FAIRE FILER LA CARTE D’UNE MAIN
SECTION VI
Faire filer la carte. — Deuxième moyen.
Dans la première manière, on met sous le jeu la carte qu'on veut changer, en prenant celle de dessus ; dans la seconde, on prend aussi celle de dessus, mais on laisse à sa place la carte que l'on veut changer.
Pour exécuter cette manière de filer la carte, il faut, comme dans la première méthode, pousser celle de dessus le jeu pour la faire un peu déborder, afln que le pouce et l’index de l'autre main puissent s’en saisir au moment où l’on posera à sa place celle que l'on veut changer. En même temps que l’on met cette dernière sur le jeu, on attire un peu celle qui suit avec l’index, pour avoir la facilité de l’enlever en la glissant avec légèreté et vivacité.
Ce mouvement n’est pas difficile à exécuter, parce que le rapprochement des deux mains n’est point intempestif, et que, rapide comme l’éclair, il passe inaperçu, ot cela d’autant qu'il parait naturel à cause de l’agitation obligée du bras, pour aller porter la carte sur la table.
S'il n'y avait pas de nécessité de poser cette carte sur la table, on ferait le geste de frapper son genou avec la carte, comme si ce coup étadt indispensable pour la métamorphoser ; car il ne faut pas arrêter brusquement le mouvement de la main après avoir filé la carte.
Dans cette méthode de filer la carte, les deux mains s'éloignent l’une de l'autre en faisant le mouvement pour la changer.
SECTION VII
Filer la carte d’une main.
On tient le jeu dans la main étendue; on repousse avec le bout du pouce la première carte, jusqu’à ce que le côté ex
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térieur de cette carte soit presque au niveau du bout des doigts qui doivent la supporter. La deuxième carte se trouve alors à découvert, et le pouce, en revenant, l’entraîne en arrière. Quand cette deuxième carte est tout-à-fait séparée de la première, que leurs côtés ne se touchent plus, le pouce se renverse pour faire lever un peu le, côté extérieur de la carte qu’il vient de ramener en arrière.
Le côté intérieur de la première carte soutenue par le bout des doigts se trouve alors tout près de l’ouverture que lui présente la deuxième carte, au moyen de la pression du pouce ; ou n’a donc plus qu’à pousser avec le bout des doigts cette première carte, pour la faire couler dans l’ouverture. Ainsi, cette carte, que l’on croit toujours dessus, se trouve la seconde sur le jeu. — On dissimulo facilement le léger mouvement que l’on fait pour filer la carte d’une main, parce qu’on ne l’exécute qu’en tendant le bras pour inviter à prendre la carte qui est sur le jeu. Il faut avoir soin de mouiller le bout des doigts, et surtout la partie du pouce qui fait fourche avec la racine de l’index.
SECTION VIII
Les faux mélanges. — Premier moyen.
Le faux mélange est le principe le plus souvent mis en usage : on s’en sert pour faire penser aux spectateurs que l’on n’a aucune carte en vue.
De plusieurs manière de faire le faux mélange, voici la préférable.
On verra, si l’on y fait attention, que les bons joueurs, ceux qui ont l’habitude de. manier les cartes, les mêlent en faisant du jeu deux paquets pour entrelacer l’un dans l’autre, ce qu’on recommence plusieurs fois de suite et qu’on exécute en remuant les doigts pour pousser les cartes eu dessous, afin de les intercaler dans l'autre paquet. Ensuite, d’un coup