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LES ORIGINES

La science antique. — L’électricité préhistorique {noie). — Petits et Grands Mystères. — Les connaissances des Anciens. — La Table d’Emeraude. — Le Télesme. — Initiation du Christ {note). — Naissance de la sorcellerie. — Sorcellerie et Goétie. — Ecriture pantaculaire {note). — Le Sortiarus. — Les sorts dans l’antiquité. — Le diable. — La suggestion mentale. — Exode du sorcier vers les villes.

A toute époque, l’homme a été sollicité, par son esprit inquiet et assoiffé d’inconnu, de chercher au delà du monde sensible la solution de quantité de problèmes qui, depuis son origine, ont attiré son attention parce qu’ils mettent en jeu soit son intérêt — spirituel, moral ou matériel — ou simplement sa curiosité.

De là, la naissance de la Magie dont aujourd’hui l’on rapporte l’invention tour à tour à Hermès Trismégiste, à Seth, à Jarad, à Cham, à Zoroastre et à bien d’autres.

Dans l’antiquité, les premiers mages furent les prêtres des grandes religions orientales, et l’initiation aux Mystères, qui n’était en somme qu’une sorte de diplôme scientifique — puisque les Grands Mystères répondaient à peu près à notre instruction supérieure, et les Petits Mystères, à notre instruction secondaire, toute proportion gardée — formait des hommes versés dans les sciences naturelles, et que le public appelait des Mages.

Si alors la science n’était pas ce qu’elle est devenue de nos jours, ce qui se comprend puisqu’elle manquait de

nos méticuleux moyens et de nos instruments précis d’analyse (1), ce serait une erreur profonde de la croire rudimentaire ; elle possédait la plus grande partie des connaissances dont nous nous enorgueillissons aujourd’hui — et bien d’autres — , parmi lesquelles les unes, telles que l’électricité (2), ont été re-découvertes de notre temps, les autres, par exemple la force odique, sont

(1) Par contre, si la science antique était peu outillée en vue de l’analyse, elle possédait une synthèse colossale dont n’ont jamais pu approcher tous les niultiples efforts essayés en ce sens, de notre temps. Aucune ligne précise de démarcation, par exemple, n’existe aujourd’hui entre la philosophie et la médecine, de telle sorte que, bien que la psychologie théorique ressortisse à la première, la seconde réclame énergiquement la psychologie pratique que, dans ce but, elle a affublée du nom de psychophysiologie.

(2) La découverte officielle de l’électricité date d’Otto de Guéricke (XVIP siècle) qui, cependant, en a dit bien peu de chose...

Vers 1250, un initié à l’occultisme, le rabbin Jéchiélé était poursuivi par les sots, les savants du temps et le peuple, pour exercice de l’art magique. Il possédait une lampe qui, tout en donnant une lumière éblouissante, n’avait ni huile, ni mèche, et s’allumait spontanément à heure fixe, brillant à sa fenêtre comme un astre de premier ordre ; de plus, si les ennemis du rabbin, enhardis par la curiosité, assiégeaient tumultueusement sa porte, il touchait un clou à sa portée, une vive étincelle crépitait, bleuâtre, et malheur à l’indiscret qui portait alors la main au heurtoir de la porte : il se repliait, en hurlant, sur lui-même, terrassé par une force inconnue ; à différentes reprises, les mauvais garçons voulurent se mettre à plusieurs, se tenant par la main, pour secouer ensemble le maudit heurtoir : tous étaient frappés simultanément sans rien voir... L’initié fut appelé chez le roi pour expliquer ses charmes ; ses explications furent, paraît-il, assez satisfaisantes pour que, loin d’être inquiété, il devînt par la suite l’objet d’une grande faveur, mais il lui fut interdit de divulg\ier ses secrets. (V. Sauvai. Antiquités de Paris, 3 vol. in-f®. Paris, 1724).

Sozomène (V® siècle), dans son Histoire ecclésiastique, montre la corporation sacerdotale des Etrusques défendant à coups de tonnerre, contre Alaric, la ville de Narnia qui ne fut pas prise.

Numa Pompilius, deuxième roi de Rome (VIlP siècle avant notre ère), possédait, au dire de Lucius Pison, l’art de former et diriger la fondre (dans l’antiquité, ce mot désignait l’électricité, et les rois recevaient d’ordinaire la haute initiation dos prêtres — d’où le nom à' Art Royal donné par les anciens auteurs à la magie de leur temps, aujourd’hui Hyperphysique — or, Numa sortait d’un collège de prêtres). D’après une tradition étrusque recueillie par Pline, Numa tuait les animaux sauvages à l’aide de la foudre.

Les temples souterrains de l’antique Egypte étaient éclairés par une lumière inconnue, analogue à l’éclair, et qu’aujourd’hui, d’après les rapports des témoins, nous ne pouvons assimiler qu’à l’électricité.

Qu’était aussi cette « pyrotechnie transcendantale » des mages de l’Assyrie, de Sardanapale allumant son bûcher par le feu du ciel, ou du premier Zoroastre disparaissant avec ses palais, ses richesses et ses secrets dans un immense éclat de tonnerre ?

On le voit donc : l’électricité n'a été qu’une re-découverie de nos jours. Les anciens, certes, n’en connaissaient pas toutes les applications qui nous sont aujourd’hui familières, mais ils en connaissaient indubitablement d’autres.

aujourd’hui sur le point d’être acquises, — et d’autres enfin, telles que la naalléabilité du cristal, la balistique de la foudre, etc., seront retrouvées à leur heure.

Les connaissances scientifiques des anciens étaient même assez étendues pour que, i) y a un siècle et demi, Diitens ait pu publier un ouvrage de recherches sur l’origine des découvertes attribuées aux modernes (1) où il prouve que toutes celles dont nous sommes si fiers, de la poudre à canon à la vapeur, étaient connues par les sages d’autrefois. Nous savons de plus — cela est facile à déduire de l’œuvre de Platon — les matières qui formaient l’enseignement du plus haut grade (celui où échoua Moïse) des grands Mystères de l’Egypte et de la Grèce. Elles se résumaient dans huit connaissances qui — chose étrange au premier abord, mais très logique pour qui réfléchit — correspondent absolument avec l’enseignement actuel de l’Initiation Bouddhique.

Ce sont :

La vie spirituelle,

La faculté transcendante de l’esprit,

La classification des facultés naturelles,

La faculté de compréhension de l’idée divine,

La connaissance de l’avenir et de l’existence future,

La réminiscence,

La perception divine ou révélation de la divinité par l’âme,

La connaissance de l’existence des passions humaines.

En vérité, lorsqu’on parcourt cette énumération, ne semble-t-il pas qu’on lise la nomenclature des cours de quelque « Collège de France » ? Et c’était bien là, sans erreur, le programme d’un enseignement absolument supérieur !

(1) Recherches sur les origines des découvertes attribuées aux modernes, où Von démontre que nos plus célèbres philosophes ont puisé la plupart de leurs connaissances dans les ouvrages des anciens et que plusieurs vérités importantes sur la religion ont été connues des sages du Paganisme. 2 voi* in-8o, Paris, 1766.

Les Mystères, par leur côté physique, astronomique, moral et même sotériologiqae, étaient la figuration des opérations naturelles expliquées dans un sens de plus en plus mystique, à mesure que l’Initié montait de grade en grade, à mesure que la Myste devenait Epopte ; et c’est ainsi que la Doctrine secrète racontait la naissance et la mort, la vie et l’essence de toutes choses : de l’homme et des plantes, de la terre et des astres, du grain de sable et du Cosmos, car les enseignements mystériaux portaient sur toutes choses, de plus en plus profonds au regard de l’avancement du disciple; mais quatre ordres d’idées y étaient surtout approfondis, principalement dans les grades supérieurs : — les forces occultes de l’homme, celles de^la nature, l’énergétique divine, et une psychologie théorique et phénoménique qui embrassait non seulement l’étude de l’âme, non seulement l’utilisation pratique des énergies qui lui sont propres et que notre époque connaît encore si mal, mais encore la connaissance de sa destinée entière quant à son origine, son passage sur terre et sa vie posthume.

Les poèmes orphiques, d’ailleurs, nous donnent de précieuses indications quant à l’enseignement transcendantal des Grands Mystères.

Il faudrait un volume pour faire comprendre la profopdeur de cet enseignement, voilé aux regards du public sous un grossier exotérisme : n’est-on pas allé, parce que, dans les cérémonies publiques, le mystère de la Vie universelle était symbolisé par des phallophores et des ctéiphores, jusqu’à prétendre que la loi sexuelle constituait le fond de ces hautes doctrines ? Ce qui vient d’être dit suffit pour montrer que ces enseignements révélaient une théologie, une cosmogonie et une anthropogénèse explicatives, selon le mot de P. Vulliaud, de la Table d’Emeraude (1).

(1) La profondeur des hauts enseignements des vieux sanctuaires de l’Egypte et de la Grèce est connue depuis longtemps du monde savant.

Voici, d’autre part, ce qu’en dit C. W. Leadbeater, un des plus savants écrivains de la Théosophie, de qui je n’admets pas toutes les idées, mais qui est un érudit chercheur et qui a bien résumé ce que nous savons aujourd’hui des Mystères antiques dans le passage suivant de son ouvrage : Echappées sur Voccultisme (1) que je crois devoir donner presque en entier, malgré son développement, parce qu’il présente bien, dans son ensemble, l’état actuel de nos connaissances sur la Science antique.

Pendant la longue période d'épanouissement des Mystères, la discipline la plus sévère fut imposée aux candidats, et la plus grande pureté fut conservée ; mais il est probable qu'au jour de la décadence de la Grèce et de Rome, les Mystères mêmes eurent leur part de la corruption générale, de même que, on se le rappelle, les agapes chrétiennes dégénérèrent en de folles et répréhensibles orgies (2). Les Mystères bachiques en vinrent, à la fin, à n'être plus que des festins, lorsqu'on considéra Bacchus ou Dionysos comme le dieu du vin, au lieu de reconnaître en lui la manifestation du Logos, source de toute vie et de toute force. La force et la vie avaient, il est vrai, quelquefois pour symbole le vin, ou plutôt le jus du raisin, et c'est ainsi que l'interprétation populaire et erronée prit naissance. Mais cela n'arriva que vers la fin de l'Empire, alors que tous les véritables Mystères avaient disparu à l'arrière-plan et qu'il ne restait plus que leur coque extérieure. 11 ne faut pas les juger d'après ce qu'ils étaient devenus à cette époque, pas plus que nous ne devons juger la grande nation romaine d'après le misérable état dans lequel elle était tombée lors de la décadence. Voyons plutôt ce qu'ils étaient à l'apogée.

Il y a plus d’un siècle que d’Ansse de Villoison écrivait sa De triplici theologiâ mysteriisque veterum commentatio, où il établit le triple sens des rtiythologies antiques. A ce sujet, on peut consulter, dans le Thésaurus antiquit. Græc. de Gronovius (Lej^de, 1697), T. VII, les Mysteria Cereris et Bacchi, de Eggeling ; V Essai sur les Mystères d'Eleusis, par Ouvaroff (Paris, 1816) ; les Recherches historiques et critiques sur les Mystères du paganisme, par Sainte-Croix (Paris, 1817) ; dans les Entretiens idéalistes de P. Vulliaud (Paris, 1900), la Troisième Mystagogiqu^, sur les Mystères d Eleusis, d’où émanent plusieurs des idées qui précèdent ; les Grands Mystères d'Eleusis, par P. Foucart (Paris, 1900), etc., etc.

(1) 1 fort voi. in-12, Paris, 1909.

(2) Les Adamites célébraient tout nus les rites religieux ; plusieurs sectes que l’on a voulu confondre avec les Gnostiques se livraient dans leurs assemblées aux désordres les plus immoraux, etc. {Note de l'auteur).

Comme on le sait généralement, il existait deux classes de Mystères : les Mystères majeurs et les IMystères mineurs .. Un grand nombre de gens étaient admis aux Mystères dont nous parlons. Un auteur classique mentionne même une réunion de trente mille initiés, ce qui, si l’on considère la population relativement restreinte de la Grèce, nous montre clairement que l’organisation des Mystères n’était nullement aussi exclusive qu’on le supposait généralement (1). Nos recherches nous ont prouvé que tous les gens d’un esprit sérieux et réfléchi étaient naturellement attirés vers eux comme vers le centre de la science religieuse. On se demande parfois comment de grands peuples, tels que les Romains et les Grecs, pouvaient se contenter de ce que nous appelons communément leur religion, chaos de mythes invraisemblables dont beaucoup ne sont même guère décents, représentant des dieux et (les déesses très humains par leurs actes et leurs passions, et se querellant entre eux. A la vérité, personne ne s’en contentait, et ce ne fut jamais ce que nous appelons une religion, bien que tout cela fût sans doute accepté littéralement par le peuple ignorant. Mais tous les hommes cultivés et réfléchis étudiaient l’un ou l’autre dos divers systèmes philosophiques, et la plupart étaient même initiés aux écoles des Mystères. Cet enseignement supérieur dirigeait leur vie et remplaçait ce que nous entendons par religion, à moins qu’ils ne fussent franchement agnostiques comme le sont la plupart des gens cultivés de nos jours.

De plus, c’était par l’enseignement des Mystères que les hommes apprenaient pour la première fois ce que signifiaieîit . vraiment les mythes de la religion exotéricqie, car, à l’ori- I gine, ces mythes avaient un sens... .l’ai expliqué la significa- • tion que l’on donnait dans les Mystères aux histoires d(‘ Tantale et de Sisyplie ; le mythe de Tityos est visiblement un symbole des conséquences de certaines passions dans le monde astral, tandis que la légende de Perséphone ou Proserpine est évidemment une parabole occulte figurant la descente de Pâme dans la matière.

Rappelez-vous comment l’histoire nous raconte que Proserpine fut enlevée pendant (pi’elle cueillait la fleur de

(1) Il s’agit ici des Mystères mineurs ou petits Mystères, oû l’initiation était, en effet, des i)lus abordables, puisqu’ils répondaient à notre enseignement secondaire et diffusaient des notions utiles à tous. Mais il n’en était pas de même des Mystères majeurs ou grands Mystères, dont l’accès était des plus difficiles par suite de l’élévation de leur enseignement et' do la nature des études qui y étaient suivies. (Note de VA.).

Narcisse, et vous aurez aussitôt l’idée d’un rapport avec cet autre mythe. Narcisse était, dit la fable, un jeune homme d’une extrême beauté qui tomba amoureux de son image renvoyée par l’fau d’un étang ; il fut tellement attiré par cette image qu’il tomba dans l’étang, se noya et fut ensuite changé par les dieux en une jolie fleur. On voit aussitôt qu’une telle histoire ne pouvait avoir qu’un sens symbolique et, à la lumière de la doctrine pliilosophique des Æons, il n’est pas difficile de l’interpréter. Tous les systèmes analogiques de philosopliie nous enseignent que l’âme n’était pas, à l’origine, immergée dans la matière et ne devait pas l’être nécessairement, si elle n’avait pas été attirée par son image dans les états inférieurs de la matière, si souvent symbolisés j)ar l’eau. Trompée par ce reflet, elle s’identifie avec Ja personnatrte inférieure et elle est, pour un temps, complètement plongée dans la matière ; le germe divin demeure cependant, èt bientôt elle se dégage comme une fleur qui s’épanouit. Or, remarquez que c’est lorsque Proserpine se baisse vers Narcisse qu’elle est saisie et emportée par le Désir, qui est le roi de ce monde inférieur ; et, bien que les efforts de sa mère réussissent à l’arracher à la captivité complète, elle est cependant obligée de passer une moitié de sa vie dans le monde inférieur, et l’autre moitié dans le monde supérieur, c’est-à-dire en partie dans les incarnations et en partie hors d’elles (1).

C’est là un exemple de la manière dont ces fables étranges, et en apparence sans but, étaient reprises par l’enseignement des Mystères et rendues par lui lumineuses et belles. Les explications concernant la vie astrale étaient données dans les Mystères mineurs dont c’était principalement le sujet (2). Le centre de leur culte et de leur activité était à

(1) Lorsque les anciens enseignaient, ils ne philosophaient pas, ils racontaient. Ce mythe de l’enlèvement de Perséphone ainsi expliqué relevait des Mystères majeurs. Dans les Mystères mineurs, l’étudiant n’y voyait que la germination des graines enfouies une partie de l’année dans la terre. La plupart des mythes antiques donnaient lieu de la même façon à deux explications, l’une au point de vue de ce que nous appellerions aujourd’hui la science courante, et l’autre regardant les hautes conceptions de la philosophie supérieure et de la métaphysique. Un fait analogue se remarque à notre époque pour la lettre mystique G, que la Maçonnerie française explique à ses adeptes de premier degré {apprentis) comme étant représentative de Géométrie, aux initiés de second degré (ouvriers) comme symbolisant la Génération, et enfin aux titulaires des grades supérieurs (maîtres) comme étant l’initiale de la science absolue, la Gnose. (N: de VA.).

(2) A mon avis, C. W. Leadbeater commet ici une erreur que son importance me force à relever. Je dis ailleurs que les Mystères mineurs

Agra et ceux qui étaient initiés s’appelaient Mystes et portaient, comme robe mystique, une peau de faon tachetée symbolisant le corps astral. Tout clairvoyant reconnaîtra immédiatement la justesse d’un tel emblème et les étudiants théosophes qui ont examiné les illustrations de mon livre U homme (lisible et invisible se rappelleront les stries et les taches indiquant les diverses passions et émotions et les changements rapides comme l’éclair, qui sont les caractéristiques de ce corps. La même idée était exprimée par la peau de léopard que revêtait le prêtre égyptien initié, pour offrir le sacrifice, et par la peau d’antilope ou de tigre si souvent portée par les yoguis orientaux.

D’une façon générale, les Mystères mineurs (1) se rapportaient surtout au monde astral, et les Mystères majeurs au monde céleste. Ils enseignaient bien plus encore, mais ils commençaient par montrer d’une façon très nette que certains résultats découlent inévitablement de certaines actions et que, par conséquent, la vie de l’homme sur le plan physique est surtout importante comme préparation à ce qui doit suivre. Les Mystères mineurs (1) montraient, d’une façon vivante, la partie astrale de ces résultats, accompagnant leur enseignement de frappantes leçons de choses, tirées de la vie réelle. Aux premiers jours, quand l’hiérophante qui dirigeait les études décrivait l’effet de quelque vice ou de quelque crime particulier, il se servait de ses pouvoirs occultes pour présenter, sous forme de matérialisation, quelque bon exemple du résultat fatalement produit par ses paroles ; parfois même, nous dit-on, il donnait à la victime le pouvoir de parler et d’expliquer l’état dans lequel elle se trouvait pour avoir négligé sur terre les lois éternelles qui gouvernent les mondes. Quelquefois il matérialisait, pour l’édification des néophytes, une image vivante de quelque victime dë sa propre folie.

ne s’occupaient que de science normale, mathématique, physique et naturelle, analogue à ce qui fait l’objet de notre enseignement secondaire et de nos écoles spéciales ; c’est dans les Mystères mineurs que se formaient les géomètres, architectes, agronomes, thérapeutes ordinaires, etc., etc. Mais les Mystères majeurs présentaient plusieurs degrés d’élévation successifs. Il faut donc regarder tout ce que dit ici l’auteur cité touchant l’enseignement des Mystères mineurs, comme se rapportant à renseignement inférieur ou préparatoire qui était donné aux grades les moins élevés des Mystères majeurs. S’il en était autrement, on ne s’expliquerait pas la peine de mort dont était punie toute indiscrétion, surtout quand on voit, comme vient de le rappeler notre’ auteur, des réunions de trente mille initiés. {N. de VA.).

(1) V. la note ci-dessiis.

Aux jours de la décadence, il n"y eut plus d'hiérophante capable de produire ces démonstrations occultes et, en conséquence, elles furent remplacées par des acteurs qui représentaient les victimes, ou parfois par des images terribles projetées au moyen de miroirs concaves, ou même par des statues habilement exécutées, ou par des automates.

Nous devons donc admettre que le but principal des Instructeurs, dans les Mystères mineurs, était d'informer leurs élèves, d'une façon complète, des résultats précis produits dans la vie astrale par les pensées et les actes physiques. Cependant, ils donnaient quelques enseignements sur la cosmogonie. On expliquait très à fond l'évolution de l'homme sur la terre, en s'aidant de scènes et de figures à l'appui, produites au début par la matérialisation, mais imitées plus tard de diverses manières. Les directeurs semblent toujours avoir reconnu deux classes parmi leurs élèves y et avoir choisi parmi eux ceux qu'ils jugeaient capables de/ subir un entraînement spécial pour développer leurs facultés psychiques.

Ceux-ci recevaient des instructions spéciales sur la façon d'employer le corps astral comme véhicule et on leur enjoignait certains exercices pour développer en eux la clairvoyance ou la prévision... (1).

Si nous considérons maintenant les Mystères majeurs, nous voyons que le centre de leur célébration était Eleusis, près d'Athènes. Leurs initiés s'appelaient « Epoptaï » et leur robe de cérémonie n'était plus une peau de faon, mais une toison d'or, d'où, tout naturellement, le mythe de Jason et de ses compagnons. Cette toison symbolisait le corps mental et le pouvoir de s'en servir délibérément (2). Ceux

(1) Ceux-ci seulement, une élite très rare et très sélectionnée, après une plus ou moins longue préparation, étaient admis aux grades inférieurs des grands Mystères ; les autres, et c’était le plus grand nombre, l’immense majorité, quittaient l’école des Mystères mineurs, après des examens en forme d’épreuves, avec un bagage intellectuel qui répond analogiquement, et toutes proportions gardées, à ce qu’aujourd’hui nous appelons l’instruction moyenne ou, pour quelques sujets, supérieure à la moyenne. L’élite allait aux grands Mystères comme chez nous les élèves d’écoles spéciales, déjà pourvus de diplômes, suivent, pour se perfectionner, les cours du Collège de France, ou tel autre 'enseignement distribué par les maîtres de la haute science. {N. de VA.).

(2) Les antiques philosophies de l’Inde et de l’Egypte enseignent qu’entre le corps physique et l’âme il existe chez l’homme des éléments intermédiaires : le double et les corps astral, mental, causal, nirvanique, paranirvanique et mahaparanirvanique. Les expériences de Rochas ont séparé du corps physique l’ensemble des autres corps sous forme de fantôme ; le Docteur Baraduc a réussi à photographier le sommet du corps

qui ont vu Téclat radieux de tout ce qui appartient au plan mental, qui ont remarqué les tourbillons innombrables produits par l’émission incessante de formes-pensées et leurs chocs incessants et qui savent que, parmi les couleurs, le jaune brillant manifeste spécialement l’activité intellectuelle, reconnaîtront que c’était là une représentation assez exacte. Dans cette classe comme dans la classe inférieure, il y avait deux sortes d’initiés : ceux auxquels on pouvait aj)prendre à se servir du corps mental et à former autour de lui le véhicule temporaire, mais résistant, de matière astrale, parlois appelé « rnayavi-rupa » ; et ceux, en très grande majorité, qui n’étaient ])as encore ])réparés à ce développement, mais qui, néanmoins, pouvaient être instruits de ce qui touche le plan mental, y compris les pouvoirs et les facultés appropriés. De même que, dans les Mystères mineurs, on apprenait quel était le résultat exact, après la mort, de certaines actions et de certains genres de vie sur le plan physique, de même, dans les Mystères majeurs, on apprenait comment les causes générées dans l’existence terrestre produisent leurs résultats dans le monde céleste.

Dans les Mystères mineurs, la nécessité et les moyens d’arriver au contrôle des désirs, des passions et des émotions, étaient clairement mis en évidence ; dans les Mystères majeurs, le même enseignement était donné pour le contrôle du mental. On continuait aussi à présenter l’autre aspect de l’enseignement théosophique, celui de la cosmogénèse et de 1 anthropogénèse, et on polissait cette étude beaucoup plus Uv,,. lieu de n’être instruits que des grandes lignes de

1 évolution, par la réintégration et les races antérieures a travers lesquelles l’homme a progressé en ce monde, les initiés recevaient alors une description complète du système tel que nous le connaissons maintenant, y compiis h's sept grandes .chaînes (1) et leur rapport avec l’ensemble du

mental, qu’il appelle meniale \ enfin les expériences que poui'suit

en ce moment H. Durville ont isolé le double (ou corps aithérique ou odique) dépositaire de la vie, le corps astral siège de la sensibilité, et le corps mental, siège de l’intelligence ; l’existence de ces éléments divers peut donc et doit être, à l’heure actuelle, regardée comme acquise scientifiquement. J’aurai d’ailleurs à étudier plus loin le corps astral sur l’existence duquel est basée l’hyperphysique — et, par suite, la sorcellerie. J’aurai également à parler des expériences de H. Durville auxquelles j’ai eu l’honneur de participer à un point de vue personnel et spécial. {N. de VA.).

(1) Enchaînement des principes d’une planète en ordr^' d'évolution, et par suite, des cycles planétaires où se développent successivement les organismes à la. surface des mondes. {N. de VA.).

système solaire. Leurs expressions différaient des nôtres, mais les enseignements étaient essentiellement les mêmes ; là où nous parlons de vagues et d'effusions de vie divine, ils parlaient d'Æons et d'émanations, mais, sans aucun doute, ils avaient une connaissance exacte des faits, et ils représentaient à leurs élèves, sous forme de visions, les processus cosmiques et leurs analogies terrestres. Comme dans le cas des états post mortem^ ces représentations furent d'abord produites par des méthodes occultes, et plus tard, quand celles-ci firent défaut, on eut recours à des mécanismes et des images dont les résultats étaient bien inférieurs. »

Pour enseigner, par la loi des correspondances, la vérité de l'évolution cosmique, on se servait de tableaux ou de modèles, et l'on montrait ainsi le développement du germe, comme nous pourrions le faire au moyen d'un microscope...

On s'est demandé parfois pourquoi l'on se donnait tant de peine pour expliquer les processus compliqués de l'évolution passée qui, après tout, n'ont aucune influence évidente sur la vie pratique. On ne peut que répondre que l'homme a besoin de savoir comment il en arriva à être ce qu'il est,^ pour comprendre l'avenir qui s'étend devant lui et appren- i dre, d'après son progrès dans le passé, le moyen d'avancer \ dans les vies à venir. On se rend compte de l'importance que les Grands Etres (1), fondateurs des religions^ attachent à ces choses, en constatant que, dans toutes les religions du monde, même dans celles des sauvages, on trouve, ne fût-ce que sous la forme de mythes extravagants et obscurs, les traces de tentatives d'explication de l'origine du monde et de celle de l'homme. Nous en avons un exemple dans la première partie du livre de la Genèse, qui raconte les choses selon la tradition juive...

Parmi les nombreux faits intéressants qui se rattachent aux Mystères, se trouve l'emploi, dans les cérémonies, d'instruments symboliques sur la signification desquels il est peut-être nécessaire de nous étendre un peu. L'un d'eux était le thyrse, baguette terminée par une pomme de pin, et que, fréquemment, on disait creuse et remplie de feu. Le même instrument symbolique se retrouve dans l'Inde où l'on emploie couramment une tige de bambou à sept nœuds. Quand un candidat avait été initié, on l'appelait souvent « celui qui a été touché par le thyrse », montrant par là

(1) Je rappelle que l’auteur est théosophe.

que ce n'était pas seulement un emblème, mais que cet emblème avait une utilité pratique.

Ce thyrse représentait la moelle épinière se terminant au cerveau, et le feu qui y était enfermé était le serpent de feu sacré que Ton appelle en sanscrit « Kundalini ». L'instructeur le magnétisait et le posait sur le dos du candidat, afin d'éveiller la force latente en celui-ci. Il est probable qu'on s'en servait aussi pour produire la transe hypnotique, et il est très possible que le feu qu'il renfermait n'était pas seulement du magnétisme animal, mais de l'électricité. La force latente du Kundalini se rattache étroitement au développement occulte et à diverses méthodes de magie pratique, et toute tentative faite pour l'éveiller ou l'employer sans un maître qualifié est dangereuse.

, Les jouets de l'enfant Bacchus ou Dionysos forment un autre groupe de symboles intéressants- Comme je l'ai dit, Dionysos était un des noms donnés au Logos, et son enfance signifiait simplement le début de la manifestation. On le représente enfant jouant avec une toupie, une boule, un miroir et des dés. Vous pensez sans doute que ce sont là des symboles incompréhensibles ; mais si vous pouviez les voir^ vous comprendriez aussitôt que ces jouets représentent la matière dont sont construits les mondes. La toupie, c'est l'atome qui tourbillonne constamment, et ces atomes sont les briques avec lesquelles est construit l'édifice du système solaire. Les dés ne sont pas des dés ordinaires, mais sont tous différents, car ce sont les cinq solides platoniciens, les seuls solides réguliers qui existent : le tétraèdre, le cube, l'octaèdre, le dodécaèdre et l'icosaèdre. Eux aussi peuvent être considérés, quoique d'une autre façon, comme des matériaux de construction. Ils représentent les atomes des différents plans de la nature (1), non pas la forme réelle de ces atomes, et ils indiquent à l'étudiant en occultisme pratique certaines qualités fondamentales de ces atomes, et la direction dans laquelle .leur force peut se déverser. Nous

(1) Les philosophies de l’Inde antique, en partie vulgarisées à notre époque et dans notre occident par l’enseignement théosophique, admettent sept plans dans le Cosmos ; le plan physique, le plan astral, le plan mental, le plan buddhique, le plan nirvanique, le plan paranirvanique et le plan maliaparanirvanique. Sur chacun de ces sept plans évolue un des sept éléments constitutifs de l’être humain. Cés différents plans ne sont pas superposés comme pourrait le laisser croire l’emploi de ce mot, mais s’interpénétrent les uns les autres, à la façon de l’eau, du sable et des cailloux mélangés dans une caisse ; ils ne constituent donc pas une localisation, mais un état. {N. de VA.).

pouvons en faire une série de sept, en ajoutant le point au commencement et la sphère à la fin (1) : nous aurons alors un ensemble d'une signification profonde et cachée. La boule avec laquelle joue l'enfant est naturellement la terre ; son miroir est la matière astrale qui reflète toutes choses en-tesrenversant et que, pour cette raison, on symbolise si souvent par l'eau, comme dans l'histoire de Narcisse. Il est très intéressant de remarquer combien tous ces points, d'abord étranges et incompréhensbiles, deviennent aussitôt clairs et lumineux lorsqu'on les étudie et qu'on en pénètre le sens...

Beaucoup d'anciennes écoles de philosophie travaillaient parallèlement à celles des Mystères. L'école pythagoricienne, surtout, sembla se rapprocher des idées théosophiques modernes. Elle partageait ses étudiants en trois degrés qui correspondent à peu près exactement à ceux des premiers chrétiens qui, eux, les appelaient respectivement : Purification, Illumination et Perfection, cette dernière comprenant ce que saint Clément appelle la connaissance scientifique de Dieu.

Dans les systèmes pythagoriciens, le premier ordre était celui des « Akoustikoï », ou Auditeurs, qui ne prenaient aucune part aux discussions ou aux discours, mais gardaient un silence absolu aux réunions pendant deux ans et se contentaient d'écouter et d'apprendre. A la fin de cette période, s'ils avaient d'autre part donné satisfaction, les étudiants pouvaient entrer dans le second ordre des « Mathématikoï ». Les mathématiques qu'on y apprenait ne se bornaient pas à ce que nous désignons aujourd'hui sous ce nom (2). Nous étudions aujourd'hui cette science pour ellemême ; pour eux, elle n'était que la préparation à quelque chose de plus vaste, de plus élevé et de plus pratique. La géométrie, telle que nous la connaissons actuellement, était enseignée au dehors, dans la vie ordinaire, comme préparation (3), mais à l'intérieur de ces grandes écoles, on allait

(1) Dans cette série de jouets, le point est représenté par la pointe de la toupie, et la sphère par la boule. {N. de VA.).

(2) Etymologiquement, mathematika n’était pas seulement la science des nombres, mais désignait tout ce qui peut fournir matière à un enseignement quelconque et dans quelque ordre d’idées que ce fût. D’ailleurs, dans le système pythagoricien, le nombre était la base de toute science. {N. de VA.).

(3) L’enseignement des écoles secondaires comportait la mesure des lignes, des surfaces et des solides. (iV. de VA.).

jusqu à 1 étude et à Tintelligeiice de la quatrième dimension, jusqu'aux lois et propriétés de Thyperespace (1).

Cet enseignement ne peut être compris que dans son ensemble et non par fragments, et il faut le considérer comme une introduction au développement astral. Il permettait à 1 homme de comprendre toutes les octaves de vibrations, ce domaine immense,' dont la science ne sait rien encore, les rapports occultes entre les nombres, les couleurs et les sons, les diverses créations à trois dimensions du grand cône de 1 espace, et la forme véritable de Tunivers. 11 y a beaucoup à gagner dans les mathématiques pour ceux qui les entreprennent du bon côté ; elles nous aident à voir de quelle façon les mondes sont construits, car, comme on Ta dit autrefois : « Dieu géométrise ».

Le troisième degré des Pythagoriciens était celui des « Physikoï », non des physiciens au sens moderne du mot, mais des étudiants de la véritable vie intérieure, qui apprenaient à reconnaître la vie divine sous tous ses voiles, et étaient ainsi à même de comprendre son évolution. On exigeait de tous ces élèves une vie de la plus grande pureté (2)...

Les Mystères grecs reçurent différents noms suivant 1 endroit, mais ce qu'on vient de dire s'applique à tous. Il y^ avait- en Crète les Mystères de Zeus ; en Argolide, ceux d Héra ; à Athènes, ceux d' Athénée ; en Arcadie, ceux d Arthémis ; à Egine, ceux d'Hécate ; en Phrygie, ceux de Rhéa. Il y avait aussi ce qu'on appelait le culte des Kabeiroï, en Egypte, en Phénicie et en Grèce ; enfin les Mystères très intéressants de Mithra, en Perse, et ceux d'isis et d'Osiris, eu Egypte (3).

(1) On y étudiait non seulement comme aujourd’hui les rapports des nombres entre eux, mais encore, ce qu’on ne sait plus faire à notre époque, les propriétés intrinsèques des nombres. Dans cet ordre d’idées, les Pythagoriciens avaient inventé des séries d’opérations presque ignorées de nos jours, telles que l’addition théosophique (Ex. : 5 = 15, puisque 1+2+3+4+5 = 15), la réduction théosophique (Ex. : 5=6, puisque 5 = 15 et que 1 +5 = 6), etc. Ces opérations et d’autres sont aujourd hui tombées dans l’oubli ; c’est cependant l’étude des propriétés intrinsèques des nombres poursuivie à cette lumière qui a permis à un contemporain d’une haute érudition, bien qu’ignoré de la foule, Louis Lucas, d établir ses savantes considérations sur les théories et les origines des nombres. (N. de VA.).

A-t}} Ajoutons que les Pythagoriciens, comme du reste les initiés aux différents Mystères, formaient entre eux une sorte de confrérie occulte, avec ses mots de passe, ses signes de ralliement, etc., et que, comme les autres initiés, ils étaient liés par certains serments. (N. de VA.).

(3) On peut compléter cette succincte énumération en citant bien d autres endroits du monde antique où se célébraient des Mystères :

A ces derniers se rattachèrent beaucoup de choses qui sont spécialement intéressantes pour nous. Le fameux « Livre des Morts » était un de leurs manuels. Les chapitres que Ton a retrouvés dans divers tombeaux n'en représentent qu'une très petite partie, et encore bien défigurée. L'ensemble devait former une espèce de ^uide du plan astral, et renfermait un certain nombre d'instructions destinées à aider les trépassés dans les régions inférieures de ce monde nouveau pour eux. L'esprit égyptien semble avoir procédé de façon extrêmement ordonnée et formaliste ; l'auteur dresse un tableau de toutes les variétés imaginables d'entités qu'un mort peut rencontrer et combine avec soin le charme spécial ou parole magique qu'il croit la plus efficace pour vaincre l'entité, si elle se montre hostile.

Les initiations égyptiennes étaient toutes organisées suivant le même plan général. Le candidat était revêtu d'une robe blanche, emblème de la pureté qu'on exigeait de lui, et que symbolisait également le bain préliminaire d'où l'on tira l'idée du baptême chrétien. Il était amené devant une assemblée de prêtres initiés, dans une sorte de caveau ou de souterrain. On mettait d'abord à l'épreuve la clairvoyance qu'on lui avait appris à développer et on lui faisait lire, à cet effet, une inscription gravée sur un bouclier d'airain, dont on lui présentait le côté nu. Puis on le laissait veiller seul. On lui avait appris certains mentrams ou mots magiques qui étaient censés devoir maîtriser certaine classe d'entités, et, pendant sa veillée, on faisait passer devant lui diverses apparitions, les unes terrifiantes, les autres pleines de séduction, afin d'éprouver son courage et son sang-froid. 11 chassait toutes ces apparitions, se servant pour chacune du mentram ou signe approprié ; mais, à la fin, toutes venaient l'assaillir à la fois, et on lui avait appris à se servir, dans ce dernier effort, du mentram le plus puissant (celui que l'on appelle en Orient le « Raja mentram ») au moyen duquel on

Lanka, Guyah et Methrah, dans l’Inde primitive ; Vahr, Balk et Banian, dans l’Iran ; H’Lassa et les sanctuaires du mont Boutala dans le Thibet ; Astrakan, Gangawas et Baharein, dans le Taratah ; Han, Ninweh et Houn, dans la Khaldée ; Askala, Balbeck, Mambyce, Salem, Roma et Mekka, en Syrie et en Arabie ; Thèbes, Memphis et Ham-Mon, en Egypte ; Rapta et Méroë, en Ethiopie ; Gog-Hayoum et les solitudes de l’Hémus en Thrace ; Delphes et le Parnasse, en Grèce ; Bolsène, en Etrurie ; Nîmes, en Occitanie ; Huesca et Gadès, en Ibérie ; Bibracte, Périgueux et Chartres chez nos ancêtres les Golaks, et bien d’autres sanctuaires de l’antiquité sacrée où se transmettaient les enseignements de la science divine et mystériale. (A. de VA.).

pouvait vaincre toute espèce de mal. Il n'apparaît pas clairement que la majorité des candidats égyptiens ait su, comme nous le savons aujourd'hui, que tous ces charmes et tous ces mentrams n'étaient donnés que pour aider la volonté de l'homme, ce que, sans aucun doute, les initiés supérieurs comprenaient parfaitement. A vrai dire, suffisent seuls le courage et la pureté p^arfaite, quaïid ces vertus s'allient à la connaissance acquise.

^ D'autres cérémonies des Mystères égyptiens sont intéressantes pour les nations occidentales, une partie de leur rituel se trouvant mêlée d'une façon curieuse à nos enseignements religieux, quoique absolument détournée de son sens et matérialisée. Bien qu'au temps relativement récent dont nous parlons, le rituel fût dépouillé de beaucoup de son ancienne splendeur, il n'en était pas moins encore très impressionnant. A un moment, le candidat se couchait sur une croix de bois bizarrement creusée, et, après certaines cérémonies, il tombait en transe. Son corps était alors emporté dans les caveaux, sous le temple ou la pyramide, tandis que lui-même « descendait aux enfers », ou dans les régions inférieures, c'est-à-dire, comme nous dirions aujourd'hui,, il passait dans le plan astral. 11 passait là par des expériences variées ; une partie de sa tâche était de « prêcher aux esprits en prison », et il restait dans cçt état trois jours et trois nuits (ce qui était un symbole des trois rondes (1) et des intervalles qui les ont séparées, temps pendant lequel l'homme accomplissait la première partie dé son évolution et descendait dans la matière). Puis, après « trois jours et trois nuits passés au cœur de la terre », le matin du quatrième jour, « il ressuscitait d'entre les morts », c'est-à-dire que son corps était sorti du caveau et placé de façon à ce que les rayons du soleil levant tombassent sur son visage, et il s'éveillait ; ce qui symbolise l'éveil de l'homme dans la quatrième ronde, et le commencement de son dégagement hors de la matière, sur l'arc ascendant de l'évolution. On donnait alors au candidat un aperçu du plan buddhique (2), une lueur de cette conscience supérieure qui lui permettait de sentir l'Unité cachée en tout et de réaliser ainsi la Divinité en tout ; et c'est alors qu'il « montait aux cieux ». Beaucoup d'autres

(1) Circuits des sept globes d’une chaîne planétaire. {N. de VA.).

(2) Plan buddhique, le quatrième des sept plans que doit franchir l’évolution humaine avant d’atteindre la divinité. {N. de VA.).

étapes de la vie de l’initié ont été mêlées à l’histoire dn Christ par les auteurs de cette dernière, mais ont été horriblement mal comprises et défigurées par les ignorants...

Avec*le temps, les Mystères connurent la corruption ; la lumière, la vie intérieure se retirèrent d’eux en grande partie ; mais ils ne moururent pas en entier. Malgré l’Eglise, il y eut, à travers les âges les plus sombres, lorsque tous ceux que l’on soupçonnait d’hérésie étaient persécutés sans pitié et où il semblait que toute science fût morte et tout progrès intellectuel impossible, il y eut, dis-je, néanmoins des sociétés à demi secrètes qui continuèrent en partie l’œuvre des Mystères. 11 y eut les Templiers, les Rose-Croix, les Chevaliers de la Lumière, les Frères d’Asie et beaucoup d’autres sociétés occultes. 11 est vrai que beaucoup d’entre elles paraissaient n’avoir possédé qu’une science bien faible et bien voilée. Et cependant, alors, comme toujours, ceux qui savent veillaient dans l’ombre, et tous ceux qui chercl'.aient ardemment la vérité parvenaient à la décou- ■ vrir. ^

Donc, les collèges sacerdotaux de l’antiquité savaient et avaient approfondi bien des choses au point de vue des sciences tant théoriques qu’appliquées ; mais les notions qu’ils en possédaient, jalousement gardées par eux dans un but de domination, disparurent plus tard ou du moins ne se transmirent d’âge en âge que par les héritiers des initiés et ne font qu’être soupçonnées à notre époque (force neurique rayonnante, etc.), ou bien sont à peine étudiées par la Science contemporaine qui les a longtemps rangées dans le vaste capharnaüm du charlatanisme : telle, celle de l’hypnotisme.

De plus, des sciences encore inconnues de nos jours étaient, cela est certain, pratiquées et approfondies dans les cryptes sacrées de l’antique Orient, et d’autres connaissances qui nous semblent aujourd’hui absolument en dehors de la nature parce qu’elles sont basées sur des lois naturelles qui nous échappent — telles les expériences d’occultisme, de psychisme et d’hyperphysique en général — étaient courantes dès les temps les plus

reculés, dans les temples de l’Inde, de l’Egypte, de la Thrace, des Gaules, etc.

Mais ces sciences supérieures étaient elles-mêm«s enseignées aux initiés sous le couvert d’une langue et d’une écriture mystérieusement allégoriques qui empêchaient qu’il pût s’en répandre dans le public autre chose que des bribes incompréhensibles. C’est ainsi que les lames de Thot présentaient une synthèse générale de toute science et de toute philosophie, qui demanderait une vie humaine pour être étudiée à fond : aujourd’hui, le public, qui a fini par les connaître — mais conjbien défigurées ! combien dénaturées et corrompues ! — n’y voit plus qu’un jeu dont j’aurai à parler plus loin, quand j’aborderai l’étude de la sorcellerie des Bohémiens... C’est ainsi, de même, que la Table d' Emeraude d’Hermès Trismégiste, base de toute Haute Science, basée ellemême sur une loi — la Loi d^ analogie — ignorée de la Science actuelle, a fini par pénétrer dans le public, et le public, même savant (je ne parle pas des initiés par l’étude) ne comprend rien, absolumfent rien au symbolisme mystérieux de son enseignement, ni à la grandiose synthèse que cachent ses mots.

Qu’est-ce que cette Table d^ Emeraude dont on parle souvent, que cependant le public ignore, mais que connaît par cœur le moindre étudiant d’occultisme parce qu’elle renferme en elle la source de toute haute science cachée ? Voici :

Le Mage Hermès Trismégiste — ce nom est l’appellation ésotérique de la haute université de l’antique Egyptç — chargé de condenser la synthèse et la substance de la sagesse-science Egyptienne, la résuma en les quelques propositions suivantes qui furent dans l’origine, dit la tradition, gravées sur une table d’émeraude : de là le nom qui est resté à l’ensemble de ces propositions dont voici la traduction . •

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