‹ La sorcellerie en Béarn et dans le Pays BasqueChapitre 4 sur 15 · AVANT-PROPOS DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Les relations quotidiennes qu'à raison de mes fonctions (*) j'ai eues jusqu'ici avec des personnes de la campagne, m'ont fourni bien des occasions é'en observer les mœurs.

Le liasard m'a permis de les entendre parler des sciences occultes et c'est ainsi que la pensée m'est venue dernièrement de prendre des notes exactes sur diverses pratiques de sorcellerie et quelques idées superstitieuses de notre pays de Béarn.

L'intelligence et le bon sens font chaque jour des progrès parmi le peuple ; en même temps s'effacent — je suis heureux d'avoir a le déclarer, — toutes ces croyances , léguées par le Moyen- Age, qui ont été cause de tant d'erreurs grossières, toujours regrettables et souvent funestes.

Les renseignements que j'ai recueillis et que je viens communiquer ne sont certainement pas aussi nombreux qu'ils devraient l'être ; mais on

comprendra que je les ai difficilement obtenus :

panni les gens que j'interrogeais, les uns avaient

(1) J'étais alors notaire et maire à Garlin.

honte de se montrer partisans de la magie et des superstitions, les autres se méfiaient, ayant sans doute peur de s'attirer une sévère intervention de la justice , ou bien voulaient garder leurs « secrets ».

Par le peu qu'il m'a été donné d'apprendre , je désire signaler à ceux qui recherchent les vieux souvenirs et les anciens usages une source d'études curieuses , à laquelle il est possible encore de puiser, mais qui bientôt disparaîtra tout-à-fait.

J'ai laissé à l'écart toutes les pratiques n'ayant pas un caractère exclusivement local et surtout — est-il besoin de le dire ? — ces méprisables pratiques enseignées par deux ouvrages qui subsi|>tent malheureusement dans nos campagnes et qui ont pour titres ; Les admirables secrets (VAlhertle-Grand et ^Secrets merveilleux de la magie naturelle et cabalistique du fetit Albert, ouvrages dont les exemplaires que j'ai vus dans certaines habitations rurales ont été, sur mes conseils, jetés au feu.

Mon court recueil porte sur des faits qui n'ont jamais été écrits et qu'il me semble bon de ne pas tenir ignorés ; je me plais à espérer qu'il offrira quelque intérêt.

Je le divise en quatre parties consacrées :

La première , à des préservatifs contre des sortilèges ;

La deuxième , ii la divination ;

La troisième , à des recettes magiques contre des maladies, tumeurs^ etc. ;

Et la quatrième , à une anecdote.

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