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avec le cliquet. Ce cliquet s’agrafe au rochet en pressant le manche, quand on veut arrêter la position horizontale de la personne suspendue : de sorte que, dans cet état, la bande de devant fait un angle droit avec l’autre partie de cette armure qui est fixée sur le corset. N’oublions pas de dire que cette partie mobile de devant est terminée à son extrémité par une boucle ou anneau en forme de virole.
C'est sur un montant élevé que s’exécute cette suspension. Ce montant entre dans le plancher du théâtre, sous lequel il est solidement vissé. L’anneau ou virole, dont nous venons de parler, se met sur le bout supérieur du montant et constitue tout le point d’appui. La personne suspendue étend son bras parallèlement à la bande dont le bout est fixé à l’extrémité du montant, et elle parait ne se soutenir en tout que sur la main.
Les prestidigitateurs, en feignant d’attribuer l’effet de cette expérience à la propriété narcotique de l’éther, ont vraiment trop abusé de la crédulité des gens, et ont pris trop peu de souci de la sagacité des spectateurs; car qui ne sait que l’état de sommeil, de quelque cause qu'il vienne, ne donne pas aux corps animaux la légèreté du zéphir, et ne peut intervertir les lois de la gravitation? /
J’engage ces messieurs à se respecter davantage, en renonçant à ces ruses maladroites et pitoyables. Je' donnerai le même conseil à ceux qui, faisant le tour de la seconde vue, sont assez simples pour s’imaginer en imposer, en passant un excitateur d’électricité sur la poitrine d’un individu, sous prétexte de l’endormir du sommeil magnétique et de le douer de la seconde vue. Ces messieurs doivent toujours penser qu’ils peuvent avoir pour spectateurs de véritables physiciens et des savants de toute espèce, dans l’esprit desquels ils s’exposent à passer non-seulement pour des impudeuts, mai» pour des saltimbanques ridicules, ce qui est encore plus humiliant.
Ne vaut-il pas mieux s’en tenir, en pareil cas, à cette supposition généralement adoptée par le public, que tout se fatit
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par le pouvoir de la baguette, dont la vertu mystérieuse reste incounuc aux profanes qui ne doivent que s’incliner, croire et admirer?
Par cette plaisanterie opportune, le prestidigitateur reste dans son rôle et ne se compromet en rien. Il n’a donc autre chose à faire qu’à toucher ses agents avec sa baguette magique, et tout est dans l’ordre.
SECTION XXXI
La maimite du diable.
Effet. — Une espèce de chevalet mobile, composée de trois longs montants de bois assemblés à chevilles par leurs extrémités supérieures, est placée au milieu du théâtre.
Entre cet assemblage est adapté un crochet, auquel on suspend une grande marmite, dans laquelle on verse trois ou quatre seaux d'eau.
On fait plumer plusieurs pigeons, morts , bien entendu, que l’on jette dans la marmite, et l’on couvre celle-ci de son couvercle. On met deux ou trois bougies allumées sous ce vase de cuisine. On croirait d’abord que c’est dans l’intention do faire cuire les pigeons; point du tout : cette chaleur produit un effet contraire, car, en retirant le couvercle, on voit ces oiseaux sortir tout vivants de la marmite, que l’on décroche pour en montrer l’intérieur et faire voir que des seaux d’eau que l’on avait mis dedans, il n’en reste pas une goutte.
Explication. — L’un des trois montants du chevalet est percé intérieurement dans toute sa longueur, et entre, par son extrémité inférieure, dans un trou fait au plancher du théâtre; il est arrêté par l’épaulemeut d’un tenon, pratiqué à cette même extrémité du montant creux. Le crochet placé à la partie supérieure de ce chevalet est creux aussi.
Le corps de la marmite est double. Entre les deux parties.
il y a un vide de quatre ou cinq millimètres. La partie qui entre dans l’autre n’a pas de fond, et ne descend pas toutà-fait sur le fond du corps extérieur, afin que l’eau qu’on met: dans la marmite puisse monter dans le vide qui existe entre les deux parties qui composent cëtte marmite. L’anse de cefte même marmite est creuse comme le crochet, et le vide communique à celui qui règne entre les deux corps du vase, au moyen d’un petit tuyau ajusté à une des oreilles du même vase ou marmite. Cette anse est percée au milieu, en dessous, et c’est dans cette ouverture que l’on fait entrer- le crochet qui est au chevalet, quand on y suspend ladite marmite.
Le couvercle est assez profond pour contenir au moins trois pigeons vivants dans sa concavité ; ces pigeons sont maintenus par un faux fond en métal, qui est soutenu par deux petits crochets à ressort, attachés à deux fils-de-fer qui correspondent intérieurement au bouton placé sur le couvercle. En tournant un peu ce bouton, les fils -de-fer font écarter les petits crochets, et le faux fond, que rien ne soutient plus, tombe dans la marmite avec les pigeons.
L’effet de cet appareil est celui d’un siphon de tonnelier, quand on transvase une pièce de vin. La marmite étant emplie d’eau, et suspendue au crochet creux qui correspond à l’anse du vase et au vide du montant percé du chevalet, si une personne, étaut sous le théâtre, aspire un peu avec la bouche l’extrémité du montant passé au travers du plancher, alors il s’établit aussitôt un écoulement qui ne cesse que quand il n’y a plus d’eau dans la marmite, parce que l’air atmosphérique, pressant sur l’eau, la force de monter entre les deux parois du vase jusqu’à l’anse, et de là dans le crochet qui la fait passer dans le vide du moulant, pour tomber dans un réservoir placé exprès sous le théâtre, à l’endroit du plancher où passe le bout du montant par 1er quel l'eau s’écoule.
C'est pour donner le temps à l’eau de s’écouler, que les prestidigitateurs font une espèce de parade, qui a encore l’a-
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vantage d’amuser l’assemblée. Ils demandent deux jeunes gens qui viennent sur le théâtre. Ils habillent l’un en petite cuisinière, et l’autre en cuisinier, et ce travestissement, qui emploie beaucoup de temps, égaie les spectateurs.
On comprend que le faux fond du couvercle, étant tombé dans la marmite, cache entièrement les pigeons morts qui y sont restés.
SECTION XXXII
Service de café à la minute.
On conviendra qu’il est fort agréable, après son dîner, d’aller à un spectacle de prestidigitateur, parce que, indépendamment des miracles dont l'esprit et les yeux sont régalés, on peut encore s’attendre à jouir de quelques surprises flatteuses pour le goût et l'odorat.
Au moment où on s’y attend le moins, on vous offre d’excellent café d’un arôme digne d’un prince.
Voulez-vous autre chose ? le magicien prend une bouteille, et en fait sortir toutes les liqueurs que l'on désire ; c'est au goût de chacun. La saveur et le parfum de ces liqueurs sont tellement délicieux, que le nectar n’est, en comparaison, que du petit lait ; du moins c’est le sentiment de ceux qui ont goûté ce breuvage des dieux.
Notre sorcier, qui est toujours galant, met une perruque dans une boite, et, en faveur des dames, il la métamorphose en une quantité de jolis bouquets. Non content de cela, il met des boules de caoutchouc sous des gobelets, et, d’un coup de baguette magique, elles sont changées en oranges du Portugal. La distribution en étant faite, il emprunte un chapeau, y met la main, et voilà une pluie de bonbons qui tombe sur l’assemblée.
Enfin, le théâtre d’un prestidigitateur est un véritable pays de cocagne, et ceux qui vont le visiter peuvent compter qu'un joli dessert les attend.
Et qu’on ne pense pas que le pouvoir du prestidigitateur ne s’étend que sur les liqueurs, les fleurs et les bofcbons : voici qui va nous prouver qu’il peut' davantage.
Dans une soirée de magie blanche, à la distribution des liqueurs, un monsieur refusa, en disant qu’il n'en buvait qu'après avoir dîné, et que, n'ayaut pas encore mangé, il le remerciait. Le physicien répondit : « Qu’à cela ne tienne. Monsieur; vous n’avez pas dîné à l’heure qu’il est : eh bien ! afin que votre estomac n’en souffre pas, je vais vous offrir quelque chose de substantiel. »
Il prit un pavé qui n’était plus de service, le couvrit un moment, fit jouer la baguette, et découvrit une superbe dinde aux truffes qui faisait envie à tout le monde. Le monsieur se mit à table sans façon, fêta la dinde aux truffes, et la bouteille magique lui fournit tous les vins et les liqueurs qu’il préférait.
Mais, dira-t-on, d’après cela, il ne faut pas chanter trop haut la générosité du prestidigitateur, et le croire doué d’une humeur prodigue : ce qu’il offre si gracieusement ne lui coûte rien que le coup de sa baguette féerique. D’ailleurs, nous voyons qu’avec des cailloux ou de la brique pilée, il prépare un café qui ne le céderait pas en qualité à celui de Moka; avec des écailles d’œuf, il fait du sucre, et, poqr se procurer de la crème, il ne lui faut qu’une poignée de son. Messieurs les limonadiers et les maîtres d’hôtel devraient comprendre qu’il serait de leur intérêt de faire un cours de prestidigitation.
Un moment : avant de porter un jugement définitif sur ce» effets miraculeux, que l’on écoute la confidence et l’explication de ce secret; on en pensera ensuite ce que l’on voudra.
Explication. — La pièce qui sert pour ce tour est un vase d’une forme cylindrique, composé de trois pièces, dans le système de celui qui est décrit sous le n° 1, dans la section XXI du chapitre II.
La dimension que l’on donne à cette pièce pour le salon Sorcellerie expliquée. 35
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est, sans y comprendre tout le piédouche, de 22 centimètres environ* de hauteur, sur 9 de diamètre. Pour le théâtre, on la fait beaucoup plus grande.
Quant à sa construction, la différence qu’il y a avec le vase aux tabatières, c’est qu’on ajoute à celui dont il est question maintenant, une petite pièce faite comme un couvercle de boite ronde.
A cette pièce est soudé, en dessous, un fil-de-fer qui passe dans un ressort à boudin, et qui se prolonge jusqu’au fond du piédouche qui est percé, et auquel il s’attache, parce que l’extrémité de ce fil-de-fer est courbée en crochet qui se crampoane de lui-même au bord du fond dudit piédouche. Ce fil-de-fer a deux emplois : il maintient la petite pièce dans le fond du vase par le moyen du crochet, et maintient aussi le ressort à boudin dans son mouvement.
Si l’on fait couler le crochet qui tient au fond du vase, il rentre dans le trou fait au pied : le ressort se détend, et ce couvercle, dont l’ouverture est en dessus, vient se présenter au niveau de l’embouchure du vase, et semble lui-méme être cette embouchure.
Dans le fond de la couverture en forme de dôme qui couronne la première pièce qui couvre les deux autres, dans ce fond, dis-jé, est pratiqué un petit mécanisme qui consiste à faire mouvoir trois petits crochets plats qui s’écartent ou se resserrent en tournant ou en détournant un peu le bouton qui surmonte la couverture. Quand ces crochets s’écartent, ils entrent dans une rainure faite au bord de la pièce du milieu, en rabattant ce bord en dedans, de sorte que, quand les bouts de ces trois crochets sont entrés dans la rainure, on peut, en tirant le bouton, enlever ensemble la pièce de dessus et celle du milieu. Cette pièce du milieu est à double corps, comme dans la boîte aux tabatières, et c’est de même entre les deux corps qu'entre la troisième partie, qui est celle que supporte le piédouche. N’oublions pas de dire que le bord de cette troisième partie est aussi rabattu en dedans, pour retenir le cercle en formé de couvercle, quand il re-
monte poussé par le ressort à boudin. Quand ce cercle ou fausse ouverture est remonté, en mettant la pièce du milieu, il est poussé par le fond de cette pièce jusqu’en bas, et le crochet qui doit l’assujettir dans le fond du vase, comme je l’ai dit, se place de lui-même et s’accroche au fond du piédouche.
11 est à peu près impossible de décrire clairement une pièce mécanique composée de plusieurs parties et de beaucoup de petits riens, qu’il faut pourtant connaître. Les planches mêmes seraient insuffisantes pour se faire bien comprendre. Ces descriptions ne peuvent être qu’obscures pour les personnes qui sont étrangères aux arts mécaniques : des ouvriers intelligents seuls pourront les entendre.
Ce qui pourrait prouver combien ces descriptions d’instruments do physique amusante sont fastidieuses, c’est qu’aucun de ceux qui ont écrit sur la prestidigitation n’a eu le courage de l’entreprendre sérieusement Ozanam, Guyot et ôecremps, qui sont les seuls, du moins en France, ne donnent sur ce sujet que très-peu de détails, et rien qui puisse satisfaire le lecteur, malgré les planches dont ils se sont servis.
Je n’ai donc eu d’autre espoir, en me livrant à ce travail ingrat, que de donner une idée de toutes ces pièces, et de faire connaître les moyens employés pour provoquer l’étonnenaent.
Comme je l’ai déjà dit, on trouve ces instruments tout faits; l'essentiel est de savoir en faire usage et de les faire valoir ; c’est à l’enseigner que je me 6uis appliqué.
Manière de faire le tour. — Il faut trois vases comme celui qui vient d’être décrit. La pièce mobile qui doit représenter l’ouverture du vase est enfoncée et maintenue par le petit crochet qui s’agrafe au fond du piédouche.
A chacun des vases, on emplira la pièce du milieu, l’une de café en liqueur, très-chaud ; une autre de crème, aussi très-chaude, et la troisième de sucre. On tournera un peu le bouton qui surmonte la couverture, aün que les trois cro-
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chets mobiles qui sont sous cette couverture se cramponnent dans la petite rainure faite sur les bords de la pièce du milieu dudit vase.
On aura trois moyennes caisses, que l'on emplira au tiers environ, l’une de café en grains, si l’on ne veut pas y mettre de cailloux, une autre de haricots, et la troisième de son.
On enlève, par le bouton de chaque vase, la pièce de dessus et celle du milieu, qui est pleine, qui vient avec la première, puisqu'elle y tient au moyen des trois petits crochets du haut. Ensuite on prend la troisième pièce, qui représente le vase proprement dit : celle, enfin, qui est sur le piédouche, et qui contient la petite pièce mobile en forme de couvercle de botte dont il a été fait mention.
On couche le vase qui doit contenir le café dans la caisse où est le café en grains. On l’emplit d’abord entièrement et on la vide de haut dans la caisse, pour faire voir que le vase était réellement plein, et donner l’idée de la quantité de café qu’il contenait. Mais, feignant de l’emplir de même la seconde fois, on détache le crochet cramponné sous le piédouche. La petite pièce remonte, on y met quelques grains de café en faisant le geste d’en mettre beaucoup, et on pose le vase sur la table. Ce vase paraît alors tout plein de café en grains, quoiqu’il n’y en ait que très-peu à la superficie.
On remet sur ce vase les deux parties que l’on avait enlevées ensemble, et on détourne le. bouton, afin que la pièce de dessus ne tienne plus à celle du milieu, qui est pleine de café chaud en liqueur.
On se rappelle qu’en mettant ces deux pièces sur la troisième, le fond de la partie du milieu repousse la fausse ouverture du vase, dont le crochet se place de lui-mém* sous le piédouche.
Maintenant, si l’on retire par le bouton la pièce qui couvre les deux autres, le vase du milieu se montrera tout rempli de café tout fait.
On opère de même avec les deux autres vases. Pour le sucre, on prend la caisse aux haricots, et pour la crème, on
prend la caisse où est ie son. On sent bien que l’on pourrait se servir de toutes autres substances que celles qui viennent d’être désignées : ce choix est tout-à-fait indifférent.
On retire la première pièce de chaque vase, et on fait la distribution du café, du sucre et de la crème.
Comme toutes ces choses sont olfertes à l'assemblée, il faut que les vases soient de la plus grande propreté. Si l’on ne se les procure tout en argent, ils faut qu’ils soient au moins solidement argentés. Ceux que les constructeurs 'd'instruments de physique amusante fournissent ne laissent riep à désirer sous ce rapport.