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(•/est cuiiiiue si tu ra\ais attaclié près de toi par une corde,..
Quelque temps après (la date n'a pas été notée), « Sage » me communiquait sa critique sur cette séance, dans les termes suivants :
« Il y a eu confusion : je ne me suis jamais tenu craintivement près de Lancelin. Rétablissons les faits tels qu’ils se sont passés : Madame Lambert m’a vu peu fort parce que je lui avais communiqué toute ma force. — Ne pas avoir formé la chaine ne m’enlevait pas beaucoup de puissance ; cependant cela m’aurait aidé si cette chaine avait été faite. — Enfin le nuage resplendissant [qu’a vu le sujet] était tout simplement formé par des amis qui étaient avec moi, qui voulaient m’aider et qui ne pouvaient pas. «
Depuis, ces curieuses expériences ont été interrompues — au moins en ce qui me concerne — pour cause d’absence. H. Durville a continué, et c’est au cours de cette continuation que s’est passé le curieux fait de répercussion de foulure du genou d’un sujet réceptif, jeté sur le parquet par le fantôme de Madame Lambert, au genou de celle-ci par l’intermédiaire des corps astraux de ces drnix sujets; j’ai rapporté ce fait ailleurs (V.p.291), je n’y reviendrai pas, mais des explications qui raccompagnent, il résulte que « Sage » continue à s’intéresser à ce qui se passe dans ce milieu, qu’il a maintenant plus facilement accès près de Madame Lambert, et que, s’il ne se mêle pas aux expériences, ce que j’ignore al)sol liment, au moins il les suit et les surveille attentivement, puisque les explications que j’en ai données émanent de lui.
Au point où j’en suis arrivé, je ci*ois avoir simplement démontré qu’il est relativement facile d’établir une collaboration occulte avec les Etres du Mystère, et donné des preuves, prises sur le fait, de la répercussion des blessures. .le clorais donc cette note ici, si, depuis, il ne s’était passé un fait nouveau qui nécessite quelques éclaircissements.
Au cours d’une conférence faite en juin 1910 à la Société magnétique de France, le caractère hyperphysique de la lésion répercutée sur l’épaule de Madapae Lambert a été vivem,(‘nt contesté par M. Gaston Durville, interne on médecine, et fils de H. Durville, l’opérateur de la séance où Madame Lambert a été blessée.
Je dirai deux mots à ce propos pour éclaircir l’affaire.
Très habilement, le conférencier a placé son objection sur
le seul terrain (u'i il put la présentt'r av('e quehjue apparcuice (le solidité. — « La lésion, dit-il, so serait produite à 1 1 lieures du soir, et ce iLest que le lendemain qu'a été examinée Tépauh* du sujet. Il y a donc là un intervalle d'une nuit entière pendant lequel le. sujet a été soustrait à tout contrôle. Durant cet intervalle, n'a-t-il pu se brûler à l'épaule, à l'aide d'un caustique ou d'autre façon, consciemment ou inconsciemment, volontairement ou accidentellement ? Pour écarter toute ombre de douter, le sujet aurait dû être examiné des après la séance, et avant d'avoir échappé à la vue des assistants. »
Cette conclusion, je le reconnais, est également la mienne : il est éminemment regrettable que l'examen du sujet n'ait pas eu lieu sur-le-champ. Mais, outre que l'heure était avancée (il n'était pas loin de minuit quand on s'est séparé) il y avait, pour négliger cet examen des raisons majeures dont la principale était que nul parmi nous ne pouvait alors se douter de l'importance que devait prendre l'incident, pas plus que des conséquences qu'il allait amener. 11 est certain que si j'avais pu prévoir les suites de cette affaire, ce n'est pas après la séance que j'aurais examiné l'endroit lésé, mais immédiatement^ en faisant interrompre la séance et donner de la lumière.
Au cours de l'expérience, le sujet accuse un choc... Personne, sur le moment, n'y attache d'importance, et moi, je le reconnais, moins que tout autre, car je tiens d'une longue pratique que recevoir, au cours d'une séance hyperphysique, un coup — plus ou moins fort — d'une Entité matérialisée, est chose absolument banale. Quelques jours avant, dans une expérience de matérialisation, tous les assistants, au nom.bre d'une quinzaine avaient reçu des tapes sur différentes parties du corps, avaient eu les doigts mordus, etc. ; pour ma part j'avais reçu sur le crâne une douzaine de coups dont les derniers étaient assez violents, pour que j'aie prié l'Entité de cesser ce jeu (1; : j'affirme qu'il n'est venu à personne d'entre nous, à la suite, l'idée d'aller se faire visiter corporellement par un médecin.
Pour revenir au cas de Madame Lambert, si l'on veut absolument trouver une origine physique à sa blessure, il est tout aussi simple de déclarer qu'elle a dû être frappée soit
1) L’Entite^ matérialisée n’était pas méchante, mais tiès .forte et surtout très familiarisée avec moi. ,
par un des assistants, soit même par son magnétiseur — H. Durville — qui se tenait près d'elle. Ce système, il est vrai, se heurte aux dénégations unanimes des assistants et du magnétiseur ; mais l'hypothèse mise en avant se heurte aussi aux dénégations du sujet qui affirme ne s'être blessé ni volontairement ni involontairement, avec quoi que ce soit, dans l'intervalle qui a séparé le choc — nettement accusé par lui (1) en état de sommeil magnétique — du moment où a eu lieu l'examen. Or, je ne vois pas, en conscience, sur quel motif on peut se baser pour accepter comme valables les dénégations des assistants, dans un cas, et rejeter celles de Madame Lambert, dans l'autre.
On peut m'objecter qu'il n'est pas question de choc, mais d'une brûlure qu'aurait pu se faire à lui-même le sujet soustrait au contrôle...
Mais pardon 1 le sujet n'a jamais parlé que de choc ou de coup, et c'est vous qui parlez de brûliu’e en vous appuyant sur ce fait que la lésion a, par la suite, présenté les caractères d'une brûlure... Soit ! je suivrai mon contradicteur sur ce terrain, bien que personnellement, et pour cause, je nie absolument la brûlure.
On sait que les brûlures se classent en divers degrés correspondant à leur gravité : celles du premier degré se caractérisent par une simple rougeur de la peau ; au deuxième degré, la peau est plus profondément atteinte, et il se forme des ampoules, etc.
Or, le stigmate de l'épaule du sujet n'est pas, ne peut être une brûlure, et cela pour un motif péremptoire : — une brûlure, quelle qu'en soit la cause (instruments, vapeurs, caustiques) et quel qu'en soit le degré, est toujours et partout identique à elle-même ; en d'autres termes, une brûlure au deuxième, au troisième degré, présentera sur cinquante sujets différents le même aspect extérieur, les mêmes caractères, les mêmes accidents... La plaie de Madame Lambert offre l'apparence d'une brûlure... peut-être, mais les apparences sont souvent trompeuses ; en tous cas, je serais charmé d'apprendre à quel degré de brûlure peut se rapporter la desquamation de l'épiderme circonscrivant la plaie — à quel degré de brûlure également peut se rapporter le hérissement
(1) Il faudrait alors supposer que le sujet a préparé l’aventure de longue inain, puisque dans ce cas il parle, en état de sommeil magnétique , d’une lésion qu’il va se faire la nuit suivante i Une telle hypothèse ne résiste pas au raisonnement.
(Je l'épiderme circonscrivant lui-même la desquamation sus indiquée. Aucun ouvrage technique ne parle, dans la description de brûlures à quelque degré qu'elles soient, de deux caractéristiques — spéciales absolument au cas qui nous occupe et qui, dans l'espèce, ont bien leur importance, puisqu'il suffit de se reporter à la photographie ci-jointe (V . la fig. 7) pour constater qu'elles occupent, à elles seules, les trois quarts du diamètre de la lésion totale.
Pour me résumer, le diagnostic « brûlure » me semble absolument controuvé, et je crois devoir m'en tenir aux termes « choc » et « coup » employés par le sujet lui-même, qui, à tout prendre, est mieux qualifié que quiconque pour déclarer, à l'état somnambulique, ce qui lui arrive quand il est dans cet état. Ce choc a été produit par des fluides matérialisés, ce qui explique l'apparence bizarre et composite de la plaie subséquente. Si d'ailleurs on admet cette hypothèse, tout se tient dans l'enchaînement des faits, depuis le cri du sujet annonçant qu'il vient d'être frappé, jusqu'à l'explication bvperpbysique de ces mêmes faits. Si au contraire on se retranche dans l'hypothèse de, la brûlure postérieure, je suis fondé à demander encore une fois, à quel degré de brûlure peuvent se rapporter la desquamation et le hérissement de l'épiderme ; je demande qu'on me montre le traité de médecine qui en parle dans la séméiologie des brûlures ; je demande enfin qu'on me cite le praticien qui a jamais rencontré un cas analogue. Je sais bien que ma solution gênera monistes et mécanicistes — ces fils décadents du matérialisme expiré — qui veulent tout rapporter à des causes physiques, mais qu'y puis-je, si la vérité est en dehors d'eux ? Je ne suis pas, certes, et loin de là ! de ceux qui ne voient autour d'eux que du merveilleux, qui ne peuvent pntendre craquer un meuble sans aussitôt crier au spiritisme, ni voir un animal sauvage — lièvre ou corbeau — traverser leur chemin sans se croire victimes des agissements d'un sorcier, mais j'estime que lorsqu'on rencontre un phénomène hyperphysiaue indéniablement établi — et, selon moi, c'est le cas de la plaie de Madame Lambert — j'estime, dis-je, qu'il est à la fois plus digne et plus scientifique d'étudier ce phénomène, plutôt que de le nier à tout prix.
Au reste, la répercussion de blessures serait un phénomène banal si l'on savait combien de gens, sans s'en douter, extériotent leur corps aStral durant leur sommeil ! Mais comme
ccux-là mémo qui y sont sujets sont à cent lieues de soup- ^•onner la simple possibilité du fait, ils se contentent de dire, lorsqu'à leur réveil ils constatent sur leur corps physique l’existence d'une lésion inexpliquée : — « C'est singulier ! Comment ai-je pu me heurter de la sorte dans mon lit ?... » Ils ne voient pas au-delà, ne se doutent pas qu'ils se dédoublent inconsciemmént, et hausseraient les épaules si l'on pouvait leur dévoiler l'origine parfois étrange des sévices qu’ils croient s'être infligés eux-mêmes.
A ce propos, je citerai un fait de traumatisme hyperphysique — qui ne peut être retenu comme base de discussion parce que son origine n'est pas scientifiquement établie — mais dont l'existence matérielle eut des témoins, dont les explications postérieures furent données devant témoins, dont par suite la réalité physique est bien prouvée, et qu'à ce titre je présente pour un des plus curieux qui soient à ma connaissance.
J'ai eu plus haut (v. p. ibbseq.) l'occasion de parler d’un ami intime, X..., qui se dédouble dans certaines conditions et envoie son fantôme vers des sujets chargés de contrôler ses actes durant ses sorties en astral.
En juin dernier, X... se trouvant dans une petite ville de Normandie, voulut un soir s'extériorer et aller trouver un sujet réceptif, Mlle A... qui habite à Paris dans l'avenue de l’Opéra. Le lendemain matin — je rappelle qu'il ne conserve aucun souvenir de ce qu'a fait son double en cours d'extérioration — il se réveilla avec une assez forte douleur au côté droit du ventre tout près de l'os iliaque. Vérification faite, une ecchymose circulaire, de dix centimètres de diamètre, avec boursouflures locales, complètement noire, occupait l’endroit douloureux.
Très intrigué, X... interrogea mais vainement ses souvenirs : il ne se rappelait avoir reçu ni la veille'ni durant la nuit un choc assez violent pour avoir causé une telle lésion ; d’ailleurs le coup devait avoir été assez violent pour n'avoir pu passer inaperçu ni à l'état de sommeil ni, à plus forte raison, ù l’état de veille.
11 était donc très perplexe et ne savait que penser lorsqu'un^ de ses familiers, au courant de ses expériences, lui demanda : — Ne serait-ce pas un choc reçu en cours de dédoublement ?
Et, en fait, il ne voyait que cette façon- d'expliquer la douloureuse énigme.
Précisément, peu après son retour à Paris, j'eus l’occasion
de le conduire dans un milieu où, à Taide du oui-ja, Ton a de très curieuses conversations avec le Mystère.
X... s'approcha des opérateurs, exposa les faits et demanda si on pouvait lui en donner l'explication.
— Attendez que je voie 1 répondit l'Entité qui parlait alors.
Et, après quelques instants consacrés sans doute à l'examen de la lésion, s'engagea l'étrange entretien qui suit, transcrit au fur et à mesure des répliques :
— Vous étiez, dit l'Etre, parti faire une fugue, et vous avez reçu un bon coup, mais qui ne vous était pas destiné.
— Un coup de quel instrument ?
— Un... mac/im (sic) contondant.
— Quoi encore ? Veuillez préciser. Trique ? Marteau ?
— Ni trique ni... un coup de matraque, bien appliqué.
— Mais dans quelle circonstance ?
— Vous vous êtes trouvé dans une bataille, et vous auriez pu avoir pis !
Et, comme on fait remarquer en riant à l'interrogateur que, durant ses sorties en astral, il a des fréquentations déployables :
— M. X... est innocent.
— Mon dédoublement ayant été inconscient, je ne m'explique pas comment j'ai pu me trouver en si fâcheuse compagnie.
— En allant en escapade.
— Mais encore, quelles étaient ces gens ? où suis-je tombé ?
— Au milieu d'apaches.
— Alors, dans cette bataille, je pouvais être tué ?
— Presque.
— En pareille occurrence, il doit arriver souvent des accidents que l'on ne peut ensuite expliquer ?
— Il y a un Dieu pour les dédoublés !
— Cruels étaient-ils, ces apaches qui se battaient ?
— Deux hommes, trois femmes et un gros chien.
— Vous venez de parler de risques courus par moi. Quels ^ étaient ces risques ?
— Un gros gourdin vous a effleuré la tête.
— Vous venez de dire que c'est un coup de matraque qui m'a touché.
— Le coup de matraque était destiné à celui qui brandissait le gourdin. \
— Les dédoublements ne devraient pas assujettir à tant do dangers !
— Pourquoi, quand on sort de chez soi, reçoit-on quelquefois des tuiles ?
— Et quel hasard m'a empêché de recevoir le coup sur la tête ?
— C'est une des femmes qui a retenu le bras du possesseur du gros gourdin.
— Expliquez-moi donc ceci ; La douleur a dû être intense. Pourquoi donc, quand elle s'est répercutée sur le corps physique ne m'a-t-elle pas réveillé ?
— Parce que vous étiez très bien dédoublé.
— Et à quel endroit s'est passée cette scène ?
— Dans votre quartier, sur les fortifs (sic).,.
11 est certain que le quartier de X.„, à Paris, se trouve sur la ligne droite qui unit la ville de Normandie où il se trouvait, au N^... de l'avenue de l'Opéra, où il avait voulu diriger son double ; il est non moins certain que X..., quinze jours après cette mésaventure hyperphysique portait encore un certain gonflement jaunâtre et peu douloureux alors, mais qui avait été d'un noir d'encre, très large et très sensible et dont des témoins sérieux avaient constaté l'existence ; il est, de plus, certain qu'il ne savait à quelle cause normale rapporter la lésion dont il avait souffert ; il est enfin certain que X... s'extériore avec une facilité relative, ainsi qu'il est dit à l'endroit précité, sans toutefois conserver le souvenir de ce que fait son double pendant ces sorties en Astral.
D'autre part, X... a, depuis, fait interroger une autre Entité du Mystère pour contrôler les explications qui précèdent.
Je transcris cette seconde communication telle qu'elle me fut présentée.
« Tu peux dire à X... que les explications fournies sont absolument vraies, et que, du reste, il recevra encore d'autres coups de matraque. ■ — Il est étonné, dit-il, de n'avoir pas été réveillé sur le champ... il y a plusieurs manières de recevoir sur le corps physique les marques faites au corps astral : quand on est très bien dédoublé, on ne se réveille pas toujours; quand on n'est qu'à moitié endormi, une piqûre sur le corps astral peut suffire à réveiller ,1e corps physique... »
Je viens de donner les deux communications reçues à cet égard et de présenter les observations relatives à la réalité matérielle du fait.
Je m'abstiendrai de tout commentaire, laissant le lecteur imaginer ce qu'il voudra si l'explication qui précède ne lui convient pas. Pour moi, je ne puis prendre parti ; la réalité de cette explication ne m'étant pas matériellement démontrée, l'explication elle-même ne peut être reçue qu'à défaut d'une autre — mais cette autre, je ne la conçois pas. Alors, quoi ?
La conclusion évidente à tirer de tout ceci, c'est que les répercussions de blessures du corps astral au corps physique sont des phénomènes très communs, mais qui — basés^d'une part sur l'existence du corps astral, et d’autre part sur le dédoublement fréquent mais inconnu de quantité d'individus plus nombreux qu'on ne pniise, deux ordres de faits ignorés de la science normale — sont regardés par cela même comme ressortissant à la plus haute fantaisie (1). H suffit pourtant d'observer, de réfléchir et d'étudier pour acquérir à cet égard une absolue conviction, basée sur des faits certains.
Qu'il me soit permis d'insister ici sur ce que j'écrivais aux premières lignes de cette « note » : — En la rédigeant je n'avais pas pour but de communiquer au lecteur le résultat d'une expérience qui, en l'état, n'est encore acquis que partiellement, et qui fera, après sa conclusion complète, l’objet d’un travail particulier plus étendu que celui-ci et plus étudié en ses points de vue spéciaux ; je me proposais simplement de mettre sous ses yeux des observations, prises sur le vif, de répercussions de blessures du corps astral au corps physique ; je me proposais surtout de lui montrer par l'emploi de quel procédé un sorcier peut établir une sorte de collaboration, lier partie, si je puis m'exprimer de la sorte, avec une Entité du Mystère, et, avec son aide, atteindre les fins qu'il se propose.
Supposez qu'en ceci, au lieu de poursuivre un but moral et purement scientifique, j'aie voulu faire œuvre de nuisance ; supposez qu'au lieu d'avoir affaire à des Entités élevées et bonnes je me sois trouvé en relation avec des Etres de perversité, de bassesse et d'immoralité — et vous comprendrez le mécanisme de la sorcellerie de goétie (2).
(1) La réalité des sorties en Astral (et, par suite, des accidents qui peuvent s’en suivre) est cependant, à l’heure actuelle si bien établie et et son mécanisme est si bien connu, que l’auteur va publier très prochainement une méthode de dédoublement personnel. Cela suffit pour montrer à quel degré de certitude on est arrivé à cet égard.
(2) Dans la réalité, les choses se passent de façon un peu différente.
Au lieu d’agir en mode spirite, ainsi que ce\a s’est passé pour moi, c’est-
Je n'ignore pas que les Entités mauvaises de l'au-delà sont générajement assez dénuées de puissance ; c'est là un des résultats de la loi morale qui place la progression par la science après la progression par la bonté. Néanmoins, il ne faut pas se le dissimuler, on rencontre parfois dans le Mystère des Etres de mal doués d'une formidable puissance (1). Imaginez un Néron, un Héliogabale, instruits dans l'élaboration et le maniement des forces astrales, et, avec son aide, tout le mal est possible ; cela a été noté dans un des entretiens qui précèdent, quand « Sage » me dit : « Sache bien qu'avec un fluide préparé exprès on peut te donner la plus sale maladie sans que tu saches d'où elle te vient, quand même tu aurais été soustrait à l'influence de toutes les causes qui. suivant votre science, peuvent la déterminer. »
Il suffit donc à un sorcier de lier partie avec un des Etres de cette sorte pour arriver à faire tout le mal possible. Le sorcier croit donner son âme au diable : ineptie ! 11 se prépare seulement, pour le présent, un esclavage très dur, car les Etres qui
à-dire d’user préalablement d’un sujet médiumnique et, par suite, de n’avoir affaire qu’à des Entités se manifestant volontairement et généralement élevées, le sorcier agit couramment en mode goétique, c’est-à-dire à l’aide de certains procédés, de certaines formules qui forcent l’Entité du Mystère à se manifester ; mais en ce cas, l’Entité qui se manifeste, étant soumise à une formule prononcée par un être humain, est fatalement faible, ou, autrement dit, a de grandes chances d’être mauvaise.
Je laisse les esprits forts, ou soi-disant tels, rire à leur aise de ces procédés et formules que ce n’est pas ici le lieu de, développer : il me suffira de dire que je suis en possession de certains d’entre eux (dont quelques-uns, inconnus en Europe, rapportés d’Orient et d’Extrême-Orient) qui ont fait leurs preuves. Mais ces procédés sont, et pour cause, très dangereux à expérimenter, parce que le seul fait de les utiliser sans précaution amène vite, pour l’opérateur, une obsession qui dégénère rapidement en possession : la plupart des sorciers aboutissent à la folie (j’ai expliqué dans d’autres ouvrages, notamment dans le Ternaire magique de Shalan^ les rapports cachés mais indéniables qui existent entre la possession par un Etre du Mystère et la folie).
Il y a quelques mois, sur le point d’expérimenter un procédé connu depuis longtemps par les magistes d’Occident, pour amener forcément devant moi une Entité nommément désignée, j’ai eu la prudence d’en interroger une autre — celle-ci venue volontairement — sur les résultats possibles de l’expérience. La réponse fut ; « L’expérience réussira parce qu’il y a des moyens certains de nous donner des ordres auxquels nous sommes forcés d’obéir, mais lu verras ensuite ce que cela t’aura coûté ». — Inutile de dire que j’ai cru devoir renoncer aux risques d’une telle expérience.
(1) Lorsque j’aborde pour la première fois l’étude d’un sujet hyperphysique (médium ou autre) mon souci primordial est d’étudier la moralité des Entités qui se manifestent par lui ; quand il m’arrive de constater leur négaj-ivité au point de vue du bien, j’interromps aussitôt tous rapports avec le sujet, car on ne sait, en pareille occurence, où l’on peut se trouver entraîné.
le servent le dominent, et, pour Tavenir, im Karma (1) qui pèsera longtemps sur lui. Quant à TEntité mauvaise, quel est son avantage en ceci ? Comprimée et dominée sur le plan astral par les Etres de Bien, plus puissants qu'elle, elle peut, par cette union avec un vivant qui met ses fluides à sa disposition, donner libre cours, sur le plan physique, à ses instincts pervers, faire le mal pour le mal, et dominer à son tour, en vivant de sa propre vie, le naïf sorcier qui eut l'imprudence de se lier avec plus fort que soi.
Mais ces Etres, à la fois mauvais et puissants, sont, je le répète, assez rares — et les sorciers sont bien nombreux. Comment peuvent-ils agir ? Voici :
Sur le plan astral, les Entités mauvaises, se sentant très généralement faibles et impuissantes dans leur isolement, groupent ordinairement leurs fragilités, et, de cet ensemble de faiblesses, de cette accumulation d'impuissances naît une force parfois réellement formidable.
Les séances d'hyperphysique expérimentale ne sont pas rares, où les Entités directrices disent aux assistants : « Hâtez-vous de refaire la lumière ; il y a ici des forces mauvaises dont nous ne sommes plus maîtres (2) ! »
Ce groupement d'intérêts et de volontés, sur le plan astral, est appelé par l'occultisme un ègrègore. Il suffit donc qu'uii sorcier s'allie, à défaut d'une Entité méchante et puissante, avec un égrégore dirigé vers le mal, pour que ses maléfices théoriques passent dans le domaine de la réalisation.
— Mais, m'objectera-t-on, n"est-il pas possible, pour qui en relation avec des Entités bonnes et puissantes, de profiter de leur force pour commettre non pas le mal, mais des actions d'utilité personnelle ?
Cette objection m'a déjà été faite, à un moment où « Sage » même me faisait des apports nommément désignés. Quelqu'un me dit à ce propos : « Ce n'est pas possible, car si cela était, rien ne vous serait plus facile que de vous faire apporter les réserves accumulées dans les caves de la Banque de France ! »
Tout docteur ès-sciences qu'est l'auteur de cette objection, il n'est qu'un simple naïf, ne connaissant pas le premier mot de la question qu'il tranchait avec tant d'assurance, et ignorant toute la différence qui sépare la science occulte de la science courante. Cette dernière est amorale, c'est-à-dire
(1) Ensemble de mérites et de démérites. *
(2) La lumière physique est un dissolvant ^our toute force fantômale.
qu’elle peut être indifféremment appliquée au bien ou au mal ; ne voit-on pas des cambrioleurs se servir d’appareils électriques pour forer des coffres-forts ? — Au contraire, la Science Occulte est basée sur la plus pure moralité, et si j’avais le malheur de vouloir diriger vers une indélicatesse ou plus simplement encore vers un. banal renseignement d’utilité personnelle et matérielle (1) les Entités qui veulent bien m’aider dans mes études, il arriverait immanquablement ceci qu’elles s’enfuieraient au plus tôt, me laissant en proie à toutes les entreprises d’Etres moqueurs et malfaisants qui se feraient un malin plaisir, non seulement de faire échouer une telle entreprise, mais encore de me donner l’illusipn de leur aide, pour finalement me jeter à toutes les pénalités légales et morales auxquelles m’aurait exposé cette folle tentative. En un mot, en agissant de la sorte, je tomberais dans la sorcellerie du dernier degré, celle qui se livre inconsciemment aux égrégores les plus vils et les plus méchants, sans garanties de convention, sans même savoir à qui elle a affaire ni quelles sont les forces qu’elle met en jeu.
Le lecteur peut se rendre compte maintenant du mécanisme de la sorcellerie de goétie, des moyens qu’elle emploie et des forces qu’elle fait agir ; il a la preuve, par les pages qui précèdent, que l’homme peut, sous certaines conditions, entrer réellement en rapports avec des Entités du plan astral, et s’en faire des alliées et des aides en vue d’atteindre tel but qu’il s’est proposé.
Au moment de clore cette Note,, il me faut ajouter un mot personnel : — Il y a quelques années encore, je n’aurais pas osé écrire les lignes qui précèdent : il se fût élevé autour de moi une clameur de haro, et j’eusse été traité pour le moins d’halluciné, de visionnaire, de fou... que sais-je !... Mais à l’heure présente, l’Idée a marché ; ils sont nombreux ceux qui, comme moi, se sont sentis, dans leurs recherches, indéniablement aidés ou contrecarrés par des Invisibles, quelle que soit d’ailleurs leur nature, c’est-à-dire que l’on voie en eux les habitants originaires du Mystère ou les âmes de nos morts passées dans l’au-delà et y vivant ; et ils sont légion, ceux qui, sans avoir eu consciemment affaire à eux, savent, par ce qui leur a été rapporté de tous côtés, que leurs actes sont
(1) En pareil cas, lorsqu’il y a nécessité, les Entités du Mystère font connaître d’elles-mêmes ce qu’il faut qu’on sache — mais ces renseignements n’ont jamais trart aux intérêts matériels, sinon ils émanent d’un Etre inférieur qui veut tromper.
coustamment mêlés à nôtre vie de chaque jour. Or, j’ai écrit ces pages dans toute la sincérité, dans toute la loyauté de mon être ; je viens de les relire ; je n’y trouve pas un iota à retrancher ; j’ai donné de la réalité des faits, toutes les preuves, tous les témoignages qui pouvaient être produits dans un livre, tenant le reste à la disposition des incrédules — cela me suffit.
Je n’ai certes pas la naïveté de croire que les aménités susdites me seront épargnées, mais je saurai de quelles sources elles m’arriveront : — deà ignorants qui puisent dans leur manque absolu d’étude le droit de trancher Ue omni re scihili et quibiisdam aliis ; — des plaisantins de bas étage qui regardent les rayons X ou les ondes hertziennes comme des mystifications de savants ; — et enfin des gens de mauvaise foi, des négateurs obstinés qui, par principe, refusent d’admettre tout ce qui est en désaccord avec leurs croyances qu’ils veulent d’autant plus intangibles qu’elles sont plus fausses, tout enfin ce qui dépasse le très modeste étiage de leurs conceptions et surtout de leur aptitude à comprendre... A tous, je n’ai qu’une réponse à faire : les uns sont qualité négligeable, et les autres m’indiffèrent — oh ! combien...