que personne ne suspecte, le voyant vide et sans apparence d'apprêts. Remettcz-le, et posez la boite sur la table.

Dans le vase n° 4, vous mettez d’avance un mouchoir blanc dans l'une des deux cases, et amènerez à l'ouverture la case qui reste vide.

Vous faites remarquer qu’il n’y a rien dans ce vase, en montrant son intérieur, et en faisant jouer dedans le bout d'une baguette, pour mieux prouver qu'il est vide.

Vous remettez le couvercle, et en portant le vase sur la table, vous faites faire un demi-tour au pied, pour ramener à l’ouverture la case qui est remplie.

Vous empruntez un mouchoir : si l’on vous en présente un de couleur, vous le refusez, sous prétexte qu’il est, soit trop grand, soit trop épais, ou sous tout autre prétexte; mais en vous adressant à des dames, qui toutes portent des mouchoirs blancs, ce contre-temps n’est point à craindre. Dans tous les cas, gardez-vous d’affecter de n'en vouloir qu'un blanc; ce serait une maladresse.

Vous mettez ce mouchoir dans le tiroir de la boite devant toute l'assemblée. Alors, en touchant les deux objets du bout de la baguette magique, vous commandez au mouchoir que vous venez de mettre dans la boite de passer dans le vase

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que l'on vient de faire voir vide. Vous ouvrefc ce vase, et vous en tirez le mouchoir pour le mieux montrer. Vous le remettez, et, pour prouver que vous ne ^escamotez point, vous faites quelques pas devant les spectateurs , en leur faisant voir l'intérieur du vase dans lequel ils aperçoivent toujours le mouchoir. Cette démarche a pour but de vous- donner le ioisir de faire faire le demi-tour au pied, pour ramener in case vide en allant reporter le vase sur la table. Vous prenez la bette en poussant le ressort de dessous, pour arrêter la partie intérieure du tiroir où est le mouchoir, et ne tirer que la partie extérieure qui est vide, et le mouchoir parait être sorti de la boite. Vous. la refermez et la reportez sur la table. Maintenant, en retouclwnt de nouveau la boite et le vase avec la . baguette, vous ordonnez au mouchoir de sortir du vase et de revenir invisiblement dans la boite»

Vous faites voir que le vase est vide, et,,en ôtant le tiroir dp la botte, on revoit le mouchoir qui en remplit toute la capacitif et on le rend à la personne qui l'a prêté et qqi Je reconnaît.

SECTION XXIII

flaire que deux pièces de cinq francs, enfermées dans une tabatière, qui est elle-même enfermée dans un vase, passent au travers d'un ruban dans un verre éloigné du vase.

Effet. — On emprunte deux pièces de cinq francs que l'on «efcdwsune tabatière; on met cette tabatière dans un vase que l'bn ferme. On prend an verre à pied sur lequel est placé tim couvercle, et ce verre et le Vase sent posés sur la table b une certaine distance l'un de l'antre.

Un ruban communique à ces deux objets, auxquels il est attaché à chacun d’eux par ses bouts.

Au commandement d'üne des personnes présentes, les piè-

TOURS DE SALON

ces enfermées dans la tabatière qui est dans le vase, en sortent et se rendent dans le gobelet avec bruit.

On retire la tabatière du vase, on l'ouvre, et elle ne contient plus rien.

On remet la tabatière vide dans le vase, que l’on referme.

On reprend les pièces dans le verre, on les met dans sa main et on leur ordonne de rentrer magiquement dans la tabatière enfermée. On fait remarquer qu’on n’a plus rien dans la main; on ouvre le vase pour reprendre la tabatière, dans laquelle on commence par faire entendre les pièces, que l’on fait voir ensuite en ouvrant la boîte.

Explication. — Pour ce tour, on se sert du vase n° 1 et du couvercle mécanisé n° 2, section XXI.

On se souvient que le vase est à deux compartiments et que chacun peut aisément contenir une tabatière : on en a deux toutes pareilles. On en met une dans chaque case. On place d’avance deux pièces de cinq francs dans le couvercle, et on a préparé un gobelet à pied sur lequel le couvercle doit s’ajuster. U ne faut pas oublier le ruban, et toutes les dispositions seront prises.

On commence le tour par retirer du vase la tabatière qui est dans la première case; on montre l’intérieur de cette case pour prouver qu’il n’y a plus rien.

On emprunte deux pièces de cinq francs et od les met dans la tabatière, que l’on secoue en la mettant dans le vase pour faire sonner les pièces. On couvre le vase et on le pose sur la table.

On met à quelque distance de ce vase le verre à pied, sur lequel on place le couvercle. On attache à l’anneau mobile de ce couvercle un ruban, que l’on fait tenir par un nœud. On attache l’autre bout de ce même ruban au bas de la boule qui est au sommet du vase. On écarte le verre et le vase pour faire raidir le ruban; et, en posant les mains sur les pieds de ces deux objets, vous invitez une personne de commander aux

pièces de sortir de la tabatière. Au moment du commandement, vous appuyez sur les pieds placés sous vos mains.

Cette pression fait tendre fortement le ruban, qui, en tirant l’anneau, fait ouvrir la rainure du couvercle, et les pièces tombent dans le verre.

Comme il y a peu d’espace entre le fond du couvercle et celui du verre, on pourrait dire que les pièces touchent ce dernier fond en même temps qu’elles sortent du premier; aussi, chose très-avantageuse pour le tour, c’est que, si attentifs que soient les spectateurs, ils ne peuvent pas distinguer d’où viennent les pièces, en les voyant paraître.

On ouvre le vase en serrant, pour enlever la deuxième partie avec celle qui la couvre. C’est alors la tabatière de la seconde case que l'on retire et que les spectateurs prennent toujours pour la première.

On fait voir qu’il n’y a plus rien dedans. On la remet dans le vase, que l’on referme; ensuite, on prend, l’une après l’autre, les pièces qui étaient dans le verre, et on les escamote en les laissant tomber sur la gibecière, comme il est expliqué à la page 147 de la deuxième partie de cet ouvrage.

On ouvre le vase à la première case, en n'enlevant que le couvercle, et on fait voir que les pièces sont revenues dans la tabatière.

SECTION XXIV

Faire sortir invisiblement un oiseau mis dans un vase, pour le faire trouver dans une boite tenue par une dame , en place d’une carte tirée qu’on avait mise dans ladite botte, laquelle carte se trouve dans une botte oh il n’y avait rien.

Ce tour produit beaucoup d’effet, et il est aussi facile à exécuter au salon qu’au théâtre.

On se sert de trois pièces dans son exécution : du vase aux

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tabatières, n° 1, de la boite à l’oiseau, n° 5, et de >la petite bette carrée que l’on a fait connaître dans la section IX du présent chapitre.

On se procurera deux oiseaux assez semblables pour qu’on puisse prendre l’un pour l’autre, chose facile, surtout panai les serins.

On en apportera un dans une petite cage que fon posera sur la table.

ûn mettra l’autre, d’avance, dans le fond de la boite n° 5, têt le double fond par-dessus.

Dans la petite boite carrée on placera, sous le double fond, une carte pareille à celle que l’on doit faire tirer forcément.

Ces dispositions prises, on ouvre 1e vase aux tabatières à la seconde case, pour faire voir qu’il n’y a rien. On ouvre aussi •la petite boite, où est une carte cachée, pour montrer qu’elle eut vide ; on referme.

On fait tirer la carte par une dame, on la prie ensuite de mettre cette carte dans la botte n° 5, qu’on lui Laàsee entrc les mains après l’avoir fait fermer.

On reprend le vase n° t, on l’ouvre à la première case, dans laquelle on met l’oiseau, que l’on tire de sa cage ; on referme le vase. On pose le bout de la baguette magnétique sur chacune des trois boites, en disant que cet attouchement va opérer un changement remarquable dans leurs intérieurs.

On ouvre le vase à la seconde case, on fait observer qu'il n'y a plus d’oiseau. On ouvre la petite boite carrée, et on y ▼oit la carte prise par la dame qui tient la boîte dans laquelle cette carte était. Cette dame ouvre la boite qu’elle tient, et, à ao-g ronde surprise, y voit le serin en place de sa carte.

Ce qu’il y a de plus frappant dans ce tour, c’est que les spectateurs sont toujours tentés d’examiner la boite d’où l’oiseau vient de sortir, et, dans ce moment, cette boite parait dans toute sa profondeur et sans la moindre apparence de mécanisme, parce que le double fond est relevé, et que, dans

cet état, il met en défaut les recherches les plus minutieuses. Quand ce double fond est couché, on n'y fait pas attention, d'abord, parce que tout l'intérieur est peint en noir, et que, de plus, on n’a nulle raison alors pour désirer le visiter.

On comprend que, par le mécanisme de cette boite, le double fond qui se relève, relève avec lui la carte, en même temps qu'il découvre l’oiseau; et cette carte se trouve naturellement cachée entre lui et la paroi de la boîte.

SECTION XXV

Autre usage de la boîte à l’oiseau.

Si, n’ayant pas d’oiseau, on voulait se servir de cette boite dans une séance, voici un tour très-agréable que l'on pourra faire avec.

On aura une vingtaine de cartes blanches, sur chacune desquelles on écrira le nom d'un objet quelconque, comme, par exemple : millet , haricot, café, bonbons, fleurs, amandes, raisin sec, etc.

On fait tirer forcément la carte qui porte, le nom de l’objet que l’on a préparé dans le fond de la boite.

Je suppose que l’on ait mis des fleurs; on fait tirer la carte qui porte le mot fleurs. Alors vous dites : « Madame, mettez dans cette boite la carte que vous avez prise au hasard parmi toutes ces cartes qui portent des noms différents. Cette carte va se métamorphoser en la substance dont elle porte le nom. Ouvrez la boîte, Madame. Vous voyez que la carte n’existe plus, et qu’elle est changée en fleurs, puisqu’elle en portait le nom. »

On distribue ces fleurs aux dames. Il peut en tenir encore passablement, en les pressant un peu, et on en augmente le volume en les remuant légèrement.

tours de salon

SEGTION XXVI.

Naissance spontanée d'une fleur.

Il y a plusieurs moyens de laire ce tour, mais trop connus pour les rappeler ici. Cependant, en voici un dont je réponds de la nouveauté, parce que je l'ai fait exécuter pour moi d'après ma propre idée; mais on va voir qu’il ne m'a pas fallu faire grands frais d'imagination pour cela.

C'est un vase en fer-blanc, que l’on fera peindre au vernis le plus proprement possible. On lui donnera là forme d'un vase aux fleurs, peu évasé et assez élevé.

Ce vase est double et construitde manière qu'entre les deux doubles il puisse y être contenu à peu près les trois quarts de ce que peut contenir toute la capacité du vase.

Il y aura un trou percé au fond dans l'intérieur de ce vase, et un au-dessus, sur le bord.

Pour remplir cet intervalle qui existe entre les deux corps de fer-blanc, on bouchera le trou du fond avec une cheville et avec un entonnoir dont le bout du tuyau est très-délié, on fera passer de l’eau autant qu'il pourra y en entrer; et, avant de retirer la cheville qui bouche le trou du fond, on bouchera celui du haut avec une petite boulette de cire, et Peau ne bougera pas quand on retirera la cheville. Mais, si l'on ôte la boulette de cire, l’eau s’échappe par le trou du fond et monte dans l’intérieur du vase, jusqu’à ce que toute l'eau soit écoulée de l’espace où elle était.

Manière de faire le tour.— On aura une rondelle en liège, d'un centimètre au moins d’épaisseur, et d’un diamètre un peu moindre que celui du fond du vase. On fixera au milieu de cette rondelle une petite douille en fer-blanc. Ou la fera peindre en vert.

Dans l'ouverture qui est au bout de cette petite douille,on

EXÉCUTÉS SANS AIDES. v- 3fl

plantera une fleur par sa queue, qui sera courte, pour que la fleur ne s’élève pas trop. Ces préparatifs terminés, on leir met dans le vase.

En raison de la forme élevée de ce vase, la fleur, qui est au fond, ne peut pas' être aperçue.

On entretient l’assemblée d’un moyen chftnique dont on est en possession pour faire naître des fleurs à l’instant.

On feint de mettre quelque graine dans le vase ; on y verse deux ou trois gouttes d’une liqueur quelconque, et en même temps on retire la boulette qui bouchait la petite -ouverture du haut. Un moment après, on voit la fleur commencer à paraître et s’élever peu à peu jusqu’à ce qu’elle soit entièrement découverte; on la cueille pour l’offrir à une dame.

Il serait bon de poser le vase sur une assiette, pourpré* venir tout soupçon de communication entre lui et ia table.

Je ne crois pas qu’il soit nécessaire de faire observer que le liège, surnageant toujours sur l’eau, monte, ainsi que la fleur, au fur et à mesure que l’eau s’élève.

SECTION XXVII

Voyages d*un mouchoir dans différentes contrées.

Effet du tour. — On emprunte un mouchoir que l’on va poser sur la table.

En présence de l’assemblée, on emplit deux bottes de millet ôtt dë rtz, et on les recouvre.

On donne une boite vide à une personne en la priant de la tttëttte sous ses pieds.

On met le mouchoir emprunté daus une autre boite que fon ferme, Ce moüchôir sort de la boite invisiblement pour sè rendre dans uné des boites où on a mis du millet, qui ne frdnvè pins. De- cette botte au millet, le mouchoir passe dans l’autre, de laquelle le millet disparaît aussi. Ei, enfin, £o urotichêïr sort de même de cette dernière boite, pour se

TOURS DE SALON

trouver dans celle qu’une personne tient sous ses pieds, et dans laquelle il n’y avait d’abord rien.

On fait remarquer que, quand le mouchoir sort des boites au millet, le millet y revient aussitôt.

Explication. — On vient de voir qu’il faut quatre pièces mécanisées pour l’exécution de ce tour : les deux boites an sucre et au café, la boîte au tiroir double, et une quatrième boite que je vais décrire.

Cette boîte est très-simple dans sa construction : elle est faite comme celles dont les dames se servent pour mettre leurs ouvrages à l'aiguille, et que, pour cela, on appelle boîtes à ouvrage.

Voici les moindres proportions qu’on pourra lui donner : 25 centimètres de longueur, 17 de largeur et 10 de hauteur en tout, c’est-à-dire en y comprenant le couvercle.

Il n’y a de différence entre cette boite et les boites ordinaires, que dans la construction du couvercle.

On fera ce couvercle assez haut, ce qui n'aura rien de choquant pour la vue, parce que, dans ces sortes de boites, on les fait tels; un peu plus, un peu moins, c’est indifférent. Dans l’intérieur de ce couvercle, on fixera, à chaque coin, un petit tasseau poûr arrêter un double fond très-mince, qui doit laisser, entre lui et le fond propre du couvercle, assez d’espace pour loger un mouchoir de poche.

Dans les boites ordinaires à ouvrage, on met souvent, de chaque côté, une petite poignée en acier ou eu cuivre, pour les enjoliver. Il faudra en mettre à notre boite; mais, au lieu de les placer sur la cuvette, on les placera sur les côtés du couvercle, au niveau de l’endroit où s’arrête le double fond.

La queue de ces poignées passant au travers du bois, M faudra disposer celles de notre boite de façon qu’elles puissent être un peu poussées et tirées sans qu’elles puissent se détacher du couvercle.

On comprend déjà que ce sont ces queues de poignées qui

doivent soutenir le double fond en dedans, et que leur petit mouvement de va et vient est nécessaire pour faire sortir les queues hors de l'épaisseur du bois, ou pour les faire rentrer.

Quand on veut que le double fond reste en place, contre les quatre petits tasseaux, on pousse les poignées; leurs queues ressortent dans l’intérieur et arrêtent le double fond. Si l’on veut faire tomber ce double fond sur celui de la boîte, on tire les poignées, et les petits crochets rentrant dans le bois, le double fond tombe, n’ayant plus de soutien. Tout l’intérieur de la boite sera peint en noir.

Voilà tout le mécanisme de cette boîte et ce qui en constitue le mystère.

Manière de faire le tour. — Dans les compartiments du haut des boites au sucre et au café, on simulera des mouchoirs avec des morceaux de mousseline, comme cela est expliqué à la fin de la section XI de ce chapitre. Vous poserex ces boîtes sur votre table.

Vous cacherez sous votre habit un mouchoir blanc à vous, et vous en emprunterez un. En retournant à votre table, vous ferez l’échange, ce qui est facile puisque vous avez le dos tourné du côté des spectateurs.

Vous posez votre mouchoir sur la table, et vous allez chercher la boite que je viens de décrire, qui doit être placée dans un endroit hors de la vue des personnes qui composent l’assemblée. Vous mettez promptement le mouchoir qui vous reste sous l’habit entre les deux fonds du couvercle, et vous poussez les poignées pour fixer le double fond.

En revenant avec la boîte, vous l’ouvrez et vous faites voir qu’elle ne contient rien. Vous la refermez, et la mettant sous les pieds de la dame qui vous a prêté le mouchoir, vous tirez les poignées pour que le faux fond tombe dans le fond de la boîte avec le mouchoir.

Vous ouvrez les deux boites au sucre et au café, en enle- SorceUerie expliquée. 27

TOURS DE SALON

Tant le compartiment du haut avec le couvercle. Ces deux boites paraissent alors entièrement vides. Vous les remplissez de riz ou de millet devant les assistants ; vous les recouvrez, et, en les reposant sur la table, vous les éloignez un peu Tune de l’autre.

Vous prenez le mouchoir resté sur la table, et que les spectateurs prennent toujours pour celui qui a été prêté ; vous le mettez dans la boîte au tiroir double, après avoir fait visiter cette boite.

Yous ordonnez à ce mouchoir, que vous venez de renfermer, de passer dans une des boites qu’on vient de voir remplir de millet. Vous tirez la partie du tiroir qui paraît vide, vous ouvrez la boite où il devrait y avoir du millet, et on ne voit plus que le mouchoir, parce que vous n'avez ôté que le eouvercle. Vous refermez et ordonnez de nouveau au mouchoir, que l’on vient de voir, de passer dans l’autre boîte. En ouvrant cette dernière, vous faites voir que le mouchoir a obéi. Enfin, ayant refermé cette boîte, vous commandez au mouchoir, que l’on vient de montrer, de passer dans la boîte qu’une dame tient sous ses pieds. Cette dame ouvre, et voit son mouchoir qui semble emplir toute la boîte, parce qu’en tombant dans le fond il s’est développé.

Cette dernière circonstance du tour est vraiment étonnante, car les spectateurs, ayant vu l’intérieur de la boîte au moment de la donner à la personne qui la met sous ses pieds, sont bien persuadés qu’il n’y avait rien. La dame prend son mouchoir et le reconnaît.

On n’oubliera pas, quand le mouchoir en sera censé sorti, de faire voir que le millet est revenu dans les boîtes.

SECTION XXVIU.

promenade isolée d’iuie pièce de cinq francs sur la lame d’un sabre.

Malgré ma répugnance à rappeler un tour qui a déjà été publié, j’y suis quelquefois forcé pour en faire comprendre un nouveau ou inédit, qui aura de l’analogie avec le premier.

C'est le cas dans lequel je me trouve en ce moment, pour satisfaire le désir que j’ai de faire part aux amateurs de prestidigitation d’un tour depuis peu importé en France par on étranger.

On connaît depuis longtemps la danse de l’œuf ssur une canne. Decremps, dans sa Magie blanche, a très-bien décrit le moyen de faire ce tour, qui, publié depuis plus d’un demi» siècle, est encore vu avec plaisir.

Le moyen n’est autre chose qu’une aiguillée de fil noir, dont l’un des bouts tient à l’œuf à l’aide d’une épingle ou d’un brin de bois lié au milieu par le fil et que l’on faU passer dans l’œuf par un petit trou qu’on y a fait. Cette épingle ou brin de bois, étant entré, se place de lui-même longitudinalement sur la surface intérieure de l'œuf. L’autre bout du fil est attaché au bouton de la ceinture du pantalon ou do l'habit. Il est inutile de boucher, comme le dit Decremps, ko trou fait à l’œuf.

Mais le plus important du tour, et ce que Decremps a négligé d’expliquer, c’est de taire croire aux spectateurs que l’œuf qui danse a été choisi par eux.

11 y a, pour cela, plusieurs moyens, plus ou moins ingénieux, employés par les prestidigitateurs; mais, de tous, voici celui que je préfère, comme étant le plus simple et le plus nature).

Ou prend d’une main son œuf préparé avec deux autres*

316 TOURS DE SALON

De l’autre main on tient une assiette. Etant arrivé devant Rassemblée, on pose ces trois œufs dans l’assiette, mettant an milieu celui qui est préparé. On prie quelqu’un de désigner celui qui doit montrer son savoir-faire sur la valse.

Si, par hasard (car ce serait un hasard), on ne désignait pas celui du milieu, on prend celui qu’on indique , comme pour le séparer de ceux qui restent, et, en allant reporter sur la table l’assiette et les deux œufs, an échange adroitement celui qu’on tient avec celui qui est préparé. Les spectateurs, ayant vu trois œufs rouler sur un plat, n'ont aucune raison pour suspecter l’un plus que les autres.

On prend une canne au milieu de laquelle on pose l’œuf; ou affecte de tâtonner un moment et on exécute le tour. On penche insensiblement tantôt la main droite, tantôt la gauche, et l’œuf parait parcourir de lui-méme toute la longueur de la canne; mais il faut s’exercer pour bien faire cette manœuvre, parce que le 01 qui maintient l’œuf doit toujours être tendu également.

On voit qu'il n’est pas nécessaire de se servir du chapeau dont parle Decremps. Si c’était une nécessité, comme il faut que le chapeau tombe, cela serait sans doute dans l’intérêt des chapeliers, mais point du tout dans celui du propriétaire du chapeau. -

L’œuf ayant rempli son rôle en artiste consommé, pour le récompenser de son travail, on le prend et on l’ouvre en deux sur une assiette, sous prétexte de montrer qu’il était très-naturel, et en même temps pour s’en débarrasser.

Quelquefois on fait, immédiatement après ce tour, celui de l'omelette dans le chapeau ; dans ce cas, on se sert de l’œuf cassé. Je ne parlerai pâs de ce tour, qui est trop connu.

Si je me suis un peu étendu dans l’explication de celui-ci, depuis longtemps publié, c’est, comme je l’ai dit, parce que Decremps, qui a bien donné le moyen par lequel se fait un tour, n’a pas donné la manière de l’exécuter. Connaître le moyen n’est pas tout : l'essentiel est de savoir le présenter et

EXÉCUTÉS SAKS AIDES.

le faire valoir; à ce sujet , il ne faut passer sur rien dans les explications, et je crois que, dans la matièie que je traite^ contrairement à toute autre, le laconisme ne serait pas toujours un mérite, car tout le monde n’a pas La faculté de deviner.

Je viens au tour que j’ai promis.

On peut faire suivre celui-ci immédiatement de la danse del’œuf. Ayant terminé ce dernier, on dit : « Plusieurs personnes 6e sont imaginées quele tour que je viens de faire s’exécutait par le moyen de ressorts, dé lits ou de quelque mécanisme. On se trompe, il n’y a rien de tout cela. Si quelqu’un a des oeufs dans sa poche, qu’on me les donne, et je les ferai valser aussi bien que celui dont je viens de me servir. Si on n'a pas d’œuf, on a bieu quelques pièces de cinq francs, des tabatières, des bonbonnières? C’est la môme chose. Je renonce aussi à ma canne, pour prouver que tout objet m’est indifférent. Voici un sabre que j’avais disposé pour quelques autres tours, je vais m’en servir. On peut le visiter (on le donne). »

Après cet éloquent exorde, on prend le sabre. On emprunte une pièce de cinq francs, on la pose de suite contre la lame du labre, et elle se promène et roule d’un bout à l’autre, comme l’œuf sur la canuo.

On remet cette pièce à la personne qui l'a prêtée; on ea demande une autre, qui fait le môme exercice. On peut faire valser ainsi des tabatières, des bonbonnières et autres choses semblables, pourvu qu’elles ne soient pas trop pesantes. O* change plusieurs fois les objets, que l’on rend pour en reprendre d’autres.

Explication du moyen. — C’est tout simplement une espèce de bouton en cuivre, qui a quelque ressemblance avec ces doubles boutons de chemise que l’on paisse par les deux boutonnières. Ce sont enfin deux boutons jumeaux séparés par une profonde rainure, et qui tiennent ensemble par une petite tige ménagée au centre. On pourra donner à ces bou-

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tons 15 ou 16 millimètres de diamètre. De ces deux boutons, il y en a un qui est mince et plat, sur la surface duquel on fera quelques rayures pour mieux retenir de la cire que l'on doit y mettre. L’autre partie de ce bouton doit être trèsépaisse et assez pesante pour pouvoir équilibrer une pièce de cinq francs.

On met de la cire à sceller sur la surface du bouton mince.

Quand on fait le tour' on tient ce bouton caché dans la main gauche. On prend, de la main droite, la pièce qu’on vous présente, et, la transportant dans l’autre main, on y colle le bouton, qui tient de suite.

La surface de la pièce qui est opposée à celle où est le bonton, étant tournée du côté des spectateurs, empêche ceux-ci de voir ce bouton, qui est d’un bien moindre volume que la pièce.

On prend le sabre, que l’on tient dans une position horizontale; on met la rainure du bouton sur le taillant, qui y entre aisément, et, faisant jouer légèrement le sabre, comme on fait avec la canne, c’est-à-dire en le portant et l’inclinant un peu de droite à gauche, on voit la pièce, allant et revenant, parcourir en roulant toute la longueur de l’arme; on la reprend, et, la détachant du bouton, que l'on garde toujours dans la main gauche, on la reud, pour en reprendre une autre, que l'on fait manœuvrer de même. On sent bien que l’ôn eu peut faire autant d’une tabatière ou d’une bonbonnière légère, comme d’une pièce de cinq francs.

SECTION XXIX

La montre brisée et raccommodée.

Sans être doué d'un génie supérieur, ni d’une adresse prodigieuse, on peut avoir le talent de briser une montre; mais, pour la raccommoder en aussi peu de temps qu'il en

faut pour la broyer, je le donne à l'horloger le plus habile. C’est cependant ce que je me propose de vous enseigner, mais par les moyens que donne la magie blanche; je n'en connais pas d’autres, et je crois même qu’il n’y en a pas.

Je vais expliquer ce tour comme les professeurs de physique amusante l’ont toujours fait jusqu’à présent, et en le comparant avec le même que Decremps a décrit dans sa Magie blanche, il sera facile de voir combien il était dans l’erreur dans sa façon de le concevoir. On va comprendre que l'on n’a pas besoin de deux sortes de compères, comme il le dit, ni d’attendre l’occasion d’examiner la montre d’une personne pour s'en procurer une pareille, dans l’espoir que cette peiEonne assistera à une séance dans laquelle on ferait ce tour.

11 en est de même dans presque tous ceux qu’il a décrits avec beaucoup d’esprit, mais peu de fondement; comme j’avais à cœur de le démontrer, m’y étant engagé dans l’introduction de cet ouvrage, j’ai choisi ce tour de préférence aux autres, parce qu’il est un des moins abandonnés. Sans le motif que je viens d’alléguer, je n’en aurais pas parlé, parce qu’il est déjà ancien et qu’on ne le pratique plus guère à présent. Dans la description des tours, de théâtre, j’aurai occasion de revenir sur ce sujet, pour appuyer mes preuves et les rendre plus évidentes.

11 y a plusieurs manières de faire ce tour, qui diffèrent toutes de celle insérée dans la Magie blanche de Decremps. Voici la plus simple, qui n’est pas la moins bonne :

On se sert du mortier et du pilon décrits dans la section X de ce chapitre. Dans le pilon, on placera toutes les parties d’une montre avec sa boite, qu'il faudrait un peu bossuer. On choisira cette boite de la forme de celle qu’on porte le plus communément. Avoir peur que le propriétaire de la montre que vous allez emprunter demande la fausse boite, pour l’examiner et voir si c’est la sienne, serait le fait d’un prestidigitateur novice. Celui qui a de l’expérience n’a pas

cette crainte, qui ne serait que chimérique , parce qu'on ne demande jamais à faire cet examen.

Gn fait visiter le mortier, que l’on reporte après sur la table; On emprunte une montre, et/ comme, ordinairement, on en offre plusieurs, on a soin de prendre celle qui a le plus de ressemblance avec la fausse boite. On ôte la chaîne, et on met ou on fait mettre la montre dans le mortier. On donne dessus un fort coup avec le pilon; on sait que, d'après la construction des instruments, ce coup ne peut pas endommager la montre. *

La nature du bruit occasionné par les débris renfermés dans le pilon, fait croire que la montre est effectivement brisée. On renverse le tout sur la table; la montre ne court aucun risque de tomber, étant retenue dans le mortier par la rondelle que le pilon a lâchée.

On reporte le mortier sur une table du fond, sous prétexte d’aller chercher le papier daus lequel vous voulez enfermer les débris que vous venez de verser sur la table de devant. Quand ces débris sont rassemblés, on les enveloppe dans le papier, et on va chercher le vasè aux tabatières, qui est tout disposé. Mais avant, on prend vite la vraie montre Testée dans le mortier ; on l'enveloppe à la hâte et on fat met dans le fond du vase, que l’on referme.

La lenteur inévitable que l’on met dans cette opération n'est pas sensible pour les spectateurs, qui croient que vous cherchez quelque chose qui ne vous tombe pas sous la main.

Etant revenu à sa table, on ouvre la première case du vase, ■on y met les débris de montre, et, en touchant avec la baguette magique, veus dites que la montre va rentrer dans son ■état primitif. Vous ouvrez à la deuxième case,etvous laites voir la montre raccommodée.

Nota. — En place du vase aux tabatières, on peut encore se servir du tombeau à l’oiseau, dont je donnerai la description dans le dernier chapitre.

SECTION XXX

Transposition soudaine de divers objets dans des lieux différents.

Effet. — On emprunte un mouchoir que l’on met dans un vase qui contenait une grosse boule, que l'on retire pour la mettre dans un autre vase.

On emplit une botte de millet; et on pose un gobelet à jouer sur un plateau.

Il résulte, d’après cet arrangement, que le mouchoir qu'on avait placé dans le premier vase, se trouve dans le vase au millet, que ce millet est venu sous le gobelet où il n'y avait rien, que la boule qu’on avait mise dans le vase aux tabatières est retournée dans le premier vase, d'où elle avait été retirée pour y mettre le mouchoir, et que celte boule est remplacée par des fleurs, dans le vase aux tabatières d'où elle vient de sortir.

Avant d'expliquer la manière de faire le tour, nous ayons à décrire une pièce qui nous manque, et dont nous n'avons pas encore parlé.

C'est une espèce de vase en bois, de forme sphérique, et qui peut contenir juste une boule creuse en fer-blanc, de 10 centimètres de diamètre. Ce vase et la boule s'ouvrent par le milieu. Une des demi-sphères de la boule doit se tenir seule, en l'appuyant un peu, dans la partie supérieure, du vase, et l’autre demi-sphère est mise dans la partie inférieure.

Pour que cette dernière demi- sphère ne vacille pas, on placera, dans le milieu du fond du vase, une petite pointe qui entrera dans un trou imperceptible fait à la boule. Quand ces deux parties sont placées dans le vase, il semble qu'il n’y a rien.

TOURS DE SALON

Ce vase est surmonté d’un bouton de forme ronde ou ovale, qui entre dans une ouverture circulaire, et peut s’enfoncer et remonter par le moyen d’un petit ressort à boudin placé dans l’ouverture par où passe la queue de ce bouton, et qui fait repoussoir. Si l’on ferme le vase muni des deux parties de la boule, et que l’on appuie sur le bouton, les deux demisphères de la boule se joignent et ne forment plus qu’un globe.

De plus, on fera tourner une boule en bois, qui devra entrer juste dans celle en fer-blanc, sans, toutefois, empêcher celle-ci de se fermer entièrement.

Ce vase sera porté sur un pied ou sur une petite colonne.

On fera peindre d'une couleur quelconque l’extérieur de la boule en fer-blanc et> celui de la boule en bois; mais toutes deux doivent être de pareille couleur. Vues séparément, elles doivent toujours passer pour la même.

L’intérieur de la boule en fer-blanc et celui du vase seront peints en noir.

Ce vase peut servir dans plusieurs tours; mafy comme on le trouve rarement, je dirai, pour surcroît de renseignement sur sa construction, qu’il est absolument comme ces petits vases que i’on est convenu d'appeler Boules de magnèse, et que l’on se procurera facilement chez les constructeurs d’objets de physique amusante.

Dispositions préalables avant de faire le tour. — 11. faut préparer une grande boite que l'on emplira au tiers de millet.

On placera dans le vase qui vient d’être décrit les deux parties de la boule de fer-blanc, qui ne doivent se joindre que quand on appuie sur le bouton du vase. Onvmettra la boule eu bois dedans. Ce vase ainsi disposé , on le fermera.

On jetera dans le gobelet à jouer, qui doit être grand, autant de millet que ia botte au sucre ou au café peut en con- ■ tenir dans sa grande capacité, c’est-à-dire dans celle qui est sous le compartiment de dessus. Ce millet sera arrêté, dans

le gobelet, par an cercle en carton ou en fer-blanc que l’on fera entrer un peu de force.

On mettra des fleurs dans le fond du vase aux tabatières. A propos de ce vase, j'ai une observation à faire.

Celui que j’ai décrit sous le n° 1 serait trop petit pour con* tenir la boule ; et comme il faut toujours en avoir un plus spacieux pour servir quand on veut escamoter des animaux un peu grands, tels que lapins, pigeons, tourterelles, etc., on prendra celui-ci pour le tour que nous expliquons. Enfin, pour terminer les dispositions, il faudra se pourvoir d’une boite toute pareille, extérieurement, à la boite au café, mais tpii sera toute simple, c’est-à-dire sans compartiments. On laissera celle-ci en vue de l’assemblée. Quant à la botte à compartiments,, on la tiendra à l'écart, à côté de la grande boite où on a mis du millet.

Exécution du tour. — On a un mouchoir blanc sous le côté de l'habit: on en emprunte un, et, en s’en allant, pour le porter sur la table, on fait l’échange, et on pose celui qu’on avait caché sous l’habit.

On va chercher la grande boîte où est le millet; mats, avant de le prendre, on met promptement le vrai mouchoir dans la boite au café qui était préparée, et on met le compartiment dessus, mais sans le couvercle. On couche cette boite, pour la cacher, dans la grande que l’on apporte sur la table. On prend la boite pareille à celle où ou vient de mettre le mouchoir; ou la donne à visiter; on la reprend, en laissant son couvercle dans les mains d'une personne. On annonce que l’on va emplir cette boite de millet, et, feignant d’y mettre de cette graine en la plongeant dans la grande boité, on l’échange avec l’autre où est le mouchoir, et continuant de remuer le millet, on emplit le compartiment de ia boîte que l'on tient, et on la fait voir aux spectateurs, qui la prennent toujours pour l&raéme et la croient entièrement pleiné de mHleU On redemande le couverole à' la personne qui- le tenait, on en couvre la botte, que l'on pose sur la table.

TOURS DE SALON

Gomme cette boite et celle qui est restée dans la grande sont de même dimension, le couvercle de Tune va à l’autre.

On prend sur la table le mouchoir, que le spectateur croit être celui qui a été prêté, on le met dans le vase aux boules, après avoir retiré celle qui est massive. On met cette dernière dans la première case de la boite aux tabatières, et on terme.

On met le grand gobelet d'escamoteur sur un plateau; on le pose en tapant sans affectation, pour que le cercle s’échappe et laisse tomber le millet.

On touche toutes ces pièces avec la baguette magique ; ensuite, après avoir appuyé le bouton sur le vase aux boules, on ouvre ce vase et on fait voir que le mouchoir en est sorti et que la boule l\i remplacé. On ouvre aussi le vase aux tabatières, pour montrer qu'il n'y a plus de boule, et on jette les fleurs sur l’assemblée. On lève le gobelet, pour faire voir la graine qu’on avait mise dans la boîte au café. On ouvre enfin cette dernière , et on en retire le mouchoir, que l’on rend à la personne qui l’avait prêté.

Je termine ici la description des tours que l’on peut faire dans un salon, et dont la plus grande partie peut aussi se faire au théâtre. Je vais maintenant m'occuper de ceux qu’on ne peut exécuter qu’au théâtre seulement.

On comprendra facilement, qu’à l’aide des pièces mécanisées, on peut tripler Je nombre des tours que j'ai expliqués dans ce chapitre, et même les varier indéfiniment, avec un peu d'imagination et de goût.

On a vu que j’ai fait servir le vase aux tabatières à autre chose que le tour des pièces de monnaie dont j'ai parlé.

Je n’ai rien dit du tour du mouchoir brûlé et rétabli, que l’on fait avec le vase décrit sous le numéro 4, parce que ce tour s'explique de lui-même quand on connaît la propriété de ce vase ; je l’ai fait servir dans un autre tour.

Je viens de parler de millet dans la dernière section : on peut composer plusieurs tours assez jolis avec cette graine, en

EXÉCDTÉS SANS AIDES.

faisant usage des pièces que nous connaissons et qui servent à toute autre chose. Que je mette de ce millet dans le compartiment et dans le gobelet à jouer, où il serait maintenu par le cercle en carton dont j'ai parlé dans la section précédente; puis, que je prenue le vase décrit dans la section XVII, et qu'en présence des spectateurs, j'y verse du millet; alors, je fais disparaître ce millet, pour le faire trouver dans la boîte au sucre que j'avais montrée vide, et de là passer sous le gobelet à jouer où il n’y avait rien ; lequel gobelet je donne après à visiter, pour prouver qu’il n’y a pas de mécanisme.

A combien de tours peut servir la boîte au tiroir double, et qui, pourtant, n’est pas encore la plus féconde en utilité.

Cette faculté de varier les tours se trouve dans les plus petites pièces : par exemple, la boite cybudrique décrite dans la section Y, avec laquelle je n’ai expliqué qu’un tour, . peut servir à plusieurs autres. Que l’on emplisse de boubons la partie du milieu, et qu’on l’ouvre comme il le faut pour ne laisser voir que l’intérieur de la boîte proprement dite, ce qui la fait paraître vide ; on fait mettre un centime dans ce vide, en disant que la boîte va apporter des bonbons pour cette valeur. On ferme, et on donne la boîte à un enfant, qui l’ouvre et la voit toute pleine de sucreries.

Si on voulait enrichir ce tour, il faudrait avoir plusieurs de ces boîtes bien pareilles, desquelles on ferait l’échange adroitement et à propos. Alors, on dirait, comme par réflexion : « Mais je puis offrir aussi quelque chose à ces dames. » On fait voir la boîte vide, on la ferme et on la donne à une dame, qui la rouvre elle-même, et qui, sans doute, est fort étonnée de trouver des fleurs ou autres jolies choses, dont on fait une distribution.

Enfin, on ferait cent tours différents avec huit ou dix pièces, et on ne finirait pas, si l’on voulait les expliquer tous.

Sorcellerie expliquée. 28

TOORS DE SALON

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