‹ La sorcellerie ancienne et moderne expliquée, ou, Cours complet de prestidigitationChapitre 7 sur 64 · FAIRE FILER LA CARTE · texte numérisé non relu

FAIRE FILER LA CARTE

baisser le pouce, et donne la facilité de glisser le paquet conduit et poussé par le grand et le petit doigt sous le paquet dirigé par le pouce. L'annulaire n'a fait que se prêter à l’action du grand et du petit doigt. L'index est resté constamment étendu sans participer au travail des autres doigts* Pour achever l’entière réunion des deux paquets, il ne reste plus qu’à dégager le grand et le petit doigt qui se trouvent entre les paquets et l’annulaire qui est sous le jeu. Ces trois doigts reviennent se placer sur le jeu, dans la position naturelle qu’ils doivent avoir pour le tenir.

SECTION V

Faire filer la carte. — Premier moyen.

Je recommande de s’attacher sérieusement à ce principe. C'est par lui que l’on peut produire les effets les plus surprenants et les plus magiques. Je vais enseigner deux manières de filer la carte qui ont chacune leur propriété particulière.

Le jeu étant dans la main que je suppose être la gauche, et la carte que l’on veut changer dans la main droite, tenex cette carte entre l'index et le grand doigt ; poussez avec le pouce de la main gauche la carte qui est la première du jeu, en dessus, afin de la faire déborder du côté de l’autre main de près de moitié de sa largeur. Maintenez le jeu avec le pouce et l’index, en écartant les autres doigts assez loin de l'index pour laisser un grand espace. Dans cette disposition, approchez les deux mains l’une de l’autre :1a carte à changer va naturellement se placer dans l'espace laissé entre l’index qui soutienne jeu et les autres doigts, et la carte qui est sur le jeu se trouve en même temps entre l’index et le pouce de la main droite, qui s’en emparent; vous n’a7ez plus qu’à éloigner un peu les mains l'une de l’autre et à dégager l’index de la main gauche pour le placer sous le jeu auquel se joint la carte que l’on vient de changer.

TOURS DE CARTES

Pour profiter de ce principe, il faut l'exécuter avec la promptitude d'un ressort qui s’échappe, sans cependant paraître faire aucun mouvement brusque; avec un peu d’exercice on y parvient aisément. i

Observations. — Quand on aura acquis toute la célérité voulue pour l’exécution de ce principe, et qu’on voudra le mettre en pratique dans une séance, pour s’en servir avec succès, il y a des mesures à prendre et des temps à saisir. Si, par exemple, la carte que l’on veut changer doit être placée sur la table qui vous sert dans vos exercices, il faut se mettre en face des assistants, la table derrière soi; et, profitant d'un brusque demi-tour que l’on est obligé de faire pour aller poser la carte sur la table, on la fait filer. Dans ce cas, c’est la main qui tient la carte qui doit faire le mouvement, celle qui tient le jeu doit rester immobile.

Si. la, nature du tour n’exige pas que l’on mette la carte sur,la tafcle, il faut approcher beaucoup les deux mains, mais naturellement, sans affectation; et en face des spectateurs, on file, résolument la carte, en faisant de la main qui tient le jeu un geste indicatif, et en disant, par exemple : C’est vous. Madame, qui avez tiré la carte? » ou : « Monsieur, souvenezvous de votre carte. » Ce mouvement du bras empêche d’arpercevoir celui que l’on fait pour opérer le changement de la carte. Alors c’est la main qui tient la carte qui doit rester immobile. Cette remarque est importante, car si cette main, qui doit rester fixe, faisait le mouvement, quelle que soit l’agilité qu’on mette k faire filer la carte, l’action serait aperçue, et il y aurait un semblant de gaucherie que l’on ne pourrait éviter.

On voit que l’emploi de ce principe est de paraître métamorphoser une carte en d'autres cartes, ce qui est nécessaire dans beaucoup de cas.

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